Prisonniers « Solidaires de la Voix de l’Amate  » Chiapas

ALEJANDRODAlejandro Díaz Santiz est un Indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic, il a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 17 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántiz a été condamné à 29 ans de prison ferme. Et comme dans les autres cas de prisonniers du Chiapas, sa condamnation résulte d’un procès corrompu dès le début, il a été torturé et il n’a jamais eu le droit à un traducteur parlant dans sa langue maternelle durant son procès.

Alejandro Díaz Santiz fait partie de l’organisation de prisonniers appelée “Los Solidarios de la Voz del Amate”, organisation créée en 2009 pour dénoncer les conditions carcérales dans la prison CERESO 5  (Los Llanos) de San Cristobal de Las Casas, Chiapas.

Le 10 septembre 2015 au matin, Alejandro a été transféré vers la prison de haute sécurité CEFERESO de Villa Comaltitlán.

Chiapas : Le compagnon Alejandro Diaz Santiz a été transféré vers une prison de haute sécurité

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Le prisonnier Alejandro Diaz Santiz, adhérent à la sexta, faisant partie de l’organisation de prisonniers « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » a été transféré de façon arbitraire à la nouvelle prison de haute sécurité CEFERESO de Villa Comaltitlán. Ce transfert a eu lieu dans le cadre de transferts massifs de prisonniers, réalisés par plus de 2000 policiers. Durant cette opération 400 détenus de différentes prisons ont été re-localisés.

Note : Le groupe de soutien aux prisonniers du Chiapas « No Estamos Todxs » [ Nous ne sommes pas tous et toutes là] nous a fait parvenir des nouvelles du compagnon de la Sexta Alejandro Diaz Santiz.

Alejandro Díaz Santiz fait partie de l’organisation de prisonniers appelée “Los Solidarios de la Voz del Amate”, organisation créée en 2009 pour dénoncer les conditions carcérales dans cette prison, mais aussi pour faire sortir au travers de communiqués et de lettres les paroles de détenus. Par leur travail solidaire ils font une radiographie du système pénitentiaire : les traitements indignes que les matons et le personnel les font subir, le manque de suivi médical, les réductions et annulations de visites, la corruption qui se vit à l’intérieur, le racisme. Depuis 2009, ils tentent également de mettre en contact les prisonniers entre eux, en rapprochant des détenus exposés aux mêmes difficultés. Les détenus concernés ont été arrêtés de façon complément arbitraire, parce qu’ils sont indigènes ou pour des motifs politiques. Alejandro est le dernier et le seul prisonnier de l’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » à rester en prison. Tous les autres ont été libérés le 4 juillet 2013.

Dans les cachots du mauvais gouvernement du Chiapas, dans la prison numéro 5 de los « Llanos », Alejandro Díaz Santiz menait une lutte exemplaire avec d’autres prisonniers et prisonnières. Dans la cour de cette prison, des réunions avaient lieu plusieurs jours par semaine, où les prisonniers échangeaient, réfléchissaient, écrivaient et recevaient les visiteurs venant échanger avec eux ; Alejandro encourageait les détenus à lire et à écrire, à se battre pour leur liberté malgré les dures conditions que la taule représente…Le 10 septembre 2015 au matin, Alejandro a été transféré de la prison de « los llanos » vers une prison de haute sécurité.

Alejandro Díaz est un Indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic, il a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 16 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántiz a été condamné à 29 ans de prison ferme. Et comme dans les autres cas de prisonniers adhérents à la Sexta au Chiapas, sa condamnation résulte d’un procès corrompu dès le début, il a été torturé et il n’a jamais eu le droit à un traducteur parlant dans sa langue maternelle durant son procès.

Alejandro Díaz Santiz a la calle !!!

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Communiqué du groupe de travail « No Estamos Todxs » à propos du transfer d’Alejandro Diaz Santiz

11 septembre 2015, San Cristóbal de Las Casas

Le Groupe de Travail « No Estamos Todxs », collectif qui accompagne la lutte dans les prisons du Chiapas, exprime sa plus forte indignation suite au transfert forcé du compagnon Alejandro Díaz Santiz, du Centre Étatique de Réinsertion Sociale CERESO N°5 de San Cristobal (Los Llanos) au Centre Fédéral de Réinsertion Sociale CEFERESO nouvellement construit de Villa Comaltitlan, prison de haute sécurité.

Le transfert a eut lieu à 01:00 du matin le 10 septembre, d’après le communiqué public de trois détenus sympathisant de la lutte d’Alejandro. Ce transfert a eu lieu dans le cadre de transferts massifs de prisonniers, réalisés par plus de 2000 policiers. Durant cette opération 400 détenus de différentes prisons, considérés « hautement dangereux », ont été re-localisés.

Alejandro Díaz Santiz est un indigène tzotzil de 35 ans, il est prisonnier depuis 1999 accusé d’un homicide qu’il n’a pas commis. Au moment de son arrestation il ne parlait pas espagnol, il a été torturé, il n’a eu à aucun moment accès à un interprète et n’avait pas l’argent nécessaire pour obtenir une défense légale adéquate. C’est à dire qu’il a été détenu et enfermé parce qu’il est pauvre et indigène, ce qui est très commun dans la logique raciste du système colonial de justice au Mexique et au Chiapas.

Le compagnons ne s’est pas rendu, il a adhéré à la Sixième Déclaration de la Jungle Lacandonne de l’EZLN et il s’est organisé avec d’autres prisonniers et prisonnières dans un collectif appelé « Les Solidaires de la Voix de l’Amate », dont les membres – après de nombreuses actions auxquelles Alejandro a participé lui-même – ont obtenu leur liberté en juillet 2013. Alejandro Diaz Santiz est le seul membre de cette organisation encore détenu.

Depuis lors, le compagnon a continué à conscientiser plus de détenus sur leurs droits et sur les processus d’organisation possibles dans une prison. En plus, il a utilisé sa voix pour dénoncer les abus et la corruption des autorités pénitentiaires à l’encontre de la population carcérale.

Ainsi nous dénonçons le fait que ce transfert forcé est une vengeance politique du mauvais gouvernement contre Alejandro, puni parce qu’il a soutenu et conscientisé les autres prisonniers. Cette forme brutale de transfert de prison est pour le prisonnier qui a vécu de nombreuses années dans le même endroit, une torture psychologique, parce qu’il est éloigné de ses proches et de son réseau d’amitiés. De plus, les règles d’accès et de visite dans un CEFRESO, comme celui de Villa Comaltitlàn, sont si strictes qu’elles en font un camp de concentration pratiquement impénétrable.

Il faut signaler que durant ce transfert, les lois et codes du Système ont été violés puisque le cas de Alejandro Diaz n’est pas de compétence fédérale et que sa conduite en prison n’est pas considérée comme « hautement dangereuse », sauf si le mauvais gouvernement considère que lutter pour ses propres droits et ceux des autres est un délit d’une exceptionnelle gravité.

Comme cela a été le cas pour le compagnon Álvaro Sebastián Ramírez, envoyé « en avant-première » tester les cellules froides du nouveau CEFRESO de Miahuatlán à Oaxaca, le mauvais gouvernement cherche à taire les voix rebelles qui naissent dans les prisons. Mais comme dans le cas d’Álvaro, les organisations et le mouvement social arriveront à le faire revenir dans la prison d’origine et plus. Nous renforcerons la lutte pour la liberté de tou-te-s les prisonnier-e-s politiques et de conscience du pays.

Alejandro Díaz Santiz liberté!

Groupe de Travail “No Estamos Todxs”.

Traduction: Les trois passants
Correction:  Val

Source: Red contra la Represion y por la Solidaridad

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Voir également :
[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement
Alejandro Diaz Santiz, depuis la prison N°5

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[Chiapas] Voix depuis la prison: Alejandro Diaz à 17 ans de son emprisonnement

Lettre depuis le CEFRESO N° 15, juin 2016

À l’opinion publique,

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Aux Médias de communication Étatiques, Nationaux et Internationnaux
Aux Médias Alternatifs
À la Sexta
Aux Défenseurs des Droits Humains, aux ONGs
Au Congrès National Indigène de l’EZLN

Alejandro Diaz Santiz, injustement prisonnier, Indigène Tsotsil, Solidaire de la Voix de l’Amate, adhérent à la sixième déclaration de la jungle Lacandone de l’EZLN. Enfermé dans le CEFRESO N° 15 de Villa Comaltitlan Chiapas.

Dans les prisons de notre pays et de nos États, les prisonniers se trouvant dans les différents pénitenciers ou CEFRESO  souffrent des mauvais traitements infligés par les autorités. Dans ce centre Fédéral n°15 de Villa Comaltitlan au Chiapas, il y a environ 2500 détenus et nous vivons constamment sous les menaces. Parce que les autorités de ce centre abusent de leurs pouvoirs, certains gardiens et certaines gardiennes sont amers sans qu’on sache quel est leur problème et ils se défoulent sur nous et cela passe tout le temps par des humiliations verbales et physiques.

Beaucoup de mes compagnons ont été frappés sans aucun motif.

En voici un exemple clair : le 29 avril dernier un gardien a très mal traité un prisonnier dans le module E.6. Ce dernier a à peu prés soixante ans. Il a subi des mauvais traitements physiques et il a été mis complètement nu pour le simple fait d’avoir des verres en plastique jetable dans sa cellule.

A chaque fois que c’est son tour de travailler, ce gardien nous agresse par des paroles obscènes. C’est pour cela que je fais cette dénonciation publique et que je demande au Président de la République qu’il s’occupe de cette affaire et qu’il mette fin à ces mauvais traitements dont nous souffrons à causes des gardiens.

Et je demande une nouvelle fois au président Enrique Peña Nieto qu’il plaide auprès du gouverneur de Veracruz pour ma liberté. Cela fait déjà dix-sept ans que je suis prisonnier et que je paie une condamnation absurde.

De plus j’exige du gouverneur Manuel Velasco Cuello (Ndt:Gouverneur du Chiapas) qu’il tienne sa promesse. Il s’était engagé à s’occuper de mon cas auprès des autorités de Veracruz. Jusqu’à présent je n’ai eu aucune réponse et cela fera déjà presque trois ans de cela le 4 juillet 2016.

Enfin j’invite toute les organisations régionales, nationales et internationales à se joindre à cette cause contre les mauvais traitement dont nous souffrons en prison.

Ensemble nous pouvons obtenir la véritable justice.

Fraternellement,

Alejandro Diaz Santiz
Solidaire de la Voix de l’Amate.

Traduction les trois passants

[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement

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Lette d’Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement

À l’opinion publique
Aux médias de l’État, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
A la Sexta
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains et aux ONGs
Au Congrès National Indigène et à l’EZLN

Injustement emprisonné, appartenant à l’organisation [de prisonniers] Les Solidaires de la Voix de l’Amate, adhérent à la Sexta. Je suis enfermé dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

La justice ne se vend pas, ni ne s’achète, mais dans notre pays, c’est tout le contraire, ceux qui ont suffisamment d’argent font ce que bon leur semble. Le fruit de l’injustice fait que aujourd’hui, 11 mai 2015, cela fait 16 ans que je suis prisonnier, et ce malgré la promesse faite par le gouverneur Manuel Velasco Coello le 4 juillet 2013. Il s’était alors engagé à revoir mon cas auprès des autorités de l’État de Veracruz pour ma remise en liberté, mais depuis un an et 11 mois se sont écoulés et aucune réponse ne m’a été donnée. Une fois de plus j’exige que le gouvernement tienne parole et me libère, ainsi que les 6 prisonniers du terrain communal de San Sebastian Bachajon. En même temps, j’exige du président de la république qu’il fasse le nécessaire pour que le gouverneur de l’État de Veracruz me libère, ainsi que mes compagnons prisonniers de l’Etat d’Oaxaca, Puebla, Tlanixco dans l’État de Mexico, ainsi que les compagnons de la Tribu Yaqui dans l’État de Sonora.

Finalement, j’invite tous les compagnons, compagnonnes et organisations indépendantes à continuer d’exiger la justice véritable et la liberté de tous et de toutes les prisonnier-e-s politiques et de conscience dans le monde. Ensemble nous pouvons gagner la justice véritable.

Fraternellement
Solidaires de la Voix de l’Amate
ALEJANDRO DÍAZ SÁNTIZ,
Prison numéro 5, San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 10 mai 2015.

Alejandro Díaz SántizAlejandro Díaz Sántiz, 34 ans, est un indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic, Chiapas, il a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 16 ans, accusé d’homicide et condamné à 29 ans de prison, il est aujourd’hui incarcéré au centre pénitencier numéro 5 de San Cristobal de las Casas dans le Chiapas au Mexique.

Comme de nombreux détenues et détenus dans les prisons de cet État, Alejandro a été arrêté parce qu’au moment de sa détention il ne parlait pas espagnol, il a été brutalement torturé et contraint de signer une fausse déclaration, il n’a pas bénéficié d’un traducteur et comme beaucoup il n’avait pas d’argent pour payer un avocat.

Le cas d’Alejandro est exemplaire du fonctionnement de la justice au Chiapas et au Mexique en général, où le fait d’être indigène et pauvre est puni par de nombreuses années d’emprisonnement.

Alejandro a cherché sa liberté de différentes façons, en s’organisant avec les autres prisonniers au sein du Collectif « Les solidaires de la Voix de l’Amate », en adhérant à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandonne, en participant aux jeûnes et grèves de la faim, dans le même temps il a prêté sa voix pour dénoncer les violations commises par les autorités à l’intérieur de la prison contre lui-même et contre les autres détenus.

L’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate », créée en 2009 regroupait au départ 1 femme et 8 hommes exposés aux mêmes injustices et arrêtés arbitrairement parce qu’ils et elles sont indigènes. Les Solidaires de la Voix de l’Amate sont devenus une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas, à présent Alejandro Diaz est le seul prisonnier de cette organisation, les autres compagnon-ne-s ont été libéré-e-s le 4 juillet 2013.

Traduction les trois passants / correction Val

Sources :
kolectivozero
noestamostodxs
komanilel

[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Díaz Santiz

Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

ALEJANDRODAlejandro Díaz Santiz est un Indigène Tzotzil originaire du Chiapas, il a été arrêté il y a 15 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántis a été condamné à 29 ans de prison ferme. Pour lever la voix et mener une lutte anticarcérale tout en étant prisonnier, il fait partie de l’organisation de prisonniers “Les solidaires de la voix de l’Amate”, créée en 2009. Cette organisation est devenue une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

Lettre d’Alejandro Diaz, envoyée pour cette soirée du 11 avril en solidarité et pour la liberté des prisonniers et prisonnières des Amériques et des prisonniers du monde entier :

A tous ceux et celles et qui sont réunis aujourd’hui 11 avril 2015 à Paris en France.

Votre compagnon de lutte, l’indien tzotzil Alejandro Dias Santiz, Solidaire de la Voz del Amate, adhérent à la Sexta, vous salue, toujours incarcéré dans la prison N°5 de San Cristobal de las Casas au Chiapas.

Je profite de cette occasion pour vous envoyer mon salut fraternel et embrasser bien fort chacun d’entre vous ainsi que vos précieuses familles. Que la bénédiction de dieu illumine toujours vos activités.

Je vous remercie du plus profond du cœur de m’avoir toujours soutenu et de me motiver à poursuivre le chemin de cette lutte contre les mauvaises autorités qui ont fait beaucoup de mal et continuent à en faire à l’humanité entière. Dans ce cachot il s’est passé beaucoup de choses et depuis que je suis resté seul après la libération de mes compagnons Solidaires de la Voix de L’Amate, j’étais un peu triste et en même temps, tellement content de savoir qu’ils s’occupent de mon cas.

Bien que nous soyons très loin les uns des autres nous voyons que la distance n’existe pas et qu’il n’y a pas de barrière, la douleur et les causes nous unissent toujours.

Je n’envoie que ces quelques lignes [si vous avez vu la vidéo] car il m’est difficile de m’exprimer en espagnol, mais je fais l’effort pour pouvoir me communiquer avec vous tous et toutes. Quand j’ai été arrêté dans l’État de Veracruz, je ne savais ni parler ni écrire l’espagnol. Aujourd’hui je remercie Alberto Patishtan Gomez*, qui m’a enseigné à écrire et à parler espagnol pendant que nous étions prisonniers ensemble. S’il n’avait pas été là je continuerais comme avant.

Compagnons il ne me reste qu’à vous remercier mille fois pour le soutien que vous m’avez apporté pour ces emprisonnements injustes, qui m’ont conduit à être prisonnier pendant 15 ans et 10 mois sans avoir commis le délit dont on m’accuse.

Grâce à dieu le peu que j’ai appris je suis en train de le partager avec d’autres compagnons prisonniers pour qu’eux aussi puissent se défendre et montrer à la société du monde entier ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, dans cette tranchée, lieu de lutte.

Je continuerai d’exiger de véritables justices et libertés pour toutes et tous les prisonniers et prisonnières politiques et de conscience du monde entier.

Frères et sœurs, ne vous découragez pas, courage à tous et à toutes !

FRATERNELLEMENT:

Alejandro Díaz Sántiz, 24 Mars 2015.

* Patishtan a été arrêté le 19 juin 2000 et accusé d’embuscade, de port d’armes et d’homicide qualifié d’agents de la police d’État. C’est grâce à la forte mobilisation des organisations, collectifs, individus et avocat-e-s solidaires entre autres, que son cas est sorti du placard et qu’il a été libéré le 31 octobre 2013. Pendant les 13 ans passés en prison, Patishtan a créé l’organisation de prisonnier-e-s « la Voix de l’Amate». Cette organisation de prisonniers, appartenant à la Sexta, est née en 2006 pour dénoncer le fonctionnement arbitraire du système carcéral mexicain, par la suite il a encouragé la création d’autres organisations de prisonnier-e-s. Il donnait également des cours en prison pour apprendre aux prisonnier-e-s à lire, à écrire et à parler espagnol pour qu’ils puissent lever leurs voix et faire sortir leurs paroles de la prison.

Lettre envoyée par le Le comité de soutien à Alejandro Díaz Sántiz : Grupo de Trabajo « No estamos Todxs »- Chiapas.

Traduit par Amparo/correction Myriam

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[CHIAPAS] Voix depuis la prison N°5

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A l’opinion publique
Aux médias, régionaux, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
A la Sexta
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains, aux ONG
Au Congrès National Indigène et à l’EZLN

Détenu injustement, Solidaire de La Voz del Amate, adhérent à la Sixième Déclaration de la Selva Lacandonne de l’EZLN. Je suis emprisonné au centre de réclusion n°5 de San Cristobal de las Casas, au Chiapas.

Ceux qui gouvernent le pays, les états et les peuples ont tout fait sauf gouverner, la seule chose qu’ils ont fait a été de porter atteinte aux droits humains. Comme des séquestrations, disparitions, menaces, tortures psychologiques et d’emprisonnements injustes, parmi tant d’autres exemples. Mon cas en est un exemple très clair, moi Alejandro Díaz Santiz incarcéré depuis 15 ans et 7 mois sans avoir commis le délit dont on m’accuse et pour lequel les mauvaises autorités de l’Etat de Veracruz m’ont condamné à 29 ans et six mois de prison.

Le 16 octobre 2014 mon avocat a demandé une remise de peine auprès du gouverneur Javier Duarte de Ochoa qui l’a refusée. Le 3 novembre 2014 il a présenté un recours contre la décision du gouverneur de Veracruz. C’est pour cela que je serai entendu le 17 février à l’audience qui est de droit.

J’invite également toutes et tous les compañer@s, les organisations indépendantes à réaliser toutes les initiatives qu’ils souhaiteront ou à recueillir des signatures pour me soutenir et qui seront les bienvenues.

Et pour terminer, je vous invite tous et toutes, toutes les organisations indépendantes, des différents Etats, nationales et internationales à continuer d’exiger une véritable justice et la liberté pour toutes et tous les prisonnier@s politiques et de conscience.

FRATERNELLEMENT
ALEJANDRO DIAZ SANTIZ
Solidaire de La Voz del Amate
Pénitencier n°5
San Cristobal de Las Casas
Le 12 février 2015

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LETTRE PUBLIQUE EN SOUTIEN A ALEJANRO DIAZ SANTIZ

Alejandro Díaz Sántiz est tzotzil de 34 ans, arrêté arbitrairement il y a plus de 15 ans, il est aujourd’hui incarcéré au centre pénitencier numéro 5 de San Cristobal de las Casas dans le Chiapas au Mexique.

Comme de nombreux détenues et détenus dans les prisons de cet Etat, Alejandro a été arrêté parce qu’au moment de sa détention il ne parlait pas espagnol, il a été brutalement torturé et contraint de signer une fausse déclaration, il n’a pas bénéficié d’un traducteur et comme beaucoup il n’avait pas d’argent pour payer un avocat.

Le cas d’Alejandro est exemplaire du fonctionnement de la justice au Chiapas et au Mexique en général, où le fait d’être indigène et pauvre est puni par de nombreuses années d’emprisonnement.

Alejandro a cherché sa liberté de différentes façons, en s’organisant avec les autres prisonniers au sein du Collectif la Voz del Amate, en adhérant à la Sixième déclaration de la Selva Lacandonne, en participant aux jeûnes et grèves de la faim, dans le même temps il a prêté sa voix pour dénoncer les violations commises par les autorités à l’intérieur du pénitencier contre lui-même et contre les autres détenus. Son engagement le porte à être une prisonnier en lutte, c’est à dire un compañero parmi nous tous qui luttons pour un monde plus juste, sans exploitation, sans injustice, sans guerre et sans discrimination.

Comme il l’a expliqué dans une lettre publique qu’il a envoyée le 11 février depuis la prison, Alejandro Díaz Santiz, considérant que 15 ans et 7 mois des 19 et 6 mois auxquels il a été condamné se sont déjà écoulés, exige que finalement on accepte son recours contre la décision lui refusant la remise de peine qui est un pas dans la lutte légale lui permettant de sortir libre.

Les organisations signataires soutiennent une fois de plus la lutte du compañero Alejandro Díaz Sántiz, nous demeurons vigilants à que ne se commettent plus d’injustice dans son cas, nous continuerons à diffuser ses dénonciations dans tous les coins du monde où nous vivons et luttons.

ALEJANDRO DIAZ SANTIZ LIBRE TOUT DE SUITE !
LIBERTE POUR TOUTES ET TOUS LES PRISONNIER@S EN LUTTE

Adhesiva, Espai de Trobada i Acció (Estado Español); ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista) – Estado Español; Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala (Madrid), Associazione Ya Basta! Milano (Italia); Caracol Solidario, Besançon (Francia); Centro de Documentación sobre Zapatismo – CEDOZ (Estado Español); CGT – Estado Español; Fédération SUD éducation, Francia; Les Trois Passants (Francia); La PIRATA: Colectivo Zapatista de Lugano (Suiza), Nodo Solidale (Italia y México),Nomads (Italia y Berlin), Adherentes Individuales; MUT VITZ 13, Marseille (Francia); Red de Solidaridad con los Zapatistas del Reino Unido: Colectivo Zapatista, Manchester, Colectivo de Enseñanza y Aprendizaje ‘Don Durito’, Grupo Solidaridad con Chiapas, Dorset, Grupo Solidaridad con Chiapas, Edimburgo, Grupo Solidaridad con México, Londres, Grupo Solidaridad con los Zapatistas – Essex KIPTIK, Bristol, Servicio de Traducción Zapatista del Reino Unido, Union syndicale Solidaires, Francia, Casa Nicaragua (Belgica), Cafez de Lieja (Belgica), Asociación Solidaria Café Rebeldía~Infoespai (Barcelona), La Otra Casa Rosario (Argentina), La Insurgencia del Caracol (Buenos Aires, Argentina), Colectivo Piratas (Argentina), X Tierra Mojada (Argentina), Encuentro de Organizaciones Movimientos Revolucionarios, Movimiento Utopia (Brasil), Lucha Colectivo Brasil, LEMTO (laboratorio de estudios de movimientos sociales y territorialidad), Colectivo Comuna (Bolivia), Grupo de Trabajo “No estamos todxs“ (México).

Traduit par Amparo

Source

CERESO5Communiqué du groupe de soutien à l’adhérent tzotzil à la sexta zapatiste : Alejandro Díaz à propos de sa solidarité envers les prisonniers anarchistes de la ville de Mexico.

NdT : Le groupe de travail : « No estamos todxs » [Nous ne sommes pas tous et toutes là] suit et accompagne la lutte et le cas du compagnon adhérent à la sixième déclaration zapatiste, Alejandro Díaz Sántiz, membre de l’organisation des prisonniers «  solidaires de la voix de l’Amate » créée en 2009 pour dénoncer le système carcérale et faire sortir leurs voix de l’isolement. Ce fut grâce à la pression qu’ils sont exercée que tous les prisonnier-e-s de cette organisation ont été libérés, seul Alejandro est resté dans la prison 5 de San Cristobal de las Casas au Chiapas d’où il mène avec détermination un combat depuis plus de 15 ans d’enfermement.

12 Décembre 2014

Le 1er décembre dernier, le compagnon Alejandro Díaz Santiz, prisonnier en lutte adhérent à la sixième déclaration zapatiste et incarcéré depuis 15 ans, a rendu publique sa parole solidaire avec le prisonnier anarchiste Mario Gonzalez en le félicitant pour sa libération.

Alejandro, depuis sa cellule (CERESO Centre de Réadaptation Sociale) de la prison n°5 de San Cristobal au Chiapas, nous signale qu’il a accompagné la grève de la faim menée pendant le mois d’octobre 2014 par Jorge Mario Gonzalez, Abraham Cortés Ávila ( détenus pendant la manifestation du 2 octobre 2013), Carlos López et Fernando Bárcenas. Notre compagnon tzotzil a jeûné 12 heures par jour pendant 20 jours pour exiger la liberté des compagnons anarchistes et la sienne, ainsi que celle de tous et de toutes les prisonnier@s de conscience du Mexique.

Nous sommes pleinement conscients que beaucoup de mondes et de kilomètres séparent Alejandro Díaz des compagnons anarchistes déjà mentionnés, mais la simplicité de sa solidarité active nous montre que la fraternité entre ceux qui luttent peut et doit dépasser les frontières culturelles et idéologiques. L’ennemie, lui, est le mauvais gouvernement, au service des capitalistes qui nous écrase à tous et toutes de la même façon, son injustice qui nous torture ne fait pas de différence entres les pauvres qui luttent.

Il convient de rappeler qu’Alejandro Díaz Santiz est le seul membre de l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate à être encore en prison. Il a été accusé d’un délit fabriqué qu’il n’a pas commis et plutôt que de rester silencieux en comptant les jours interminables qui lui restent encore [condamné à 29 ans et six mois de prison] il a décidé de s’organiser en adhérant à la sexta et de mener ainsi une lutte au prix de nombreux efforts pour devenir le porte-parole contre les abus commises par les autorités carcérales. Alejandro continue la lutte bien que le juge vienne de rejeter sa demande de remise de sa peine, présentée le 16 octobre dernier, comme il le rappelle dans sa lettre précédente.

Le groupe de travail : « No estamos todxs » [Nous ne sommes pas tous et toutes là] réitère son engagement pour la libération du compagnon Alejandro et exprime également son indignation enragée face à la violence légale des condamnations des compagnons anarchistes : Abraham Cortéz Ávila condamné à 13 ans et 4 mois de prison et celle de Fernando Bárcenas à 5 ans et 9 mois de prison.

La liberté de Mario Gonzalez, a été arrachée à ceux d’en haut grâce à la solidarité massive de ceux et celles d’en bas, cela nous a montré qu’il est nécessaire de continuer à tisser des réseaux entre les différentes luttes et idées afin de libérer à tous ceux et celles qui restent en taule : non seulement ceux que nous avons mentionnés mais aussi tous ceux et celles qui que nous portons dans non cœurs.

¡ABAJO LOS MUROS DE LAS PRISIONES!
A bas les murs des prisons
Groupe de travail « No Estamos Todoxs »

Traduit par Les trois passants et Amparo

Source

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CHIAPAS: Nouvelles d’Alejandro Diaz Santiz, prisonnier de l’organisation les Solidaires de la Voix de l’Amate.

Alejandro Díaz SántizEn janvier dernier, le groupe de travail et de solidarité « No estamos todxs » émettait, un communiqué à propos du compagnon Alejandro Diaz Santiz, le dernier et le seul prisonnier de l’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » à rester en prison. Tous les autres ont été libérés le 4 juillet 2013. Voici un résumé du communiqué et des dernières nouvelles.

Dans les cachots du mauvais gouvernement du Chiapas, dans la prison numéro 5 de los « Llanos », Alejandro Díaz Santiz continue de résister. L’année dernière, grâce à la lutte des villages indigènes organisés, de collectifs et d’organisations indépendantes et rebelles du Mexique et de partout dans le monde, treize prisonniers politiques adhérents à la Sixième Déclaration de la fôret lacandone (La Sexta) ont été libérés. En juillet 2013, neuf prisonnier-e-s de l’organisation des Solidaires de Voix de l’Amate ont été libérés grâce à la pression solidaire nationale et internationale. Trois indigènes du terrain communal rebelle de San Sebastián Bachajón ont obtenu leur liberté dans les mois qui ont suivi . Le 31 octobre 2013, le professeur tzotzil Alberto Patishtán a également été libéré grâce à la pression du peuple.

Le mauvais gouvernement, exploiteur et raciste, remplit les prisons de pauvres et d’indigènes afin de propager la peur pour faire avancer ses projets économiques destructeurs, et favoriser le business des riches. Ce gouvernement continue à s’en mettre plein les poches et à enrichir la classe judiciaire corrompue et raciste.

Dans les prisons mexicaines et en particulier dans celles du Chiapas, plus de la moitié des prisonniers sont innocents des délits qui leur sont attribués. Dans nombre de cas, leur seul « délit » – comme ils disent – est d’être pauvres, indigènes et de ne pas parler « le castillan » pour pouvoir se défendre des faits dont ils sont accusés. Le manque de respect aux droits des prisonnier-e-s et de leurs familles qui leur rendent visite est une réalité permanente et quotidienne du système carcéral et judiciaire au Mexique.

Ces derniers mois, Alejandro Diaz Santiz a rendu publique une série de communiqués où il raconte sa décision de se mettre en jeûne, pour protester contre « la mauvaise justice » qui ne respecte pas ses droits. Lui comme tant d’autres prisonniers au Mexique a été torturé physiquement et psychologiquement avant d’être présenté aux autorités. Une fois incarcéré, il a été condamné à presque trente ans de prison. Dans d’autres communiqués, il raconte les humiliations constantes que lui infligent les autorités pénitentiaires, les mauvais traitements dégradants imposés à tous et toutes les prisonnier-e-s, sans compter la mauvaise alimentation, les mauvaises conditions médicales. Il signale que, par exemple, au niveau des soins odontologiques, il ne faut pas compter sur une anesthésie ni sur un matériel de base. Dans les autres domaines de santé, pareil, il n’y a rien. On se rappelle les mauvais traitements médicaux totalement inadéquats qu’ont reçus plusieurs prisonniers, comme Alberto Patishtan, atteint d’une tumeur au cerveau et recevant des soins ophtalmologiques, alors que son état se dégradait de plus en plus.

Parmi les différents communiqués qu’il a écrits dernièrement depuis la prison numéro 5 de San Cristobal, Alejandro souligne sans cesse la nécessité de s’organiser en prison, non seulement pour faire connaître les dures conditions vécues à l’intérieur de la taule, mais aussi pour faire entendre la protestation pleine de rage face aux mauvais traitements racistes dont 95% d’indigènes prisonnier-e-s de la prison 5 du Chiapas sont l’objet. Par son adhésion à l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate, il adhère également à la Sexta, proposition organisationnelle lancée à la société civile et aux organisations par l’EZLN en 2006, et à laquelle beaucoup de prisonniers et prisonnières mexicain-e-s ont adhéré depuis.

Après la libération des autres compagnonnes et compagnons de l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate, le compagnon Alejandro continue la lutte, sans se rendre ni se fatiguer. Il continue à envoyer des communiqués, dont le dernier a été émis le 13 février. Il y souligne à nouveau les conditions carcérales de la prison 5 du Chiapas et se réfère au jour de l’amitié, ainsi qu’il l’écrit : « Les autorités pensent que l’amour n’existe pas pour nous qui sommes ici enfermés, ni l’amitié non plus, mais beaucoup de foyers souffrent de l’absence d’un des membres de la famille, d’un des membres qui se trouve enfermé loin des siens, dans l’une des prisons du Mexique. »

Les trois passants
Correction Valèrie.

