Archive for the compas anarquistas Category

[Santander] Jornadas anticarcelarias de junio / Homenaje a Pastora (último evento 2019)

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, prisonnier-e-s en lutte on 14 juin 2019 by liberonsles

SÁBADO 8 JUNIO

En el centro social okupado la lechuza
c/barrio la torre nº43 Monte.
Santander

12:00 h Presentación documental “Nos robaron las noches” con lxs compañerxs de Touluse «Les Trois passants», realizadores del docu y posterior debate.

Documental colectivo, que se realizó en octubre del 2016 y se terminó en abril del 2017, se trata de una herramienta de lucha anti-carcelaria. Es un documental realizado con medios propios, por personas solidarias y no especialistas. « En este documental, realizado en México, 11 mujeres dan testimonio de la forma en que la cárcel se apodera de sus vidas : discriminaciones sistemáticas, roles asignados, apropiación del cuerpo… Ellas nos expresan sus vivencias, sus luchas y cómo con el paso del tiempo, llegan a una postura anti-carcelaria. »

La realización del documental fue posible gracias a la complicidad de 11 mujeres : expresas, madres, compañeras e hijas de presos, así que a la participación de La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión de Oaxaca; del Grupo de Trabajo no Estamos todxs de Chiapas, de la Cruz Negra Anarquista de México y del grupo de Les trois passants (Los tres caminantes) de Toulouse.

14:30 h Comedor vegano

16:00 h Mesa redonda; con Les Trois passants, Familias frente a la crueldad carcelaria, Tokata, Henas y otras personas cercanas a la realidad carcelaria

Homenaje a Pastora y actividades diversas

En el centro social okupado la lechuza
c/barrio la torre nº43 Monte.
Santander

https://henas.noblogs.org/

http://tokata.info/

La Corogne / Toulouse/ Mexique : Pastora vit dans nos cœurs

Notre chère compagnonne « Pastora » Dominga González Vieites, mère de l’ex-prisonnier anarchiste Xosé Tarrío González , est décédée d’un infarctus le 25 avril 2019. Pastora a porté de nombreux projets et en avait encore bien d’autres en tête. Elle a participé activement à l’Athénée Libertaire Xosé Tarrío, à La Corogne, où elle a toujours réussi à organiser des cantines de soutien à la lutte anticarcérale; elle avait aussi le projet de créer des cantines sociales : « Pour que personne ne manque d’un repas », disait-elle à ses camarades de l’Athénée. Pastora participait aussi au projet d’association de proches de prisonnierEs et victimes de répression au niveau national, intitulé « Familles face à la cruauté carcérale ».

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[Köln-Deutschland] « Nos robaron las noches » – « Sie haben uns die Nächte gestohlen »

Posted in anti-carcéral, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, prisonnier-e-s en lutte on 27 mai 2019 by liberonsles

« Nos robaron las noches » – « Sie haben uns die Nächte gestohlen » (70 Minuten) – Film & Infoveranstaltung zur Lage anarchistischer Gefangener in Mexiko.

In diesem kollektiven Dokumentarfilm, gedreht in Mexiko in den Jahren 2016 und 2017, berichten 11 Frauen darüber, wie das Gefängnis sich ihrer Leben bemächtigt : systematische Diskriminierung, Rollenzuschreibungen, die Aneignung ihrer Körper… Sie erzählen uns von ihren Erfahrungen, von ihren Kämpfen und davon, wie sie mit dem Laufe der Zeit eine Anti-Knast-Haltung einnehmen.

Im Anschluss an den Film wollen wir kurz über die Situation zweier anarchistischer Gefangener berichten, die derzeit in Mexiko im Knast sitzen und zu langen Haftstrafen verurteilt wurden. Miguel Peralta und Luis Fernando Sotelo. Vor allem sollen aber die Frauen im Film zu Wort kommen.

