Archive for the compas anarquistas Category

[Mexique] Miguel Peralta Betanzos condamné à 50 ans de prison.

Posted in Archives, compas anarquistas, Oaxaca on 9 décembre 2018 by liberonsles

Déclaration de Miguel en réaction à la décision du tribunal

Depuis la prison de Cuicatlán, Oaxaca

Une nouvelle fois, nous avons pu vérifier de quel bord se situait la loi, de celui de l’ambition, du pouvoir et de l’argent. Le cynisme de la « justice » a soufflé sur les braises rageuses de nos cœurs et nous encourage à continuer la bataille contre le pouvoir. Aujourd’hui, les sentiments se démêlent, mais la raison de la liberté pousse avec plus d’empressement dans ce sac de nœuds. Nous nous débarrassons du goût amer que nous a laissé cette hypocrisie de la part du procureur du tribunal de Huautla de Jiménez, Juan León Montiel, qui répétait à l’envi que le corrompu n’était pas corrompu, et que son travail pendant 18 ans au sein de ce système en était la preuve, maintenant, il n’y a que lui pour affirmer cela. Nous continuerons à aller de l’avant, à reprendre des forces, à embrasser l’essence de la liberté. Nous ne céderons pas avant d’avoir retrouvé l’harmonie dans notre communauté, à Eloxochtilań de Flores Magón, nous ne céderons pas avant d’avoir fait respecter nos formes d’organisation, avant d’avoir démantelé les mensonges qui nous maintiennent prisonniers et persécutés, avant d’avoir fait éclater la vérité. Bien qu’ils essaient de nous faire taire en nous gardant enfermés, nous n’abdiquerons jamais.

Miguel Peralta
Depuis la prison de Cuicatlán, Oaxaca
Avec toute ma rage

______________

07/11/2018

Le 26 octobre, notre compagnon Miguel Peralta a été personnellement informé que le juge Juan León Montiel le considérait pénalement responsable d’avoir commis le délit de tentative d’homicide qualifié, avec circonstances aggravantes, sur la personne d’Eliza Zepeda Lagunas (ex-présidente municipale d’Eloxochitlán et actuellement députée locale de MORENA pour le district 04 de Teotitlán, Oaxaca), ainsi que de son frère Manela Zepeda Lagunas ; prononçant une sentence de 50 années de prison, en plus du paiement en réparation du dommage subi, estimé à cent cinquante mille pesos. Pour cette raison, Miguel a décidé de mettre un terme à sa grève de la faim initiée le 19 octobre dernier, afin de recouvrer des forces et de continuer dans cette deuxième étape de la lutte pour l’obtention de sa liberté.

Le processus pénal initié à l’encontre de Miguel, qui culmine maintenant avec cette sentence, a été parsemé d’irrégularités et d’inconsistances juridiques depuis son début, le tout orchestré et subordonné par la famille Zepeda Lagunas, caciques et répresseurs d’Eloxochitlán.

Sources : Instinto Salvaje  CNA  Sentencia Instinto Salvaje


Entretien de Voices in Movement avec Miguel Peralta Betanzos, prisonnier anarchiste d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca

Voices in Movement (ViM):

Bonjour, bonsoir à toutes et tous, nous sommes ici avec le compagnon Miguel Peralta, prisonnier politique de Oaxaca au Mexique, nous allons parler un peu avec lui à propos de son procès politique, sur les différentes perspectives des luttes dans l’Etat de Oaxaca et au Mexique ainsi que sur les relations entre les mouvements anarchistes et autochtones et pour finir nous aborderons quelques aspects concernant les relations de solidarité internationale et nous envisagerons les différentes formes possibles de soutien à son procès judiciaire.

Bonjour Miguel, merci d’être avec nous aujourd’hui.

Miguel (M): Salut bonne nuit ou bonjour à toutes et à tous ceux qui nous écoutent

ViM : Bon on va commencer. Est-ce que tu peux nous parler un peu de toi, qui es-tu, d’où tu viens ? Où tu te trouves en ce moment et ce dont tu aurais envie de parler avec les compagnons qui écoutent cet entretien ?

M : Bien, mon nom complet est Miguel Ángel Peralta Betanzos, je suis membre de la communauté d’Eloxochitlán de Flores Magón, qui elle-même fait partie du groupe indigène mazatèque, situé dans le nord-ouest de l’Etat de Oaxaca. Dans la communauté et dans la région mazatèque et nous parlons la langue mazatèque.