Sources :
Communiqué d’Alejandro Díaz Santiz, 13 février 2014
Pronunciamiento de No Estamos Todxs en apoyo al ayuno d’Alejandro.
Alejandro Diaz denuncia falta de medicamentos en el Penal

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Qui sont-elles/ils ?

Alejandro Díaz Sántiz*Alejandro Díaz Santiz– CERSS No.5 en San Cristóbal

Fait partie de l’organisation « Los Solidarios de la Voz del Amate »créée en 2009 et qui est solidaire de « La Voz del Amate ». L’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » regroupe des jeunes exposé-e-s aux mêmes injustices et manifestant un engagement équivalent dans la lutte des prisonnier-e-s, et qui ont été arrêté-e-s sans fondement parce qu’ils et elles sont pauvres, indigènes ou pour des motifs politiques. Comme  Patishtán, ils et elles sont devenu-e-s une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas. (Rosario Díaz Méndez de l’organisation de la Voix de l’Amate ; Rosa López Díaz, Pedro López Jiménez, Alfredo López Jiménez, Juan Collazo Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Juan López Gonzalez, Benjamin López Aguilar et Juan Díaz López de l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate ont été libéré-e-s le 4 juillet 2013)  Infos ici

Alejandro Díaz Sántiz, souffre de fortes douleurs dans les yeux et d’une détérioration visuelle, sans que les autorités ne lui donnent l’attention minimale dont il a besoin. Indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic (municipalité de Mitontic), Díaz Sántiz a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 13 ans, accusé d’homicide, délit qu’il a toujours nié. Díaz Sántiz a été condamné à 29 ans de prison. Et comme dans les autres cas de prisonniers adhérents à la Sexta au Chiapas, sa condamnation  résulte d’un procès corrompu dès le début .

En raison de son problème de vue, Díaz Sántiz est obligé de porter en permanence des lunettes de soleil et ses activités sont limitées. L’attention ophtalmologique brille par son absence (on lui donne seulement quelques gouttes qui ne servent à rien, comme ce fut le cas pour Alberto Patishtán à qui durant plusieurs années on a administré des gouttes alors qu’en réalité il avait une tumeur cérébrale.

estrellitaAlberto Patishtán, libre !

Le professeur indigène tzotzil est sorti de prison ce jeudi 31 octobre 2013.

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Alberto Patishtán Gómez sort de prison. Au terme de ces longues années d’enfermement, il laisse toute une vie de lutte qui a permis la création de plusieurs organisations de prisonniers adhérentes à la Sexta zapatiste, telles que La Voix de L’Amate et les Solidaires de la Voix de L’Amate. Ces deux organisations dénoncent le fonctionnement arbitraire du système judiciaire mexicain, la torture physique et psychologique que les matons font subir aux détenus, et la corruption qui sévit dans les prisons de l’État du Chiapas.

Patishtan a été arrêté le 19 juin 2000 dans sa municipalité d’origine, El Bosque, et accusé d’embuscade, de port d’armes et d’homicide qualifié d’agents de la police d’État. Une fois jugé, son cas est resté dans l’oubli. Il n’a fait l’objet d’une enquête ni pendant l’arrestation, ni après. Le professeur indigène tzotzil est passé par cinq prisons différentes, dont une de haute sécurité dans l’État de Sinaloa. C’est grâce à la forte mobilisation des organisations, des centres de droits de l’homme, des adhérent-e-s à la Sexta, collectifs, individus, avocats solidaires entre autres, que son cas est sorti du placard.

Après treize longues années d’enfermement mais aussi de résistance et de lutte, le professeur Alberto Patishtán Gómez a enfin obtenu sa liberté, en raison d’une grâce accordée par le président mexicain Peña Nieto. En effet, jeudi dernier, c’est la modification par le sénat du Code Pénal Fédéral, qui donne désormais au président la faculté de gracier des prisonniers quand il existe des preuves de violations des droits de l’Homme lors de leurs arrestations ou de leurs procès, qui a permis la libération de Patishtán.

Bien que dans les derniers communiqués, Patishtán ait souligné que la grâce présidentielle n’était pas la meilleure voie pour obtenir sa libération, toutes les possibilités juridiques étaient épuisées. La Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) avait refusé d’assumer sa compétence et ses responsabilités en se déclarant incompétente sur le cas du professeur Alberto. Elle l’avait renvoyé vers le tribunal de Tuxtla Gutierrez au Chiapas qui, à son tour, s’était prononcé contre sa remise en liberté et avait confirmé sa condamnation à soixante ans de prison. L’un des chemins pour obtenir sa libération à long terme était de recourir à la Cour Interaméricaine de Droits de l’Homme, ou bien de promulguer une loi autorisant le président de la République à exercer le droit de grâce.

Le 24 octobre dernier, le professeur déclarait : « Il est venu à ma connaissance que les députés et les sénateurs cherchent des solutions concernant mon cas. Indépendamment de ce qu’ils veulent ou peuvent faire, ce qui m’intéresse, c’est qu’il soit bien clair que je suis innocent. Ils doivent me libérer, un point c’est tout. » C’est ainsi qu’il s’exprimait depuis une maison de la ville de Mexico, où il était assigné à résidence alors qu’il recevait des soins pour sa tumeur au cerveau.

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L’après-midi du 31 octobre 2013, jour de sa libération, le professeur Patishtán a donné une conférence de presse. Visiblement ému, l’indigène tzotzil a rappelé sa lutte contre l’esclavage et la marginalisation auxquels sont soumis les plus pauvres au Chiapas. « Je suis sorti pour défendre mon peuple, lever la main. C’est la cause pour laquelle ils m’ont envoyé en prison en me condamnant à mort. Ils ont voulu achever ma lutte, ils ont voulu la faire tomber, mais ce qui s’est véritablement passé, c’est que la lutte s’est multipliée. Ils ont voulu la cacher mais elle n’a fait que resplendir », a souligné le professeur Patishtán entre des applaudissements et des acclamations approbatrices.

« Dès le premier jour de ma captivité , je me suis senti libre. Quelques personnes me demandent : Qu’est-ce qui fait que tu ne cesses pas de rire ?, et je leur dis : C’est que j’ai la conscience tranquille. Si je cesse de rire un jour, je sens que c’est un jour perdu pour moi. Si vous me voyez très souriant, ne vous préoccupez pas, c’est ma profession », a-t-il dit au milieu des éclats de rire de l’assistance.

Ainsi au milieu des cris, des embrassades, et des visages heureux, le public criait enthousiaste : « Liberté, liberté, vive Alberto Patishtán ! Le prof, personne ne l’a gracié, la liberté, c’est grâce au peuple organisé qu’il l’a gagnée ! »

Dans une déclaration, des organisations membres du Réseau National « Tous les droits pour toutes et tous » signalent à propos de la libération d’Alberto que, malgré cette bonne nouvelle, la préoccupation persiste autour des fautes graves commises par le système judiciaire mexicain. L’application de la grâce (indulto) confirme qu’au Mexique la justice est totalement absente, dans ce procès comme dans tant d’autres. Le Réseau signale également : « Un des sujets sur lesquels l’État mexicain ne s’est pas encore exprimé, dans ce cas, est la reconnaissance publique de l’innocence de Patishtán. Il est nécessaire de rappeler que l’État mexicain doit réparer le dommage causé à Alberto et à sa famille, après avoir violé ses droits humains ».

marchapatNous partageons la joie de cette libération sans oublier que, pendant ces dernières années, une mobilisation forte, solidaire, infatigable et très diverse s’est amplifiée comme le vent partout dans le monde à travers des actions, des événements, des festivals, des performances, des émissions de radio, des vidéos, des manifestations… Cette résistance créative et déterminée nous a réunis, avec nos différentes formes de lutte, autour de la liberté non seulement de Patishtán mais de tous ceux et celles qui résistent encore et qui se battent toujours à l’intérieur des geôles.

Notre justice, celle qui se construit en bas et à gauche reste à faire, le chemin parcouru est déjà tracé mais il n’est pas fini. Nous ne sommes pas toutes et tous là, il manque les prisonniers et les prisonnières !

La lutte continue !
Liberté aux prisonniers et prisonnières !
À bas tous les murs des prisons !

Les trois passants
Correction : Valérie

Références :
*Journal mexicain « La Jornada » 1º novembre 2013, p. 3, par Fernando Camacho S.
*Journal mexicain « La Jornada » 24 octobre 2013, p. 2, par Hermann Bellinghausen
*Bulletin No. 34/2013 , Red “Todos los Derechos para Todas y Todos”, 30 octobre 2013

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estrellita

La discrimination et le racisme ont prévalu une fois de plus contre le Professeur Patishtán

zap

Ce jeudi 12 septembre 2013, les magistrats Freddy Gabriel Celis Fuentes, Manuel de Jesús Suárez Rosales et Eduardo Arturo Garduño Zenteno se sont prononcés contre la remise en liberté de notre compagnon Alberto Pathistan, une fois de plus l’arbitraire l’a emporté.

Nous venons d’apprendre, selon les déclarations de Rivero, avocat d’Alberto Pathistan, que le premier tribunal de Tuxtla Gutiérrez, Chiapas a déclaré infondé la procédure de reconnaissance d’innocence demandée par l’indigène Alberto Pathistan. Cela veut dire que le professeur tzotzil, après treize longues années d’enfermement et d’arbitraire, reste en prison. Tous les outils juridiques et judiciaires nationaux ont été épuisés et seule resterait la possibilité de faire appel à la Cour Inter-américaine des Droits de l’Homme.

Nous nous souvenons du jour où la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) devait étudier le cas d’Alberto Patishtán Gómez, afin de présenter son analyse. Cependant le 6 mars 2013, celle-ci a refusé d’assumer sa compétence et ses responsabilités en se déclarant incompétente sur le cas du professeur Alberto Patishtán Gómez, condamné à 60 ans de prison. Elle l’a renvoyé vers le tribunal de Tuxtla Gutierrez au Chiapas.

Nous nous souvenons aussi que la Cour Suprême de Justice de la Nation Mexicaine ne s’attendait pas à la réaction sociale qu’a soulevée sa réponse négative concernant la révision du cas de Patishtán. La solidarité n’a pas cessé un seul instant, des actions, des communiqués, des évènements, des piquets de protestations, des manifestations n’ont pas cessé de s’accumuler les uns après les autres…

Aujourd’hui la lutte continue et ne s’arrêtera pas, car nous n’attendons plus rien de la justice mexicaine, nous attendons une autre justice, construite par l’en-bas rebelle. Les trois magistrats qui avaient dans leur mains la résolution du cas de Pathistan sont le miroir tout entier de la justice servile qui maintient le pouvoir en place, tout comme la corruption et le mépris.

Nous n’oublions pas la phrase du professeur Alberto « Nous sommes gouvernés par l’injustice », prononcée suite au refus de la Cour de réviser son cas. « C’était une bonne occasion de voir si au Mexique il y a une justice ».

Nous n’avons pas d’autre alternative que la lutte, non seulement pour la liberté d’Alberto mais aussi pour la nôtre et celle de tous et toutes…la lutte continue.

Vous n’êtes pas seul compagnon Alberto, nous sommes toujours là !

Les trois passants

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estrellita

Patishtán est enfermé depuis treize ans, il fut arrêté le 19 juin 2000 au Chiapas.

ALBERTOPatishtán est enfermé depuis treize ans, il fut arrêté le 19 juin 2000 dans sa municipalité d’origine, El Bosque, Chiapas. Son arrestation était une vengeance politique, ouvertement soutenue par le gouvernement de l’Etat, dirigé à l’époque par Roberto Albores Guillén.

Nous n’oublions pas !

Patishtán est enfermé depuis treize ans déjà, accusé d’avoir assassiné sept policiers dans une embuscade en juin 2000. Une fois jugé, le cas est resté dans l’oubli, sans faire l’objet d’une enquête ni pendant l’arrestation ni après; c’était bien ça l’idée de ceux qui veulent que rien ne se sache, pour continuer de priver de liberté notre compagnon passé par cinq prisons différentes, dont une de haute sécurité dans l’État de Sinaloa.

La Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) devait étudier le cas d’Alberto Patishtán Gómez, afin de présenter son analyse. Cependant le 6 mars 2013, celle ci a refusé d’assumer sa compétence pour prendre en compte la reconnaissance de l’innocence du professeur Alberto Patishtán Gómez, condamné à 60 ans de prison. Or, la Cour Suprême de Justice de la Nation Mexicaine ne s’attendait pas à la réaction sociale qu’a soulevée sa réponse négative concernant la révision du cas de Patishtán. Dans l’attente d’une solution juridique, la pression s’exerce à un autre niveau, par la voie de la solidarité au travers de manifestations, événements, actions, piquets de protestation, émissions radio, lettres de soutien, dénonciations auprès des instances consulaires, etc.

Le 19 juin le professeur Patishtán aura passé 13 longues années d’enfermement et d’arbitraire, c’est pour cette raison que sa famille et son village de « El Bosque » ainsi que diverses organisations solidaires ont lancé un appel à la mobilisation nationale et internationale, campagne intitulée « Pour la Justice et la liberté de Patishtan » du 4 mai au 19 juin 2013.

Cette campagne a pour but de diffuser la nouvelle vidéo intitulée « Vivre ou mourir pour la justice et la liberté » sur la lutte et l’enfermement de Patishtán ; envoyer des lettres aux magistrats responsables de la révision de son cas, un blog a été conçu pour signer en ligne la pétition pour sa libération, cliquez ici

Au niveau international, plusieurs mobilisations se sont jointes à cet appel et depuis le mois d’avril 2013 il y a eu des mobilisations au consulat du Mexique au Canada, devant les ambassades mexicaines à Madrid, au Royaume Uni, à Chicago, Valence, Barcelone et Bilbao. En France, dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu du 14 au 21 avril 2013, deux événements ont été organisés concrètement pour la liberté de compagnons et compagnes adhérents à la Sexta dont le professeur Patishtán.

Liberté immédiate et inconditionnelle pour Patishtan !

Par Les trois passants

estrellita

Alberto Patishtan Gómez

Alberto est défenseur et porte-parole d’autres prisonniers. Il a déjà passé 12 ans en prison, accusé d’avoir massacré des policiers dans la communauté de « El Bosque » au Chiapas.
Au cours de ces dernières années, Patishtan est devenu un symbole, un défenseur des droits des prisonniers, notamment depuis la grève de la faim des prisonniers politiques, au Chiapas en 2007, convoquée par la « Voix de l’Amate ».
Grâce à cette action, qui a duré plus de quarante jours dans plusieurs prisons chiapanèques, près d’une cinquantaine de prisonniers de l’Autre Campagne, des bases d’appui de l’EZLN et des groupes catholiques proches du diocèse de San Cristóbal, ont été libérés.
Seul Patishtán est resté en prison. La raison invoquée est que son cas est du ressort fédéral, que sa libération ne dépend pas du gouvernement de Juan Sabines Guerrero (gouverneur du Chiapas), bien que celui-ci se soit à plusieurs reprises engagé à intervenir pour qu’il retrouve sa liberté.

Son arrestation:

Son arrestation était une vengeance politique, ouvertement soutenue par le gouvernement de l’Etat,  dirigé à l’époque par Roberto Albores Guillén.
Les véritables coupables de l’embuscade criminelle n’ont jamais été punis, ni même recherchés.
C’est le 19 juin de l’année 2000 qu’Alberto fut arrêté, accusé d’embuscade, port d’armes et homicide qualifié d’agents de la police d’état. D’après le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas et d’autres ayant assuré le suivi de son dossier, les irrégularités de procédure et les éléments permettant de conclure à son innocence ne manquent pas. Cependant, son nom ne figurait pas sur la liste des prisonniers libérés car les délits dont il est accusé dépendent de la juridiction fédérale. En effet ce fut le gouvernement de l’état du Chiapas qui, devant la pression des prisonniers eux-mêmes et la solidarité nationale et internationale, accepta de réviser les dossiers et libéra presque 300 prisonniers considérant soit leur innocence, soit une violation à leur droit à un procès équitable.

Sa lutte en prison:

Alberto a créé l’organisation de prisonniers « la voix de l’Amate » Il s’agit d’une organisation de prisonniers appartenant à l’Autre Campagne, née en 2006 pour dénoncer le fonctionnement arbitraire du système judiciaire mexicain, la torture physique et psychologique que les matons font subir à ces prisonniers, ainsi que la corruption qui sévit dans les prisons de l’État du Chiapas. Actuellement, Alberto Pathistan Gómez est le seul membre de l’organisation encore emprisonné, accompagné solidairement par son compagnon Rosario Díaz Méndez et par d’autres prisonniers qui luttent à l’intérieur de la prison pour leurs droits.

Pourquoi est née « la voix de l’Amate » ?

La création de l’organisation « La voix de l’Amate », s’est imposée parce que le système d’injustice que pratiquent de plus en plus les gouvernements, les autorités mexicaines et les États sert uniquement à enfermer injustement celles et ceux qui exigent et défendent les droits de l’être humain. Cette organisation se donne pour mission la défense des détenus ; elle est la voix des sans voix, qui dit simplement la vérité. « La voix de l’Amate » dénonce publiquement et systématiquement le système de justice qui continue à se dégrader parce que des juges et des procureurs, entres autres, condamnent des personnes sans défense, majoritairement celles et ceux qui réclament leurs droits. C’est à cause de cette injustice que les prisons sont de plus en plus surpeuplées.

Son cas à l’heure actuelle :

Alberto Pathistan Gomez par son courage et son engagement politique à l’intérieur de la prison, a subi de nombreuses humiliations et de mauvais traitements de la part de tout l’appareil pénitentiaire en incluant les autorités médicales ; il a souffert de plusieurs maladies et à plusieurs reprises il a été transféré de prison, à cause de son combat contre la corruption, la répression et l’humiliation systématique au sein du système pénitenciaire.

Le 20 Octobre 2011, Alberto Pathistan Gomez, porte parole des prisonniers et qui était à l’origine de la grève de la faim de 2007 et de celle de 2011, est transféré dans une prison de haute sécurité à plus de 2000Km du Chiapas, il y est enfermé en cellule 23 heures sur 24 et n’a droit qu’à une visite tous les 3 mois par une personne de sa famille directe. Le premier contact direct avec lui n’a eu lieu que le 8 novembre par sa fille. Celle-ci a fait part de ses conditions de détention et a dénoncé le fait que l’AP (administration pénitenciaire) lui ait retiré ses médicaments pour son glaucome. Grâce à la pression nationale et internationale, en juillet dernier,  Alberto a été à nouveau re-transféré à la prison du Chiapas près de ses compagnons de lutte et de sa famille.

Depuis plus de trois ans, le compagnon  Patishtan dénonçait une perte de sa vision  et a exigé des soins et une attention médicale dès les premiers symptômes. La réponse qui lui a été donnée par l’État fut de l’hospitaliser à Tuxtla Gutierrez pendant six mois, où on lui a diagnostiqué un glaucome. Depuis lors « le Prof » a commencé à prendre des médicaments pour cette maladie (dont il ne souffrait pas !). Ce traitement erroné s’est arrêté lorsqu’il a été transféré de force à la prison de sécurité maximale à Guasave, dans l’Etat de Sinaloa, où pendant des mois ils lui ont refusé tout médicament, en lui appliquant uniquement une pommade ophtalmique.

Aujourd’hui et après plusieurs analyses, il se trouve qu’Alberto n’avait pas un simple glaucome mais  une tumeur au cerveau qui s’est développée durant toutes ces années à cause de l’inattention médicale, des transferts vers autres prisons, de la mauvaise alimentation, des tortures et des prescriptions erronées de médicaments. Aujourd’hui Alberto ne voit presque plus rien, il ne peut pas lire, ne peut pas écrire.

Ce 8 octobre 2012, et sous la pression de lui même et des organisations qui l’accompagnent,  Pathistan se trouve hospitalisé – comme il l’exigeait – à l’Institut National de Neurologie “Manuel Velasco Suárez”, dans la ville de Mexico. Aujourd’hui, la vie de Patishtán  est entre les mains de spécialistes et de professionnels. Hors, dans l’attente d’une opération chirurgicale, Alberto Patishtán  se trouve menotté à son lit d’hôpital.

Son cas juridique :

la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) a accepté d’étudier le cas d’Alberto Patishtán Gómez, afin de présenter prochainement son analyse à la Première Salle de la Cour. C’est cette dernière qui statuera sur la recevabilité de la procédure de reconnaissance d’innocence présentée en septembre par la défense légale du condamné.

L’indigène tzotzil Alberto Patishtán purge un peine de 60 ans de prison pour « des délits qu’il n’a pas commis »
La cour suprême de justice de la nation accuse réception d’une lettre d’Amnesty International en soutien à Alberto .
L’opération chirurgicale qu’il a subi récemment à Mexico lui a permis de récupérer 70% de sa vision.

Selon un accord publié par la première salle de la cour suprême de justice de la nation, celle-ci accuse réception d’une lettre d’Amnesty International (AI) en soutien à Alberto Patishtán Gómez, laquelle n’a pas été encore rendue publique – a informé Leonel Rivero – avocat du Professeur tzotzil condamné à 60 ans de prison pour des délits qu’il n’a pas commis et pour lesquels il a déjà purgé 12 ans de prison.

Patishtán Gómez, membre de l’organisation des prisonniers « la Voix de l’Amate » dans la prison de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, est en convalescence dans un hôpital de Tuxtla Guitérrez depuis le 18 octobre, suite à une intervention chirurgicale subie à Mexico en raison d’une tumeur cérébrale. « L’opération lui a permis de récupérer la vision. Selon ses propres commentaires « la lumière est revenue », pas complètement mais à 70%. « Je peux lire et écrire » a-t-il transmis via le collectif IK, qui suit le cas.

Cependant « Alberto ne devrait pas être hospitalisé car sa sortie a été autorisée par son médecin traitant à l’institut National de Neurologie et Neurochirurgie (INNN) », comme l’a informé le neurologue de l’hôpital Isstech-Vida Mejor au Chiapas.

Les groupes solidaires de Patishtán signalent que la prison n’est pas l’endroit adéquat pour son rétablissement. « Il a besoin d’être pris en charge par des personnes de confiance, lui même a demandé aux autorités pénitentiaires que lui soit accordé une prise en charge de la part des amis qui l’ont suivi à San Cristóbal » . Son prochain rendez-vous à l’Institut de Neurologie aura lieu fin novembre.

D’autre part, le prisonnier Rosario Díaz Méndez, lui aussi membre de « la Voix de l’Amate » et adhérent de l’Autre Campagne de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), enfermé dans la prison de San Cristóbal, a dénoncé que la résolution de son cas a été reportée encore une fois par le juge de Simojovel, qui aurai dû résoudre sur son cas depuis la semaine dernière.

Díaz Méndez ajoute que « la juge Isabella Álvarez Ramos, du tribunal de Simojovel de Allende, a changé encore une fois la date de l’audience, repoussée au 7 novembre. J’ignore leurs intentions car ils savent parfaitement que je n’ai pas commis l’homicide dont ils m’accusent. La personne supposée être la victime, Rogelio Gómez García, a lui même plaidé pour ma liberté. De la même façon les témoins de l’accusation ont signalé mon innocence concernant l’homicide et le vol perpétrés à Huitiupán, en 2005 ».

Il demande à la juge « de se prononcer en faveur de ma liberté immédiate » et au gouvernement de Juan Sabines Guerrero « qu’il donne les instructions nécessaires pour que mon droit à la justice me soit rendu ».

« Nous sommes gouvernés par l’injustice » : a déclaré Patishtán

marcha-el-bosque-patishtan« Nous sommes gouvernés par l’injustice » : a déclaré Patishtán, suite au refus de la Cours de réviser son cas. « C’était une bonne occasion de voir si au Mexique il y a une justice », a regretté, lors d’une interview téléphonique, le professeur tzotzil originaire du village d’el Bosque.

Ville de Mexico. « Nous sommes gouvernés par l’injustice », a déclaré Alberto Patishtán Gómez depuis la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas au Chiapas, après avoir appris que les magistrats de la Première Chambre de la Cour Suprême de Justice (SCJN) ont refusé que le plus haut tribunal puisse considérer son cas, en prétendant que celui-ci ne présente pas d’éléments suffisants pour mériter leur attention.

« C’était une bonne occasion de voir si au Mexique il y a une justice », a regretté, lors d’une interview téléphonique, le professeur tzotzil, en ajoutant : « Nous, les prisonniers, continuerons la lutte contre l’injustice et la corruption du système judiciaire « . Il a salué les deux juges qui ont voté en faveur de sa cause, Olga Sanchez Cordero et Arturo Saldívar. « Eux, oui, ils sont disposés à connaître la vérité. Les autres ne regardent pas les choses comme elles devraient l’être ».

Les membres de l’organisation des prisonnier-e-s de la Voix de L’Amate et les Solidaires de la Voix de l’Amate ont déclaré : « Nous sommes indignés par le comportement des juges, qui avaient entre leurs mains la possibilité de rendre à notre compagnon sa liberté par un acte de justice, mais ça n’a pas été le cas ». Au nom de ceux-ci, Patishtán a déclaré : « Nous sommes, de notre côté, décidés à lutter tant qu’il faudra. Nous n’allons pas nous décourager ».

D’autre part, le blog dédié au professeur, met en avant « la consternation et la colère après d’avoir appris le résultat négatif concernant la demande de révision du cas du professeur par cette Cour, et pour qu’il soit résolu favorablement » des avocats Leonel Rivero et Gabriela Patishtán, la fille du prisonnier de conscience le plus connu du pays, au sortir de l’audience de la Première Chambre de la SCJN.

Maintenant le cas retourne à une Cour à Tuxtla Gutiérrez au Chiapas. « Il y a toujours du racisme dans la justice mexicaine », a soutenu la défense. On s’attend à ce que le dossier prenne trois semaines pour arriver au tribunal de Tuxtla Gutiérrez qui, semble-t-il, « décidera » du recours en innocence. Patishtán est emprisonné depuis l’année 2000, accusé d’avoir perpétré à lui tout seul un massacre de sept policiers sur la route Simojovel – El Bosque.

Le fait, sans mobile et n’ayant jamais été accrédité de façon satisfaisante, ni même enquêté, a permis que ce grave crime reste impuni, ce qui met en évidence la protection politique dont ont bénéficié -au moins par omission- à cette époque là – l’ex-gouverneur Roberto Albores Guillen du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) et d’autres membres de son gouvernement.

Encore une fois, comme les prisonniers indigènes du Chiapas l’ont dit aujourd’hui : « la justice n’a pas fait son travail ».

Article de Hermann Bellinghausen
Journal Mexicain, La Jornada
Paru le 06/03/2013 16:11
Source

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

La discrimination et le racisme, ont prévalu une fois de plus contre le Professeur Patishtán

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Communiqué de la Red Contra la Represión y por la Solidaridad (RvsR) concernant la décision de la la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) sur le cas d’Alberto Patishtán

Notre compagnon Alberto Patishtán a traversé pendant 12 ans un long chemin rempli d’irrégularités juridiques, d’injustices et de mensonges. Il a été arrêté le 19 juin 2000, pour des délits qu’il n’a pas commis. L’État l’accuse, le torture et l’emprisonne parce qu’il lutte pour l’organisation communautaire et dénonce la mauvaise gestion des autorités municipales. Malgré tout, ni les mauvais traitements, ni les punitions n’ont effrayé sa capacité à s’indigner face à l’injustice. Depuis la prison sa lutte continue, non seulement pour sa propre liberté, mais pour celle des prisonniers de l’organisation de la Voix de l’Amate qui ont aussi du supporter les irrégularités juridiques, les injustices et les mensonges.

Le mercredi 6 mars 2013 l’injustice, ainsi que la discrimination et le racisme, ont prévalu une fois de plus contre le Professeur Alberto Patishtán, contre les peuples indigènes et contre les prisonniers politiques qui se trouvent dans les prisons de notre pays. La Première Salle de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) a refusé d’assumer sa compétence pour prendre en compte la reconnaissance de l’innocence du professeur Alberto Patishtán Gómez, condamné à 60 ans de prison, et qui avait réclamé cette reconnaissance.

Le projet d’expertise élaboré par la ministre Olga Sanchez Cordero et appuyé par le ministre Arturo Zaldívar a été refusé par les ministres Alfredo Gutiérrez Ortiz Mena, José Ramón Cossío et Jorge Pardo Rebolledo,qui, après avoir exprimé quelques phrases ne montrant aucun intérêt pour le sujet, ont argumenté le manque d’éléments pour réviser le cas. Leur attitude a été très clairement une preuve d’arrogance et de discrimination.

Le suivi, le travail et les diverses manifestations solidaires qui ont été réalisés par diverses organisations, collectifs et individus au Mexique et dans d’autres parties de la planète ont été fondamentaux pour dénoncer l’irrégularité et, en plusieurs occasions, pour faire pression afin d’arrêter tant d’injustices et pour demander le respect de droits fondamentaux. C’est pourquoi nous maintenons notre position sur le fait que l’organisation et la mobilisation depuis en bas et à gauche sont fondamentales. C’est seulement ainsi que nous obtiendrons que la justice cesse d’être la monnaie d’échange pour garantir des postes et des charges publiques et soit, alors, le visage, la voix, les pas et les mains de ceux qui quotidiennement, avec leur travail et leur rêves, font cheminer les divers mondes pour une vie libre et digne.

Liberté pour Alberto Patishtán!

Fraternellement,
Contre le pillage et la répression, la Solidarité !
Red Contra la Represión y por la Solidaridad (RvsR)

Traduit par les trois passants

Merci Val pour les corrections

Journées de mobilisations pour la libération de prisonnier-e-s de la Sexta au Mexique et dans le monde.

marchapatishtan
Du 15 au 20 avril, de nombreuses manifestations, événements, marches, actions de solidarité pour la libération de Patishtán et des compagnons et compagnes de la Sexta ont eu lieu au Mexique et ailleurs. Suite aux rencontres européennes de solidarité avec les zapatistes et ceux et celles qui luttent en-bas et à gauche, au Mexique et partout dans le monde, plusieurs collectifs de solidarité ont considéré que nous ne devons pas oublier les compagnons et compagnes kidnappé-e-s par les États répressifs, quel que soit le lieu. Ainsi les collectifs présents lors de ces rencontres européennes des 2 et 3 février 2013 à Paris, ont lancé l’idée de manifester chacun à son niveau et dans son lieu de lutte le 17 avril, date choisie en référence à la Journée du Prisonnier Palestinien instituée en 1975. Il s’agit de rappeler à l’opinion publique que des femmes et des hommes sont encore détenu-e-s pour leurs idées et convictions politiques.

11presxs-frAu Mexique, le Réseau contre la Répression et pour la solidarité constitué de collectifs, groupes et individus adhérents à la Sixième Déclaration zapatiste a lancé un appel à manifester le 17 avril. Il lance des journées d’action globale pour la liberté des prisonnier-e-s politiques et rappelle les compagnons et compagnes de la Sexta qui se trouvent encore enfermé-e-s : Rosa López Díaz, María de los Angeles Hernandez, Alberto Patishtán Gómez, Rosario Díaz Mendez, Pedro López Jiménez, Alejandro Díaz Santiz, Alfredo López Jiménez, Juan Collazo Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Juan Díaz Lopez, Juan López Gonzales, Benjamin López Aguilar, Antonio Estrada Estrada, Miguel Vazquez Deara, Miguel Demeza Jiménez,Alvaro Sebastian Ramírez, Máximo Mojica Delgado, Santiago Nazario Lezma et Antonio Díaz Banderas.

Au même moment, des collectifs en Espagne, Italie, France, au Royaume-Uni, au Pays Basque se mobilisent à leur niveau et dans leur espace de résistance… La lutte pour la libération de compagnons adhérents à la Sexta a son propre temps, son propre chemin, sa propre histoire et son propre parcours. Cependant, pendant ces jours-là, les mobilisations et initiatives convergent et se renforcent en faisant pression auprès de ceux qui, là-haut, font la loi et décident à leur guise du sort de compagnons et compagnes emprisonné-e-s. Mais ces mobilisations convergent aussi et surtout pour dire haut et fort aux compagnes et compagnons qu’ils ne sont pas seuls et que la mobilisation en dehors est plus forte que jamais !

100_9586Le 19 avril a été une journée intense de mobilisations, une journée profonde de solidarité, de rage et d’engagement, une manifestation massive de quinze à dix-huit mille personnes selon certaines sources, composée en majorité par des indigènes tzotziles, à Tuxtla Gutiérrez, Chiapas. Un groupe de huit mille professeurs s’est joint et a pris part à l’exigence de liberté pour Patishtán. La foule a paralysé la ville plusieurs heures, les manifestants se sont arrêtés devant le siège du conseil général du pouvoir judiciaire, la rue a été occupée totalement par les indigènes qui, accompagnés de flûtes, guitares et tambours, composaient cette manifestation très diverse. Certains cortèges portaient des croix symbolisant les morts du massacre d’Acteal. Hommes et femmes venu-e-s de Pantelhó, Huitiupán, Simojovel, Chenalhó, San Andrés, Zinacantán, Huixtán, Chamula, San Cristóbal de las Casas du village de « El Bosque », n’ont pas cessé de crier pour la liberté du professeur Patishtán pendant toute la marche.