Autonomes Zentrum Köln

[MEXIQUE] ¡Fuego a las cárceles!, Feu aux prisons ! Burn the prisons!

Posted in anti-carcéral, compas anarquistas on 20 mai 2019 by liberonsles

This communique comes from anarchists in Mexico City; a humble gesture of solidarity with comrades facing state repression throughout the world.

Depuis la ville de Mexico, nous exprimons notre solidarité et notre amour aux companer@s qui sont descendu·es dans les rues le 1er mai, et aux nombreuses personnes qui ont été détenues par l’État suite à leur mobilisation. La répression est la seule réponse de l’État face à cette peur qui le ronge ; une peur face au pouvoir de la révolte, à l’organisation autonome des personnes, à la révolution en gestation.

Nous nous solidarisons avec les plus de 300 compagnon·nes détenu·es à Paris, en France ; avec les plus de 600 compas détenu·es à Bandung, en Indonésie ; et aux 12 inculpé·es de Bruxelles, Belgique, pour avoir porté leur rage révolutionnaire dans les rues face à la sévère répression étatique et pénitentiaire.

Nous nous solidarisons avec toutes celles et ceux qui sont toujours derrière des barreaux, ou qui sont persécutés à cause de leur engagement pour détruire la domination et l’oppression sous toutes leurs formes.

La solidarité ne connaît pas de frontières. Vous n’êtes pas seul·es. De là où nous sommes, avec vous, nous continuons la lutte contre les états et le capitalisme.

Feu aux prisons ! À bas la police !
Liberté pour Miguel Peralta* !!!!!!

——–

Desde la Ciudad de México, enviamos nuestra solidaridad y amor a lxs compañerxs que salieron a las calles el 1 de mayo y a lxs muchxs secuestradxs por el Estado como resultado de ello. La represión es la reacción del Estado a un miedo que roe; un miedo al poder de la revuelta, a la organización autónoma de las personas, a la revolución que se está gestando.

Nos solidarizamos con las más de 300 compañerxs detenidas en París, Francia; lxs más de 600 compañerxs detenidas en Bandung, Indonesia y; lxs 12 procesadxs en Bruselas, Bélgica, por llevar su rabia revolucionaria a las calles ante la dura represión estatal y carcelaria.

Nos solidarizamos con todxs lxs que permanecen entre rejas o son perseguidxs por su compromiso con la destrucción de la dominación y la opresión en sus diversas formas.

La solidaridad no tiene fronteras. Ustedes no están solxs. Desde nuestra geografía, junto a ustedes, continuamos la lucha contra los estados y el capitalismo.

¡Fuego a las cárceles! ¡A la mierda la policía!
Miguel Peralta Libre!!!!!!

——–

This communique comes from anarchists in Mexico City; a humble gesture of solidarity with comrades facing state repression throughout the world.

From Mexico City, we send our solidarity and love to the comrades who took the streets on May 1st, and to the many who were kidnapped by the state as a result. Repression is the state’s reaction to a gnawing fear: a fear of the power of revolt, of the autonomous organization of the people, of the brewing revolution.

We stand in solidarity with the 300+ compañerxs detained in Paris, France; the 600+ compañerxs detained in Bandung, Indonesia; and the 12 anarchists being processed in Brussels, Belgium; for taking their revolutionary rage to the streets in the face of stiff state repression.

We stand in solidarity with all the social fighters that remain behind bars or are being persecuted by the state for their commitment to the destruction of domination and oppression in its various forms.

Solidarity has no borders. You all are not alone. From our geography here in Mexico City, together with you all, we commit to continue the struggle against states and capitalism.

Burn the prisons! Fuck the police! Free Miguel Peralta!

——–

* Miguel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, Mexique. Il a été arrêté le jeudi 30 avril 2015 et dernièrement il a été condamné à 50 années de prison. Eloxochitlán de Flores Magón est le berceau de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magón. C’est une commune d’environ cinq mille habitants qui se trouve dans la région appelée Cañada, dans l’État d’Oaxaca au Mexique. Comme les deux tiers des communes de l’État d’Oaxaca, elle est régie par le système des « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée est l’organe de prise de décisions s’opposant aux partis politiques.

