Le compagnon anarchiste Fernando Barcenas, condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme

ferbarcenas Fernando a été arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir mis le feu à un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola, dans la ville de Mexico. Avec rage, nous venons d’apprendre que ce compagnon a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

Suite à la première mobilisation contre la hausse de 67% du tarif du métro, Fernando a été arrêté et accusé d’attaques à la paix publique et association délictueuse, la possibilité de payer une caution et de suivre son procès dehors lui a été refusé. Il se trouvait dans la prison Nord de la ville, et jusque là, il était dans la zone pénitentiaire réservée à tous les prisonniers attendant un procès. Maintenant le compagnon Fernando devra s’adapter à la zone de « population carcérale », qui est encore plus difficile.

Fernando a 19 ans, avant d’être arrêté il était étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH), siège Vallejo, établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et travaillait dans une usine de meubles pour aider sa famille.

Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo depuis la prison préventive masculine – Nord de la ville de Mexico au mois de juin 2014 :

Aux individus libres et conscients, à tous ceux qui malgré toutes les adversités continuent à résister depuis les tranchées de bataille, depuis les tranchées clandestines, depuis les prisons préventives et fédérales.

Nous sommes nés de la haine, nous avons grandi dans la solitude et l’exil. Dans la précarité d’une piaule oubliée et sale, nous avons appris à haïr tous ceux qui nous gouvernent, les fausses démocraties, l’autorité en général.

Qui sommes-nous réellement ?

Pour quoi ils ne peuvent pas nous acheter avec l’argent ?

Pourquoi nous nous donnons à fond et mourons sur le champ de bataille ?

Nous sommes la jeunesse qu’ils enferment dans des écoles, en essayant de nous tromper avec les faux nationalismes, les préjugés et le patriotisme qui sont les composants de leur mensonge, leur soumission et leur obédience.

 Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et tout type de forces répressives « qui construisent leur démocratie »

Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir.

Nous sommes les blessées lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le béton, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène.

À présent, nous savons que nous mourrons en avance, virilement assassinés, virilement soumis , massacrés sans pitié pour le simple fait de ne pas être d’accord avec des lois qui nous volent la vie, la liberté et la dignité.

Nous sommes les détenus, nous sommes ces prisonniers de guerre que l’état a capturé, et qui traînent depuis un bout de temps par les cours et les tribunaux.

 Nous cassons leurs banques, nous affrontons la police, nous détruisons leur paix publique qui se construit jour et nuit par le lavage de cerveau des citoyens afin qu’ils obéissent et se taisent.

Aujourd’hui nous cheminons avec la chaleur de notre dignité et de notre rage, pendant toutes les nuits froides qu’ils nous ont fait passer en prison.

Nous continuons de taguer les murs de la prison avec des slogans qui dès aujourd’hui et plus tard seront le souvenir vivant de ces jeunes rebelles qui paralysent la ville, de ces jeunes conscients qui vengent leurs camarades tombés sur les barricades…

Ce ne sont pas les mots écrits ici qui sont crus, mais leur réalité…

Frappez-nous alors, arrêtez-nous, tirez sur nous des balles en caoutchouc ou de vraies balles, mobilisez les appareils étatiques et tous les journalistes vendus ; ceux qui sont des fidèles charlatans et qui répètent comme des perroquets tout ce qu’on leur a ordonné. Cachez les images de la violence policière, occultez avec des mensonges et des matchs de football les scandales économiques et politiques qui approuvent vos réformes structurelles – néolibérales.

Tuez-nous, comme vous assassinez et exterminez les peuples. Et voilà, nous n’avons rien à perdre, nous n’avons rien à attendre et nous sommes conscients de notre réalité ; nous ne nous laissons pas tromper en pensant qu’ils auront pitié de notre vie.

Nous mourrons jeunes, mais toujours debout, toujours rebelles, toujours indépendants et conscients de mener une lutte sans fin.

Depuis le Reclusorio Preventivo Varonil Norte
Ni les balles, ni les prisons ne pourront nous arrêter !
Fernando Barcenas Castillo

 

Traduit par Les trois passants
Correction Myriam

Sources:
CNA- Mexico
Regeneracion Radio
Contrainfocruznegra
Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico

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