Des manifestations diverses se sont jointes à cette exigence de liberté. De nombreuses émissions de radio ont eu lieu au Mexique et ailleurs. Une campagne de lettres a été également suivie et au total, plus de 4686 lettres ont été envoyées aux magistrats pour exiger la libération du professeur Patishtán.

Au niveau international, plusieurs mobilisations se sont jointes à cet appel ; il y a eu des mobilisations au consulat du Mexique au Canada, devant les ambassades mexicaines à Madrid, au Royaume Uni, à Chicago, Valence, Barcelone et Bilbao.

performance20avrilEn France, dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu du 14 au 21 avril 2013, deux événements ont été organisés concrètement pour la liberté de compagnons et compagnes adhérents à la Sexta. Le 17 avril, plusieurs collectifs ont organisé une soirée intitulée « 520 ans de résistance », dédiée aux prisonniers de la Sexta au Mexique, aux prisonniers amérindiens aux Etats-Unis (Leonard Peltier – Oso Blanco) et aux prisonniers mapuches. Lors de cette soirée, nous avons évoqué plus en détail le cas d’ Alberto Patishtán et avons également projeté un petit film sur la lutte menée dans sa communauté d’El Bosque. Nous avons parlé de la situation d’Alvaro Sebastian Ramirez et projeté le film du lancement de sa campagne internationale.

Le 20 avril était une journée spéciale dédiée surtout aux femmes prisonnières et ex- prisonnières, quel que soit le moment, quel que soit le lieu, à nos compagnes Rosa Lopez Diaz et Maria de Los Angeles Hernandez, à nos compagnes ex-prisonnières torturées sexuellement par l’État mexicain en 2006, à Atenco, toujours debout et en lutte: Mariana Selvas Gómez, Georgina Edith Rosales Gutiérrez, María Patricia Romero Hernández, Norma Aidé Jiménez Osorio, Claudia Hernández Martínez, Ana María Velasco Rodríguez, Yolanda Muñoz Diosdada, Cristina Sánchez Hernández, Patricia Linares, Suhelen Gabriela Cuevas Jaramillo et Bárbara Italia.

Lors de cette journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques, nous voulions donner une place spéciale à l’évocation de la résistance des femmes prisonnières et ex-prisonnières. Finalement, nous avons présenté une performance intitulée « Femmes prisonnières -Solidaridad », que nous avons construite à partir d’échanges (lettres, réflexions, passages du journal en prison, pensées) avec notre compagne ex-prisonnière et adhérente à la Sexta, Mariana Selvas, que nous remercions chaleureusement pour ce tissage collectif…

Lire la chronique complète: Journées de mobilisations pour la libération des prisonnier-e-s, avril 2013 et les lettres de prisonnier-e-s envoyées pour la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu du 14 au 21 avril 2013 à Paris ICI

Par les trois passants.

Merci à Valerie et à Val pour les corrections.

Depuis l’Europe : Liberté immédiate pour Alberto Patishtán Gómez !

cartasolipatishAux compagnes et aux compagnons dans n’importe quel calendrier et n’importe quelle géographie ;
Aux compagnes et compagnons prisonnier-e-s de la Sexta ;
Au compagnon Alberto Patishtán Gómez ;
Aux compagnes et aux compagnons Zapatistes ;
À la Sexta ;

4 mars 2013.

Compagnons et compagnes :

Avant tout recevez tous et toutes une salutation solidaire et du courage depuis nos différentes géographies. Le mois dernier à Paris, différents collectifs se sont réunis lors d’une rencontre européenne de solidarité avec les compagnons et les compagnes zapatistes. Dans cet espace, nous avons pu nous regarder et nous parler dans un contexte particulier, maintenant que commence une nouvelle étape appelée : « La Sexta » Parmi les nombreuses choses dont nous avons discuté, pour nous il reste clair que nous devons continuer à regarder vers le bas et ne pas oublier ceux et celles qui dans n’importe quel calendrier et dans n’importe quelle géographie nous ont enlevé, nous ont caché, nous ont séquestré, nous ont enfermé, nous ont extradé et isolé, pour le délit d’être indigène, d’être rebelle, d’en avoir marre, de parler une autre langue, de ne pas avoir de ressources, d’avoir appartenu à une organisation avant ou après l’arrestation, de protester, de se mobiliser, de se solidariser …ou tout simplement pour penser que les choses peuvent être différentes de ce que nous imposent ceux d’en haut.

En prenant en considération tout ceci et comprenant un peu le langage juridique qui est volontairement compliqué, aujourd’hui nous avons été informés que le cas du compagnon Alberto Patishtán est entre les mains de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) et que la Première Salle de la SCJN doit discuter ce 6 mars sur la reconnaissance de l’innocence de Patishtán, pour qui, grosso modo, ce « Recours en Reconnaissance d’Innocence » est le dernier recours légal pour obtenir sa liberté.

Notre compagnon Alberto, comme des milliers d’indigènes et de personnes d’en bas dignes, a non seulement été condamné à la réclusion, mais aussi à une longue chaîne de décisions arbitraires, de négligences et d’humiliations – toutes sous couvert légal – en souffrant à l’intérieur de la prison de ce dont souffrent des milliers de Mexicains en dehors, c’est-à-dire : du mépris, d’une absence totale de diagnostics médicaux efficaces. Alberto a été pendant des années traité pour un glaucome, puis pour une excroissance dans les yeux. Ce n’est qu’après de longues pressions que le professeur Patishtán a été bien diagnostiqué. Les médecins ont extrait de son cerveau la quasi-totalité d’une tumeur de 4.6 centimètres qui s’était développée depuis plus de dix ans et qui avait occasionné pour Alberto la perte presque totale de la vue, sans compter tous les symptômes dont il souffrait.

Patishtán a été arrêté sans ordre d’appréhension et obligé de signer sa déposition sans avocat et sans traducteur. Malgré les preuves apportées par la défense et les irrégularités du procés, la justice l’a accusé des délits fédéraux d’homicide et de lésions qualifiées ; de vol qualifié ; de dommages et du port d’arme à feu à usage exclusif de l’armée. Derrière tout cet arbitraire « légal », se cache le fait que Patishtán a toujours été très actif avant et après sa réclusion, raison pour laquelle il est une personne « dérangeante» pour les autorités. Raison par laquelle il a aussi été transféré vers différentes prisons d’une manière arbitraire, jusqu’à à être même enfermé dans une prison de haute sécurité à Guasave, dans l’État de Sinaloa. Mumia Abu-Jamal lui-même, prisonnier de conscience très connu emprisonné pendant 31 ans aux États-Unis, a qualifié de tragédie juridique le cas du professeur tzotzil Alberto Patishtán Gómez.

Aujourd’hui nous voulons réitérer notre entière solidarité avec vous compagnon Alberto, et quoi qu’il arrive, quoi que décidera la Cour Suprême de Justice de la Nation, nous savons que vous êtes enfermé là, parce que votre coeur est né rebelle, indigène et pauvre. Tout le reste est une stratégie pour maquiller que ce qui s’emprisonne véritablement est la révolte, l’engagement, le fait de regarder vers le bas, le fait de vivre en bas et de semer la dignité, le fait de ne pas regarder le pouvoir et de ne pas y aspirer.

La lutte pour la liberté dont ils vous ont privé est celle que dehors ils nous enlèvent quotidiennement, la solidarité envers vous pour votre libération Patihstán a dépassé les frontières et a fait beaucoup de bruit, a transpercé le fond. La lutte continue de toutes les façons. Nous espérons que cette étape juridique s’exercera sérieusement, pour que vous puissiez enfin prendre dans vos bras votre famille et vos amis et marcher libre avec eux.

Liberté inconditionnelle pour le compagnon Alberto Patihstán Gómez! Liberté pour Juan Díaz López, Rosa López Díaz, Alfredo López Jímenez, Pedro López Jiménez, Juan López González, Juan Collazo Jiménez, Benjamín López Aguilar, Alejandro Díaz Sántiz, Antonio Estrada Estrada, Miguel Vásquez Deara, Miguel Demeza Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Rosario Díaz Méndez et Álvaro Sebastián Ramírez !

En solidarité :

Associu Sulidarità (Corsica)
Caracol Zaragoza-Red de Personas por la Autonomía Zapatista
CEDOZ, État espagnol
CGT, État espagnol
Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris, France
Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan)
Corsica Internaziunalista
Espoir Chiapas, France
Fédération SUD éducation, France
Groupe de soutien à Leonard Peltier (LPSG- France)
Grupo de Solidaridad con Chiapas de Dorset, Royaume-Uni
Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Allemagne
Kolectivo BoKa En BoKa, France et Mexique
Les trois passants, France
Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid
LA PIRATA composée de : Nomads, Nodo Solidale, Colectivo Zapatista
Marisol,Lugano, Italie et Suisse
Secrétariat international de la CNT, France
Union Syndicale Solidaires, France

Traduit par Les trois passants

Merci à Myriam pour les corrections

Source en espagnol

CHIAPAS: Le cas du professeur tsotsil Patishtan est désormais entre les mains de la Cour Suprême de Justice

patishLe 6 mars 2013. Le cas du professeur tsotsil Patishtan est désormais entre les mains de la Cour Suprême de Justice de la Nation Mexicaine (SCJN)

San Cristóbal de Las Casas, Chiapas
28 février 2013

La Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) doit étudier le cas d’Alberto Patishtán Gómez, afin de présenter le 6 mars 2013 son analyse devant la Première Chambre de la SCJN. C’est cette dernière qui statuera sur la recevabilité de la procédure de reconnaissance d’innocence présentée en septembre par la défense du condamné.

Le cas du professeur tsotsil Alberto Patishtan Gomez est désormais entre les mains de la Cour Suprême (SCJN). Pour le Centre des Droits Humains Frayba qui a suivi son cas juridique de prés, la décision de la cour pourrait représenter un précèdent justicière en faveur des droits de l’humains au Mexique. Ce centre a rendu public un bulletin où il explique le fait que la 1ere Chambre de la Cour Suprême (SCJN) prévoit de réviser le 6 mars 2013 le cas d’Albero et de se prononcer sur son innocence. La juge Olga Sanchez Cordero de García Villegas, présentera le projet qui permettrait de décider si SCJN a les attributions nécessaires pour étudier cette reconnaissance d’Innocence présentée en faveur du professeur Patishtán.

Alberto a déjà passé 12 ans en prison, accusé d’avoir massacré des policiers dans la communauté de « El Bosque » au Chiapas. Son arrestation était une vengeance politique, ouvertement soutenue par le gouvernement de l’Etat, dirigé à l’époque par Roberto Albores Guillén. C’est le 19 juin 2000 qu’Alberto fut arrêté, accusé d’embuscade, de port d’armes et d’homicide qualifié d’agents de la police d’état.

D’après le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas et d’autres ayant assuré le suivi de son dossier, les irrégularités de procédure et les éléments permettant de conclure à son innocence ne manquent pas.

Cependant en 2007, son nom ne figurait pas sur la liste des prisonniers libérés par le gouvernement de l’état du Chiapas qui, devant la pression des prisonniers eux-mêmes et la solidarité nationale et internationale, accepta de réviser les dossiers et libéra presque 300 prisonniers considérant soit qu’ils étaient innocents, soit qu’il y avait eu une violation de leur droit à un procès équitable.

L’état du Chiapas essaie de se justifier en disant que les délits dont est accusé Patishtán dépendent de la juridiction fédérale.

La solidarité nationale et internationale pour la libération d’Alberto Patishtán Gómez a été impressionnante, comparable à celle montrée pour la libération du Zapatiste Francisco Santiz López liberé le vendredi 25 janvier 2013, après 417 jours de détention. Les moyens utilisés pour la libération de Patishtán ont été multiples et soutenus durant toutes ses dernières années par des collectifs locaux ou bien internationaux, par divers centres des droits Humains, par des personnalités, des intellectuelles.

Les stratégies et outils solidaires pour sa libération allaient de la diffusion de tracts sur les places centrales, à des événements accompagnant les grèves de prisonniers et prisonnières auxquelles Alberto participait, en passant par des festivals, des journées de solidarité, des lettres de soutien, des manifestations devant des ambassades et des consulats à l’étranger.

Un geste solidaire important a été la manifestation réalisée par sa communauté natale de « El Bosque » au Chiapas , le 18 mai 2012 où au moins un millier d’indigènes se sont réunis, la majorité des manifestants sont de cette municipalité, mais aussi d’autres communautés qui se sont jointes à la manifestation, comme San Andrés, Simojovel et Huitiupán, et même des communautés plus éloignées ont participé, tel que la communauté de Venustiano Carranza. Tous et toutes demandent la libération immédiate de leur compagnon, frère, cousin, maître, voisin, Alberto Patishtán Gómez emprisonné il y a 12 ans.

Dans le cadre de la semaine mondiale pour la liberté de Patishtán et celle de Santiz López, des mobilisations ont eu lieu en Suisse, en Italie, en Allemagne, en France, en Nouvelle-Zélande et en Hollande, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Espagne, au Canada, en Afrique du Sud, en Argentine, au Brésil, des collectifs de Mexico et d’Oaxaca se sont également joints aux mobilisations.

Nous restons attentifs à la résolution de la Cour en espérant que par ce moyen juridique- même si certains parmi nous restent septiques- puisse mettre fin à cet enfermement et remettre en liberté notre compagnon Patishtán.

Nous n’oublions pas non plus les procès remplis d’irrégularités des compagnons adhérents de la Sexta arrêtés de façon arbitraire et à partir de délits fabriqués de toute pièce.

Par les trois passants

Merci à Valérie pour les corrections

Bulletin Centre des Droits Humains Frayba

Voici la vidéo de la manifestation organisée par sa communauté « d’El Bosque » le 18 mai 2012

– Communiqués –

CHIAPAS: Libres 9 prisonnier-e-s des organisations La voix de l’Amate et Solidaires de la voix de l’Amate !

VictorRosario Díaz Méndez de l’organisation de la Voix de l’Amate ; Rosa López Díaz, Pedro López Jiménez, Alfredo López Jiménez, Juan Collazo Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Juan López Gonzalez, Benjamin López Aguilar et Juan Díaz López de l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate ont été libéré-e-s le 4 juillet dernier.

Rosario Díaz Méndez et Alberto Pathistan Gómez font partie de la Voix de l’Amate organisation de prisonniers appartenant à la Sexta, qui dénoncent le fonctionnement arbitraire du système judiciaire mexicain, la torture physique et psychologique que les matons leur font subir, ainsi que la corruption qui sévit dans les prisons de l’État du Chiapas.

L’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » regroupe des jeunes exposé-e-s aux mêmes injustices et manifestant un engagement équivalent dans la lutte des prisonnier-e-s, et qui ont été arrêté-e-s sans fondement parce qu’ils et elles sont pauvres, indigènes ou pour des motifs politiques. Comme Díaz Méndez et Patishtán, ils et elles sont devenu-e-s une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas.

Ils et elles tracent depuis de nombreuses années une radiographie du système carcéral où devient évident le mépris total de la dignité humaine. Ils et elles l’ont fait en défiant les menaces des autorités de la prison, en mettant leurs noms et leurs corps en danger.

Nous sommes heureux d’apprendre cette nouvelle, c’est grâce à la solidarité que les compagnons et compagnes peuvent embrasser leurs familles, leurs amies, qu’ils peuvent marcher dans leurs villages, saluer leurs compagnon-e-s, leurs voisin-e-s….finalement ils peuvent dormir, se réveiller à côté de leurs enfants et de leurs familles… la lutte continue pour tou-te-s ceux et celles qui sont encore enfermé-e-s : Alberto Patishtán Gómez, Alejandro Díaz Santiz, Antonio Estrada Estrada, Miguel Demeza Jiménez, Alvaro Sebastián Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández, Justino Hernández José, Abraham García Ramírez, Zacarías Pascual García López, Máximo Mojica Delgado, María De los Ángeles Hernández Flores, Santiago Nazario Lezma et notre compagnon anarchiste Braulio Durán.

À bas les murs de toutes les prisons !
Liberté à tou-te-s les prisonnier-e-s !

La lutte continue !

Les trois passants

Voir les vidéos :



CHIAPAS: « La lutte continue pour la liberté des autres prisonniers », signalent les prisonniers qui ont été libérés jeudi dernier.

01 Alfredo López Jiménez

San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 6 juillet 2013.

« Vous ne devez rien au gouvernement. Si vous êtes hors de prison c’est parce que vous avez lutté depuis l’intérieur de la prison. Votre libération est le résultat des manifestations, des cris dans les rues », a dit en s’adressant aux prisonniers adhérents à la Sexta, libérés jeudi dernier, le professeur Martín Ramírez López, porte-parole du mouvement « d’El Bosque », qui lutte pour la liberté d’ Alberto Patishtán. « Compagnons ex-prisonniers, bienvenue dans notre champ de lutte. Votre liberté ne signifie pas que le gouvernement a souffert d’un transfert du cœur et qu’il en ait un nouveau comme s’il avait changé. Non ! », signale le représentant tzotzil pendant la conférence de presse qui a eu lieu à midi dans un café du centre-ville.

Le café est complétement rempli. Sur une table qui sert d’estrade, Rosa et les huit autres ex-prisonniers, un air de liberté dessiné sur leurs visages, regardent le public qui les regarde et les écoute. « Treize ans de lutte et nous continuons la lutte », commence le professeur Martin. Ses mots résonnent très profondément.

« Comment le gouvernement compte-t-il vous payer les années de châtiment que vous avez endurées ? Comment va-t-il réparer les années que vous avez perdues en étant innocents ? Ceci est la grande injustice pour les pauvres. Est-il juste de condamner si longtemps une personne innocente ? Pour le gouvernement, vous libérer est comme relâcher un animal, un cheval, pour qu’il puisse aller chercher de quoi se nourrir.

Combien de prisonniers innocents ont été libérés sans que personne ne leur ait réparé les dommages subis ! Pendant les sept, huit années de leur incarcération ils ont perdu leurs filles, leurs frères, leurs familles, leurs maisons », signale fermement le professeur. « Tout ceci va continuer, mais pour les autorités du ministère public, les policiers, les juges qui vous ont torturés, qui vous ont accusés à tort et condamnés, pour eux il ne se passe rien? Ils condamnent des innocents et personne ne paie pour cela. Nous n’avons pas entendu dire qu’un juge ait été en prison pour avoir condamné un innocent. Et ici seulement vous êtes neuf, mais les juges montent en grade, occupent de meilleurs postes. »

01 Prof Martin RamirezRosario Díaz Méndez, Pedro López Jiménez, Juan Collazo Jiménez, Juan Díaz López, Rosa López Díaz, Alfredo López Jiménez, Juan López González, Benjamín López Díaz et Enrique Gómez Hernández écoutent attentivement ces mots après avoir quitté la prison n°5 jeudi dernier, au terme d’une lutte incessante marquée par des grèves de la faim, des jeûnes, des manifestations pour la défense collective des droits des prisonniers.

« Pourquoi y a-t-il des prisonniers innocents dans les autres prisons ? Parce qu’ils ne s’organisent pas. Ils continueront alors à être enfermés sans que personne ne les regarde. Si vous n’aviez pas manifesté, si vous n’aviez pas formé un mouvement, vous seriez encore enfermés. Nous devons continuer. Il y a encore beaucoup de prisonniers dans la souffrance. Le mauvais gouvernement et tous ses complices qui occupent des postes dans ses institutions continuent avec leurs mêmes coeurs à réprimer », poursuit Ramírez López de manière éloquente. « Nous devons unir nos voix et nos forces. Il existe une grande violation de nos droits humains. Cela fait quelques jours que le gouvernement nous a envoyé des CRS pour nous tabasser, nous, les professeurs, et porter la main où il n’en a pas le droit”. Un autre témoin a rapporté ceci : “tandis que nous étions en train de nommer notre secrétaire générale, combien sommes-nous de professeurs à avoir été réprimés, blessés, gazés ! Certains ont été traînés de force loin de là, baignant dans leur sang et traités comme des animaux. Du côté des forces de l’ordre il n’y a pas eu de prisonniers, par contre des professeurs ont été hospitalisés”.

Pedro López Jiménez, qui a été le porte-parole des Solidaires de la Voix de l’Amate et étudiant du professeur Patishtán Gómez, remercie ce dernier d’avoir fait connaître leurs histoires hors de la prison et rendu ainsi possible une lutte globalisée.

Le Réseau contre la Répression souligne qu’il reste encore quatre prisonniers de la Sexta enfermés au Chiapas : Patishtán, Alejandro Díaz Sántiz, Miguel Demeza Jiménez et Antonio Estrada Estrada. Il condamne totalement l’impartition de justice dans cet État.

01 Rosa López DíazLes prisonniers libérés ne cachent pas leur émotion. Rosa dit : « J’étais condamnée à 27 ans pour un délit que je n’ai pas commis, et à travers cette injustice j’ai connu cette lutte. Merci au compagnon Alberto Patishtán et à vous tous (en s’adressant au public), cette lutte a donné ses fruits. Mais ce n’est pas parce que nous sommes libres que la lutte cesse : d’autres frères souffrent l’injustice. La perte de mon fils Natanael qui est né malade à cause des coups que j’ai réçus pendant ma grossesse reste gravée en moi ».

Dans un dernier commentaire, l’avocat indépendant Ricardo Lagunes signale :Le ministère public qui a construit de toutes pièces les déclarations falsifiées de Rosa devrait être jugé pour cela ». Il mentionne aussi le cas incontournable de l’assassinat récent de Juan Vázquez Guzmán, de San Sebastián Bachajón.

Article de Hermann Bellinghausen
paru dans le Journal La Jornada
Dimanche, 7 juillet 2013, page 19
San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 6 juillet.

Traduit par Les trois passants et Valérie.

Note :
Plusieurs communiqués et déclarations d’organisations et collectifs locaux et internationaux ont salué cette libération, tout en rappelant la nécessité de continuer la lutte pour la liberté de tous ceux et celles qui restent enfermé-e-s dans les prisons mexicaines et partout dans le monde. Trois campagnes nationales et internationales sont toujours en cours : celle pour la libération de Patishtán et d’Alejandro Díaz Sántiz, une autre pour la libération des prisonniers de Bachajon, Miguel Demeza Jiménez et Antonio Estrada Estrada, enfin celle pour la libération d’Alvaro Sebastian Ramirez et des six autres compagnons prisonniers de Loxicha, Oaxaca, transférés le mois dernier à Tabasco, à plus de six cents kilomètres de leur ville natale.

Source: Noestamostodxs

Plus d’infos sur les prisonnier-e-s du Chiapas

Rosario Díaz Mendez condamné à 20 ans de prison

ROSARIOLettre de Rosario Díaz Mendez, Prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas.

À l’opinion publique
Aux médias nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
À la Sexta
Aux organisations indépendantes
Aux organisations de droits de l’homme et ONGs

San Cristóbal de Las Casas, 4 juin 2013.

Aujourd’hui à 14h l’injustice continue, j’ai été condamné à 20 ans de prison pour enlèvement (cas 333/2005) et cela malgré les déclarations des victimes qui disent ne pas me connaître et qui demandent ma remise en liberté, ainsi que celles de mes témoins à décharge, sans compter les nombreuses preuves en ma faveur. Mais les autorités injustes qui sont aveugles et sourdes ne prononcent que des condamnations.

La vraie raison de mon incarcération est que je me suis opposé à la mauvaise gestion de l’eau par les autorités municipales de Huitupan, dont Hernal Gonzales López était le maire de 2005 à 2008. Ce dernier a engagé des personnes pour qu’elles m’accusent d’enlèvement.

Suite à ces irrégularités, je demande au gouvernement de Manuel Velazco Cuello qu’il mette fin à cet emprisonnement injuste, tel qu’il l’a annoncé lors de ses visites.

Je réclame aussi qu’il tienne sa parole donnée lors de sa visite du 18 avril où il avait promis de nous remettre en liberté.

Enfin, j’invite tout le Mexique et le monde entier à se joindre à cette exigence de justice et de liberté.

Fraternellement

La Voix de l’Amate, Rosario Díaz Mendez
Prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, 4 juin 2013.

Source

Traduit par Les trois passants et Caracol Solidario.

Rosario Díaz Méndez enfermé : entre bureaucratie et vengeance politique.

07.wir.skyrock.netRosario Díaz Méndez, originaire de Huitiupán, Chiapas, fait partie avec Alberto Patishtán de ce qui reste de l’organisation de prisonniers de « la Voix de l’Amate » à l’intérieur de la prison. Comme pour le professeur tzotzil Patishtán, son dossier est rempli d’irrégularités et de mensonges. Il s’agit d’une vengeance politique, parce que tant Alberto que Rosario ont toujours mené une lutte pour la reconnaissance de leurs droits humains et contesté les méthodes de surveillance comme les traitements dégradants à l’intérieur de la prison, mais surtout parce qu’ils ont élargi le mouvement de protestation en y incorporant d’autres prisonniers également convaincus et engagés.

Rosario est emprisonné pour des délits qu’il n’a pas commis mais qui ont été fabriqués de toutes pièces, et condamné à 45 ans de prison pour séquestration et homicide. Cela fait plus de sept ans qu’il se trouve enfermé, et bien que son cas soit en révision par le gouvernement de l’État et qu’une résolution judiciaire ait dû être émise depuis longtemps par le juge de première instance à Simojovel, son dossier reste dans les limbes de l’abandon.

Le 7 mai 2013, nous avons appris que l’examen de son dossier avait été de nouveau retardé, comme si une consigne bureaucratique était de prolonger son enfermement ; c’est ce qu’a toujours fait Jaqueline Ángel, la juge du district de Simijovel responsable du suivi de son cas. Rosario a rendu publiques plusieurs dénonciations et il a exhorté à plusieurs reprises le juge du district de Simijovel « à respecter exhaustivement les analyses de son dossier, numéro 47/2006, en tenant compte de toutes et de chacune de ses confrontations, puisque les personnes supposées être offensées ne l’ont jamais signalé comme responsable, et les témoins à charge non plus (…) Personne ne m’accuse » – c’est comme cela que Rosario résume sa situation juridique. « Dans la plainte initiale mon nom n’apparaît pas. Il y a sept autres co-accusés dans la prison de l’Amate, que je ne connaissais même pas, qui ont été arrêtés pour les mêmes faits que moi, faits qui ont eu lieu à Huitiupán en 2005 ». (1)

Rosario a eu une activité politique très active à l’intérieur de toutes les prisons où il a été détenu depuis le 23 août 2005. En 2008, quand il se trouvait à la prison de l’Amate et qu’il n’était pas encore membre de la Voix de l’Amate, il s’est solidarisé avec les grévistes de la faim de la dite organisation, comme des dizaines de prisonniers. Cette protestation a été le facteur qui a permis la libération de tous les prisonniers de cette organisation, sauf celle de Patishtán ; c’est alors que Díaz Méndez s’est joint à cette organisation aux côtés de Patishtán. Quand tous les deux ont été transférés à la prison de San Cristobal, ils ont continué la lutte qui avait été conçue à l’intérieur de la prison de l’Amate. À San Cristobal, Rosario a participé aux actions solidaires avec les villages adhérents à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandonne.

Ensuite, il s’est joint à l’organisation d’une grève de la faim massive en juin 2011, quand environ 580 prisonniers de Los Llanos ont manifesté pour le respect de leurs droits en tant que personnes. Trois mois plus tard, Díaz Méndez a participé à la grève de la faim et au piquet de protestation de l’organisation de la Voix de l’Amate et des Solidaires, grève qui a duré 39 jours, et qui avait pour but d’exiger leur libération. (2)

C’est grâce à la forte mobilisation à l’intérieur et à l’extérieur que presque tous les membres de « la Voix de l’Amate » ont réussi à se faire libérer, suite aux protestations, aux efforts réalisés de la part des avocats et aux incessantes dénonciations concernant les irrégularités et les mensonges qui les avaient amenés à la prison du Chiapas.

Il ne faut pas oublier l’encouragement et le soutien que Rosario Diaz Mendez et Alberto Patishtan ont apportés à la plus récente organisation de prisonniers, créée en 2009, également adhérente à Sixième Déclaration zapatiste, qui s’appelle « Les Solidaires de la Voix de l’Amate ». Elle regroupe des jeunes exposés aux mêmes injustices et manifestant un engagement équivalent dans la lutte des prisonniers, et qui ont été arrêtés sans fondement parce qu’ils sont pauvres, indigènes ou pour des motifs politiques. Comme Díaz Méndez et Patishtán, ils sont devenus une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés – CERSS, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas.

Finalement, dans un communiqué, le groupe de travail et d’accompagnement aux prisonniers du Chiapas « No estam@s tod@s » lance un appel à rester attentifs, solidaires et vigilants quant aux prochaines actions pour la libération des compagnons et compagnonnes en lutte, adhérents à la Sexta Déclaration zapatiste. Rosario fait appel à tous ceux et toutes celles qui comme lui veulent que la justice et la liberté puissent trouver leur place dans ce monde, et exhorte les personnes solidaires à continuer la lutte.(3)

Par les trois passants

Merci à Valérie pour les corrections.

Sources:

(1, 2) Nadie me acusa, expresa Rosario Díaz Méndez, otro indígena inocente preso. Periódico La Jornada, artículo de Hermann Bellinghausen.
(3) Pronunciamiento del GT No Estamos Todxs en favor de Rosario Diaz Mendez et Denuncia de Rosario sobre el nuevo boicot a su proceso

Rosario Díaz Méndez : un autre indigène emprisonné au Chiapas.

Los Llanos, Chiapas, 8 octobre. Rosario Díaz Méndez,originaire de Huitiupán, fait partie avec Alberto Patishtán de ce qui reste du groupe de « la Voix de l’Amate » à l’intérieur de la prison. De la même façon que le professeur tzotzil Patishtán originaire du village de « el Bosque », il est emprisonné pour des délits qu’il n’a pas commis (dans son cas, des délits de séquestration et d’homicide). Cela fait plus de sept ans qu’il se trouve enfermé, et bien que son cas soit en révision par le gouvernement de l’État et qu’une résolution judiciaire ait dû être émise par le juge de première instance à Simojovel ce 2 octobre, son dossier reste dans les limbes de l’abandon.

« Personne ne m’accuse » – c’est comme cela que Monsieur Rosario résume sa situation juridique. « Dans la plainte initiale mon nom n’apparaît pas. Il y a sept autres co-accusés dans la prison de l’Amate, que je ne connaissais même pas, qui ont été arrêtés pour les mêmes faits que moi, faits qui ont eu lieu à Huitiupán en 2005 ». Toujours accompagné par son épouse chaque fois que cela est possible, il est le fondateur du piquet de protestation permanent qu’ont mis en place les adhérents de l’Autre Campagne dans la cour de la prison de Los Llanos, près de Huixtán.
Les personnes prétendûment offensées
Ce lundi, dans une missive écrite à la main qu’il a voulu rendre publique, il a exhorté le juge du district de Simijovel « à respecter exhaustivement les analyses de son dossier, numéro 47/2006, en tenant compte de toutes et de chacune de ses confrontations, puisque les personnes supposées être offensées ne l’ont jamais signalé comme responsable, et les témoins à charge non plus ». Il exige que le gouverneur Juan Sabines Guerrero prenne en compte cette demande et donne des instructions précises pour sa libération.

« Nous nous trouvons à un moment décisif pour que l’innocence de Rosario soit reconnue », – a déclaré le groupe de travail « No estamos Tod@s » qui accompagne les prisonniers de l’Autre Campagne dans leurs procédures légales et dans la lutte pour leurs libérations. Ils ajoutent : « le 2 octobre aurait dû avoir lieu l’audience juridique à Simojovel. Celle-ci donne un délai légal de 15 jours ouvrés pour que le tribunal émette une sentence absolutoire ou condamnatoire, en ce qui concerne l’accusation d’homicide à son encontre ».

De plus, le groupe souligne que Rosario a réalisé une activité politique très active à l’intérieur de toutes les prisons où il a été détenu depuis le 23 août 2005. En 2008, quand il se trouvait à la prison de l’Amate (à Cintalapa) et qu’il n’était pas encore membre de la Voix de l’Amate, il s’est solidarisé avec la grève de la faim de la dite organisation, comme des dizaines de prisonniers. Cette protestation a été le facteur qui a permis la libération de tous les prisonniers de cette organisation, sauf celle de Patishtán, et c’est alors que Díaz Méndez s’est joint à cette organisation aux côtés de Patishtán.