Miguel Betanzos condamné à 50 ans de prison – prise de position

[Salamanca] XXIII Jornadas de la Marcha a la Cárcel de Topas – 2019

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, compas anarquistas, femmes prisonnières, prisonnier-e-s en lutte on 1 avril 2019 by liberonsles

Marcha a Topas es un colectivo anticarcelario de Salamanca que desde hace 23 años organiza unas jornadas en contra de las prisiones y la marcha a la cárcel de Topas a finales de marzo o principios de abril. En el marco de estas jornadas se proyectará el documental : “Nos robaron las noches” « En este documental, realizado en México, 11 mujeres dan testimonio de la forma en que la cárcel se apodera de sus vidas : discriminaciones sistemáticas, roles asignados, apropiación del cuerpo… Ellas nos expresan sus vivencias, sus luchas y cómo con el paso del tiempo, llegan a una postura anti-carcelaria. » Sábado 6 de abril 2019 a las 20:00h en la Sala Mujeres Libres, C/ Perez Oliva, 2, Salamanca.

XXIII Jornadas de la Marcha a la Cárcel de Topas del 31 de marzo al 7 de abril 2019:
Programa XXIII Marcha a Topas

Voir – Projet – Rencontres / « Ils nous ont volé nos nuits » (2017 -2019)

[Bruxelles] « Des femmes face à la prison » – projection et repas de solidarité

Posted in anti-carcéral, Archives, compas anarquistas, Des femmes face à la prison on 1 avril 2019 by liberonsles

Jeudi 4 avril 2019 – 18h – cinéma Nova 3
rue Arenberg 1000 Bruxelles

Ce jeudi 4 avril à 18h aura lieu au cinéma Nova la projection d’un film qui aborde la question de l’enfermement et plus spécifiquement comment celui-ci s’attaque différemment aux femmes. Le tout sera suivi d’un repas en soutien à la Lime (caisse de solidarité bruxelloise)*

« ILS NOUS ONT VOLE NOS NUITS – des femmes face à la prison »

Dans ce documentaire, tourné au Mexique, 11 femmes témoignent de la manière dont la prison s’empare de leurs vies : discriminations systématiques, rôles assignés, appropriation du corps… Elles expriment leurs vécus, leurs luttes et comment elles en sont arrivées à une position anti-carcérale.

+ 2 courts-métrages réalisés pendant les luttes contre les prisons et les centre fermés en Belgique

Ces projections prennent place dans le cadre des deux semaines de solidarité avec les anarchistes poursuivis par l’Etat belge et sera suivi d’un repas en soutien à la Lime (caisse de solidarité bruxelloise)*

Jeudi 4 avril – 18h – cinéma Nova 3, rue Arenberg 1000 Bruxelles

*Pour plus d’infos sur la lime et sur le procès à venir : La Lime

 

[Oaxaca] Lettre sur la situation que nous vivons mon compagnon Miguel Peralta et moi-même.

Posted in anti-carcéral, événements, Communiqués, compas anarquistas, Des femmes face à la prison on 15 février 2019 by liberonsles

Lettre de Mariana envoyée pour la projection-discussion sur les luttes contre la taule, le samedi 2 Février 2019 à Lyon.

Un salut très chaleureux à toutes celles et à tous ceux qui partagent avec nous ce documentaire que nous avons réussi à réaliser avec l’amour, le soutien et beaucoup de travail solidaire de compas de ces latitudes. Un abrazo à tous ces compas qui résistent en prison et qui aujourd’hui rompent ces barreaux pour partager leurs expériences lors de ces rencontres. Merci pour la force que vous nous donnez.