Quand tous les deux ont été transférés à la prison de San Cristobal, ils ont continué la lutte qui avait été conçue à l’intérieur de la prison de l’Amate. Là il a participé aux actions solidaires avec les villages adhérents à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandonne, ajoute le témoignage du groupe civil. Ensuite il s’est joint à l’organisation d’une grève de la faim massive en juin 2011, quand environ 580 prisonniers de los Llanos ont manifesté pour le respect de leurs droits en tant que personnes. Trois mois plus tard, Díaz Méndez a participé à la grève de la faim et au piquet de protestation de l’organisation de la Voix de l’Amate et les Solidaires, grève qui a duré 39 jours, et qui avait pour but d’exiger leur libération.

C’est grâce à cela que d’autres membres de « la Voix de l’Amate » ont réussi à se faire libérer, suite aux protestations pacifiques, aux efforts réalisés de la part des avocats et aux incessantes dénonciations concernant les irrégularités et les mensonges qui les avaient amenés à la prison du Chiapas. Récemment une nouvelle organisation de prisonniers a été créée, également adhérente à l’Autre Campagne, et qui s’appelle « Les Solidaires de la Voix de l’Amate ». Ce sont des jeunes exposés aux mêmes injustices et manifestant un engagement équivalent dans la lutte des prisonniers qui ont été arrêtés sans fondement ou pour des motifs politiques, et comme Díaz Méndez et Patishtán, ils sont devenus une référence en matière de droits humains au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés – CERSS, dans la zone rurale de San Cristóbal de las Casas.

La maladie d’Alberto Patishtán et son long cheminement vers une prise en charge médicale et le respect de ses droits humains ont mis en évidence les conditions de santé des prisonniers dans les prisons du Chiapas, ainsi que l’attention déficiente qu’ils reçoivent en étant sous la garde de l’État.

Le porte-parole des prisonniers de l’Autre Campagne dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas, Pedro López Jiménez, parle des maladies non traitées des compagnons Alejandro Díaz Sántiz, Alfredo López Jiménez et de lui-même et il a demandé que leur soient apportés les soins médicaux nécessaires dont ils ont tous besoin.

Le porte-parole a ajouté que les prisonniers et les solidaires de l’organisation « la Voix d’Amate » demandent au juge de Simojovel de prononcer une fois pour toutes la sentence qui, selon eux, devra être absolutoire,concernant les accusations contre Rosario Díaz Méndez, accusations dont les témoins à charge l’ont déclaré innocent. Comme lui-même l’a exprimé, personne ne l’accuse de l’assaut ni du meurtre perpétrés dans la communauté Huitiupán en 2005, faits pour lesquels sept autres personnes ont été condamnées, sans avoir aucune relation avec Díaz Méndez.

Concernant tout particulièrement Pedro López Jiménez, le tribunal de Simojovel devra rendre sa sentence avant le 23 octobre prochain. Selon la version du tribunal lui-même, il y a 95% de certitude qu’il soit innocent mais le Ministère Public a refusé de se prononcer favorablement, peut-être parce que cela mettrait en évidence le fait que la consignation originale dont ce Ministère accuse l’indigène a été prononcée sans fondement.

En ce qui concerne l’abandon médical des prisonniers, bien qu’ils soient privés de leur liberté ils ont pourtant des droits humains et le gouvernement doit les respecter. Pedro López Jiménez a mentionné le cas de son frère Alfredo, lui aussi emprisonné, nécessitant une chirurgie inguinale que durant des mois les autorités pénitentiaires lui ont refusée ; alors qu’il était hospitalisé cette semaine, son opération a été reportée à plus tard par manque d’équipement chirurgical, et il est retourné en prison.

Un autre reclus de l’Autre Campagne, Alejandro Díaz Sántiz, souffre de fortes douleurs dans les yeux et d’une détérioration visuelle, sans que les autorités ne lui donnent l’attention minimale dont il a besoin.

Indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic (municipalité de Mitontic), Díaz Sántiz a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 13 ans, accusé d’homicide, délit qu’il a toujours nié. Díaz Sántiz a été condamné à 29 ans de prison.

Et comme dans les autres cas de prisonniers adhérents à l’Autre Campagne au Chiapas, sa condamnation « résulte d’un procès corrompu dès le début ». Ce même argument a été invoqué par les avocats des paramilitaires responsables du massacre d’Acteal et dans leurs cas il a suffi pour libérer plus de 30 d’entre eux.

En raison de son problème de vue, Díaz Sántiz est obligé de porter en permanence des lunettes de soleil et ses activités sont limitées.

L’attention ophtalmologique brille par son absence (on lui donne seulement quelques gouttes qui ne servent à rien, ajoute López Jiménez), comme ce fut le cas pour le célèbre Alberto Patishtán à qui durant plusieurs années on a administré des gouttes alors qu’en réalité il avait une tumeur cérébrale.

Pedro López Jiménez lui-même souffre d’intenses maux de tête et les analgésiques qui lui sont administrés n’allègent pas la douleur, c’est pourquoi il exige une tomographie ; mais jusque-là, les autorités la lui ont toujours refusée.

Source

Rosa López Díaz

Rosa-Lopez-hor-web-texturasBRÈVE HISTOIRE DE ROSA ET DE SA DÉTENTION

Rosa López Díaz, est née le 2 décembre 1978 à San Cristóbal de Las Casas au Chiapas. Comme pour son compagnon Alfredo, sa langue maternelle est le tsotsil. Elle a un fils de 3 ans. Avant d’être arrêtée Rosa travaillait en tant que commerçante au marché et vendait des vêtements.

Rosa López Díaz a été arrêtée le 10 mai 2007 avec son époux Alfredo dans le parc central de San Cristobal de Las Casas, par des personnes habillées en civil, qui ne se sont pas identifiées. Elles l’ont rapidement fait tomber au sol. Elle a entendu son époux leur demander de s’identifier, mais ils ne l’ont pas fait. Ils l’ont conduite jusqu’à une camionnette et lui ont couvert les yeux. Après quelques heures, ils l’ont descendue les yeux toujours bandés et ils ont commencé à la frapper. Ils l’ont torturée en lui couvrant la tête avec un sac tandis que dans sa bouche ils avaient placé un chiffon mouillé avec l’intention de l’asphyxier. Ils l’ont frappée à l’estomac. Elle leur a demandé d’arrêter parce qu’elle était enceinte, mais ils ne se sont pas arrêtés. Puis ils l’ont fait remonter dans la camionnette, et l’ont amenée jusqu’à un lieu qu’elle ne connaissait pas. Là elle a compris qu’elle était toute seule, sans son époux. Ils l’ont maintenue à genoux, menottée, yeux bandés. Elle leur a demandé : « Qu’est ce qui se passe ici ? » La réponse qu’elle a obtenue fut : « Ce n’est pas tes affaires, de toute façon t’es foutue ! »

Rosa raconte: « J’ai pleuré, j’ai pleuré, je ne savais pas que ça allait m’arriver. J’ai pleuré pour ma famille, pour ma mère. Je ne sais pas comment décrire la peur que j’ai ressentie. Ils continuaient à me crier : « Tu ne te sauveras pas d’ici. De là où nous allons t’emmener, tu ne sortiras pas. Tu ne bougeras pas. Si tu tentes quelque chose, c’est ici que tu meurs”. » Rosa pleurait, et demandait qu’on ne lui fasse rien, elle dit qu’elle n’avait séquestré personne.

À peu près 40 minutes plus tard, ils l’ont amenée dans la même maison que celle où ils avaient retenu son époux. Ils ont assis Rosa contre le mur, lui ont mis les menottes, avec les yeux bandés, et ils ont commencé à la frapper. Ils l’ont de nouveau torturée. Ils ont couvert son visage avec un chiffon mouillé et l’ont recouvert d’un sac plastique, tout en frappant son estomac. Puis ils l’ont emmenée dans une autre pièce à part. Là ils l’ont déshabillée et elle a subi des violences sexuelles, ils l’ont touchée partout en la menaçant de la violer. Ils lui ont dit qu’ils voulaient qu’elle déclare que c’était bien elle qui avait séquestré Claudia Estéfani. Rosa pleurait, et demandait qu’ils ne lui fassent rien, disant qu’elle n’avait séquestré personne. « Comment puis-je dire quelque chose que je n’ai pas fait ? », a demandé Rosa. L’un des agresseurs l’a fait tomber par terre, deux autres l’ont empêchée de bouger, l’un d’entre eux s’est mis sur elle pour la violer. Rosa a dit à ce moment-là : « Ne me viole pas, je suis enceinte ». Un des agresseurs lui a alors lancé : « Si tu dis que c’est toi qui l’as fait, nous ne te ferons rien. »

Alors Rosa leur a dit oui, que c’était elle qui avait séquestré Claudia Estéfani, même si ce n’était pas vrai. De là Rosa et son mari Alfredo ont été conduits au Ministère Public où ils ont été obligés sous la torture de signer des feuilles blanches.

Une fois enfermée, elle a pu parler avec son compagnon Alfredo et lui demander s’il savait pourquoi ils étaient là. Alfredo lui a raconté que son cousin avait « volé » la fiancée, ce qui dans les villages signifie que la fiancée part avec son mari sans que celui-ci ne paie la dot.

De même que tous les membres de l’organisation « des Solidaires de la Voix de l’Amate », Rosa n’a jamais eu accès à un traducteur qualifié, qui connaît la langue et les coutumes tsotsiles. Pendant sa déposition, son avocat commis d’office, Joaquín Domínguez Trejo, a été peu présent. On a lu à Rosa sa déclaration mais, à cause de l’absence de traduction dans sa langue maternelle, elle n’a pas compris les termes juridiques. C’est pourquoi elle a refusé de signer sa déclaration. On l’a malgré tout obligée à signer. On l’a ensuite immédiatement déplacée au Centre de Réinsertion Sociale nº5 (CERSS nº5) à San Cristóbal de Las Casas, sous le chef d’accusation d’enlèvement.

CAS LÉGAL

Après 14 mois de détention préventive, elle a été condamnée à 27 ans, 6 mois et 17 jours de prison. Elle a fait appel et sa condamnation et a été réduite de 17 jours. Ce jour-là, le 13 avril 2009, c’est la dernière fois que Rosa a vu son avocat.

CONDITIONS EN TANT QUE FEMME ET PRISONNIÈRE

Rosa est la seule femme à faire partie de l’organisation des prisonniers « les Solidaires de la Voix de l’Amate » au Chiapas, adhérente à la Sexta de l’EZLN. Elle n’appartenait à aucune organisation politique avant de se faire arrêter, et c’est en prison qu’elle est devenue militante. Elle se bat tous les jours en prison pour sa liberté et celle de ses camarades de lutte. Rosa est très active et a participé à plusieurs actions de protestation à l’intérieur de la prison. Cela fait six ans qu’elle est privée de sa liberté. Pour elle, même si les conditions en tant que prisonnière, militante, mère, indigène et femme ne sont pas faciles du tout, il n’est pas question d’arrêter de se battre. Depuis la prison Rosa dénonce systématiquement le traitement que subissent les prisonnières ainsi que les conditions générales de vie dans le secteur réservé aux femmes.

Rosa était enceinte de quatre mois quand elle a été torturée. Son fils est né avec une paralysie cérébrale, à cause de la torture qu’elle a subie pendant son arrestation. À cause de ses difficultés de santé et d’une dénutrition sévère, son fils Natanael est décédé le 26 octobre 2011, à l’âge de 4 ans.

Malgré la difficulté que représente le fait d’être une activiste, une mère, une femme et une indigène, la compañera Rosa continue sa lutte avec détermination en s’impliquant dans l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate. Dans une vidéo destinée à faire connaître son cas, elle a pu récemment retracer, avec ses propres mots, son histoire. Cette vidéo a été intitulée « Koltavanej » qui, en langue tsotsile, signifie « libération ».

Chiapas: les prisonnier-e-s ont tracé pendant de nombreuses années une radiographie du système carcéral

carcelDepuis leur front de lutte derrière les barreaux de la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas au Chiapas, huit compagnons et une compagne de la Sexta- adhérents à la Sixième déclaration de la forêt Lacandone de l’EZLN- incarcérés, nous communiquent leur nouvelle action de lutte: depuis le mercredi 30 janvier ils ont commencé un jeûne et une prière de 12 heures quotidiennes durant 7 jours afin d’exiger leur libération immédiate.

Alberto, Rosario, Pedro, Juan Collazo, Alejandro, Juan Diaz, Rosa, Juan Lopez et Benjamin ont passé entre 6 et 13 ans en prison sans aucune justification, la seule raison évidente c’est qu’ils sont pauvres, ou bien indigènes ou militants sociaux dans leurs villages. La machine infernale de la justice étatique, non seulement les a arrêté sans preuves ni évidences, mais les a torturé, transféré, frappé, menacé en leur rendant la vie impossible dans les différentes prisons où ils ont été enfermés.

Ces compagnons ont subi ce que subissent toutes celles et tous ceux qui ont eu le mauvais sort de tomber dans les mains de ces tyrans en uniforme qui défendent le système du pouvoir capitaliste, patriarcal et colonial ; mais nos compagnons ne se sont pas tus et ont constamment dénoncé les violations et les mauvais traitements que l’on subit en prison, pas seulement au Chiapas, mais partout au Mexique. Dénonciation après dénonciation « l’organisation de la Voix de l’Amate » et « les Solidaires de La Voix de l’Amate » ont tracé pendant de nombreuses années une radiographie du système carcéral où devient évident le mépris total de la dignité humaine dont souffrent les prisonniers dans les prisons de l’État. Ils l’ont fait en défiant les menaces des autorités de la prison, en mettant leurs noms et leurs corps en danger.

Serait-ce pour cette raison que dans les derniers jours, le compagnon Rosario Diaz Mendez a encore été condamné à 25 ans de prison ferme pour un homicide qu’il n’a pas commis ?

Est-ce une manière de lui faire payer sa conviction obstinée à lutter pour sa liberté et celle des autres compagnons ? Quel cœur et quelle tête perverse a probablement la juge Jaqueline Angel du Tribunal de Simojovel pour ne pas tenir compte, dans la révision du procès, du fait que les offensés ne reconnaissent pas Rosario comme le responsable de ce que les « victimes » ont subi ?

C’est une honte, une sentence – une de plus – sans soutien légal … ils veulent à tout prix casser la fermeté de Rosario, son espoir et son sourire.

On se souvient que Rosario Diaz Mendez a été accusé du délit d’homicide suite aux faits qui ont eu lieu le 4 avril 2005, où 5 personnes se rendait en voiture dans la municipalité de Huitiupan et ont été assaillis par 4 personnes qui étaient habillées tout en noir et ont utilisé des armes à feu. Le conducteur est décédé dans cet événement. Le 23 août 2005 la police a arrêté Rosario en l’accusant d’avoir participé à cet homicide. Conformément aux témoignages obtenus par les mêmes autorités d’administration de justice, il n’existe aucune preuve qui accrédite la culpabilité de Rosario. De la même façon une accusation de séquestration a été montée de toute pièce contre lui.

Communiqué du groupe de travail « No Estamos Todxs »
source

Traduit par les trois passants

***

Chiapas: Les prisonnier-e-s dénoncent le manque d’attention médicale

Nous, les prisonniers politiques de l’organisation de la Voix de l’Amate et Solidaires de la Voix de l’Amate adhérents à la Sexta -Sixième déclaration de la forêt lacandone de l’EZLN, enfermés dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas, déclarons :

Les autorités pénitentiaires manquent à leurs obligations envers nous tous qui sommes privés de nos libertés, en négligeant systématiquement d’apporter des soins médicaux à ceux qui en ont besoin, en prison.

À cause de cette négligence, les maladies qui pourraient normalement être soignées et curables deviennent, par le manque d’attention adéquate, des maladies incurables.

Telle est la situation du compagnon professeur intérimaire Manuel Gómez Gutiérrez à qui, depuis plus de trois mois, on a détecté deux tumeurs au niveau de son dos, du coté gauche. Depuis que cette maladie a été découverte, il a subi des traitements inadéquats qui ne lui ont servi strictement à rien ; loin de soulager sa maladie, ils ont au contraire aggravé la situation en lui paralysant la main gauche, devenue immobile. Le compagnon ne peut plus parler, ne peut pas se lever et il a perdu la flexibilité de tout son corps.

C’est pour cette raison que nous rendons publique cette dénonciation. En même temps, nous exigeons du gouvernement de l’Etat du Chiapas de Manuel Velasco Coello qu’il trouve une solution immédiate à ce sujet et qu’il intervienne afin que le compagnon puisse bénéficier d’une opération le plus tôt possible, d’autant plus que ce malade a droit à la sécurité sociale en tant qu’inscrit à l’institut de la Sécurité sociale des travailleurs de l’État (ISSSTE), institution qui tient notre compagnon dans l’oubli.

Fraternellement
Les Prisonnier-e-s politiques de la Voix de l’Amate et les Solidaires de la Voix de L’Amate, prison numéro 5, San Cristóbal de Las Casas au Chiapas, 8 février 2013.

Traduit par les trois passants

Source

Communiqué des prisonnier-e-s du Chiapas suite à l’opération policière dans la prison n°5

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À L’opinion publique
Aux Médias de communication de l’Etat, Nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
Aux Adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN
A la Sexta Internationale
Aux Organisations Indépendantes
Aux défenseurs de droits humains et aux ONG

Nous, prisonniers politiques :

Base d’Appui de l’EZLN, organisation de la Voix de l’Amate, adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, enfermés dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas au Chiapas, déclarons :

Dans les centres pénitentiaires de notre État du Chiapas, il existe des opérations menées par les autorités qui, selon celles-ci, ont pour but le bien-être de la population interne. Concrètement dans la prison nº5, le 16 janvier dernier à environ 7h40 du matin est arrivé un groupe de policiers appelés des « loups », commandés par le commandant Reinol, et qui se sont mis au travail : d’abord ils nous ont enfermés dans la cour de sport, tandis qu’ils se dirigeaient vers les cellules pour les fouiller et soi-disant vérifier s’il n’y avait pas quelque chose qui pourrait affecter la prison ou la population interne. Nous sommes conscients qu’ils doivent faire leur travail, nous sommes toutefois contre le fait qu’ils ne respectent pas nos droits et garanties individuelles, le plus triste c’est qu’ils viennent seulement voler nos affaires.

Notamment à notre compagnon prisonnier politique Alberto Patishtán Gómez, à qui ils ont volé deux stylos de marque d’une valeur de 250 pesos, ainsi qu’à notre compagnon de l’organisation de Solidaires de la Voix de l’Amate Juan López González à qui ils ont volé sa montre, marque Casio d’une valeur de 120 pesos, sans compter toutes les affaires qu’ils ont volées aux autres internes.

D’une part nous exigeons du gouvernement de Manuel Velasco Coello qu’il trouve une solution immédiate à ce sujet et demandons la destitution immédiate des voleurs qui, en toute impunité, viennent nous fouiller ; nous exigeons également l’indemnisation des affaires qui nous ont été volées par ce groupe appelé « loup ».

D’autre part nous continuons d’exiger du gouverneur notre remise en liberté immédiate et inconditionnelle.

Finalement nous invitons la société civile, les organisations indépendantes au niveau national et international à mettre fin aux abus des autorités pénitentiaires et à continuer d’exiger la liberté qui nous revient.

Fraternellement
Les prisonniers politiques : Base d’appui de l’EZLN : Francisco Sántis López. Les prisonniers de « La Voix de l’Amate” Alberto Patishtán Gómez et Rosario Díaz Méndez. Et les prisonniers de l’organisation de Solidaires de la Voix de l’Amate : Juan Díaz López, Alejandro Díaz Sántis, Juan Collazo Jiménez, Rosa López Díaz, Pedro López Jiménez, Juan López González, y Benjamín López Aguilar.

Prison nº5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas ,21 janvier 2013.

Traduit par les trois passants

Merci à Valérie pour les corrections

Source

VII Anniversaire de l’organisation de prisonniers de la Voix de l’Amate

ANIV7AMATELe compagnon Alberto Pathistan Gómez a créé l’organisation de prisonniers « la Voix de l’Amate » Il s’agit d’une organisation de prisonniers appartenant à l’Autre Campagne, née en 2005 pour dénoncer le fonctionnement arbitraire du système judiciaire mexicain, la torture physique et psychologique que les matons font subir à ces prisonniers, ainsi que la corruption qui sévit dans les prisons de l’État du Chiapas.

Actuellement, Alberto Pathistan Gómez et Rosario Díaz Méndez sont les seuls membres qui restent de cette organisation. Ensemble ils ont encouragé les autres prisonniers à s’organiser et ont largement soutenu la création de l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate, composée de prisonniers et prisonnières qui luttent à l’intérieur de la prison pour leurs droits et leur dignité.

Le Dimanche 6 janvier 2013, 100 personnes environ se sont donné rendez-vous à la prison No. 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas pour fêter et se rappeler la décision courageuse et rebelle d’un groupe d’indigènes de s’organiser et se battre à l’intérieur de la prison, afin d’exiger leur libération immédiate, de faire entendre leur voix et briser ainsi l’isolement, l’oubli, l’humiliation et la peur.

Voz-del-Amate-150x150Ce fut en 2006, après avoir adhéré à la Sixième Déclaration de la forêt lacandone, que les indigènes prisonniers ont décidé de sortir de leurs cellules et de se mettre en grève en organisant un piquet de protestation pour exiger des mauvaises autorités leur remise en liberté,donnant naissance à la voix des sans voix « La voix de l’Amate ».

A partir de 10 heures du matin de ce 6 janvier 2013, la prison No. 5 qui compte sur plus de 600 personnes une majorité d’ indigènes tsotsiles et tseltales, recevait l’arrivée de visiteurs en provenance des régions proches du Chiapas d’El Bosque, de San Cristobal de Las Casas, de la ville de Mexico, ou de régions plus éloignées d’Italie, d’Espagne, d’Argentine entre autres. Tous et toutes en plus de leur coeur solidaire amenaient des galettes des rois, des gâteaux de mais, des cahiers, des sourires, des embrassades, des dessins. Beaucoup de gens remplissaient la cour de joie, de partage, de solidarité.

La cour située devant la petite école de la prison était couverte par des bâches blanches et jaunes, les chaises et les tables étaient disposées et prêtes à accueillir la foule qui arrivait de partout.

A midi, tandis que le lieu brillait de salutations, de conversations, d’histoires et d’échanges un petit espace de silence a fait irruption en donnant lieu à toute une série de discours, tous émouvants, tous solidaires… Le message a été clair : nous n’oublions pas, la lutte continue !

Nous saluons depuis la France les compagnons de la Voix de l’Amate, les compagnons et compagnes de l’organisation Solidaires de la Voix de l’amate et espérons que tous et toutes trouvent la liberté qui leur a été volée ! Nous fêtons avec notre coeur et notre solidarité, même si c’est de loin, la création et la continuité de cette organisation qui a encouragé d’autres prisonniers et prisonnières à se battre et de laquelle nous apprenons tous le jours.

La lutte continue !

Communique depuis la Prison No. 5 à San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 06 janvier 2013.

11presxs-frÀ l’opinion publique
Aux médias de communication de l’Etat, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
Aux adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN
A la Sexta Internationale
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains et aux ONG

Nous, les prisonniers politiques de la Voix de l’Amate, adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, déclarons :

Nous nous trouvons condamnés injustement en raison des injustices que nous vivons en prison et à cause des irrégularités qui entachent nos procès, cependant tout ceci a permis la création le 8 janvier 2005 de l’organisation de « La Voix de l’Amate ». Cette organisation a pour but la défense des droits humains, la promotion de la paix et la justice pour les opprimés en prison. C’est pour cette raison que ce 6 janvier 2013 nous célébrons le septième anniversaire de nos victoires ensemble, avec différentes organisations indépendantes nationales et internationales ; et c’est pour cela que nous exigeons du gouverneur Manuel Velazco Coello notre liberté immédiate et inconditionnelle en raison de l’injustice de notre emprisonnement.

Finalement nous continuons de demander au Peuple du Mexique et du Monde de se joindre à nos demandes de liberté et de justice.

Vivre ou mourir pour la vérité et la justice !

Fraternellement
Organisation de la Voix de l’Amate
Alberto Patishtan
Gómez Rosario Díaz Méndez
Solidaires de la Voix de l’Amate :
Pedro López Jiménez
Juan Díaz López
Alejandro Díaz Santis
Juan Collazo Jiménez
Rosa López Díaz

Prison No. 5 à San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 06 janvier 2013.

Traduit par les trois passants

Plus d’info

Prisonniers de la « Voix de l’Amate » Chiapas

Communiqué suite à l’anniversaire de la compagne Rosa Díaz López depuis la prison

Rosa-Lopez-hor-web-texturasA l’opinion publique
Aux Médias régionaux, nationaux et internationaux
Aux Médias alternatifs
Aux Adhérents à l’Autre Campagne
A la sexta Internationale
Aux Organisations indépendantes
Aux défenseurs des Droits Humains et aux ONG

Nous, les prisonniers Politiques de « La Voix de l’Amate » et les « Solidaires de la Voix de l’Amate « , adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, incarcérés dans la prison n°5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, déclarons :

A cause du capitalisme et du néo-liberalisme, nous souffrons de nombreuses violations à nos droits dans cet emprisonnement injuste qui nous éloigne de nos familles. Un exemple très clair est le cas de notre compagne Rosa López Díaz qui, ce 2 décembre, fête ses 34 ans de vie que Dieu lui a offerts mais, le plus triste, en étant privée à cause de cet emprisonnement injuste de l’amour, de la tendresse et du contact de ses fils et filles et de sa famille.

C’est pour cela qu’aujourd’hui nous continuons publiquement d’exiger des autorités compétentes qu’elles nous rendent, maintenant, nos libertés qui nous ont été enlevées de force !

Por último invitamos a las organizaciones independientes estatales, nacionales e internacionales a que no se cansen de velar por la Justicia Verdadera.

Finalement nous invitons les organisations indépendantes du Chiapas, les organisations nationales et internationales à ne pas cesser de veiller pour que la Vraie Justice soit rendue.

Fraternellement
Prisonniers Politiques de la Voix de l’Amate, les Solidaires de la Voix de l’Amate.

San Cristobal de Las Casas, Chiapas; 3 de décembre 2012.

Traduit par les trois passants

Source: http://noestamostodxs.noblogs.org

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Dénonciation des prisonniers de la Voix de l’Amate, des Solidaires de la Voix de l’Amate et du compagnon Base d’Appui Zapatiste

soliA l’opinion publique
Aux Médias régionaux, nationaux et internationaux
Aux Médias alternatifs
Aux Adhérents à l’Autre Campagne
A la Sexta Internationale
Aux Organisations indépendantes
Aux défenseurs des Droits Humains et aux ONG

Nous, compagnons base d’appui zapatiste, organisation des prisonniers « La Voix de l’Amate » et les Solidaires de la Voix de l’Amate adhérents à l’Autre Campagne de l’ E.Z.L.N., déclarons :

Aujourd’hui le mandat du gouvernement fédéral et étatique est fini mais celui-ci a laissé des traces que la société ne pourra jamais oublier : des morts, des disparus, des emprisonnés, au final un niveau élevé de violence. Malgré tout cela, il fait des déclarations publiques en disant que toutes les questions et problèmes concernant la justice ont été résolus – comme l’a déclaré il y a quelque jours le Gouverneur de l’État du Chiapas Juan Sabines Guerrero.

Nous démentons totalement cette déclaration erronée, car malgré les grèves de la faim, les jeûnes et les autres actions pour démontrer notre innocence, aujourd’hui nous continuons à être prisonniers et aucune justice n’a pas été rendue concernant nos détentions injustes.

C’est pour cette raison que nous dénonçons publiquement cet arbitraire et toutes les violations à nos droits humains. Nous exigeons justice ainsi que nos libérations immédiates et inconditionnelles.

Finalement nous invitons, une fois de plus, les communautés de l’État du Chiapas, nationales, internationales et du monde à exiger notre remise en liberté.

Fraternellement
Base d’Appui Zapatiste
Francisco Sántiz López

L’organisation de prisonniers « La Voix de l’Amate »
Alberto Patishtan Gómez
Rosario Díaz Mendez

Les Solidaires de la Voix de l’Amate
Pedro López Jimenez
Alfredo López Jimenez
Rosa López Díaz
Juan Collazo Jimenez
Juan Díaz López
Alejandro Díaz Sántiz

San Cristobal de las Casas, Chiapas, prison n°5, 4 décembre 2012

traduit par les trois passants

Source: http://noestamostodxs.noblogs.org

***

Ils et elles exigent au Chiapas, à Mexico, à Oaxaca et dans le monde: liberté pour Patishtán et Santiz !

Communauté de « El Bosque » au Chiapas . Le 18 mai. Tout se passe en langue tzotzil, ici où Alberto Patishtán Gómez est appelé Beto, ou compagnon « prof ». « Beto résiste ! le village se soulève ! », crient ses compatriotes, après avoir initié une manifestation autour du chef lieu de la municipalité. Où au moins un millier d’indigènes se sont réunis, la majorité des manifestants sont de cette municipalité, mais aussi d’autres communautés se sont jointes à la manifestation, comme San Andrés, Simojovel et Huitiupán, et même des communautés plus éloignées ont participé, tel que la communauté de Venustiano Carranza. Tous et toutes demandent la libération immédiate de leur compagnon, frère, cousin, maître, voisin, Alberto Patishtán Gómez emprisonné il y a 12 ans pour un crime que tous savent qu’il n’a pas commis.

La mobilisation exige aussi la libération de son frére zapatiste Francisco Santiz López de Tenejapa, emprisonné il y a six mois sans raison, dans la prison de San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas.

Dans le cadre de la semaine mondiale pour la liberté de Patishtán et celle de Santiz López, des mobilisations ont eu lieu ou auront lieu ce week-end, en Suisse, en Italie, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et en Hollande. Des collectifs de Grande-Bretagne, des États-Unis, de France, d’Espagne, du Canada, d’Afrique du Sud, d’Argentine, le Mouvement des Sans Terre (MST) au Brésil, des collectifs de Mexico et d’Oaxaca se sont également joints à cette mobilisation.

Source : Journal La Jornada
Hermann Bellinghausen, Samedi 19 mai 2012, p. 18

http://www.jornada.unam.mx/2012/05/19/politica/018n1pol

Voir aussi: Rencontre contre l’emprisonnement politique au Mexique sur https://liberonsles.wordpress.com/rencontre-contre-lemprisonnement-politique-au-mexique/

Une semaine de lutte pour la libération de Patishtán et Sántiz se prépare.

Diverses ONG soulignent qu’il s’agit de prisonniers politiques tsotsils.

Des organisations de l’Autre Campagne réaliseront prochainement la Semaine de lutte mondiale pour la liberté d’Alberto Patishtán Gómez et de Francisco Sántiz López : pour briser les murs du cachot.

Le professeur tsotsil Alberto Patishtán Gómez est un prisonnier de conscience très important, enfermé depuis 12 ans derrière les barreaux, il a été transféré à la prison fédérale de Guasave dans l’Etat de Sinaloa au mois d’octobre dernier, en raison de sa participation à la grève de la faim menée pour réclamer sa liberté ainsi que celle d’une dizaine d’autres prisonniers indigènes au Chiapas.

Sántiz López est un petit commerçant tzeltal, base d’appui de l’EZLN depuis 20 ans, il a été enfermé en février dernier dans la prison de San Cristóbal, accusé de délits qu’il n’a pas commis.

Dans les deux cas, les avocats indépendants, les organismes de droits de l’homme et les autorités autonomes zapatistes ont confirmé l’innocence des indigènes. Tous soulignent qu’il s’agit des prisonniers politiques et accusent le gouvernement de Juan Sabines Guerrero de les maintenir en prison pour des raisons politiques, afin de protéger les groupes paramilitaires qui sont intervenus dans le passé dans la municipalité El Bosque, et ceux qui interviennent à présent à Tenejapa.

A l’occasion des 41 ans de Patishtán, le Mouvement pour la Justice des Quartiers, de l’Autre Campagne à New York – a annoncé que les journées pour la liberté des deux compagnons emprisonnés auraient lieu du 15 mai au 22 mai : Ici de l’autre côté, nous sommes vivement préoccupés face au constat des emprisonnements injustes de Patishtán Gómez et de Sántiz López. Les luttes dignes de nos compagnons, suscitent la réflexion et la révolte face à un système politique et juridique qui n’a rien à voir avec la justice et les droits.