Je m’appelle Mariana et même si nous ne nous connaissons pas personnellement, une partie de moi-même est déjà parvenue jusque dans vos terres grâce à ce documentaire. À travers ces quelques lignes je veux essayer de partager un peu avec vous la situation que nous vivons mon compagnon Miguel Peralta et moi-même, résultat de quatre années de prison et de procès judiciaires qui nous ont arraché notre liberté. Je pense que le documentaire est un matériel important qui permet d’ouvrir des espaces pour présenter les cas de compagnons qui sont encore en prison, mais également pour mettre en lumière comment cette prison nous submerge et est vécue par des gens comme nous, placé.e.s dans cette situation d’enfermement pour des raisons diverses.

Cela nous permet de rendre visibles les conséquences du système pénitentiaire au Mexique, qui est certainement très semblable partout ailleurs, mais également notre situation spécifique en tant que femmes, que ce soit en tant que mère, détenue/ex-prisonnière, compagne ou fille de prisonnier. J’aimerais donc vous parler d’abord du cas de Miguel, puis un peu plus de l’expérience que j’ai vécue dans cet accompagnement en tant que partenaire.

Il est l’un des sept prisonniers Mazatecas de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón (1), une municipalité située dans la Sierra Mazateca de Oaxaca. Il est accusé, avec 35 autres membres de l’Assemblée, d’homicide aggravé et de tentative d’homicide sur la base d’une accusation fabriquée de toutes pièces, qui s’appuie sur sept témoignages contradictoires et peu crédibles. Le contexte dans lequel ils ont été accusés est le résultat d’un conflit sociopolitique que la communauté d’Eloxochitlán connaît depuis huit ans, pour avoir défendu ses formes d’organisation interne et d’élection des représentants, or un groupe de caciques a tenté d’imposer le système des partis politiques et a pillé nos ressources naturelles. L’Assemblée communautaire s’y est opposée et, de ce fait, le harcèlement, la répression, les déplacements forcés, la confiscation, la violence et la fabrication de crimes contre les personnes qui composent l’assemblée ont augmenté ces dernières années.

Cela a été constant jusqu’au 14 décembre 2014, date à laquelle l’Assemblée Communautaire, en collaboration avec le conseil municipal, a tenté d’organiser une assemblée pour élire un représentant traditionnel de la communauté, qui a été attaqué par le groupe de caciques faisant usage d’armes à feu et blessant 8 personnes, alors que le Conseil municipal arrêtait l’un des agresseurs, Manuel Zepeda Lagunas, fils de Manuel Zepeda Cortés, (l’un des principaux répresseurs). Celui-ci a été remis vivant aux autorités afin de poursuivre l’enquête correspondante. Quelques heures plus tard, ceux qui ont remis Manuel Zepeda Lagunas, y compris la police municipale et le président municipal (autorités élues par l’Assemblée), ont été arrêtés et transférés dans une prison à Oaxaca sans en connaître la raison. À partir de ce moment, des mandats d’arrêt, des déplacements forcés et des violences accrues contre les membres de la communauté ont commencé, accusés de la mort de Manuel Zepeda Lagunas (une mort encore incertaine, puisqu’il a été remis vivant aux autorités de l’état).

Il y a eu jusqu’à 14 détenus, mais il y en reste aujourd’hui 7, les autres ayant réussi à obtenir leur acquittement par différents moyens légaux lorsqu’il a été démontré que l’accusation était fausse et qu’il n’y avait aucune preuve pour les garder en prison. Au contraire, c’est une consigne politique de la part de la famille du cacique qui non seulement a du pouvoir au niveau local, mais qui est parvenu à faire élire la fille de Manuel Zepeda, Elisa Zepeda, la députée locale de MORENA (2), alors qu’elle est l’une des principales responsables de l’accusation portée contre les membres de cette Assemblée.