Solidarité internationale

Lors des mobilisations populaires récentes en Espagne, en France et lors des occupations de Wall Street, les deux prisonniers emblématiques du Chiapas ont reçu de nombreux témoignages de solidarité, de même que leurs compagnons des organisations de la Voix de l’Amate et des Solidaires de la Voix de l’Amate, qui, également enfermés, continuent à dénoncer les mauvais traitements et l’absence d’attention médicale dans les Centres de Ré-insertion Sociale des Condamnés (Cerss) de San Cristóbal et de l’Amate. En particulier pour ce qui concerne Rosario Díaz Méndez.

Le mouvement new-yorkais souligne : « ils cherchent à effacer le visage de nos compagnons pour qu’ils cessent d’être visibles; à effacer leurs mots pour qu’ils ne soient pas écoutés; à effacer leur liberté physique pour qu’ils ne luttent plus. Il est plus facile d’enfermer dans un cachot un corps qui n’a pas de visage, qui ne fait pas de bruit, qui n’a pas de vie. Le système carcéral fait partie de la politique raciste du système capitaliste mondial. Tant au Mexique, qu’aux États-Unis, les prisons se remplissent presque exclusivement de ceux d’en-bas – des femmes et des hommes indigènes, migrants, noirs, pauvres, sud-américains -, sachant que les seuls à pouvoir bénéficier de toute cette misère sont les véritables criminels : les compagnies multinationales et leurs serviteurs politiques ».

Depuis le début du mois de février, Sántiz López est emprisonné, accusé à tort d’avoir dirigé un affrontement à Banavil (municipalité de Tenejapa), affrontement qui a provoqué la mort d’un priíste – le communiqué poursuit: «La composante raciste et politique est évidente, puisque comme l’explique l’Assemblée du Bon Gouvernement d’Oventic : «la fabrication de délits contre notre compagnon vient du palais présidentiel dans le but de détruire la résistance des communautés zapatistes; ils essaient d’empêcher à tout prix la construction de l’autonomie des peuples originaires».

Le 22 mars dernier, alors que le compagnon Santiz était sur le point d’être acquitté, on l’a accusé d’un autre faux délit pour empêcher sa sortie de prison et pour le garder comme otage politique, puisqu’il est confirmé, d’après quelques témoins disposés à témoigner, qu’il n’était même pas sur le lieu des faits. Une enquête faite par le Frayba a déjà permis d’identifier les responsables du meurtre à Banavil, sans aucune suite.

«Le conflit de Banavil a aussi provoqué : la disparition forcée d’Alonso López Luna (dont seul un bras mutilé a été retrouvé) ; le manque d’assistance médicale urgente à Lorenzo López Girón (fils d’Alonso López Luna) ; et le déplacement de quatre familles sympathisantes zapatistes. Évidemment, les autorités fédérales et étatiques font la sourde oreille uniquement par convenance, pour protéger leurs groupes de choc. Il est indispensable de soutenir et de faire pression pour obtenir la liberté du compagnon Francisco Sántiz et la résolution du conflit à Banavil ».

Source: http://www.jornada.unam.mx/2012/04/22/politica/021n1pol

Dénonciation des prisonniers à propos des négligences médicales au Chiapas.

À l’opinion publique
Aux médias de communication de l’Etat, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
Aux adhérents à l’Autre Campagne
À la Sexta Internationale
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des Droits de l’homme et ONG

Nous les prisonniers injustement détenus, « Solidaires de la Voix de l’Amate », adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN et les promoteurs de Santé de l’Autre Santé, incarcérés dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas, Chiapas, déclarons :

Dans les prisons de l’État du Chiapas, les conditions pénitentiaires sont de plus en plus difficiles à cause des négligences médicales et du manque de médicaments. En particulier, dans la prison numéro 5, il y a beaucoup de prisonniers qui souffrent de diverses maladies soignables, mais par manque d’attention médicale et de médicaments, elles sont devenues incurables.

C’est le cas pour notre compagnon Rosario Díaz Méndez qui pendant plus de 2 ans a fait attention à son état de santé et à son traitement, mais en raison de l’irresponsabilité des autorités pénitentiaires, la maladie du compagnon s’est compliquée et il souffre de maux de tête, de pertes de mémoire et de vomissements.

C’est pour tout ceci qu’aujourd’hui nous dénonçons publiquement ce type de violations, car le manque d’attention médicale est une violation des droits de chaque prisonnier. Par conséquent, nous exigeons du gouvernement de l’État du Chiapas, représenté par Juan Sabines Guerrero, qu’il donne des instructions immédiates pour que les prisonniers puissent avoir accès à une attention et au suivi médical et qu’ils puissent également avoir un traitement adéquat.

Concernant notre compagnon Rosario Díaz Méndez, nous rendons l’État responsable de toutes les complications de son état de santé et en même temps nous demandons au gouvernement de nous rendre la liberté que son mauvais système nous a volée.

Nous lancons un appel au gouvernement fédéral de Felipe Calderon Hinojosa pour qu’il libère notre compagnon prisonnier politique Alberto Patishtan Gómez.

Finalement nous invitons les organisations indépendantes du Chiapas, nationales et internationales, à exiger nos libérations.

FRATERNELLEMENT
Prisonniers injustement détenus, « Solidaires de la Voix de l’Amate » ; les Promoteurs de Santé de l’Autre Santé.
16 avril 2012, San Cristóbal de las Casas, Chiapas.

http://noestamostodxs.noblogs.org/

Signatures pour la libération de Rosa López Díaz

Mon nom est Rosa López Díaz, je suis indigène, ma langue est le tzotzil, je suis d’une famille humble de peu de ressources économiques. Ils m’ont arrêtée arbitrairement le 10 Mai 2007 avec mon époux Alfredo. Ils nous ont accusés d’un délit que nous n’avons pas commis. Nous avons souffert de traitements inhumains tels que la torture physique, psychologique et des menaces de mort. Je suis condamnée à 27 ans et 6 mois de prison.

Rosa fait partie de l’organisation des prisonniers et prisonnières “Los Solidarios de la Voz del Amate”. Elle est composée de prisonnier-e-s n’ayant pas participé auparavant à des mouvements ou des luttes.

Le 28 octobre, Natanael López López, le premier enfant de Rosa López Días et d’Alfredo López Jiménez agé de 4 ans, meurt car les hôpitaux du Chiapas ont refusé de s’en charger car les grands-parents, qui le gardaient, n’avaient pas de ressources. Natanael était né avec une paralysie cérébrale, suite aux tortures que sa mère Rosa enceinte de 4 mois avait subies lors de son arrestation. Les parents n’ont été avertis du décès que le 2 novembre, les empêchant ainsi d’assister aux funérailles.

Rosa López Díaz souffre d’une hernie ombilicale dont la taille a considérablement augmenté ; les douleurs sont de plus en plus fortes. De plus, elle a aussi sollicité des examens écho-graphiques afin de vérifier une possible grossesse extra-utérine ; jusqu’à présent, son estomac grandit sans que nous en sachions la cause. Rosa a sollicité par écrit et à plusieurs reprises auprès des autorités pénitentiaires et au sous-secrétaire d’exécution des sanctions pénales José Manuel Martínez Clemente l’attention médicale dont elle a besoin de façon urgente, mais ils ont fait la sourde oreille. A notre connaissance, la vie de Rosa est en danger en raison d’une possible rupture de viscères.

Nous exigeons à JUAN SABINES GUERRERO gouverneur de l’état du Chiapas la libération immédiate et inconditionnelle de Rosa López Díaz ainsi que celle de tous les solidaires de la “Voz del Amate” qui ont été également incarcères.

Une campagne de signatures a été lancée par la Confederacion General del Trabajo (CGT)-Estado español

Signez ici :

http://oiga.me/campaigns/por-la-libertad-de-rosa-lopez-presa-politica-en-chiapas-mexico

Campagne fermée

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À l’opinion publique
Aux médias de l’État, Nationaux et Internationaux
Aux médias Alternatifs
Aux adhérents à l’Autre Campagne
À la Sexta Internationale
Aux Organisations Indépendantes
Aux Défenseurs des Droits de l’homme, ONGs

Nous les Solidaires de la Voz del Amate, les promoteurs de santé, adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN injustement incarcères dans Prison n ° 5 de San Cristobal de Las Casas Chiapas, déclarons :

Les autorités qui se disent compétentes – au Mexique – continuent de bafouer systématiquement nos droits humains à l’intérieur des centres pénitenciers, notamment en ce qui concerne la prison n ° 5 de San Cristobal.

Le manque d’attention médicale et le manque de médicaments nécessaires ont provoqué la dégradation jour après jour des maladies de plusieurs détenus. C’est le cas de deux de nos compagnons. Rosa López Díaz souffre d’une hernie ombilicale dont la taille a considérablement augmenté ; les douleurs sont de plus en plus fortes. De plus, elle a aussi sollicité des examens écho-graphiques afin de vérifier une possible grossesse extra-utérine ; jusqu’à présent, son estomac grandit sans que nous en sachions la cause. Rosa a sollicité par écrit et à plusieurs reprises auprès des autorités pénitentiaires et au sous-secrétaire d’exécution des sanctions pénales José Manuel Martínez Clemente l’attention médicale dont elle a besoin de façon urgente, mais ils ont fait la sourde oreille. A notre connaissance, la vie de Rosa est en danger en raison d’une possible rupture de viscères. Nous rendrons responsable l’État de toute complication de santé dans ce cas.

De même, Alfredo Lopez Jiménez souffre de fortes douleurs au genou gauche, à cause du manque d’attention médicale spécialisée. Une bosse s’est formée et même s’il a sollicité des radios à plusieurs reprises, il n’a pas reçu de réponse à ses demandes.

C’est pour cela qu’aujourd’hui nous dénonçons publiquement toutes ces irrégularités dont les compagnons font l’objet. En même temps, nous lançons un appel au Gouverneur Juan Sabines pour qu’il réponde aux besoins des prisonniers. La répression que nous subissons, la dégradation de notre état de santé, le retard des traitements, le manque d’attention médicale, tout cela n’est pas juste, nous exigeons le respect de nos droits.

En plus de notre emprisonnement injuste à cause du mauvais système de justice, nous subissons les tortures psychologiques de nos maladies, nous exigeons notre liberté immédiate et inconditionnelle. Finalement, nous continuons d’inviter la société mexicaine et le monde à exiger toujours la véritable justice.

Tous vers la vérité jusqu’à la victoire !

Fraternellement,
Solidarios de La Voz del Amate , emprisonnés injustement
Promoteurs de santé de l’Autre santé

***

Dénonciation d’Alberto Patishtán suite à son transfert de prison


À l’opinion publique
Aux médias de l’État, Nationaux et Internationaux
Aux médias Alternatifs
Aux adhérents à l’Autre Campagne
À la Sexta Internationale
Aux Organisations Indépendantes
Aux Défenseurs des Droits de l’homme

Prisonnier politique de la « Voz del Amate » Alberto Patishtan Gómez, adhérent à l’Autre Campagne de l’EZLN. Incarcéré dans le Cefereso no. 8 à Guasave Sinaloa.

Les morts d’innocents, les disparitions et les emprisonnements injustes au Mexique ne cessent pas. Actuellement, nous voyons seulement les indices manifestes de violations des droits de l’homme commises par les autorités fédérales et étatiques. Malheureusement, le plus triste, le plus cruel et le plus inhumain est quand les droits d’un prisonnier innocent et malade sont bafoués.

Il y a presque 2 ans, le Gouverneur du Chiapas, Juan Sabines Guerrero a publiquement déclaré mon innocence et il s’est engagé personnellement à me libérer. Mais ce n’étaient que des mots et rien n’a été démontré par des faits. Il s’y était engagé pendant sa visite à l’hôpital Vida Mejor, lorsque j’y étais interné à cause du glaucome dont je souffre. Et malgré la maladie et la perte de mes yeux, j’ai été victime d’un transfert de l’État du Chiapas à Guasave dans l’État de Sinaloa ; cela parce que « La Voz del Amate » et « Les Solidarios de la Voz del Amate », entre fin septembre et mi-novembre, se sont déclarés en grève de la faim, en jeûne et ont organisé un piquet de grève pour réclamer justice suite aux emprisonnements injustes.

Mon transfert violent de prison a été réalisé le 20 octobre 2011. Actuellement, après 3 mois et plusieurs jours dans la prison de Guasave, le médecin du centre et les autorités ont complètement ignoré ma maladie ainsi que mon traitement. Donc ma situation est critique et si suite à cette situation fatale, je perds la vue, j’en rendrais responsables les autorités fédérales. C’est pour cela que je demande, j’exige des autorités qu’elles s’impliquent dans cette affaire.

D’autre part, j’exige du président de la république Felipe Calderon Hinojosa ma libération immédiate et inconditionnelle ainsi que celle de tous les solidaires de la « Voz del Amate » qui ont été également injustement incarcères.

Enfin, j’invite le peuple du Mexique et du monde à rester attentif et je vous invite à vous joindre à notre exigence de justice et de liberté.

Fraternellement
La Voz del Amate
Signature :
Alberto Patishtan Gómez
Vivre ou mourir pour la Vérité et la Justice
Depuis le Nord du pays, CEFRESO No 8 Guasave Sinaloa le 28 janvier 2012.

***

Lettre de Rosa durant son intervention lors du VI Anniversaire de la Voix de l’Amate.

Moi Rosa López Díaz, je suis une membre de l’organisation Solidaires avec la Voix de l’Amate, injustement incarcérée.

Compagnons, compagnes, personnes âgées, enfants, et public en général, bonjour à vous tous ici présents et à tous ceux qui n’ont pas pu venir pour des raisons diverses, recevez également mes salutations.

Aujourd’hui 8 janvier 2012 j’ai la joie de pouvoir partager avec vous une brève histoire et à la fois une forte expérience vécue durant les 39 jours de jeûne, qui a été pour moi le plus dur et le plus difficile.

Premièrement: il est dur de prendre une telle décision, surtout ici dans la prison. Pour résister à l’injustice, il faut être conscient. Avoir une conscience c’est aimer la vie, c’est s’aimer soi-même. C’est pour cela que le mercredi 28 septembre 2011, l’organisation de la Voix de l’Amate, ensemble avec les Solidaires de la Voix de l’Amate, nous tous adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, nous avons pris la décision que le temps était venu de faire sortir nos voix pour qu’elles soient entendues par la société et raconter ainsi toute l’injustice que nous vivons en prison depuis nos emprisonnements injustes. C’est ainsi que le 29 septembre 2011 à 10:30 heure du matin, certains parmi nous se sont déclarés en grève de la faim et d’autres se sont déclarés en jeûne et ont installé un piquet de protestation indéfini ; l’une des grévistes en jeûne, c’était moi.

Quand j’ai commencé mon premier jour de jeûne, je ne nie pas que j’ai eu peur, je me sentais seule. J’ai eu peur quand le directeur de la prison m’a dit d’arrêter de faire ce que je faisais, que je me faisais du mal à moi-même en cessant de manger. Je me suis sentie seule quand il m’a dit qu’ils allaient me retirer mon fils, mais même avec ces menaces, je n’ai pas montré de peur, je lui ai répondu qu’ils ne pouvaient pas me retirer mon fils. Le lendemain, est arrivée une avocate du ministère public chargée du service des femmes, qui a menacé de me retirer mon fils, en me disant que si je ne voulais pas le perdre, je devais donc arrêter mon jeûne, je lui ai répondu « vous ne pouvez pas venir me demander d’abandonner mon jeûne, et avec des menaces en plus, vous pouvez faire ce que vous voulez, mais mon fils reste avec moi ». Elle m’a dit « je vais te le retirer, tu verras », et elle est partie.

Je ne savais pas quoi faire, alors j’ai téléphoné à un copain, en lui expliquant ce qui s’était passé, il m’a dit de ne pas m’inquiéter, qu’ils ne pouvaient pas me retirer mon fils, ainsi trois jours se sont écoulés et les compagnons sont venus me rendre visite le dimanche en me disant de garder courage et que je n’étais pas seule. Ils m’ont dit : « Nous sommes avec vous et avec toi ». Ce fut comme ça que j’ai commencé à avoir confiance en moi, car beaucoup de compagnons et de compagnes étaient dehors attentifs à moi, ainsi je ne me sentais plus seule.

Ils sont même aussi venus prendre mon fils en photo. Le psychologue montait jusqu’à ma cellule pour me prendre en photo, en me disant d’arrêter mon jeûne car si je ne mangeais pas je pourrais avoir du diabète, je lui disais : « merci j’en tiendrai compte ». Les jours ont passé et j’avais encore plus envie de continuer la lutte en voyant mon fils si petit et innocent qui n’a commis aucun délit, ici enfermé avec moi, vivant derrière des barreaux. Parfois il regarde un jouet ou quelque chose qu’il désire manger et cela me déchire le coeur parce que je ne peux pas l’acheter. Cette douleur et tristesse de voir mon fils qui ne peut pas vivre son enfance comme il le devrait, cette douleur me motive pour continuer à lutter contre l’injustice qui existe dans notre pays. Ainsi j’ai continué mon jeûne, jour après jour avec des menaces et des harcèlements, mais avec l’aide de Dieu et de vous j’ai pu surpasser tout cela…

Jusqu’au 2 novembre, alors là, ce fut la nouvelle la plus dure qui m’est arrivée, la plus difficile quand ma mère m’a dit que mon fils Natanael était décédé le 26 octobre. Je ne pouvais pas le croire quand elle me l’a dit, à ce moment-là, j’ai senti que tout était terminé et je me suis dit, que tout s’arrêtait là. La douleur et la mort de mon fils m’ont déchiré l’âme, je me suis sentie si impuissante comme enchaînée des pieds à la tête, parce que je n’ai pas pu aller à l’enterrement de mon fils pour lui dire au revoir. J’ai senti à ce moment-là, que je n’allais pas pouvoir continuer la lutte, ce jour-là, je n’ai pas mangé, le jour suivant non plus. Je me suis mise à pleurer et à me souvenir que mon fils était né malade à cause des coups qu’ils m’avaient donnés et il est mort en étant un bébé sans défense de 4 ans.

Et aujourd’hui, je me demande -les coupables de la mort de mon Natanael : quel châtiment ont-ils reçu ? Aucun. Ils continuent heureux en jouissant de la vie, ils continuent d’exercer le pouvoir qu’ils ont pour continuer à torturer de plus en plus de femmes innocentes. Et je me suis dit, non, ce n’est pas une raison pour me taire, mais au contraire pour continuer en avant. Ma douleur m’a poussée et la colère et la rage sont dignes de ma douleur. Une autre raison de ma tristesse a été mon fils Léonardo, qui me voyait pleurer et me prenait dans ses bras et avec sa douce voix me consolait en me séchant mes larmes. Je me suis dit que je ne pouvais pas cesser de lutter, je dois continuer à lutter pour mon fils, pour ses droits, il a le droit d’avoir une vie digne comme tous les autres enfants.

Ainsi mon jeûne m’a servi à me donner du courage, j’ai appris à ne pas avoir peur, à ne pas me sentir seule, à ne pas permettre qu’ils memarchent dessus, parce que j’ai une dignité pour défendre mes droits, parce que je ne suis pas seule, parce qu’à cause de l’injustice mon fils Léonardo n’a pas de vie digne et parce qu’il ne doit pas vivre en prison, en mémoire de mon fils Natanael je continuerai à lutter contre l’injustice pour qu’aucune mère ne subisse ce que je suis en train de subir.

Durant mon jeûne, j’ai appris à avoir confiance en moi. Maintenant je sais que j’ai des droits, et que je dois les faire valoir. Je sais qu’avec l’aide de Dieu et de vous tous je pourrai continuer ma lutte. Le fait d’avoir aussi mon fils ici avec moi me donne des forces pour aller de l’avant. Je n’ai pas à me taire mais à lever la voix devant tant d’injustice qui existe dans notre pays, surtout au Chiapas, je suis convaincue que seulement en luttant ensemble nous pourrons changer notre pays et notre Mexique que nous aimons tant.

Compagnons et compagnes je vous invite à continuer, ne nous fatiguons pas, ne nous décourageons pas, tôt ou tard arrivera la justice à laquelle nous aspirons tant, parce que Dieu est justice et amour, je vous souhaite à tous que ce début d’année 2012 vous apporte beaucoup de succès pour nous tous.

C’étaient mes mots, je vous remercie de m’avoir écoutée.

Moi Rosa López Díaz

***


Message de l’organisation de La Voix de l’Amate et de l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate lors du 2ème Séminaire de Réflexion et d’Analyse « planète terre: mouvements anti-systémiques » qui a eu lieu au CIDECI (Centro Indígena de Capacitación Integral) à San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas ce mois de décembre 2011.

Prison n°5, San Cristóbal de Las Casas Chiapas, 30 décembre 2011

Compañeros et compañeras des différentes organisations qui sont présentes ici aujourd’hui, recevez de notre part, les prisonniers injustement détenus, Solidaires avec la Voix de l’Amate et adhérents à l’Autre Campagne, notre bonjour ou bonsoir ainsi que nos salutations combatives.

Pour commencer, nous vous saluons tous et toutes, les compagnons et compagnes de l’EZLN, ainsi que les organisations indépendantes réunies dans ce forum pour la célébration des 18 ans du soulèvement de l’EZLN en 1994, où des hommes et des femmes ont démontré leur courage et sont sortis avec des armes et des machettes à la recherche d’une vraie justice, parce qu’ils-elles ont dit : ¡Ya basta! Ça suffit de l’exploitation, de l’humiliation, du pillage. Pour cela ils-elles sont sortis de leurs maisons à la recherche du bien-être pour tous les peuples oubliés. La lutte de l’EZLN est un exemple pour toute la société parce que pendant toutes ces années de lutte ils n’ont pas été battus, au contraire, ils-elles ont avancé énormément, parce que leurs exemples se sont répandus partout dans le monde, parce qu’aujourd’hui beaucoup de gens se sont réveillés grâce à la lutte de l’EZLN qui a su construire sa propre forme de résistance.

Bon, compagnons et compagnes, nous voulons vous dire, que nous, depuis cette tranchée de résistance, nous continuerons d’apprendre de vos pas dans la lutte pour la justice, parce que nous savons depuis toujours que le mauvais gouvernement fait des promesses jamais tenues,que souvent il ignore les demandes du peuple, comme aujourd’hui nous sommes entrain de le vivre avec la mal gouvernance de Sabines qui a ignoré notre action de grève de la faim réalisée pendant le mois d’octobre ; il n’a pas seulement ignoré nos demandes mais il a transféré sans justification notre compagnon Alberto Patishtán Gómez qui se trouve actuellement incarcéré dans le pénal n°8 de Guasave, dans l’état de Sinaloa.

Mais ce n’est pas une raison pour reculer, au contraire nous continuerons à dire au Gouvernement ses quatre vérités. Nous ne nous tairons jamais, bien qu’ils nous aient enfermés, ils ne peuvent pas enfermer notre esprit et notre pensée.

Bon, compagnons et compagnes de l’EZLN, ainsi qu’à ceux et celles des organisations indépendantes, merci beaucoup d’avoir écouté notre parole simple, que Dieu vous donne le courage et la force et que la bénédiction de notre Mère la Vierge Marie soit avec vous tous et avec vos familles.

Nous ne vous disons pas adieu, mais à bientôt !

¡VIVA EL EZLN!
¡VIVA LAS ORGANIZACIONES INDEPENDIENTES!
¡VIVA LA JUSTICIA!

FRATERNELLEMENT

Des prisonniers injustement détenus,
Solidaires de la Voix de l’Amate : Pedro López Jimenez, Juan Collazo Jimenez, Alejandro Díaz Santis, Alfredo López Jimenez, Rosa López Díaz,
La Voix de l’Amate : Rosario Díaz Méndez

*2ème Séminaire de Réflexion et d’Analyse « planète terre: mouvements anti-systémiques » qui a eu lieu au CIDECI (Centro Indígena de Capacitación Integral) à San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas ce mois de décembre 2011. voir http://segundoseminarioint.blogspot.com/

* Source : Cruz Negra Anarquista DF: http://abajolosmuros.jimdo.com/

* Noestamxstodxs: http://noestamostodxs.noblogs.org/

Dénonciation des prisonniers solidaires avec « la Voz del Amate »

À l’opinion publique
Aux médias de communication de l’État, Nationaux et Internationaux
Aux médias Alternatifs
Aux adhérents à l’Autre Campagne
À la Sexta Internationale
Aux Organisations Indépendantes
Aux Défenseurs des Droits de l’homme, ONGs

Nous, les prisonniers injustement détenus et solidaires de « La Voix de l’Amate », les promoteurs de santé, adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN incarcérés dans le Pénal n. 5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, déclarons :

Même si le gouvernement déclare devant la société qu’il a construit plus d’hôpitaux avec les médicaments nécessaires pour tous et amélioré l’attention médicale pour les malades, nous voyons tout le contraire à l’intérieur de la prison. Parce qu’ici nous souffrons du manque d’attention médicale et du manque de médicaments ainsi que de l’absence de médecins.

Tout cela a contribué à la dégradation de nos états de santé et a provoqué beaucoup de complications. Nos maladies sont faciles à guérir mais par manque d’attention elles deviennent des maladies chroniques. Comme c’est le cas pour notre compagnon Rosario Diaz Méndez, membre de « La Voix de l’Amate » qui depuis le 12 de janvier 2012 souffre de fortes douleurs à l’estomac, accompagnées de vomissements et de diarrhées. Le médicament nécessaire à sa guérison a été demandé mais il ne l’a pas encore reçu.

C’est pour tout ceci que nous dénonçons publiquement le manque d’attention médicale qu’a subie notre compagnon ainsi que d’autres compagnons. Il s’agit donc d’une constante violation de nos droits humains et de nos garanties individuelles.

Nous exigeons du gouvernement de Juan Sabines Guerrero notre liberté inconditionnelle et nous faisons aussi appel au gouvernement Fédéral de Felipe Calderon Hinojosa pour qu’il libère notre compagnon prisonnier politique Alberto Patishtan Gómez, incarcéré dans la prison No. 8 de Guasave, dans l’État de Sinaloa.

D’une part, nous invitons finalement à la société civile et les organisations indépendantes de l’État, nationales et internationales à être attentifs à la situation de santé du compagnon et à exiger sa libération.

D’autre part, nous en profitons pour envoyer nos salutations combatives aux autorités de l’Assemblée de Bon Gouvernement parce qu’elles veillent réellement à la santé et au bien-être de tous.

Fraternellement
Prisonniers injustement emprisonnés, Solidaires avec “La Voz del Amate”,
Promoteurs de santé, de l’Autre santé
San Cristóbal de Las Casas, Chiapas; a 20 janvier 2012.

Dénonciation des prisonniers solidaires avec l’organisation « la Voix de l’Amate »

À l’opinion publique
Aux médias de communication de l’état, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
Aux adhérents de l’Autre Campagne
À la Sexta internationale
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits de l’homme, ONGs

Nous, prisonniers injustement détenus, Solidaires avec la Voix de l’Amate, adhérents à l’Autre campagne de l’EZLN, incarcérés dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, dénonçons :

Dans tout le Mexique et dans d’autres pays où des hommes et des femmes et leurs familles fêtent ensemble et gaiement ce 24 et 25 décembre, en passant ainsi une bonne nuit de fête et de Noël; lorsque des familles en recevant l’amour, la chaleur et l’embrassade du père de famille se trouvent ensemble, nous au contraire, à cause du mauvais système que nous subissons, par lequel les autorités nous ont séparés de nos familles en nous emprisonnant de façon injuste et en fabricant des délits qui nous ont causé déjà beaucoup des torts; en ce moment, au lieu de fêter Noël en harmonie avec nos épouses, nos fils et nos filles, nous sommes enfermés avec tristesse, tristesse qui s’est convertie aujourd’hui en colère.

C’est pour cela que nous lançons publiquement un appel au Gouverneur de l’État Juan Sabines Guerrero, pour qu’il intervienne pour obtenir notre liberté inconditionnelle, liberté qui nous revient, nous demandons également au gouvernement fédéral la liberté du prisonnier politique Alberto Patishtan Gómez qui se trouve incarcéré dans la prison numéro 8 de Guasave Sinalóa.

Enfin, nous invitons la société civile et les organisations indépendantes nationales et internationales et les défenseurs de droits de l’homme et ONGs, à exiger justice et liberté pour les prisonniers politiques dans le pays.

Assez d’injustice!
Assez d’emprisonnements injustes!
Tous vers la vérité!

Fraternellement,
Les prisonniers injustement détenus, Solidaires de la Voix de l’Amate
San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, 23 décembre 2011.

*Communiqués des prisonniers et prisonnières sur:
https://liberonsles.wordpress.com/infos-et-communiques/

***

CHIAPAS: Les détenus de la prison n.5 lèvent la grève de la faim

A l’opinion publique,
Aux médias de l’État du Chiapas, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
Aux adhérents de l’Autre Campagne
A la sexta internationale
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains et ONG

La Voix de l’Amate, Voix Innocentes, les Solidaires de la Voix de l’Amate Adhérents à l’Autre Campagne détenus dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

En raison des complications de santé suite aux 39 jours de grève de la faim qui avait et aura pour but d’exiger justice alors que le gouvernement ignore nos demandes et exigences avec le peuple. Mais ce n’est pas une raison d’arrêter les luttes, au contraire nous lutterons avec plus de forces jusqu’à vaincre le système.

C’est pour cela qu’aujourd’hui nous rendons publique la décision que nous avons prise, hier 6 novembre à 20 heure, de lever notre grève de la faim en raison de la gravité de notre état de santé, avant que ne soit rendu difficile le rétablissement de notre santé physique.

Le motif de la levée de la grève de la faim fait suite à la situation de santé devenue très compliquée pour certains compagnons. Mais nous ne levons pas la grève, comme le dit le gouvernement, en échange de quelque
chose. Donc c’est pour cela que nous continuerons à lutter avec la vie, tant qu’il y a de la vie il y aura des possibilités de continuer la lutte pour la justice et le bien être de tous, mais nous n’allons pas le faire comme le mauvais système le voudrait.

D’autre part nous allons continuer à exhorter le gouvernement pour qu’il intervienne le plus vite possible pour notre liberté, la liberté que le gouvernement nous a volée. Et nous exigeons aussi la liberté du compagnon
Juan Collazo Jiménez qui est en grève de la faim dans la prison numéro 6 de Motozintla et aussi celle du compagnon Enrique Gómez Hernández qui est en jeûne dans la prison de Motozintla. Et nous exhortons aussi le gouvernement fédéral de Felipe Calderón Hinojosa à intervenir pour la liberté immédiate du compagnon Alberto Patishtán Gómez, prisonnier politique de la Voix de l’Amate.

Enfin nous vous disons à toutes et tous, compañeros et compañeras, et aux organisations nationales et internationales, de continuer à exiger la justice car les luttes que nous menons n’ont pas de fin.

Fraternellement,
La Voix de l’Amate
Voix Innocentes
Solidaires de la Voix de l’Amate

San Cristóbal de Las Casas, Chiapas le 7 de novembre 2011.

***

Nous ne permettrons pas qu’il y ait une victime de plus…

Prison N°5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, Mexique

2 Novembre 2011

A toutes les organisations et collectifs internationaux qui luttent pour une cause juste :

Nous vous saluons tous et vous souhaitons la bénédiction de Dieu le père, qu’il soit avec vous et vos familles.

Recevez aussi nos saluts combatifs.

Par le biais de ce courrier, nous vous disons et vous contons la douleur qui nous accable aujourd’hui.

Aujourd’hui, nous avons perdu notre fils que nous aimions tous les deux tant, il s’appelait NATANAEL LÓPEZ LÓPEZ.

Il est né il y a quatre ans avec une paralysie cérébrale et son corps ne pouvait bouger, ce sont certains des maux dont il souffrait. La cause de cela est la torture subie par mon épouse ROSA LÓPEZ DÍAZ lorsqu’elle a été arbitrairement arrêtée en 2007 : elle était enceinte de 4 mois. Il a été victime de cette torture, mon fils est mort à cause d’une négligence médicale.

Parce que ma famille est pauvre et analphabète, l’attention médicale qui était nécessaire leur a été refusée.

Ma famille a été discriminée, le C. gouverneur Juan Sabines parle beaucoup de l’égalité et du respect de la vie, prétendant garantir la santé et l’attention adéquate pour les indigènes dans les hôpitaux.

Aujourd’hui, une fois de plus, je vois l’inégalité et les violations des droits humains, je ne laisserai pas la mort de mon fils impunie.