Miguel a été arrêté le 30 avril 2015 dans le District Fédéral et emmené dans une prison à Oaxaca, où il a été officiellement détenu et un mois plus tard, a été transféré dans un pénitencier qui se trouve à trois heures de sa ville. Il est enfermé pour purger 3 ans et 10 mois dans la prison de Cuicatlán et depuis son arrestation, nous avons dû passer par un processus juridique très compliqué, avec de nombreux obstacles, des audiences annulées parce que les témoins présumés ne se présentaient pas, le refus du tribunal de prendre en compte un certain nombre de documents pourtant conformes… Comme souvent dans ce type de cas, ce sont de nombreuses irrégularités et complications qui en réalité servent seulement à allonger les délais et jouer avec le délai légal pour repousser le procès. Jusqu’à ce que finalement, le 26 octobre 2018, après que Miguel eut entamé une grève de la faim de huit jours, le juge Juan León Montiel, en charge du procès, le condamne à 50 ans de prison et à 152 mille pesos mexicains de réparation (3). Face à cette sentence, sentence aux ordres, car il n’y a aucun élément pour qu’il soit considéré comme responsable des crimes qui lui sont imputés, le groupe d’avocats qui s’occupe de son cas, Los Otros Abogadoz, a fait appel de cette sentence, qui devra être examinée par la Cour supérieure de l’État de Oaxaca. Cet appel est l’action juridique que nous menons actuellement et nous avons également lancé un appel à la solidarité pour continuer à exiger la liberté de Miguel, nous vous invitons donc à lire la déclaration et à vous joindre à cet appel…

Je m’en tiendrai là concernant les motifs pour lesquels Miguel est détenu et je vais maintenant essayer de parler de l’expérience et de ce que l’accompagnement et la prison elle-même ont signifié pour moi. Pour reprendre le titre du documentaire Nos Robaron las Noches (Ils nous ont volé nos nuits), non seulement comme une métaphore, mais comme une petite partie de notre vie qui nous a été arrachée et qui nous a laissé un vide très profond dans notre être et notre faire, parce que ce trou, ce morceau de jour/de nuit, nous le portons en nous constamment, à tout moment, à chaque instant de notre vie quotidienne. Mais ce fossé présente de nombreuses nuances, qui dépendent de comment nous nous y confrontons, de la manière dont nous le comblons et surtout de la manière dont nous y faisons face.

Parce que nous ne sommes pas seulement confrontées aux implications du système carcéral (règles, horaires, humeurs, c’est-à-dire tout ce que les compagnonnes disent dans le documentaire) ; au système judiciaire (l’imposture des juges, du personnel des tribunaux, le retard dans les procès, les maux de ventre à cause de la rage qui nous submerge) ; mais aussi, et c’est ce qui a été pour moi beaucoup plus fort et douloureux, ce sont les critiques, accusations et questions que nous font les familles, les compas et les amis. Chaque jour, tout comme nos compagnons se battent à l’intérieur, nous, nous battons ici, débordant ces murs, nous nous battons aussi pour ne pas tomber, pour affronter nos propres amertumes et pour trouver des moyens d’avancer et de lutter malgré le fait que ton compagnon, ton partenaire, ne soit pas là, dans la rue, à côté de toi.

Il est très difficile d’affronter le fait que ton compagnon soit en prison, qu’il est déjà condamné à 50 ans, que la procédure judiciaire est très pernicieuse, qu’elle t’épuise, te confronte, te divise, parce que tu entres dans un espace-temps (celui dont parle Miguel dans ses écrits), qui est absorbant, qui te pompe et joue comme un yoyo avec les hauts et bas de tes émotions. Cette « Nuit volée » est une ABSENCE PRÉSENTE, c’est un trou profond, c’est une bataille constante qui, tout comme elle nous a été volée, chaque jour, sans cesse nous essayons de la retrouver.

Et dans ce cheminement pour récupérer ce qui nous a été arraché, je réaffirme dans des événements comme celui-ci, où vous partagez une partie de votre temps avec moi quand vous m’écoutez, dans des actions concrètes, vos encouragements, dans une étreinte réconfortante, que le SOUTIEN et la SOLIDARITÉ sont les clés pour résister et pouvoir affronter la prison, l’enfermement ; elles sont les clés qui vous tiennent en vie, déterminées, debout. Car si dans cette lutte les relations, les amitiés, les émotions sont fragmentées, d’autres relations aussi se tissent et se renforcent.

Voilà ce qu’est notre bataille quotidienne, essayer de renverser cette fragmentation, qui tente de nous briser, de nous contrôler, de nous paralyser, et parvenir à réinventer d’autres moyens qui nous permettent de nous lever et de continuer. Parce que oui,c’est un fait, le TEMPS-PRISON a des conséquences sur nous, sur notre santé physique et émotionnelle, dans notre relation avec notre compagnon, dans tous tes liens et dans ta propre intimité en tant que femme, mais aussi dans la solidarité et le soutien qui t’enveloppe, qui t’étreint et t’aide à affronter ces conséquences…

La détention, la prison, les murs, te font vivre une expérience très forte, rien d’agréable, qui te remplit de froideur, de colère, de beaucoup de rage, de tristesse, et qu’il en coûte énormément de l’affronter, car le temps passe et il y a toujours cette incertitude de ce qui va arriver ; mais il y a quelque chose de plus fort que cela, c’est l’espoir de leur arracher notre liberté et de récupérer ce qui nous a été volé, l’espoir que la prochaine fois que tu rentreras entre ces murs pour rendre visite à ton compagnon, ce sera la dernière, la dernière où tu mettras le pied dedans, parce que cette fois-ci, quand tu ressortiras, ton compagnon, Miguel, rentrera avec toi…

Salut et liberté !
À bas les murs de la prison !
Brûlons les murs de la prison !

Mariana
Trois mois après la sentence qui nous a été imposée.

[Oaxaca] Communiqué de femmes d’Eloxochitlán, pour la liberté de tous les comuneros prisonniers.

 

________________________

(1) Eloxochitlán de Flores Magón est le berceau de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magón. C’est une commune d’environ cinq mille habitants qui se trouve dans la région appelée Cañada, dans l’État d’Oaxaca au Mexique. Comme les deux tiers des communes de l’État d’Oaxaca, elle est régie par le système des « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée est l’organe de prise de décisions s’opposant aux partis politiques. À la différence d’autres communes de l’État d’Oaxaca, à Eloxochitlán, les femmes participent aussi à la prise de décisions.

(2) Le Mouvement de Régénération Nationale (MORENA) est un parti politique mexicain de centre gauche, créé en 2011 à l’initiative d’Andrés Manuel López Obrador, le président du Mexique depuis le 1 er décembre 2018.

(3) L’équivalent de 7000 Euros environ

Traduction :  Amparo, Ju, les trois passants

Nos Robaron las Noches, Mujeres ante la carcel ( Projet )

 

[Mexique] Miguel Betanzos condamné à 50 ans de prison. Prise de position

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 15 février 2019 by liberonsles

Prise de position de notre compagnon Miguel Peralta
Depuis la prison de Cuicatlán
Janvier 2019

Il y a trois mois, j’ai été condamné à 50 ans de prison par le néfaste juge Juan León Montiel, du Tribunal Mixte de Première Instance de Huautla de Jiménez. La semaine dernière, nous avons appris que l’enquête 08/2019 a d’ores et déjà été ouverte, et qu’elle dépend de la Troisième Salle d’Audience du Tribunal de Justice de l’État de Oaxaca. Mais la salle n’a pas fixé de date pour la célébration de l’audience, qui doit consister en la présentation de la plaidoirie en appel, parce que le dossier pénal 02/2015 a été envoyé incomplet au Tribunal : en effet, il a été « nécessaire » que le juge Juan León fasse part de la condamnation à Elisa Zepeda et à son père Manuel Zepeda, personnages qui tirent les ficelles du système juridique comme s’il s’agissait d’une vile marionnette, pour faire durer notre réclusion.