Je continuerai à lutter malgré cette douleur, aujourd’hui nous en sommes déjà à 35 jours de grève de la faim, notre état de santé se détériore et notre corps agonise à chaque heure, chaque minute, chaque seconde qui passent. Notre vie est chaque fois plus en danger.

C’est pour cela que nous vous invitons à continuer à vous joindre à notre cause.

Et à réclamer ensemble la vraie justice et notre liberté immédiate et inconditionnelle.

Nous ne permettrons pas qu’il y ait une victime de plus à cause de l’inégalité.

Compagnons et compagnes, unissons nos voix et nos forces jusqu’à renverser le mauvais gouvernement.

Que Dieu bénisse chacun d’entre vous, aujourd’hui et pour toujours, je vous souhaite beaucoup de courage pour continuer à lutter depuis là où vous vous trouvez.

Jusqu’à la victoire !

Fraternellement,

En deuil,

Alfredo López Jiménez, solidaire de “la voz del Amate” en grève de la faim.
Rosa López Díaz, solidaire de “la voz del Amate”, en jeûne.

***

A l’heure actuelle personne ne sait où se trouve Alberto.

Aujourd’hui Jeudi 20 octobre à 2h30 du matin, le Directeur de la prison N. 5 de San Cristobal de Las Casas au Chiapas accompagné du chef des matons et de 7 matons sont venu chercher Alberto Patishtan, prisonnier qui est avec d’autres en grève de la faim pour exiger leurs libérations.

Cette grève dure déjà depuis 21 jours.

A l’heure actuelle personne ne sait où se trouve Alberto.

Il semblerait qu’il ait été transféré dans une prison fédérale de haute sécurité. Ces prisons sont des prisons d’extermination, 23 heures isolé en cellule, une seul visite autorisée tout les 3 mois de personne de la famille directe, pas le droit de recevoir de visites de personnes solidaires, pas de droits à la correspondance.

Nous exigeons la libération et la présentation en vie et en bonne santé d’Alberto Patishtan !

LIBERTÉ POUR LES PRISONNIER-E-S EN GRÉVE DE LA FAIM DU CHIAPAS !

A BAS LES MURS DE TOUTES LES PRISONS !

Rosa López Díaz : EMPRISONNEMENTS, ÇA SUFFIT !

Depuis la prison n°5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas

16 octobre de 2011

Compañeros et compañeras des différentes organisations qui se sont joints à notre lutte et qui sont présents, grand bonjour ou bonne après-midi à vous tous, recevez un salut combatif de mon humble personne et la bénédiction de Dieu pour vous et vos foyers.

Mon nom est Rosa López Díaz, je suis indigène, ma langue est le tzotzil, je suis d’une famille humble de peu de ressources économiques.

Ils m’ont arrêtée arbitrairement le 10 Mai 2007 avec mon époux Alfredo. Ils nous ont accusés d’un délit que nous n’avons pas commis. Nous avons souffert de traitements inhumains tels que la torture physique, psychologique et des menaces de mort.

Le plus triste de tout cela, c’est que j’étais enceinte de quatre mois et à cause de la torture dont j’ai souffert, mon fils est né malade avec une paralysie cérébrale et il est comme mort, mais en vie. C’est pour cela que je suis en jeûne et en prière pour un temps indéfini à cause de l’injustice que je vis, condamnée à 27 ans et 6 mois de prison.

Aujourd’hui j’en suis à 18 jours de jeûne de 12 heures par jour. Ces jours ont été accompagnés de menaces, celles de me retirer mon fils. Le harcèlement est constant de la part de l’administration pénitentiaire féminine. Ils me prennent en photo tout le temps. Même quand je suis en cellule, un psychologue du nom de Tomas Trejo Lievano vient me harceler et me prendre en photo dans le but de me faire abandonner le jeûne.

Les intimidations et autres ne m’arrêteront pas, aujourd’hui plus que jamais je suis résolue à faire entendre ma voix, tout d’abord vers Dieu en le suppliant de me donner des forces pour ma lutte et vers vous qui m’accompagnez sur le chemin, puisque je purge injustement déjà une condamnation.

Je suis innocente, j’invite la société, les compañeros et compañeras de lutte à continuer d’exiger une véritable justice à laquelle tout le peuple du Mexique aspire.

LES INJUSTICES, ÇA SUFFIT
LES HARCÈLEMENTS, ÇA SUFFIT
LES EMPRISONNEMENTS, ÇA SUFFIT

Tous pour la vérité et la justice

Fraternellement
Rosa López Díaz
Solidaire de la Voix de l’Amate

***

Communiqué du Groupe de Travail Nous ne sommes pas Tous et Toutes là et du RvsR Chiapas
San Cristóbal de Las Casas Chiapas, le 8 octobre 2011

Ce matin, les compagnons et compagnes, familles des prisonnier-e-s déclarés en grève de la faim et en jeûne depuis le 29 septembre dernier, ont installé un piquet de protestation sur la place de la cathédrale à San Cristóbal de Las Casas. Les compagnons et compagnes reprennent la demande de leurs proches prisonnier-e-s et se déclarent en piquet de protestation indéfini jusqu’à ce que les détenus soient libérés.

Depuis le Groupe de Travail Nous Ne sommes pas Tous et Toutes là et le Réseau Contre la Répression et pour la Solidarité Chiapas, nous nous solidarisons avec cette action juste entamée par les familles.

Les familles des prisonnier-e-s sont aussi victimes de ce système judiciaire à caractère punitif qui, non seulement punit la personne qui est privée de liberté, mais aussi punit et touche l’économie familiale et en cela, sa survie. Par ailleurs, les politiques de dispersion dessinées depuis les instances gouvernementales, tentent d’éloigner les détenus de leurs proches et de leur environnement politique. Ceci pour aboutir à ce que les personnes privées de liberté subissent un processus de dépersonnalisation, en effaçant toute identité et tout lien social que les relie à leur passé.

Les familles entament cette action pour la liberté immédiate et inconditionnelle de leurs proches qui ont été injustement emprisonnés, pour lesquels des délits ont été préfabriqués et dont les droits fondamentaux ont été transgressés.

Pour tout ceci, nous appelons les individus, les collectifs, les communautés et les organisations qui marchent en-bas et à gauche, à se solidariser activement avec la grève de la faim et avec le piquet de protestation mit en place par les familles des détenus. Il est urgent aussi d’assurer des collectes de nourriture pour soutenir ce piquet, et la présence constante de camarades afin de montrer aux familles des détenus notre appui et mettre ainsi la pression sur les autorités gouvernementales.

Nous exigeons la liberté immédiate de toutes et tous nos compagnons qui se sont déclarés en grève de la faim et en jeûne depuis le 29 septembre, ainsi que la liberté des deux compagnons qui se sont joints à cette grève avec les mêmes demandes, le 3 octobre dernier.

Prisonnier-e-s politiques liberté!!!

S’ils nous touchent un, ils nous touchent tous !
Vive l’Autre Campagne !!!

Groupe de Travail Nous ne sommes pas Tous et Toutes là
Réseau Contre la Répression et pour la Solidarité, Chiapas

Voir une lutte en prison /Qu’est-ce-que « la voix de l’Amate » ?

https://liberonsles.wordpress.com/prisonniers-de-la-voix-de-lamate-chiapas/

Les familles des prisonnier-e-s politiques du Chiapas en grève de la faim convoquent à une conférence de presse le 10 octobre 2011.

Convocation :
Aux adhérents à la Zexta
Aux participants à l’Autre Campagne
Aux Médias alternatifs

Les familles des prisonnier-e-s de la Voix de l’Amate, Solidaires avec la Voix de l’Amate, de Voix Innocentes, des prisonnier adhérents à l’Autre Campagne de Mitzitón, nous convoquons, Lundi 10 octobre à 10 heures, à une conférence de presse au Centre des droits de l’homme Fray Bartolomé de las Casas à San Cristobal de las Casas, pour exiger la liberté immédiate et inconditionnelle de nos proches détenus injustement et qui sont aujourd’hui en grève de la faim et en jeûne, dans la prison n°5 de San Cristobal, dans el Amate-prison n°14 de Cintalapa de Figueroa et dans la prison n°6 de Motozintla.

Fraternellement
Les familles des prisonnier-e-s politiques

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Dénonciation depuis le pénal nº5 de san cristobal de las casas

À L’OPINION PUBLIQUE
AUX MÉDIAS DU CHIAPAS ET INTERNATIONAUX
AUX MÉDIAS ALTERNATIFS
AUX ADHÉRENTS DE L’AUTRE CAMPAGNE DE L’EZLN
À LA SEXTA INTERNATIONALE
AUX DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS ONGS

Nous, les prisonniers politiques de : la Voz del Amate adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, les prisonniers Solidaires avec la Voz del Amate, les prisonniers de Mitzitón et les prisonniers de Voces Inocentes, détenus dans la prison N ° 5 de San Cristobal de las Casas au Chiapas déclarons :

Les autorités pénitentiaires cherchent comme toujours une manière de bloquer l’entrée des personnes qui nous visitent. C’est actuellement notre cas, alors que nous avions un accord avec le directeur de la prison. Le directeur et le médecin, tout deux médecins, devaient évaluer notre état de santé suite au jeûne, à la grève de la faim et au piquet que nous avons commencés. Mais le directeur nous a dit que les visites sont bloquées par ordre de son chef José Antonio Martínez Clemente le sous-secrétaire général des prisons.

Par conséquent aujourd’hui, nous dénonçons publiquement ces violations de nos droits, qui se traduisent par l’interdiction de l’entrée de nos visiteurs à l’intérieur de la prison.

Par la présente, nous exigeons que Juan Sabines Guerrero gouverneur de l’État du Chiapas donne des instructions pour que l’accès de nos visiteurs et de nos familles à l’intérieur de la prison soit rétabli les jours où elles sont nécessaires. Et en même temps nous demandons notre liberté inconditionnelle et immédiate.

Finalement nous invitons les compagnons et les compagnes, les organisations indépendantes nationales et internationales et les Défenseurs des Droits Humains, les ONG, à se joindre à nous pour exiger justice et notre liberté.

FRATERNELLEMENT

Prisonniers Politiques de la Voz del Amate
Solidaires de la Voz del Amate
Prisonniers de Mitzitón
Des Voces Inocentes

Pénal N ° 5 de San Cristóbal de las Casas, Chiapas , le 03 octobre 2011

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Lettre depuis la grève de la faim aux organisations internationales

Prison n º 5 de San Cristóbal de las Casas au Chiapas, 1 octobre 2011

Compañer@s des différentes organisations et collectifs internationaux, depuis le Chiapas au Sud-Est du Mexique, nous vous envoyons nos salutations combatives, de la part des prisonniers politiques de la Voix de la Voz de l’Amate, des Solidaires de la Voix de l’Amate, des prisonniers de Mitzitón et des Voix Innocentes, tous adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN.

Compagnons et compagnes, tout d’abord, nous vous remercions pour la solidarité que vous nous avez envoyée et celle que vous continuerez à nous envoyer pour notre cause. Bien, compañer@s par cette lettre nous vous racontons notre action de grève de la faim, jeûne et piquet de protestation que nous avons entrepris le 29 septembre. Il a pour but d’exiger justice et notre liberté que le mauvais système nous a volé en nous emprisonnant et dont nous et nos familles souffrons.

Par conséquent nous ne lèverons ni la grève, ni le piquet de protestation tant que nous ne verrons pas le fruit de notre action.

D’autre part, nous lançons une invitation à toutes les communautés internationales pour qu’elles prient pour nous, et se solidarisent par n’importe quelle action, dans les ambassades pour protester et exiger notre liberté depuis là-bas. Eh bien compañer@s nous vous disons de rester forts et courageux, nous prierons ici pour vous et vos familles et que le Dieu vous bénisse et vous protège toujours.

Fraternellement,
Des prisonniers politiques de la Voz del Amate

Source espagnol:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2011/09/29/los-presos-politicos-del-cerss-n%C2%BA-5-chiapas-se-declaran-en-huelga-de-hambre-la-rvsr-chiapas-llama-a-solidarizarse/#denuncia0610

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Dénonciation de Rosa Lopez Diaz, prisonnière solidaire de l’organisation des prisonnières de Voix de l’Amate, Chiapas.

À l’opinion publique,
aux médias de communication régionaux, nationaux et internationaux,
aux médias alternatifs,à la sexta internationale,
aux adhérents de l’Autre Campagne,
aux organisations indépendantes,
aux défenseurs des droits de l’Homme et aux ONG.

Je suis prisonnière solidaire de la Voix de l’Amate, captive dans le centre de rétention pénal N° 5 de San Cristóbal de Las Casas Chiapas.

Dans les centres pénitentiaires de l’État du Chiapas, les violations systématiques des droits humains, la négligence médicale, le manque de médicaments ont provoqué l’aggravation de nos maladies par manque d’attention et de soins.

Dans mon cas, je souffre d’une hernie ombilicale. Cela fait déjà 4 ans qu’elle a augmenté de taille et la douleur est de plus en plus présente. J’ai aussi de très fortes douleurs dans le ventre du côté droit, dues à une tumeur qui est apparue depuis deux mois et qui continue à grandir ; de plus, j’ai des symptômes de grossesse, nausées, vomissements et des douleurs dans la poitrine. J’ai été opérée il y a deux ans pour une ligature des trompes et aujourd’hui je cours le risque d’une grossesse extra-utérine, qui met en danger ma vie, dans le cas où une rupture des viscères se produise.

Par conséquent, j’ai sollicité à plusieurs occasions, par écrit et verbalement auprès du directeur du centre José Alarcón García, une attention médicale, en lui faisant connaître ce problème ; mais il a ignoré complètement ma demande.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, je fais connaître publiquement l’injustice que je vis.

En même temps, je lance un appel à Juan Sabines Guerrero, gouverneur de l’État du Chiapas, afin qu’il intervienne et prenne immédiatement des mesures concernant mon état de santé.

Nous, prisonniers de la Voix de l’Amate, solidaires avec l’Amate et avec le prisonnier indigène Enrique Gómez Hernández qui se trouve dans le pénal No. 14 de El Amate, nous exigeons notre libération immédiate et inconditionnelle, nous sommes emprisonnés injustement.

Ainsi, j’invite aussi les femmes, les hommes à se joindre à notre cause ; ce n’est pas d’un Mexique plein d’injustice que nous voulons.

Je demande finalement à toutes les organisations non gouvernementales de rester attentives à ce cas.

Fraternellement,
Rosa López Díaz
Solidaire de la Voix de l’Amate
San Cristobal de Las Casas, Chiapas.
2 septembre 2011

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6 ans de l’arrêt injuste de Rosario Díaz Mendez

À l’opinion publique,
aux médias de communication régionaux nationaux et internationaux,
aux médias alternatifs,
aux adhérents à l’Autre Campagne,
à la sexta internationale,
aux organisations indépendantes,
aux défenseurs de droits de l’Homme et ONG,

Je suis Rosario Diaz Mendez, prisonnier politique de « La voix de l’Amate », adhérent à l’Autre Campagne de l’EZLN, captif au pénal N°.5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas.

L’injustice qui règne dans notre pays et au Chiapas a provoqué douleur et colère chez des milliers de familles. A cause de la mauvaise application de la justice dans notre État, où les corporations dites compétentes nous inventent des délits, à cause du manque de ressources économiques, nous arrivons injustement en prison.

Dans mon cas , j’ai été arbitrairement arrêté le 23 août 2005, j’ai été torturé, menacé de mort, j’ai eu un sac en plastique sur la tête ; les autorités elles-mêmes m’ont préfabriqué deux délits : séquestration et homicide, délits que je n’ai pas commis. Quelques jours après mon arrestation, j’ai sollicité une confrontation avec la famille de la victime supposée où celle-ci a déclaré que je n’étais pas coupable de ces délits et ont sollicité ma liberté ;mais le juge a malheureusement omis ces déclarations et aujourd’hui c’est ma sixième année d’emprisonnement pour un crime que je n’ai pas commis.

C’est pour cela que je veux faire connaître publiquement toute cette injustice que je vis. De plus, je fais appel à Juan Sabines Guerrero, gouverneur du Chiapas, pour qu’il intervienne dans cette affaire concernant tout ce que j’ai mentionné auparavant. Ce n’est pas juste que ma famille subisse mon absence uniquement pour faire plaisir aux caprices des autorités corrompues ; j’exige aussi notre liberté immédiate et inconditionnelle de nous tous, les solidaires de « la Voix d’Amate », et du prisonnier indigène Enrique Gomez Hernandez, injustement incarcéré dans le pénal N°14 el Amate.

J’invite également la société à se joindre à notre lutte, puisque c’est seulement comme ça, ensemble et avec une seule une voix, que nous changerons notre Mexique.

Je demande finalement à toutes les organisations et ONG de rester attentives.

Ya basta d’injustices.

C’est mieux de mourir en luttant ou de ne pas mourir.

Debout contre le mauvais gouvernement.

Fraternellement,
Un prisonnier Politique de la Voix de l’Amate,
Rosario Diaz Mendez
22 août 2011.

***

L’organisation de la Voix de l’Amate exige la liberté

À l’opinion publique,
aux médias de communication régionaux nationaux et internationaux,
aux médias alternatifs,
aux adhérents à l’Autre Campagne,
à la sexta internationale,
aux organisations indépendantes,
aux défenseurs de droits de l’Homme et ONG,

Nous sommes des prisonniers politiques de la Voix de l’Amate, adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, incarcérés dans le pénal nº5 de San Cristóbal de las Casas.

Dans notre Mexique et dans notre État du Chiapas, les gouvernants parlent d’égalité, de fraternité, du bien-être du peuple, de la lutte contre la pauvreté et de l’amélioration des conditions de vie entre autres. Mais tout ce qu’ils disent à la société est un mensonge pur et dur, parce qu’aujourd’hui nous voyons seulement des meurtres, des extorsions, des disparitions, des harcèlements, des préfabrications de délits et des emprisonnements injustes, entre autres.

Un exemple très clair de cela est que je suis injustement emprisonné à cause de délits préfabriqués parce que j’ai défendu les droits des gens sans défense. Et aujourd’hui, malgré le fait que le gouvernement de Juan Sabines Guerrero ait reconnu mon innocence et ma maladie, je suis encore emprisonné par l’injustice, comme plusieurs autres prisonniers qui, à cause de la pauvreté et de l’analphabétisme, sont inhumainement torturés et emprisonnés.

C’est pour cela que nous, prisonniers de la Voix de l’Amate, rendons publique cette grande violation des droits humains et en même temps demandons à Juan Sabines Guerrero, gouverneur de l’Etat du Chiapas, notre liberté inconditionnelle et immédiate. Nous exigeons également la liberté de toutes les personnes solidaires avec la Voix de l’Amate, ainsi que du prisonnier indigène Enrique Gómez Hernández, emprisonné injustement dans le pénal nº14 de l’Amate.

Nous invitons finalement les compagnons et les compagnes des organisations indépendantes, les défenseurs des droits humains et les ONG à continuer d’exiger la vraie justice et la liberté de tous les prisonniers politiques.

Fraternellement,
Prisonniers politiques de la Voix de l’Amate (Alberto Pathistan)
Penal nº5 de San Cristóbal de las Casas Chiapas 16 août 2011

Aujourd’hui La Voix de l’Amate célèbre joyeusement le cinquième anniversaire de sa création

Le 6 janvier 2011

À l’opinion publique

Aux médias de l’état, nationaux et internationaux

Aux médias alternatifs

Aux adhérents de l’autre campagne

À la Sexta internationale

Aux organisations indépendantes

Aux défenseurs des droits humains ONGs

Prisonniers de La Voix de l’Amate, adhérents de l’autre campagne de l’EZLN

La nécessité de créer l’organisation de La Voix de l’Amate Adhérents de l’Autre Campagne, est née parce que le système d’injustice que pratiquent de plus en plus les gouvernements et les autorités de notre pays, états et communautés, sert seulement à enfermer injustement ceux qui exigent et défendent le droit de l’être humain. Cette organisation a en charge la défense des détenus indigents et c’est la voix des sans voix qui dit simplement la vérité.

Aujourd’hui La Voix de l’Amate célèbre joyeusement le cinquième anniversaire de sa création, en compagnie de ses amis, compañeros et frères qui ont participé, et ont exigé et exigent la justice et le respect des droits humains.

Enfin, La Voix de l’Amate remercie l’assistance de tous ceux qui sont présents et de tous en général.

Vive l’EZLN!

Vive l’Autre Campagne!

Vive la Voix de l’Amate!

La vérité nous rendra libre

Fraternellement

La Voix de l’Amate

Prison numéro 5, San Cristobal de Las Casas Chiapas

Le 6 janvier 2011

Audio d’Alberto Patisthan dans la prison :

Message de La Voix de l’Amate

Compañeros, compañeras et famille, La Voix de l’Amate célèbre son cinquième anniversaire. Nous voulons vous exprimer ce petit message qui servira et sert pour un meilleur développement de notre activité quotidienne, qui consiste simplement dans l’amour de la vie, l’amour de la nature, l’amour des animaux et de tout ce qui existe. Si on garde tout cela dans notre coeur, il y aura de la résistance, il y aura la vérité, il y aura de la défense, il y aura de l’effort, il y aura l’unité, il y aura l’égalité, il y aura de l’amélioration dans les métiers et encore plus. Par conséquent, nous avons comme tâche, de construire un meilleur monde et nos communautés indigènes qui nous font un appel urgent à continuer vers l’avant et avec tout cela, on ne s’arrête pas au contraire il aura la victoire pour toujours.

Pensée.

Si tu ne peux pas écrire, ce n’est pas un obstacle, tu as ta tête pour penser.

Si tu ne peux pas entendre, ce n’est pas un obstacle, tu as tes yeux pour voir.

Par conséquent quand tu sens que tu ne peux pas du tout, courage parce que tu as le coeur pour te lever, mais ne dis pas je ne peux pas.

Merci.

Rosario Diaz Mendez condamné à 20 ans de prison

À l’opinion publique

À la presse nationale et internationale

Aux médias alternatifs

Aux adhérents de l’Autre Campagne

À la sexta internationale

Aux organisations indépendantes

Aux défenseurs des droits humains ONG’s

Les prisonniers politiques de l’Amate, adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, enfermés dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas.

Le système de justice continue à se dégrader parce que des juges et des procureurs, entres autres, condamnent des personnes sans défense et majoritairement ceux qui réclament leurs droits. C’est à cause de cette injustice que les prisons sont de plus en plus surpeuplées.

Aujourd’hui, le 9 octobre, cette injustice se répète à nouveau en condamnant à 20 ans de prison le prisonnier politique C. Rosario Diaz Mendez, pour un délit d’enlèvement monté de toutes pièces. Un enlèvement qui n’a jamais été commis par le condamné. Des preuves suffisantes ont été fournies, mais celles-ci n’ont jamais été prises en compte. Tout cela démontre clairement cette grande injustice.

C’est pourquoi, La Voix de l’Amate dénonce publiquement cette injustice due à l’incompétence des autorités judiciaires. D’autre part, nous demandons au gouverneur Juan Sabines Guerrero de faire une enquête exhaustive sur ce dossier et de libérer rapidement le prisonnier politique Rosario Diaz Mendez. Nous invitons aussi tous les compañeros qui luttent pour la même cause à continuer à exiger la vraie justice et la liberté pour tous les prisonniers politiques du pays.

Fraternellement,

La Voix de l’Amate

La prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas le 12 octobre 2010.

Audio de la dénonce :

http://chiapasdenuncia.blogspot.com/2010/10/sentencia-injusta-rosario-diaz.html

Alberto Pathistan Gómez et Rosario Díaz Méndez font partie des organisations de prisonniers appartenant à l’Autre Campagne, qui dénoncent le fonctionnement arbitraire du système judiciaire mexicain, la torture physique et psychologique que les matons leur font subir, ainsi que la corruption qui sévit dans les prisons de l’État du Chiapas.

Plus d’information sur les Les prisonniers du Chiapas cliquez ici

Cela fait 10 ans qu’il est en prison ; défenseur et porte-parole d’autres prisonniers, il s’est transformé en symbole.

Le cas d’Alberto Patishtán a été porté devant la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH)

San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 3 août. Le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de las Casas (CDHFBC) a dénoncé aujourd’hui l’État mexicain auprès de la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH) pour sa responsabilité directe dans la violation du procès et l’atteinte à

la liberté personnelle du professeur Alberto Patishtán Gómez,. Ce dernier, prisonnier politique et adhérent de l’autre campagne, a sollicité l’intervention de cet organisme international.

Patishtán Gómez a déjà passé 10 ans en prison, accusé d’avoir massacré des policiers dans la communauté de « El Bosque » en 2000. L’enseignant tzotzil a récemment rappelé, ce 19 juin « j’ai été arrêté pour des délits fabriqués d’homicide, coups et blessures et vol. »

Il a aussi rappelé son innocence et les charges mensongères dont l’a accusé à l’époque le maire affilié au PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) Manuel Gómez Ruiz. Il a signalé qu’il s’agissait d’une vengeance politique, ouvertement soutenue par le gouvernement de l’Etat dirigé à l’epoque par Roberto Albores Guillén. Les véritables coupables de l’embuscade criminelle n’ont jamais été recherchés ni n’ont été punis.

Au cours de ces dernières années, Patishtán est devenu un symbole, un défenseur et un porte-parole des prisonniers injustement emprisonnés ; notamment à partir de la grève de la faim des prisonniers politiques au Chiapas en 2007, convoquée par la « Voix de l’Amate » organisme adhérent a la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone de l’EZLN.

Grâce à cette action, qui a duré plus de 40 jours dans plusieurs prisons chiapanèques, près d’une cinquantaine de prisonniers de l’autre campagne, des bases d’appui de l’EZLN et des groupes catholiques proches du diocèse de San Cristóbal ont été libérés. Seul Patishtán est resté en prison, la raison invoquée est que son cas est fédéral et que sa libération ne dépend pas du gouvernement de Juan Sabines Guerrero (gouverneur du Chiapas), bien que celui-ci se soit à plusieurs reprises engagé à intervenir pour qu’il récupère sa liberté.

Au moment de son emprisonnement, en 2000, Patishtán était un professeur respecté travaillant pour l’enseignement officiel bilingue, mais engagé dans la défense des droits des enseignants indigènes de sa région. Le conseiller municipal Gómez Ruiz, qui l’a accusé sur la base de faux témoignages, comme cela a été démontré, a été imposé en 1998 comme maire par le gouvernement d’Albores, après que celui-ci ait avec l’Armée fédérale, violemment démantelé la commune autonome de San Juan de la Libertad (El Bosque), assesinat des zapatistes et non zapatistes, de la même façon qu’a Chavajebal et Union Progreso.

Après avoir été dans les prisons de Cerro Hueco et de l’Amate, Patishtán se trouve maintenant dans le centre pénitencier numéro 5 de San Cristóbal des las Casas, purgeant une peine de prison à vie pour un crime qu’il n’a pas commis.

Il est aujourd’hui un défenseur des droits des prisonniers. Par sa voix, « la Voix de l’Amate » reste en vie et continue à lutter. Ce lundi, cette organisation de prisonniers a dénoncé des violations des droits humains à l’encontre des prisonniers et de leurs familles ainsi que des mauvais traitements de la part du directeur du centre, Víctor Manuel Palacios Torres, qui, comme toujours, se déguise en agneau, alors qu’il n’y ressemble pas du tout.

La « Voix de l’Amate » explique que le 30 juillet, le directeur du centre s’était mis d’accord avec les prisonniers pour qu’ils puissent travailler régulièrement pour eux-mêmes, mais dans un acte de provocation contre les droits des prisonniers, ce lundi, il a empêché les parloirs des familles de prisonniers qui viennent avec leurs enfants. La semaine dernière, le directeur avait refusé l’entrée à des organisations civiles qui essayaient de rendre visite à Patishtán.

La Voix de l’Amate a demandé de manière urgente au gouverneur la démission de Palacios Torres. Dans le cas contraire, ils ont déclarés qu’ils responsabilisaient directement les autorités compétentes de tout incident qui porterait atteinte à leurs vies.

Article paru dans la Jornada écrit par Hermann Bellinghausen

Mercredi 4 août 2010, p 17. Article en espagnol ici

Pour avoir plus d’information sur Patishtan Cliquez ici

Les prisonniers politiques de la Voz del Amate – Chiapas

À l’opinion publique

À la presse de l’état, nationale et internationale

Aux médias alternatifs

Aux adhérentes et adhérents de l’Autre Campagne

Aux adhérentes et adhérents de la Sexta internationale

Aux organisations indépendantes de défense des droits de l’homme

Aux organisations non gouvernementales ONGs

Les prisonniers politiques de la Voz del Amate adhérents de l’Autre Campagne de l’EZLN, enfermés dans la prison numéro 5 à San Cristobal de Las Casas.

Aujourd’hui de nouveau et sans répit pour la défense des droits humains, nous dénonçons fortement les mauvais traitements du Monsieur le directeur Victor Manuel Palacios Torres qui se déguise toujours et s’est déjà déguisé en agneau mais en réalité il est différent.

Le 30 juillet, le directeur avait accepté de travailler régulièrement avec les personnes internés de cette prison, mais aujourd’hui, le 2 août, le directeur a interdit l’entrée de tous les visiteurs accompagnés d’enfants.

C’est un acte de provocation qui porte atteinte aux droits des prisonniers. Il a décidé que les visiteurs ne pourront plus se rendre à la prison que les mardis, les jeudis et les dimanches. Cela a été très difficile pour les personnes internées, qui sont environ 600. Ils sentent que leur droits ont été violés. À cause de ce traitement inhumain, nous demandons d’urgence au gouverneur de l’état Juan Sabines Guerrero de destituer le directeur Palacios Torres. Dans le cas contraire, toute provocation qui porte atteinte à nos vies sera de la responsabilité directe des autorités compétentes.

Enfin nous exhortons les compañeros et les organisations civiles nationales et internationales de rester attentifs aux provocations que nous venons de décrire qui ont lieux dans cette prison.

Salutations

La Voz del Amate

Prisonniers Politiques

Prison numéro 5 de San Cristobal de las Casas, le 2 août 2010

Pour avoir plus d’information Cliquez ici

Ecoutez l’audio sur les prisonniers du Chiapas ici

http://enlacezapatista.ezln.org.mx

Contre l’oubli: rompre l’isolement!


Le 20 Octobre 2011 Alberto Patishtan Gomez, porte-parole des prisonniers qui étaient en grève de la faim depuis le 29 septembre, a été transféré de force vers une prison de haute sécurité à plus de 2000 km du Chiapas, où réside sa famille, ses amis et ses compagnons de lutte. Une prison de haute sécurité c’est 23h/24h en cellule, une visite d’une personne de la famille directe tous les 3 mois, et 10 minutes de téléphone par mois. Le premier contact direct avec lui n’a pu être effectué que le 8 novembre, où sa fille qui lui a rendu visite a fait part de ses conditions de détention et a dénoncé le fait que l’administration pénitentiaire lui ait retiré ses médicaments pour son glaucome.

Pour rompre l’isolement, par lequel l’Etat Mexicain veut le détruire, vous pouvez écrire à Alberto à cette adresse (un timbre pour le Mexique vous coûtera moins de 1 euros):

Alberto Patishtan Gómez
Expediente No. 384
CEFERESO No. 8 Norponiente
Calle 300 kilómetro 3.5 entre canal 25 y 27
Predio Jesús María, Ejido La Chuparrosa
Municipio de Guasave, Sinaloa
C.P. 81162
MEXIQUE

***

Gaby, la fille de Patishtan, nous raconte le transfert de prison de son père.

Voici la transcription de l’audio par téléphone.

Cette semaine une commission s’est formée pour aller visiter mon père, nous sommes partis lundi matin et nous avons pu arriver le mercredi à Guasave, là où mon père est emprisonné. Cette prison est encore en construction, nous avons pris quelques photos que nous vous montrerons plus tard. Nous avons parlé avec l’assistante sociale et nous lui avons remis les documents nécessaire pour les visites, car il faut faire beaucoup de démarches administratives et la réponse peut attendre 15 jours. Mais en tant que membre de la famille directe, nous avons le droit de rendre une visite provisoire au prisonnier, c’est à dire une visite où l’on voit le prisonnier à travers un guichet – vitré. Donc, après avoir attendu 4 ou 5 heures, ils m’ont donné 20 minutes pour voir mon père à l’intérieur de la prison.