Je suis pleinement conscient que la prison et l’isolement que nous vivons relèvent des actions, des omissions et des mécanismes juridiques et politiques sciemment mis en place par les représentants de la « justice » grâce aux marionnettes qui œuvrent au sein du Tribunal Supérieur et du Tribunal Mixte, sachant que la consigne et le désir de la Chargée de Commission de Justice du Congrès Local de Oaxaca est de nous maintenir loin de notre communauté. Je parle de la députée locale de Morena, Elisa Zepeda Lagunas, qui ne cesse de mentir aux médias et achète des communiqués de presse à des journaux comme El Imparcial de Oaxaca, Noticias Voz e Imagen de Oaxaca, El Universal, Milenio, et tant d’autres qui, à coup de formules sensationnalistes et sans réelle investigation journalistique de fond, persistent à relayer ce mensonge et à donner crédit à la farce montée par cette soi-disant défenseuse des droits de l’homme, qui en réalité n’a rien fait d’autre que s’enrichir et prendre le pouvoir. On croit peut-être que la classe politique ne se forme que dans des espace sociaux larges comme le sont les métropoles ou les villes, où ses membres peuvent facilement s’éclipser et disparaître, mais il n’en est pas ainsi, dans les petits villages aussi elle prolifère avec les mêmes intentions : s’approprier les territoires en imposant ses gouvernements, toujours contre l’auto-détermination des peuples.

Il est aussi certain que ces tactiques de manipulation farcesques ne se cantonnent pas au niveau municipal et étatique, mais qu’elles innervent toutes les institutions qui fonctionnent hors de la représentativité communautaire. Depuis la scène où il opère par des actes symboliques, par la recréation du passé, l’exagération démagogique et le montage virtuel, le gouvernement entrant tente de donner une bonne image de lui, tandis que, par derrière, il cimente la militarisation du pays et maintient l’armée dans les rues pour remplir des soi-disant tâches de « sécurité ». Les grands projets sont déjà décidés malgré les résultats des études environnementales et l’opposition des communautés, mais on met pourtant en scène des référendums de pacotille qui n’ont d’autre fin que de légitimer les projets en question. Voilà pourquoi le saccage historique des ressources naturelles se poursuivra, tout comme l’appropriation culturelle des connaissances ancestrales, tout comme la production de déchets toxiques qui mettent en péril la vie des peuples et provoquent leur déplacement forcé.

Les traités et les recommandations internationales, ils s’en lavent les mains. Ce qui les intéresse, c’est que le secteur des affaires soit à son aise. La défense de la vie, du territoire, de l’eau, et nos formes d’organisation sont et continueront à être criminalisées par tout gouvernement qui impose ses structures par la violence et l’utilisation du pouvoir judiciaire pour essayer de nous réduire au silence. Ainsi, nous ne voyons aucune transparence dans ce nouveau gouvernement, et encore moins une quelconque volonté de libérer les compagnon.ne.s emprisonnés pour avoir défendu tout cela, comme c’est le cas de ceux et de celle de Tlanixco, qui sont enfermé.e.s dans les prisons d’État depuis plus de dix ans déjà et dont le procès a de nouveau été reporté, ce qui retarde encore leur sortie ; ou bien le cas d’un autre compagnon, Luis Fernando Sotelo, qui s’est aussi vu refuser récemment sa mise en liberté. Comment veulent-ils que nous ne doutions pas du gouvernement et de ses paroles, si leurs actions nous démontrent qu’ils ne cesseront pas de piétiner les peuples, les collectivités et les personnes qui résistent ?

Il ne me semble pas juste qu’ils utilisent notre nom et qu’il leur serve de butin politique, parce que notre réclusion sert à défendre nos territoires, l’organisation communautaire et l’auto-détermination. Nous partageons entre nous tous et toutes, en tant que prisonnier.e.s, la fabrication de délits qui pour la majorité sont structurés de la même manière puisqu’ils ont été inventés par l’État, par des individus puissants et par des entreprises transnationales. Récemment, le gouvernement a mentionné la possibilité d’une libération par loi d’amnistie, ou quelque chose du genre, ce qui n’a pas été légiféré et encore moins adopté, tandis que nous autres nous continuons à affronter les déficiences et les négligences du système juridique. Chaque jour nous livrons bataille contre le système pénitentiaire qui tente de nous déshumaniser, nous réinventons et nous reconstruisons notre identité parce qu’aucun libre développement de notre personnalité n’est permis. Nous nous voyons obligés de consommer les « aliments » qu’ils nous imposent, ils nous forcent à acheter des uniformes que nous abhorrons, nous nous battons contre l’esclavisation du travail, et il existe en somme un nombre incalculable de conséquences à l’isolement et à la limitation de tout ce qui nous plaît. Acheter un morceau d’ananas de contrebande devient un délit simplement parce que ça fermente, la taule nous épuise, mais malgré tout cela, nous respirons, nous imaginons, et nous restons debout. Même si la couleur de la prison nous déprime, nous anesthésie, nous continuons à résister à l’obstacle en partageant des moments avec notre famille, avec nos ami.e.s, avec notre compagnon.ne. Les conflits que la prison provoque en nous, les indifférences et le manque de communication qui rend impossible toute prise de décision concernant notre détention, l’État s’en moque absolument ; ils essayent de nous faire croire qu’ils vont régler nos affaires, que la critique n’est pas nécessaire, et encore moins la mobilisation, car plus isolés nous sommes et moins mobilisés, mieux cela vaut pour eux ; c’est le meilleur moyen de nous diviser et de nous soumettre.

Mais nous ne nous tairons jamais, avec nos mots et nos actions nous persévérerons dans l’effort jusqu’à faire s’effondrer les murs. Nous pensons que la passivité du peuple ne nous mènera nulle part et que la résistance est la proposition. Parce qu’au fond, aucun individu et aucun peuple ne peut être privé de ses moyens de résistance culturelle, sociale, économique et politique. La lutte des peuples n’est pas respectée, la criminalisation de celles et ceux qui luttent continue, ce qui prouve que la volonté réelle d’une « quatrième transformation » dont on a tant entendu parler n’existe pas : le pouvoir n’a fait que changer de mains, de couleur, de personnages, mais ni de forme, ni de fond. Bien que nous ayons face à nous un groupe d’ennemis puissants, par le poste politique et patronal qu’ils occupent, secondé par les institutions d’État, la solidarité et les batailles que nous livrerons seront encore plus fortes, portées jusque dans les rues, elle ne seront pas négociées et nous ne mendieront jamais notre liberté parce que nous avons la force de lutter pour elle, chaque minute de chaque jour et à chaque instant de notre vie, et parce que nous sommes conscients que les délits qui nous tiennent enfermés ont été fabriqués.

Nous continuerons d’exiger et de lutter pour que le processus juridique cesse ses atermoiements, nous continuerons à dénoncer les vices de forme et les croche-pieds que l’on nous fait à chaque pas, nous en appelons à la solidarité pour continuer à agir ensemble dans la lutte anti-carcérale, rien ne nous arrêtera, nous leur arracherons des mains notre liberté !

Miguel Peralta
Depuis la prison de Cuicatlán
Janvier 2019

 

Traduction Louise

 

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée est l’organe de prise de décisions.

[Mexique] Miguel Peralta Betanzos condamné à 50 ans de prison. Déclaration de Miguel en réaction à la décision du tribunal – Depuis la prison de Cuicatlán, Oaxaca

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