Une fois à l’intérieur, ils m’ont fouillée partout -comme ils ont l’habitude de faire, seulement ici c’est plus compliqué de passer – alors j’ai pu voir mon père, mais malheureusement, je n’ai pas pu le prendre dans mes bras comme je le voulais, je pouvais seulement le voir à travers un vitre que nous séparait – comme on voit dans les prisons américaines, ici dans cette prison, c’est un peu pareil – alors il m’a raconté comment s’est passé son transfert de prison , comment est-ce qu’il a été pris par les autorités, comment il a été trompé par le directeur de la prison numéro 5, qui, pour l’isoler, lui a dit que les autorités du gouvernement l’attendaient dehors, alors mon père les a suivis et à ce moment là, le directeur a dit aux gardiens emmenez-le, et mon père n’a pas pu se défendre ni communiquer avec personne, ensuite il est passé par différentes prisons et finalement, il est parti par l’aéroport de Tapachula au Chiapas, de là il a été ramené ici à Guasave, Sinaloa.

Je veux aussi rappeler que mon père est malade des yeux, il a un glaucome. Pour soigner sa maladie, là-bas au Chiapas il suivait au moins un traitement qui stabilisait et contrôlait la maladie, puisque malheureusement cette maladie ne disparaît jamais. Mais au moins avec un traitement adapté on pouvait la réguler, mais étant donnée la situation, là où mon père se trouve, ils ont suspendu le traitement. D’après ce qu’il m’a dit, ils ont commencé à lui donner des gouttes pour les yeux mais ce médicament là n’a rien à voir avec sa maladie et ils continuent malgré ça à le lui donner, actuellement mon père me dit que sa vision continue à se dégrader et il est de plus en plus gêné.

Mon père m’a demandé de communiquer tout ceci aux personnes et aux médias de communication pour qu’ils se rendent compte et fassent quelque chose pour que mon père reçoive les soins adaptés. Et il m’a remerciée et il m’a demandé de remercier les organisations qui l’ont accompagné et vraiment, lui il garde espoir, il croit beaucoup qu’il va se passer des choses et en fait il a confiance en son innocence et aussi il fait confiance aux compagnons qui demandent sa liberté, et ce fut tout parce que j’ai eu très peu de temps pour parler avec lui.

Transcription -Audio du 11 novembre

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Interview de Gloria Arenas Agis au sujet du transfert d’Alberto Patishtan

Gloria Arenas est une ancienne prisonnière politique originaire d’Orizaba dans l’Etat du Veracruz. Gloria a été détenue 10 ans dans la prison de Chiconautla, dans l’État de Mexico ; elle a été libérée le 28 octobre 2009.
L’emprisonnement politique tel qu’elle l’a vécu est tout à fait caractéristique de l’emprisonnement politique au Mexique : il y a eu détention illégale, disparition durant plusieurs jours, torture, irrégularité durant le procès, avec de fausses déclarations de lieux et dates d’arrestation et détention.

Pour ses “délits”, elle a fait 5 ans de prison et une fois sa peine purgée, elle a été prolongée de 14 ans et 2 mois. Pour d’autres “délits”, elle a accumulé 50 ans de prison. Mais elle a par sa propre défense juridique, fait tomber les charges. Elle a gagné tous les appels nécessaires jusqu’à ce que le gouvernement n’ait plus d’autres choix que de la libérer. En 2006, elle a adhéré à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandonne de l’EZLN, embrassant une forme de lutte civile et pacifique. En sortant, elle a déclaré que son lieu de lutte se trouve au sein de l’Autre Campagne.

Interview :
Le transfert du compagnon Patishtan vers une prison fédérale constitue une représaille, c’est clairement un châtiment contre le mouvement, contre la grève de faim, contre les familles des détenus, contre les prisonniers et contre le mouvement en général, car cela nous affecte tous.

En effet, il y a une différence : le transfert du compagnon est un châtiment dans le sens où la majorité des prisons fédérales sont des prisons de haute sécurité.
Je ne connais pas exactement la prison de Guasave, mais même si elle est de moyenne sécurité, il s’agit d’un établissement fédéral, beaucoup beaucoup plus strict que les prisons de l’Etat. Concrètement, nous pouvons dire que dans les prisons de l’Etat, il est plus facile de conserver de la liberté. Cela paraît contradictoire, mais bien que tu sois en prison, tu conserves la liberté de décider diverses choses que tu peux faire de ta vie et de ton temps, tu peux faire des activités, tu peux lire, tu peux dessiner, tu peux travailler et faire ce que tu veux faire, faire du théâtre, jouer de la guitare – que sais je- tu peux écrire, t’informer, lire des journaux, des revues.

Dans les prisons fédérales, ils ne te laissent pas du tout faire tout cela : tu es privé de toute liberté de mouvement, tu ne vois pas ta famille et en plus ils te retirent la faculté de décider. Par exemple, il n’est pas permis d’écrire, ils ne leur donnent même pas de quoi écrire, ils ne peuvent pas dessiner, ils restreignent beaucoup la lecture car ils autorisent uniquement la lecture des livres qu’il y a dans la prison, quand ils les leur donnent. C’est quelque chose de très dur quand on est prisonnier, parce que ce petit espace de liberté que l’on se construit, ils le détruisent. Bien évidement, le système des prisons fédérales éloigne les prisonniers de leurs famille : il y a beaucoup de conditions requises pour pouvoir être visiteur, pour rendre visite au prisonnier ; ainsi, on l’éloigne de ses compagnons, on l’éloigne de sa propre famille, surtout aussi par la distance géographique. Ils l’éloignent bien sûr de ses compagnons de lutte.

On l’isole : c’est ça l’objectif des prisons fédérales. Elles provoquent beaucoup plus l’isolement que les prisons d’Etat, les conditions de rétention sont plus dures, plus inhumaines ; déjà la privation de liberté est difficile. Les conditions d’emprisonnement à la prison de San Cristobal de Las Casas ne sont pas très bonnes, mais alors là, les conditions dans les prisons fédérales sont encore pires pour le prisonnier, elles affectent beaucoup les nerfs, on est toujours harcelé, chaque minute qui passe, chaque instant est un instant sous pression, pour détruire le système nerveux.

Cette mesure qu’ils ont prise de déplacer le compagnon, de le transférer de prison, est un châtiment terrible pour le prisonnier, pour sa famille, pour le mouvement du Chiapas et pour nous tous en tant que mouvement.

Transcription – Audio 11 Novembre 2011 sur: http://www.chiapas.indymedia.org/article_179565

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À l’Autre Campagne Nationale et Internationale
Aux organisations des défenseurs de droits de l’homme
Aux médias
À l’opinion publique en général

La grève de la faim est un moyen légitime, reconnu universellement, pour défendre les droits de l’homme ainsi que pour dénoncer et rendre visible leurs violations. Pour certaines personnes, la grève de la faim constitue l’une des dernières formes pacifiques de défense, lorsque les autres moyens, aussi légitimes et légaux, ont été ignorés et réprimés.

L’une des implications de la grève de la faim, est le risque que celle-ci représente pour la santé de tous ceux qui l’entreprennent, et qui augmente plus le jeûne se prolonge. Pour cette raison, le suivi et l’accompagnement médical est un droit irréfutable, reconnu par divers traités internationaux, et donc l’empêchement et l’interdiction de celui-ci ne peuvent sous aucun argument ni prétexte se justifier. La convention de Malte mentionne spécifiquement que les grévistes, particulièrement ceux qui se trouvent privés de liberté, ont le droit de recevoir des visites médicales d’un personnel de santé, externe à l’institution pénale, ainsi qu’à un accompagnement médical choisi librement par eux mêmes.

Cependant, les autorités du CERSS 5 de San Cristóbal de Las Casas, ont refusé à diverses occasions les visites du personnel de santé venu dans l’intention d’examiner nos compagnons et compagnes de La Voix de l’Amate, des Solidaires de la Voix de l’Amate et des Voix Innocentes qui en sont aujourd’hui à 33 jours de jeûne et de grève de la faim.

Le 29 et 30 octobre, l’accès au pénal a été arbitrairement interdit à une brigade d’attention médicale, cette brigade incluait un personnel de santé originaire de la ville de Mexico et qui avait uniquement voyagé pour connaître l’état de santé de nos compagnons et pour leur offrir un suivi et un appui.

Le dimanche 30, malgré le fait qu’il s’agisse d’un jour de visite générale, les visites ont été interdites; de plus, le même jour les autorités du pénal ont empêché les parents et amis des détenus d’accéder au pénal, par divers moyens.

Ce sont évidemment des mesures, comme le transfert du Professeur Alberto Patishtán, qui ont pour but de réprimer le droit de manifestation de nos compagnons détenus. Nous sommes très inquiets de l’état de santé dans lequel les prisonniers et prisonnières se trouvent, en particulier Rosario Díaz qui lors de sa dernière révision médicale présentait un taux de sucre dans le sang très élevé.

Par ce communiqué, nous dénonçons les violations des droits de l’homme commises par les autorités du CERSS 5, nous dénonçons principalement l’attitude de José Antonio Martínez Clemente, sous-secrétaire d’exécution des sanctions pénales et des mesures de sécurité, et José Miguel Alarcón García, commissaire du CERSS 5, qui mettent en jeu la vie de nos compagnons en empêchant qu’ils soient examinés par un personnel de santé et en faisant obstacle aux visites des parents et amis.

Prisonniers politiques liberté !
Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre
toutes et tous !

Red Contra la Represión y por la Solidaridad, Chiapas
Grupo de Trabajo No estamos Todxs
La Otra Salud

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Chiapas: Grève de la faim et jeûne, la lutte continue!

Le 29 septembre 2011, nos compagnons et compagnes prisonniers de « La Voix de l’Amate » ; les Solidaires de « la Voix de l’Amate » ainsi que les compagnons adhérents de l’Autre Campagne de Mitzitón et le compagnon des Voix Innocentes, incarcérés dans le Centre Étatique pour la Réinsertion Sociale des Condamnés(CERSS) No.5 de San Cristóbal de Las Casas, se sont déclarés en grève de la faim pour exiger leur libération immédiate.

Certains prisonniers purgent des condamnations qui vont jusqu’à 45 et 60 ans, « malgré le fait que leur innocence soit prouvée ». Le piquet de protestation indéfini a commencé le 8 de ce mois, « pour qu’ensemble, nous exigions la juste libération immédiate de chacun et chacune d’entre eux », tel que l’expriment les familles indigènes très modestes, d’origines diverses et avec des histoires particulières, qui ont été réunies à cause de leur expérience de l’injustice qui a conduit en prison les personnes qui aujourd’hui jeûnent, et à cause des mauvaises conditions carcérales que ces dernières partagent.

Elles ont déclaré dans une lettre conjointe : « Des preuves à décharges ont été présentées lors de leurs procès. Cela démontre qu’il y a eu beaucoup d’irrégularités, parce que malgré le fait qu’ils prouvent leur innocence, ils sont prisonniers et ont été condamnés à beaucoup d’années de prison pour des délits fabriqués ».

Le 20 octobre à 2h30 du matin, le Directeur de la prison N. 5 de San Cristobal de Las Casas au Chiapas accompagné du chef des matons et de 7 matons sont venu chercher Alberto Patishtan, prisonnier qui est avec d’autres en grève de la faim pour exiger leurs libérations. Alberto a été transféré dans une prison fédérale de haute sécurité à Guasave, dans l’État de Sinaloa qui se trouve à 2000 kilomètres du Chiapas. Ces prisons sont des prisons d’extermination, 23 heures isolé en cellule, une seul visite autorisée tout les 3 mois, pas le droit de recevoir de visites de personnes solidaires, pas de droits à la correspondance.

Alberto est défenseur et porte-parole d’autres prisonniers. Il a déjà passé onze ans en prison, accusé d’avoir massacré des policiers dans la communauté d ‘ « El Bosque » en 2000. Il a été arrêté pour des délits fabriqués d’homicide, coups, blessures et vol. Son arrestation était une vengeance politique, ouvertement soutenue par le gouvernement de l’Etat, dirigé à l’époque par Roberto Albores Guillén. Les véritables coupables de l’embuscade criminelle n’ont jamais été punis, ni même recherchés.

Au cours de ces dernières années, Pathistan est devenu un symbole, un défenseur et un porte-parole des prisonniers injustement condamnés, notamment depuis la grève de la faim des prisonniers politiques, au Chiapas en 2007, convoquée par la « Voix de l’Amate ».

Grâce à cette action, qui a duré plus de quarante jours dans plusieurs prisons chiapanèques, près d’une cinquantaine de prisonniers de l’Autre Campagne, des bases d’appui de l’EZLN et des groupes catholiques proches du diocèse de San Cristóbal, ont été libérés.

Seul Patishtán est resté en prison. La raison invoquée est que son cas est du ressort fédéral, que sa libération ne dépend pas du gouvernement de Juan Sabines Guerrero (gouverneur du Chiapas), bien que celui-ci se soit à plusieurs reprises engagé à intervenir pour qu’il retrouve sa liberté.


Dénonciation des familles des prisonnières et prisonniers, depuis le piquet de protestation.

20 octobre 2011

À l’opinion publique
Aux médias de communication de l’état, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
Aux adhérents à l’Autre Campagne
À la sexta internationale

Aujourd’hui nous dénonçons publiquement le fait que le professeur Alberto Patishtán Gómez a été emmené vers 2h30 du matin par le directeur du pénal nº5 et le chef de police.

Nous exigeons sa présentation immédiate et dans le même temps, sa liberté. Nous désignons le gouvernement Fédéral, le chef de l’Etat Felipe Calderón Hinojosa, et le Gouverneur du Chiapas Juan Sabines Guerrero, ainsi que le chef de la police, comme responsables de cet acte.

Nous lançons un appel urgent aux personnes de bon coeur, à l’Autre Campagne, à tous et toutes celles et ceux qui marchent en bas et à gauche, à se solidariser et à manifester à leurs manières et dans les lieux où ils se trouvent, le plus tôt possible.

Cordialement.
Les familles des prisonnières et prisonniers, depuis le piquet de protestation.


Dénonciation des prisonniers et prisonnières, incarcérés dans le pénal nº5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas

À l’opinion publique
Aux médias de communication de l’état, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
Aux adhérents à l’Autre Campagne
À la sexta internationale
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits de l’homme

Nous, prisonniers politiques de la Voix de l’Amate, de l’Autre Campagne de l’EZLN, Solidaires de la Voix de l’Amate et des Voix Innocentes, incarcérés dans le pénal nº5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, déclarons :
Le mauvais gouvernement et ses autorités incompétentes exercent toujours des abus de pouvoir à leur guise, en bafouant les droits humains de ceux qui réclament justice et exigent la vérité ; ce sont toujours eux qui voient leurs droits réprimés et violentés.

Parce que pour le gouvernement, dire la vérité est un délit, et il cherche la manière de casser notre lutte. Comme ce qui est arrivé aujourd’hui 20 octobre à 2:35 heure du matin : ils sont arrivés dans le lieu où nous sommes en grève de la faim. Le directeur José Miguel Alarcon García et son complice Andrés Alfaro Figueroa, et d’autres éléments de sécurité, ont réveillé notre compagnon Alberto Patishtán Gómez en lui disant « permets-nous de parler avec toi un moment » et ils l’ont éloigné, à une distance d’à peu près 8 mètres.

Quelques instants plus tard, nous avons entendu la voix du compagnon Alberto « permets-moi d’avertir mes compagnons ». Et nous avons entendu aussi la voix du directeur qui disait à ses éléments « amenez-le maintenant ». Les faits se sont passés ainsi, à l’aube. A 9h du matin nous avons demandé où se trouvait notre compagnon en questionnant le commandant mentionné précédemment et il nous a répondu en nous disant qu’il l’ignorait totalement. C’est pour cela que nous dénonçons publiquement le fait que cette action viole encore une fois nos droits, en même temps nous exhortons le gouverneur Juan Sabines Guerrero à respecter notre lutte qui est pacifique.

Avec dignité nous exigeons justice et notre liberté immédiate qui nous ont été volés. Nous disons aussi que nous continuerons la grève de la faim, qui, comme nous l’avons déjà dit, durera un temps indéfini. Nous exigeons le respect de notre intégrité physique car dans l’état où nous sommes à cause de la grève de la faim, notre santé se détériore de jour en jour.

Nous faisons finalement un appel à la Société Nationale et Internationale, hommes, femmes et jeunes, à se joindre à cette cause, parce que notre pays a besoin d’un arrêt du harcèlement.

Halte à la répression de notre lutte!
Liberté d’expression!
Nous ne nous tairons jamais!
Mieux vaut mourir en luttant que mourir à genoux devant le mauvais
gouvernement!

JUSQU’À LA VICTOIRE!
FRATERNELLEMENT;

La Voz del Amate
Solidarios de la Voz del Amate
Voces Inocentes

San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 20 octobre 2011

***

Les intimidations aux visiteurs continuent / la Municipalité demande aux familles d’abandonner le piquet de protestation et de revenir après le Sommet Mondial du Tourisme et de l’Aventure qui aura lieu à San Cristobal de las Casas, Chiapas, ce 17 octobre 2011.

Octobre 2011

Professeur Alberto Patishtan :
Dans un message téléphonique, le professeur Patishtan a relaté les intimidations que subissent les familles et les visiteurs qui viennent pour se solidariser avec les prisonniers qui poursuivent la grève de la faim et le jeûne dans le piquet de protestation à l’intérieur de la prison. Comme ce fut le cas le week-end dernier, les autorités pénitentiaires ont, entre autres, fait des photocopies des cartes d’identité des visiteurs.
Malgré toutes ses intimidations ils continuent avec courage et debout en lutte jusqu’à obtenir leur liberté.

Dénonciations des familles:
Quant aux familles, le lundi 10 octobre à 15H30 elles ont reçu la visite de 4 fonctionnaires municipaux sur le piquet de protestation qu’elles maintiennent sur la place. Les fonctionnaires ne se sont pas identifiés et leur ont demandé d’abandonner le piquet et de revenir après le Sommet Mondial du Tourisme et de l’Aventure qui aura lieu dans la ville de San Cristobal à partir du lundi 17 octobre.

Enrique Gómez déclare depuis le cereso nº14 :
A son huitième jour de grève de la faim, Enrique Gómez parle depuis le cereso nº14 de l’Amate. Il explique les injustices qu’ont vécues les camarades prisonniers et leurs familles. Il rappelle que suite à leurs arrestations ils n’ont pas eu de procès pénaux adéquats, ils n’ont pas eu de défenseurs ni de traducteurs, ils ont été torturés pour les obliger à se déclarer coupables, et maintenant ils purgent des condamnations pour des délits qu’ils n’ont jamais commis. Il explique que cette action de grève de la faim a été lancée « pour ne pas tomber dans l’oubli à cause des négligences des autorités et des instances gouvernementales et carcérales », et pour exiger leur liberté immédiate au gouvernement du Chiapas.

Juan Collazo écrit depuis Motozintla, prison nº6 :
Lui aussi à son huitième jour de jeûne indéfini, depuis Motozintla, prison nº6, Juan Collazo écrit : « dans l’État du Chiapas nous vivons dans l’oubli, à causes des mauvaises autorités corrompues qui baffouent nos droits afin de nous priver de la vraie justice, ils nous déclarent coupables pour nous faire payer de lourdes sentences pour des délits que nous n’avons jamais commis. Aujourd’hui les autorités ferment leurs oreilles à nos voix de protestations parce que nous sommes pauvres et n’avons pas d’argent pour payer leur justice. »

Prisonniers et prisonnières en grève de la faim, pénal nº5:
Compagnons et compagnes, tout d’abord, nous vous remercions pour la solidarité que vous nous avez envoyée et celle que vous continuerez à nous envoyer pour notre cause. Bien, compañer@s par cette lettre nous vous racontons notre action de grève de la faim, jeûne et piquet de protestation que nous avons entrepris le 29 septembre. Il a pour but d’exiger justice et notre liberté que le mauvais système nous a volé en nous emprisonnant et dont nous et nos familles souffrons.

Par conséquent nous ne lèverons ni la grève, ni le piquet de protestation tant que nous ne verrons pas le fruit de notre action.

Communiqués des prisonniers et prisonnières sur:

https://liberonsles.wordpress.com/infos-et-communiques/

Les familles des 13 prisonniers installeront un piquet de protestation indéfini à San Cristobal de las Casas, Chiapas. Onze prisonniers sont en grève de la faim depuis 11 jours, et 6 autres prisonnier-e-s sont en jeûne de 12 heures journalières, pour protester contre les peines qui leur en ont été infligées pour des délits montés de toutes pièces.

San Cristobal de las Casas, Chiapas.

Après onze jours de grève de la faim de sept prisonniers de la prison de San Cristobal de las Casas et de six détenus en jeûne de 12 heures journalières, les familles ont annoncé qu’elles se joignaient à leur lutte en installant un piquet de protestation dans l’atrium de la cathédrale de cette ville. Les familles ont déclaré aujourd’hui, dans une conférence de presse : « nous ne lèverons pas le piquet jusqu’à ce que nos proches soient libérés ».

Certains prisonniers purgent des condamnations qui vont jusqu’à 45 et 60 ans, « malgré le fait que leur innocence soit prouvée ». Le piquet de protestation indéfini a commencé le 8 de ce mois, « pour qu’ensemble, nous exigions la juste libération immédiate de chacun et chacune d’entre eux », tel que l’expriment les familles indigènes très modestes, d’origines diverses et avec des histoires particulières, qui ont été réunies à cause de leur expérience de l’injustice qui a conduit en prison les personnes qui aujourd’hui jeûnent, et à cause des mauvaises conditions carcérales que ces dernières partagent.

Elles ont déclaré dans une lettre conjointe : « Des preuves à décharges ont été présentées lors de leurs procès. Cela démontre qu’il y a eu beaucoup d’irrégularités, parce que malgré le fait qu’ils prouvent leur innocence, ils sont prisonniers et ont été condamnés à beaucoup d’années de prison pour des délits fabriqués ».

« Nous sommes ici parce que nous savons que nos proches sont innocents, qu’ils ont été arbitrairement arrêtés, torturés, frappés. Ils leurs ont fait signer des feuilles blanche. Ils ont été frappés pour qu’ils se disent coupables alors qu’ils ne le sont pas. Ils n’ont pas eu accès à un avocat ou à un traducteur en sachant qu’ils ne comprenaient rien parce qu’ils sont indigènes. »

« Nous, les familles, souffrons d’avoir nos prisonniers en taule. Déjà que nous sommes des personnes de très peu de ressources, restées seules avec la responsabilité que nous assumons en tant que mères, pères ou enfants, il n’a pas été facile de surmonter notre condition, nous avons souffert psychologiquement, émotionnellement et physiologiquement. Nous avons été traversés par ce long processus d’injustice que nous vivons à cause du mauvais gouvernement ».

Bien que le personnel gouvernemental fasse des tentatives pour s’approcher « rapidement » des prisonniers, ou bien de leurs familles, les autorités continuent à ne pas répondre à leurs demandes, même quand elles se sont engagées à le faire (c’est le cas du professeur Alberto Patishtán).

Simultanément, le gouvernement du Chiapas a fait une vaste publicité ce week-end en délivrant 50 fiches de libération (ou libérations anticipées), aux détenus dont les dossiers ont été révisés sur la base de la dénommée « table de réconciliation » des autorités.

L’acte officiel, a été présenté ce samedi par le président du Pouvoir Judiciaire, Juan Gabriel Coutiño López. Il n’a fait aucune allusion aux prisonniers indigènes qui exigent leur liberté par le moyen extrême que représente la grève de la faim.

Les membres de la Voix de l’Amate, Alberto Patishtán Gómez et Rosario Díaz Méndez, purgent des condamnations pratiquement perpétuelles, de 60 et 45 ans respectivement. Accusés tous les deux de meurtre, crime qu’ils n’ont jamais commis, tous les deux partagent une histoire de fausses accusations, de témoins disparus, absents ou de témoins qui se sont rétractés par la suite. Leur emprisonnement permet aux vrais assassins de rester impunis et ne pas être poursuivis.

Des solidaires avec la Voix de l’Amate, Pedro López Jiménez et Juan Collazo Jiménez on été condamnés à 37 ans de prison; Alejandro Díaz Sántiz à 30 ans, Alfredo López Jiménez et Rosa López Días à 27 ans, Enrique Gómez Hernández à 25 ans, Andrés Núñez Hernández et José Díaz López à 14 ans. Les ejidatarios de Mitzitón, Juan Jiménez Pérez purge 27 ans, et Manuel Heredia Jiménez, 20 ans.

Un autre prisonnier en résistance, Juan Díaz López (dossiers 168 et un 2692/20011), membre de l’organisation des Voix Innocentes, n’a pas encore eu de sentence définitive.

Publié le 10/10/2011
par Hermann Bellinghausen,
envoyé spécial du Journal « La Jornada » Mexique.

CHIAPAS: prisonniers en grève de la faim, appel à la solidarité !

Communiqué du Réseau contre la répression et pour la solidarité (Chiapas)
et du Groupe de Travail nous ne sommes pas toutes et tous là

San Cristóbal de Las Casas, le 29 septembre 2011

Aujourd’hui, nos compagnons et compagnes injustement prisonniers de « La Voix de l’Amate » ; les Solidaires de « la Voix de l’Amate » ainsi que les compagnons adhérents de l’Autre Campagne de Mitzitón et le compagnon des Voix Innocentes, incarcérés dans le Centre Étatique pour la Réinsertion Sociale des Condamnés(CERSS) No.5 de San Cristóbal de Las Casas, se sont déclarés en grève de la faim pour exiger leur libération immédiate.

Les compagnons Rosario Díaz Méndez, Pedro López Jiménez, José López Díaz, Alfredo López Jiménez, Alejandro Díaz Santiz, Manuel Heredia Jiménez et Juan Díaz López viennent de commencer leur grève de la faim ; et les compagnons Alberto Patishtán Gómez, Andrés Núñez Hernández, Rosa López Díaz et Juan Jiménez Pérez ont commencé un jeûne de 12 heures journalières.

Nous nous solidarisons avec cette action et nous exigeons la liberté immédiate et inconditionnelle des compagnons et compagnes qui à plusieurs occasions ont dénoncé les violations de leurs droits fondamentaux, les conditions inhumaines dans lesquelles ils vivent à l’intérieur de la prison et de façon évidente, leur innocence et leurs droits à être libérés.

Lorsque l’on écoute l’histoire de chacun-e des prisonniers et prisonnières, les motifs ne manquent pas pour exiger leur liberté immédiate, puisque la majorité d’entre eux-elles ont été torturés physiquement et psychologiquement, selon le même mode de torture qui est pratiqué quotidiennement dans l’état de Chiapas, à aucun moment leur droit au procès a été respecté ; à l’intérieur de la prison ils subissent un régime autoritaire et arbitraire qui se charge quotidiennement de piétiner la dignité des compagnons et compagnes ainsi celle que de leurs familles.

Face à l’emprisonnement injuste et au mépris des autorités du système capitaliste-colonial pour déstructurer socialement et politiquement les personnes, les compagnons de « la Voix de l’Amate » et les Solidaires de « la Voix de l’Amate », les compagnons prisonniers adhérents à l’Autre Campagne de Mitzitón et le compagnon des Voix Innocentes, se sont organisés pour lutter d’une façon infatigable et permanente contre les abus des institutions pénitentiaires et pour ne pas tomber dans l’oubli. Maintenant ils-elles initient une grève de la faim, l’une de seules armes qu’il leur reste pour exiger leur liberté, en mettant en danger leur propre vie.

Nous voulons souligner d’une façon particulière, notre exigence de libération pour le prisonnier politique Alberto Patishtán Gómez, privé de sa liberté depuis l’année 2000, accusé de délits qu’il n’a jamais commis et qui ont été préfabriqués par les instances gouvernementales.

Pour tout cela, nous exigeons la libération immédiate de nos compagnons et compagnes de « la Voix de l’Amate » et des solidaires de « la Voix de l’Amate », tout comme la libération des prisonniers adhérents de l’Autre Campagne de Mitziton et du compagnon prisonnier de Voix innocentes, nous lançons un appel à tous les individus, collectifs et organisations à se joindre à cette exigence de libération des compagnons.

S’ils nous touchent un, ils nous touchent tous !
Prisonniers en lutte, liberté!

Groupe de Travail Nous Ne sommes pas Tous-toutes là
Réseau contre la répression et pour la solidarité (Chiapas)

Communiqués des prisonniers et prisonnières (mise à jour le 10 oct) sur:

https://liberonsles.wordpress.com/infos-et-communiques/

Ecoutez aussi l’audio en espagnol sur la grève de la faim http://noestamostodxs.noblogs.org/?cat=5

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CHIAPAS: prisonniers en grève de la faim

Dénonciation et revendication des compagnons du CERSS nº5

Pénal nº5 de San Cristóbal de las Casas Chiapas, 29 septembre 2011

À l’opinion publique
Aux médias de communication de l’état, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
À la Sexta Internacional
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs de droits de l’homme, ONGs

Nous, les prisonniers politiques de la Voix de l’Amate, adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN ; les Solidaires avec la voix de l’Amate; les prisonniers de l’Autre Campagne de Mitzitón et le prisonnier politique de Voix Innocentes, incarcérés dans le pénal nº5 de San Cristóbal de las Casas, Chiapas.

Après avoir supporté les injustices qui nous ont fait beaucoup de mal, à nous et à nos familles, à cause des emprisonnements injustes et des délits préfabriqués qui nous privent de notre liberté, pour le seul motif que certains d’entre nous veulent défendre leur droits, et pour d’autres du fait qu’ils sont pauvres et analphabètes, ils ont bafoué nos droits et continuent à le faire car à plusieurs reprises, les institutions incompétentes ont ignoré nos demandes de justice.

C’est pour cela qu’aujourd’hui nous rendons publique notre décision commune d’entrer en grève de la faim, afin de manifester notre innocence par ce moyen, à 10h30 du matin, ce 29 septembre 2011. Nous déclarons que les 7 personnes en grève de la faim sont :

1.- Rosario Diaz Méndez: Prisonnier politique de “La Voix de l’Amate”
2.- Pedro López Jiménez: Solidaire de “La Voix de l’Amate”
3.- José Diaz López: Solidaire de “La Voix de l’Amate”
4.- Alfredo López Jiménez: Solidaire de “La Voix de l’Amate”
5.- Alejandro Diaz Santis: Solidaire de “La Voix de l’Amate”
6.- Manuel Heredia Jiménez: Prisonnier adhérent à l’Autre Campagne de Mitzitón
7.- Juan Diaz López: Prisonnier politique de « voix Innocentes »

Et quatre personnes font un jeûne de 12 heures quotidiennes pour des motifs de maladies, ces personnes sont les suivantes :

1.- Alberto Patishtán Gómez: Prisonnier politique de “La Voix de l’Amate”
2.- Andrés Nuñez Hernández: Solidaire de “La Voix de l’Amate”
3.- Rosa López Diaz: Solidaire de “La Voix de l’Amate”
4.- Juan Jiménez Pérez: Prisonnier adhérent à l’Autre Campagne de Mitzitón

Cette manifestation aura une durée indéfinie et comme but final l’obtention d’une vraie justice. Par conséquent nous exigeons du Gouverneur de l’état du Chiapas, Juan Sabines Guerrero, qu’il intervienne immédiatement pour la liberté inconditionnelle qui nous revient.

Nous invitons finalement les compagnons, les compagnes, les organisations indépendantes nationales et internationales et les centres de droits de l’homme, les ONGs à veiller sur nos causes et à exiger la justice pour notre liberté et celle de tous les prisonniers politiques du pays.

Fraternellement
Les prisonniers politiques de « la Voix de l’Amate” ; les prisonniers Solidaires de  » la Voix de l’Amate » ; les prisonniers adhérents à l’Autre Campagne de Mitzitón et le Prisonnier politique des « Voix Innocentes ».

Pénal nº5 de San Cristóbal de las Casas Chiapas, 29 septembre 2011

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Abus de pouvoir dans les prisons du Chiapas

Le Groupe de travail : Nous ne sommes pas toutes et tous là (Chiapas) et le RvsR dénoncent le harcèlement, la persécution et les abus de pouvoir dans les CERSS du Chiapas.

Compagnes, Compagnons,

Aujourd’hui, nous, le Groupe de Travail « Nous ne sommes pas toutes et tous là » et le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (Chiapas) dénonçons les faits suivants :

San Cristóbal de Las Casas, le 18 Septembre de 2011

Par ce communiqué, le Groupe de Travail « Nous ne sommes pas toutes et tous là » et le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (Chiapas) veulent dénoncer les irrégularités et les abus d’autorité que nous avons constaté durant les visites des Centres Étatiques pour la Ré-insertion Sociale des Condamnés (CERSS) de l’État du Chiapas.

Le dimanche 11 septembre de cette année, les compagnons injustement emprisonnés de l’organisation Les Solidaires de la Voix de l’Amate ont vu leurs temps de visite restreints de manière arbitraire.

Les autorités pénitentiaires du CERSS No.14 El Amate ont seulement permis une visite d’une heure au compagnon Enrique Gómez Hernández, et les gardiens du CERSS No.6 de Motozintla ont permis une visite d’à peine 15 minutes au compagnon Juan Collazo Jiménez, alors que le dimanche est le jour de visite générale durant lequel le temps ne peut être restreint de cette façon.

Les compagnons Enrique Gómez Hernández et Juan Collazo Jiménez qui ont été transférés par la force, se retrouvent dans une prison très éloignée de leurs familles et de leurs compagnons ce qui est une forme de déstructuration politique et psychologique.

Les autorités pénitentiaires, sous la responsabilité du Sous-secrétariat de l’Exécution des Sanctions Pénales et de Mesures de Sécurité de l’État du Chiapas, sont en train de violer une fois de plus les droits des prisonniers en leurs interdisant d’avoir des visites d’une durée raisonnable et ainsi d’avoir des contacts avec le monde extérieur, droits qui sont reconnus au niveau national et international.

De telles restrictions dans les temps de visite constituent une violation grave des droits des compagnons prisonniers, en effet une fois de plus nous nous confrontons à une stratégie des autorités pour isoler les prisonniers, pour arracher leurs droits basiques et leur dignité, tout cela dans le but de casser le tissu social et organisationnel.

Suite à cela, nous exigeons que soient respectés les droits des compagnons prisonniers, que cessent le harcèlement, la persécution politique et les abus de pouvoir dans les CERSS de l’État du Chiapas.

Nous exigeons la libération immédiate des prisonniers de la Voix de l’Amate et des Solidaires de La Voix de l’Amate, ainsi que la libération des compagnons adhérents de l’Autre Campagne de Mitziton et du compagnon des Voix Innocentes

Le Groupe de travail : Nous ne sommes pas toutes et tous là.
Réseau Contre la Répression et pour la Solidarité (Chiapas)

Pour plus d’informations sur les prisonniers de la voix de l’Amate vous pouvez consulter :

Qu’est-ce-que « la voix de l’Amate » ?

https://liberonsles.wordpress.com/prisonniers-de-la-voix-de-lamate-chiapas/

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Article sur la grève de la faim générale dans la prison n° 5 de San Cristóbal de las Casas, Chiapas.

Dans cet article les compagnons prisonniers politiques nous racontent comment s’est déroulée la grève de la faim générale dans la prison n° 5 de San Cristóbal, celle-ci a impliqué 580 prisonniers et a permis d’obtenir le départ immédiat du directeur répressif de cette prison: David Montero Montero.

Il faut mentionner que cette prison est toujours surpeuplée, de 8 à 10 prisonniers vivent par cellule de 3m x 3m et sous la menace constante des opérations du Groupe Loup (Grupo lobo), groupe spécialisé pour la répression dans les prisons.

La situation avant et après la grève de la faim générale.

Par ce communiqué, la voix de L’Amate et les solidaires de la voix de L’Amate, nous exprimons que dans cette prison la majorité des détenus, presque 95 %,sommes indigènes et venons surtout de la zone haute du Chiapas, qu’auparavant nous vivions relativement bien ensemble, entre indigènes, sans avoir beaucoup de violations de nos droits humains, mais depuis l’arrivée du directeur de la prison David Montero Montero il y a quatre mois, peu à peu nos droits de détenus ont été violentés.

Comme la mauvaise alimentation qu’ils nous donnent, en grande partie malsaine, pourrie ou périmée : la consommation de ces aliments a provoqué beaucoup de maladies intestinales, comme la diarrhée, la gastrite, des douleurs au ventre, entre autres. Ensuite nous allons voir le médecin pour demander des médicaments pour soigner ces maladies et ils nous disent qu’il n’y a pas de médicaments.

Le directeur, précédemment cité, a commencé à interdire les visites familiales de nos oncles, tantes, cousins, cousines, beaux-frères, belles-sœurs, beaux-pères et belles-mères, les mardis et jeudis, jours des visites familiales.

Tout détenu qui se rend d’une zone à l’autre pour un quelconque besoin personnel, est par ordre du sous-secrétaire et du directeur, menotté pour pouvoir passer les différentes zones, mais il y a quelques compagnons qui vont à l’infirmerie pour recevoir des injections de médicaments qu’eux-mêmes ont achetés, et les infirmières nous font les injections avec les mains menottées sans pouvoir baisser ou lever nos vêtements.

Le 25 mai 2011 aux environs de 16H20, les éléments du « groupe loup » ont réalisé une fouille surprise dans nos cellules et dans les chambres individuelles,ils ont ensuite commencé à emporter les appareils électroménagers, C.Ds, D.V.Ds, des films et ils ont même volé de l’argent que plusieurs prisonniers avaient laissé dans leur chambre, et tous ces appareils que nous avions nous servaient beaucoup, autant pour nous distraire que pour notre éveil personnel et notre réadaptation durant notre enfermement.

Le 26 mai le directeur de la prison a ordonné à son geôlier de nous dire que tous les détenus qui avaient eu un appareil confisqué devaient faire un courrier au sous-secrétaire corrompu des sanctions pénales. Plus tard le directeur a dit : les propriétaires de chaque appareil doivent fournir les factures des appareils, ceux qui n’ont pas de factures perdront complètement leurs appareils … mais, la majorité des appareils électroménagers ont été achetés à l’intérieur de la prison à d’autres prisonniers, à cause de tout cela, la population de prisonniers s’est énervée.

De nouveau le 7 juin à 6H45 du matin a eu lieu une autre fouille surprise du « groupe loup » accompagné de ses chefs, le sous-secrétaire Gustavo Francisco Ferreira Jiménez et le directeur de cette prison. D’abord ils ont procédé à la fouille des cellules et après ils ont commencé à dévaliser les chambres sans se soucier du prix des matériels, parce que les chambres avaient des macrocel qui nous ont beaucoup servi à nous protéger du froid et des maladies dues au climat et la population a été incommodée par ces types de violations et d’humiliations envers nos humbles personnes en tant que détenus.

Le 8 juin 2011 à peu près vers 10H30 du matin, le directeur de la prison a convoqué les prisonniers à une réunion où il a dit que tous les visiteurs n’auront plus le droit de passer à l’intérieur de la prison, encore moins à la salle à manger, il a dit qu’ils pourraient seulement rester dans la cour c’est à dire à l’extérieur. C’est à cause de ces abus que la population de prisonniers s’est énervée, parce que depuis de nombreuses années nous avons partagé des moments ensemble avec nos familles tranquillement dans cette prison.

Les prisonniers ont supporté pendant très longtemps les abus des mauvaises autorités pénitentiaires, mais les restrictions que nos familles et nous-mêmes subissions, nous on fait dire ça suffit ! C’est alors que la population est venue vers nous, en tant que voix de L’Amate et solidaires de la voix de L’Amate,pour voir ce nous pensions des abus commis. Nous leur avons demandé que ce qu’ils voulaient faire et ils ont dit qu’ils voulaient faire une grève de la faim, nous leur avons dit que nous attendions seulement que quelqu’un se décide. La population des prisonniers a dit qu’ils ne feraient rien sans nous, et comme nous, la voix de L’Amate et les solidaires de la voix de L’Amate, avions déjà de l’expérience, nous leur avons dit de se mettre d’un seul coup en grève de la faim, et c’est ainsi qu’a été déclarée la grève de la faim générale.

A 9H30 du matin le 9 juin la population de prisonniers a demandé au Centre des Droits Humains FRAYBA d’être l’interlocuteur de ces actes, après une banderole qui disait « grève de la faim générale » a été mise en place, et le prisonnier politique Alberto Patishtán Gómez a été présent durant la grève ainsi que les solidaires de la voix de L’Amate, chacun participait à quelque chose, comme s’occuper de contrôler la population des prisonniers, de leur dire de ne pas s’agiter, certains de nous offrions des sucreries, entre autres. L’après-midi du 9 juin, un mandaté des droits de l’homme de l’Etat, nommé Pensamiento est arrivé, il est entré accompagné par le directeur et son geôlier ainsi qu’un commandant. Le mandaté a commencé à parler mais la population l’ignorait, et même quelques compagnons voulaient crier des slogans aux autorités mais les solidaires de la voix de l’Amate et la voix de l’Amate nous avons commencé à leur dire: non compagnons ne criez pas….Mais le compagnon Díaz Méndez de la voix de L’Amate et le compagnon Alfred López Jiménez solidaire de la voix de L’Amate, ont été menacés par le directeur en présence du supposé mandaté des droits humains de l’Etat, et même le mandaté a commencé à dire : que voulez-vous messieurs ? Parlons, dialoguons … mais il a vu que la population des prisonniers restait totalement muette, alors il a commencé à dire : messieurs regardez, ne vous laissez pas manipuler par 4 ou 5 personnes qui cherchent des intérêts personnels. Comme personne n’a répondu ils sont sortis, plus tard il est revenu accompagné d’un représentant du FRAYBA, là on a dit au mandaté des droits de l’homme de l’Etat que nous ne voulions pas parler avec lui, encore moins avec Ferreira. Cela a été le premier jour de la grève, la nuit est venue et nous sommes restés réveillés toute la nuit, veillant tout le temps.

Le 10 juin 2011
Nous avons de nouveau commencé à travailler, à parler à la population de prisonniers, à leur dire de ne pas désespérer, parce que d’une manière ou d’une autre nous allions obtenir nos demandes, tandis que le directeur commençait à crier dans le haut-parleur pour nous tenter et nous provoquer en nous offrant de la nourriture ; et lorsqu’à 13H40 les fonctionnaires du gouvernement sont arrivés pour dialoguer avec nous, nous avons exposé nos demandes pendant 50 minutes environ, de là ils sont partis en nous disant qu’ils allaient revenir 30 minutes plus tard le temps de parler à leurs chefs. Des heures ont passé, à 17H30, ils sont arrivés avec la réponse à nos demandes, mais la réponse était donnée seulement verbalement, nous l’avons expliquée à la population de prisonniers qui a été d’accord avec la réponse verbale faite à nos demandes, alors nous avons dit aux fonctionnaires du gouvernement que tout ce qu’ils avaient promis devait être mis en preuve écrite dans un compte rendu.

A 19h30 tous ensemble nous avons levé la grève de la faim générale.
Actuellement la population de prisonniers reste dans l’attente de l’accomplissement des accords écrits; à ce jour il y a eu quelques changements en matière d’alimentation, d’accès des visiteurs et la destitution du directeur. Pour l’instant nous en sommes là, et nous attendons la résolution des autres demandes.

Finalement la population des prisonniers remercie tous les défenseurs /euses de droits humains, les organisations indépendantes nationales et internationales et les médias qui se sont joints à cette cause afin d’exiger le respect de nos droits en tant que prisonniers.

FRATERNELLEMENT
Des prisonniers politiques de la voix de L’Amate et les solidaires de la voix de l’Amate
19 de juin 2011. Prison nº5 de San Cristóbal de las Casas, Chiapas.

Ecoutez la Mini-Emission 2

Source en espagnol: no estamostodxs

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Perquisition dans la Prison nº5 au Chiapas faite par le « grupo Lobo»

Le 7 mai 2011, il y a eu une perquisition dans la Prison nº5 au Chiapas faite par le « grupo Lobo» ( corps de police spécialise dans le transfert de détenus et formé pour garantir la sécurité de la prison). Ils sont entrés dans les cellules pour confisquer notamment des appareils domestiques et de l’argent appartenant aux prisonniers.

Le 8 juin, les compagnons de la Voix de l’Amate dénonçaient le fait que durant le mois de mai dernier, le «Grupo Lobo» ait réalisé une inspection surprise et confisqué des outils, matériels de travail, radios, télés, films et de l’argent appartenant aux prisonniers, tout cela en présence de Gustavo Ferreira, fonctionnaire du Conseil de l’exécution, des Sanctions Pénales et des Mesures de sécurité.

Le 9 juin. Dans un rapport téléphonique, le professeur Patishtán indique qu’entre 400 et 500 prisonniers de la prison nº5 de San Cristobal se mettent en grève générale à l’intérieur de la prison pour exprimer le malaise profond dans lequel ils vivent; les violations systématiques de leurs droits de la part du « Grupo Lobo », agissant avec la complicité du directeur David Montero, connu pour corruption.

Par cette grève de la faim, les prisonniers exigent la destitution du directeur, le respect des droits de visites, une bonne alimentation et des médicaments.

Le 10 juin. La grève de la faim en est à son deuxième jour. Dans un appel téléphonique d’aujourd’hui, au nom de la Voix de l’Amate, des Solidaires avec la Voix de l’Amate et d’un prisonnier de Mitzitón entre autres, le professeur Patishtan a fait un rapport en indiquant qu’il n’y avait aucune réponse des autorités. Les détenus dénoncent le fait que depuis l’arrivée du nouveau directeur David Montero, ils ne vivent plus tranquillement dans la prison nº5. Ils dénoncent aussi le fait que, au lieu de donner une réponse à leurs demandes, les autorités de la prison les provoquent en rationnant leur nourriture.

Les compagnons de la Voix de de l’Amate et les solidaires de la voix de l’Amate, ainsi que les compagnons prisonniers de Mitzitón se sont aussi joints à cette protestation.

Le 11 juin. Rapport par téléphone du professeur Patishtan depuis la prison numéro 5 de San Cristobal de las Casas Chiapas à propos de la levée de la grève de la faim le jour précèdent. Les prisonniers ont obtenu la signature d’un accord avec des représentants du gouvernement du Chiapas, qui s’engagent à destituer le directeur de la prison, rendre les appareils électroménagers confisqués ces jours passés par le « Grupo Lobo » et à améliorer les conditions des prisonniers.

Le 19 juin. Les compagnons de la Voix de l’Amate et les prisonniers solidaires de la voix de l’Amate informent que cette Grève de la faim a permit d’obtenir le départ immédiat du directeur de la prison David Montero.

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Communiqué de la Voix de l’Amate sur la perquisition – 9 juin 2011

Communiqué de la Voix de l’Amate sur la perquisition faite par le « grupo Lobo»

Prisonº5 de San Cristóbal de las Casas Chiapas, 9 juin 2011

À l’opinion publique
Aux médias de l’Etat, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
Aux adhérents à l’autre campagne
À la sexta internationale
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs de droits de l’homme

Prisonniers politiques de la voix de L’Amate, adhérents à l’autre campagne de l’EZLN incarcérés dans pénal n º 5 de San Cristóbal de las Casas, Chiapas.

Dans tous les centres pénitenciers de l’état du Chiapas la population a beaucoup à dire.

Nous vivons tristement sous les menaces cruelles de ceux qui se font appeler autorités incompétentes.

Dans le cas de la prison nº 5 de San Cristóbal de las Casas le 5 mai dernier de cette année, il y a eu une perquisition faite par le « grupo Lobo», formé pour garantir la sécurité de la prison, est entré dans les cellules pour confisquer notamment des appareils domestiques et de l’argent.

Aujourd’hui, David Montero, directeur de la prison, nous a dit que les appareils qu’ils avaient pris ont été apportés au secrétariat. Ils seront rendus sur présentation des factures ; ce sont des ordres du sous-secrétaire Gustavo Francisco Ferreira Jiménez.

De fait, ils savent que présenter les factures est impossible parce que plusieurs des appareils électroménagers ont été achetés à l’intérieur de la prison auprès d’autres détenus qui sont déjà sortis ; de plus ces appareils nous servaient à écouter des réflexions sur l’aide et la réadaptation personnelles.

Pour tout cela aujourd’hui, la voix de l’Amate fait une dénonciation publique afin d’informer sur tous  les abus commis par les autorités incompétentes. Nous exigeons la restitution de nos appareils et nous faisons appel à Juan Sabines Guerrero, gouverneur de l’Etat du Chiapas, pour qu’il prenne des mesures adéquates et donne des instructions immédiates et précises pour qu’ils rendent à chacun des détenus, entre autres, les télévisions, radios, magnétophones et dvd,  sinon nous tiendrons pour responsables les autorités incompétentes.

En plus de ces dénonciations émises, nous invitons la société à rester attentive aux abus des gouvernants et à se solidariser avec l’exigence de justice et de liberté …

Fraternellement
La voix de l’Amate
Prisonº5 de San Cristóbal de las Casas Chiapas, 9 juin 2011

Sources:

Communiqué de la Voix de l’Amate (9 juin 2011) ici

Rapport par téléphone (audio en espagnol) ici

Lettre de solidarité depuis l’Europe ici

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Communiqués de la « Voix de l’Amate » incarcérés dans la prison n°5 de San Cristobal de las Casas, Chiapas.

A l’opinion publique,

aux médias de l’Etat, nationaux et internationaux,

aux médias alternatifs,

aux adhérents de l’Autre Campagne,

à la sexta internationale,

aux organisations indépendantes,

aux organisations non gouvernementales (ONG),

aux défenseurs des droits humains,

Prisonniers politiques de la « Voix de l’Amate » incarcérés dans la prison n°5 de San Cristobal de las Casas, Chiapas.

A cause du système d’injustice au Mexique, en particulier au Chiapas, les droits de l’Homme ont été violés et continuent d’être violés par des détentions massives et systématiques d’hommes et de femmes réclamant justice pour leurs villages et leurs communautés.

Ces hommes et femmes sont victimes de condamnations injustes, au motif de délits préfabriqués, sans égard à leur conditions de vie.

La Voix de l’Amate dénonce publiquement la grande violation des droits du prisonnier politique Alberto Patishtan Gómez. Sa vue diminuée en raison d’un glaucome, Alberto Patishtan Gómez est injustement détenu depuis onze ans déjà, bien que le Gouverneur du Chiapas Juan Sabines Guerrero ait reconnu son innocence et se soit engagé publiquement à le libérer.

En l’absence d’un quelconque fait répréhensible, nous continuons à exiger du Gouverneur et du Président de la République Felipe Calderón la libération immédiate du prisonnier politique Patishtan.

Par ailleurs, nous continuons d’exhorter les défenseurs des droits de l’Homme, les ONGs, les collectifs, les organisations, entre autres, à intervenir au sujet de cette grande violation, comme nous continuons en même temps à exiger justice et liberté pour tous les prisonniers politiques.

Tous avec la vérité.

Fraternellement

La voix de l’Amate

Adhérente à l’autre Campagne

prison n°5 de San Cristobal de las Casas, Chiapas.

18 avril 2011

Aujourd’hui La Voix de l’Amate célèbre joyeusement le cinquième anniversaire de sa création

Le 6 janvier 2011

À l’opinion publique

Aux médias de l’état, nationaux et internationaux

Aux médias alternatifs

Aux adhérents de l’autre campagne

À la Sexta internationale

Aux organisations indépendantes

Aux défenseurs des droits humains ONGs

Prisonniers de La Voix de l’Amate, adhérents de l’autre campagne de l’EZLN

La nécessité de créer l’organisation de La Voix de l’Amate Adhérents de l’Autre Campagne, est née parce que le système d’injustice que pratiquent de plus en plus les gouvernements et les autorités de notre pays, états et communautés, sert seulement à enfermer injustement ceux qui exigent et défendent le droit de l’être humain. Cette organisation a en charge la défense des détenus indigents et c’est la voix des sans voix qui dit simplement la vérité.

Aujourd’hui La Voix de l’Amate célèbre joyeusement le cinquième anniversaire de sa création, en compagnie de ses amis, compañeros et frères qui ont participé, et ont exigé et exigent la justice et le respect des droits humains.

Enfin, La Voix de l’Amate remercie l’assistance de tous ceux qui sont présents et de tous en général.

Vive l’EZLN!

Vive l’Autre Campagne!

Vive la Voix de l’Amate!

La vérité nous rendra libre

Fraternellement

La Voix de l’Amate

Prison numéro 5, San Cristobal de Las Casas Chiapas

Le 6 janvier 2011

Audio d’Alberto Patisthan dans la prison :

Message de La Voix de l’Amate

Compañeros, compañeras et famille, La Voix de l’Amate célèbre son cinquième anniversaire. Nous voulons vous exprimer ce petit message qui servira et sert pour un meilleur développement de notre activité quotidienne, qui consiste simplement dans l’amour de la vie, l’amour de la nature, l’amour des animaux et de tout ce qui existe. Si on garde tout cela dans notre coeur, il y aura de la résistance, il y aura la vérité, il y aura de la défense, il y aura de l’effort, il y aura l’unité, il y aura l’égalité, il y aura de l’amélioration dans les métiers et encore plus. Par conséquent, nous avons comme tâche, de construire un meilleur monde et nos communautés indigènes qui nous font un appel urgent à continuer vers l’avant et avec tout cela, on ne s’arrête pas au contraire il aura la victoire pour toujours.

Pensée.

Si tu ne peux pas écrire, ce n’est pas un obstacle, tu as ta tête pour penser.

Si tu ne peux pas entendre, ce n’est pas un obstacle, tu as tes yeux pour voir.

Par conséquent quand tu sens que tu ne peux pas du tout, courage parce que tu as le coeur pour te lever, mais ne dis pas je ne peux pas.

Merci.

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Rosario Diaz Mendez condamné à 20 ans de prison

À l’opinion publique

À la presse nationale et internationale

Aux médias alternatifs

Aux adhérents de l’Autre Campagne

À la sexta internationale

Aux organisations indépendantes

Aux défenseurs des droits humains ONG’s

Les prisonniers politiques de l’Amate, adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, enfermés dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas.

Le système de justice continue à se dégrader parce que des juges et des procureurs, entres autres, condamnent des personnes sans défense et majoritairement ceux qui réclament leurs droits. C’est à cause de cette injustice que les prisons sont de plus en plus surpeuplées.

Aujourd’hui, le 9 octobre, cette injustice se répète à nouveau en condamnant à 20 ans de prison le prisonnier politique C. Rosario Diaz Mendez, pour un délit d’enlèvement monté de toutes pièces. Un enlèvement qui n’a jamais été commis par le condamné. Des preuves suffisantes ont été fournies, mais celles-ci n’ont jamais été prises en compte. Tout cela démontre clairement cette grande injustice.

C’est pourquoi, La Voix de l’Amate dénonce publiquement cette injustice due à l’incompétence des autorités judiciaires. D’autre part, nous demandons au gouverneur Juan Sabines Guerrero de faire une enquête exhaustive sur ce dossier et de libérer rapidement le prisonnier politique Rosario Diaz Mendez. Nous invitons aussi tous les compañeros qui luttent pour la même cause à continuer à exiger la vraie justice et la liberté pour tous les prisonniers politiques du pays.

Fraternellement,

La Voix de l’Amate

La prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas le 12 octobre 2010.

Audio de la dénonce :

http://chiapasdenuncia.blogspot.com/2010/10/sentencia-injusta-rosario-diaz.html

Cela fait 10 ans qu’il est en prison ; défenseur et porte-parole d’autres prisonniers, il s’est transformé en symbole.

Le cas d’Alberto Patishtán a été porté devant la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH)

San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 3 août. Le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de las Casas (CDHFBC) a dénoncé aujourd’hui l’État mexicain auprès de la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH) pour sa responsabilité directe dans la violation du procès et l’atteinte à

la liberté personnelle du professeur Alberto Patishtán Gómez,. Ce dernier, prisonnier politique et adhérent de l’autre campagne, a sollicité l’intervention de cet organisme international.

Patishtán Gómez a déjà passé 10 ans en prison, accusé d’avoir massacré des policiers dans la communauté de « El Bosque » en 2000. L’enseignant tzotzil a récemment rappelé, ce 19 juin « j’ai été arrêté pour des délits fabriqués d’homicide, coups et blessures et vol. »

Il a aussi rappelé son innocence et les charges mensongères dont l’a accusé à l’époque le maire affilié au PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) Manuel Gómez Ruiz. Il a signalé qu’il s’agissait d’une vengeance politique, ouvertement soutenue par le gouvernement de l’Etat dirigé à l’epoque par Roberto Albores Guillén. Les véritables coupables de l’embuscade criminelle n’ont jamais été recherchés ni n’ont été punis.

Au cours de ces dernières années, Patishtán est devenu un symbole, un défenseur et un porte-parole des prisonniers injustement emprisonnés ; notamment à partir de la grève de la faim des prisonniers politiques au Chiapas en 2007, convoquée par la « Voix de l’Amate » organisme adhérent a la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone de l’EZLN.

Grâce à cette action, qui a duré plus de 40 jours dans plusieurs prisons chiapanèques, près d’une cinquantaine de prisonniers de l’autre campagne, des bases d’appui de l’EZLN et des groupes catholiques proches du diocèse de San Cristóbal ont été libérés. Seul Patishtán est resté en prison, la raison invoquée est que son cas est fédéral et que sa libération ne dépend pas du gouvernement de Juan Sabines Guerrero (gouverneur du Chiapas), bien que celui-ci se soit à plusieurs reprises engagé à intervenir pour qu’il récupère sa liberté.

Au moment de son emprisonnement, en 2000, Patishtán était un professeur respecté travaillant pour l’enseignement officiel bilingue, mais engagé dans la défense des droits des enseignants indigènes de sa région. Le conseiller municipal Gómez Ruiz, qui l’a accusé sur la base de faux témoignages, comme cela a été démontré, a été imposé en 1998 comme maire par le gouvernement d’Albores, après que celui-ci ait avec l’Armée fédérale, violemment démantelé la commune autonome de San Juan de la Libertad (El Bosque), assesinat des zapatistes et non zapatistes, de la même façon qu’a Chavajebal et Union Progreso.

Après avoir été dans les prisons de Cerro Hueco et de l’Amate, Patishtán se trouve maintenant dans le centre pénitencier numéro 5 de San Cristóbal des las Casas, purgeant une peine de prison à vie pour un crime qu’il n’a pas commis.

Il est aujourd’hui un défenseur des droits des prisonniers. Par sa voix, « la Voix de l’Amate » reste en vie et continue à lutter. Ce lundi, cette organisation de prisonniers a dénoncé des violations des droits humains à l’encontre des prisonniers et de leurs familles ainsi que des mauvais traitements de la part du directeur du centre, Víctor Manuel Palacios Torres, qui, comme toujours, se déguise en agneau, alors qu’il n’y ressemble pas du tout.

La « Voix de l’Amate » explique que le 30 juillet, le directeur du centre s’était mis d’accord avec les prisonniers pour qu’ils puissent travailler régulièrement pour eux-mêmes, mais dans un acte de provocation contre les droits des prisonniers, ce lundi, il a empêché les parloirs des familles de prisonniers qui viennent avec leurs enfants. La semaine dernière, le directeur avait refusé l’entrée à des organisations civiles qui essayaient de rendre visite à Patishtán.

La Voix de l’Amate a demandé de manière urgente au gouverneur la démission de Palacios Torres. Dans le cas contraire, ils ont déclarés qu’ils responsabilisaient directement les autorités compétentes de tout incident qui porterait atteinte à leurs vies.

Article paru dans la Jornada écrit par Hermann Bellinghausen

Mercredi 4 août 2010, p 17. Article en espagnol ici

Alberto Patishtan Gomez, prisonnier de la Voz del Amate, se trouve dans un état de santé préoccupant, nous exigeons sa liberté immédiate.

4 avril 2010

Lettre d’Alberto Patishtan Gomez, prisonnier de la Voz del Amate

A l’opinion publique
Aux médias de communication
A la sexta Internationale
Aux Adhérents de l’autre Campagne
Aux organisations indépendantes
Aux organisations non gouvernementales de droits de l’Homme

Prisonnier politique Alberto Patishtán Gómez de la Voz del Amate, adhérent à l’Autre Campagne détenu dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas, Chiapas.
Aujourd’hui dans tout le Mexique, les prisons sont surpeuplés non pas par des coupables, mais par l’injustice et l’application de la loi , La loi sans justice.

Sous le coup de cette injustice nous avons été condamnes à rester en prison pour des années, à cause de cela, nous avons perdu nos terres, nos maisons, notre argent, notre travail, notre famille et nous y vivons mal nourris , sans suivi médicale et exposés à n’importe quel contagion par manque de prévention médicale, a cause de tout ce-ci, j’ai perdu mon œil droit, a cause de la négligence et de la bureaucratie ma maladie n’a pas été suivie par le personnel de la prison 5.

Presque 50 jours après mon hospitalisation, je suis toujours sous observation médicale, pour cette raison, je sollicite les autorités compétentes pour qu’elles interviennent pour soigner de façon plus immédiate les malades, afin d’éviter des complications et des contagions, entre autres; il faut aussi alléger et faire disparaître la bureaucratie qui est l’obstacle majeur qui empêche le traitement des malades indigènes et non-indigènes.

A cause de cet emprisonnement injuste et de ma maladie incurable, j’exige du Gouverneur Juan Sabines Guerrero ma remise en liberté immédiatement et inconditionnellement, car il sait que je suis innocent des délits fabriqués et qu’il est au courant de mon état de santé.

J’invite également le peuple en général à continuer la lutte pour la liberté et la justice.

« Mourir vivant c’est vivre »

le 22 de mars 2010
Fraternellement
Alberto Patishtán Gómez
Depuis l’hôpital Vida Mejor, Tuxtla Gtz, Chiapas.

Nous exigeons l’immédiate libération de notre compagnon Alberto Patishtán Gómez:

Caracol Mundo-eco de latido en solidaridad-Viena-Austria
Colectivo ALANA (Solidaridad, Resistencia, Dignidad)-Grecia
Comite de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha, CSPCL-París, Francia
Confederación General del Trabajo (CGT) Estado español.
Grupo IRU-Estado español
Grupo Les trois passants-Francia
La Plataforma de Solidaridad con Chiapas de Madrid
La Plataforma vasca de solidaridad con Chiapas

Lettre de solidarité depuis l’Europe ici

Vous pouvez écrire et téléphoner pour exprimer votre mécontentement aux mauvaises autorités du gouvernement.

Lic. Mauricio E. Montes de Oca Durán,
Unidad para la promoción y defensa de los derechos humanos SEGOB,
Av. Paseo de la Reforma 99 Piso 19 Tabacalera, Cuauhtémoc, Distrito Federal, 06030,
Tel: (55) 51-28-00 Ext: 11863,
Email: mmontesdeoca@segob.gob.mx

Lic. Juan José Sabines Guerrero
Gobernador Constitucional del Estado de Chiapas
Palacio de Gobierno del Estado de Chiapas
Av. Central y Primera Oriente, Colonia Centro, C.P. 29009
Tuxtla Gutiérrez, Chiapas, México
Correo-electrónico: secparticular@chiapas.gob.mx
Fax: +52 961 61 88088 – + 52 961 6188056

Dr. Noé Castañòn León
Secretario General de Gobierno del Estado de Chiapas
Secretaría General de Gobierno
Palacio de Gobierno, 2o. piso, Colonia Centro, C.P. 29000
Tuxtla Gutiérrez, Chiapas, México
Conmutador: + 52 (961) 61 2-90-47, 61 8-74-60


Les prisonniers politiques de la Voz del Amate – Chiapas

À l’opinion publique

À la presse de l’état, nationale et internationale

Aux médias alternatifs

Aux adhérentes et adhérents de l’Autre Campagne

Aux adhérentes et adhérents de la Sexta internationale

Aux organisations indépendantes de défense des droits de l’homme

Aux organisations non gouvernementales ONGs

Les prisonniers politiques de la Voz del Amate adhérents de l’Autre Campagne de l’EZLN, enfermés dans la prison numéro 5 à San Cristobal de Las Casas.

Aujourd’hui de nouveau et sans répit pour la défense des droits humains, nous dénonçons fortement les mauvais traitements du Monsieur le directeur Victor Manuel Palacios Torres qui se déguise toujours et s’est déjà déguisé en agneau mais en réalité il est différent.

Le 30 juillet, le directeur avait accepté de travailler régulièrement avec les personnes internés de cette prison, mais aujourd’hui, le 2 août, le directeur a interdit l’entrée de tous les visiteurs accompagnés d’enfants.

C’est un acte de provocation qui porte atteinte aux droits des prisonniers. Il a décidé que les visiteurs ne pourront plus se rendre à la prison que les mardis, les jeudis et les dimanches. Cela a été très difficile pour les personnes internées, qui sont environ 600. Ils sentent que leur droits ont été violés. À cause de ce traitement inhumain, nous demandons d’urgence au gouverneur de l’état Juan Sabines Guerrero de destituer le directeur Palacios Torres. Dans le cas contraire, toute provocation qui porte atteinte à nos vies sera de la responsabilité directe des autorités compétentes.

Enfin nous exhortons les compañeros et les organisations civiles nationales et internationales de rester attentifs aux provocations que nous venons de décrire qui ont lieux dans cette prison.

Salutations

La Voz del Amate

Prisonniers Politiques

Prison numéro 5 de San Cristobal de las Casas, le 2 août 2010

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