J’ai étudié un peu l’anthropologie depuis tout petit j’ai toujours aimé être sympa, avoir des amis, des copains d’autres endroits et de mon village aussi. Connaître le territoire, connaître un peu l’histoire de la communauté, marcher sur les chemins, j’aime la musique, les rythmes différents et… la nourriture, la gastronomie de la communauté et d’autres endroits, j’aime lire, bien sûr, j’aime le sport, jouer au basket, un peu au foot, j’aime nager, aller à la rivière, toucher l’eau, sentir la pluie, marcher sous la pluie, j’aime aussi que mes pieds s’enfoncent dans la boue, depuis tout petit. J’aime bien les fêtes traditionnelles de mon village, la fête du jour des morts, qui est le moment pendant lequel nous pouvons partager le bien commun, le bien commun avec nos compagnons et nos familles sur nos terres. J’aime bien aussi me souvenir des morts, de mes grands-parents, de mes oncles, qui ont été vivants et qui nous ont laissé comme des empreintes dans nos consciences. Je suis membre de l’Assemblée Communautaire qui est le lieu où se déroulent certaines activités collectives comme le tequio *, les corvées communautaires qui font partie du travail ou du soutien mutuel qui existe au quotidien dans la communauté. Nous avons participé à différentes luttes à l’intérieur de la communauté mais également à l’extérieur comme en 2006 lors des révoltes de Oaxaca.

*Au Mexique on appelle tequio la charge ou le travail collectif non rémunéré que tout habitant d’un village doit à sa communauté. C’est un us indigène que l’on retrouve ailleurs avec des nuances et force diverses mais qui est toujours enraciné dans différentes régions du pays.

ViM :Est-ce que tu peux nous parler des antécédents de certaines luttes de ton village ? Lire la suite

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[OAXACA] Miguel Peralta Betanzos en grève de la faim

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 6 novembre 2018 by liberonsles

 

Prison de Cuicacatlan Oaxaca

Miguel Peralta Betanzos en grève de la faim depuis le 19 octobre 2018

Grève pour la liberté !

Faim pour la vérité !

J’utilise mon corps comme matériel de guerre

Mes anticorps seront l’arme de cette bataille

La solidarité sera roc et l’eau bouclier du naxinandá*,

sillonneront le temps purifiant les mensonges.

Aujourd’hui je continuerai à résister sans aliments jusqu’à retourner les fausses informations.

Mais la rage et le feu survolant les frontières abriteront mon esprit tout en l’animant

Nous ne céderons pas jusqu’à récupérer la liberté

A bas les murs de toutes les prisons !

Miguel Peralta

__________

*naxinanda : commune mazatèque.

Lundi 22 octobre 2018 15 jours ouvrables se sont écoulés durant lesquels le juge Juan León Montiel s’était engagé à dicter la sentence du jugement de Miguel. IL NE L’A PAS FAIT.

Pendant ce temps, depuis 4 jours que Miguel ne s’aliment plus qu’en ingérant de l’eau, du sérum et du miel.

C’est pourquoi nous lançons un appel afin que vous contactiez le juge de la juridiction mixte du Tribunal de première instance de Huautla de Jiménez pour exiger qu’il cesse de retarder la mise en liberté de Miguel Peralta.

Vous pouvez également contacter le pouvoir judiciaire de l’État de Oaxaca, puisqu’ils ont également au courant de sa grève de la faim et qu’ils n’ont rien fait jusqu’à maintenant pour exiger que le juge Huautla s’acquitte de son travail.

Nous les rendons responsables de ne pas tenir leur promesse mettant ainsi en danger la santé de notre compagnon ; car chaque jour qui passe affecte un peu plus sa santé.

Ils lui ont déjà volé 3 ans et cinq mois, il n’y a aucune raison pour continuer à retarder sa sortie.

Miguel continuera en grève de la faim jusqu’à leur arracher sa liberté.

Sources : Cruz Negra Anarquista de Mexico

Miguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Plus d’infos

 

 (texte)

[Oaxaca] Miguel Betanzos : Quelques reflexions sur les changements physiques et émotionnels en prison

[Lleida – Catalunya] 10 de novembre 2018, jornada anticarcerària !

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 5 novembre 2018 by liberonsles

Dissabte 10 de novembre 2018, jornada anticarcerària!

Biblioteca Anarquista Maria Rius

carrer Corts catalanes, 79 de Lleida.

El 10 de novembre organitzem a Lleida una jornada per anar calentant motors de cara a la VI Marxa de torxes contra la presó de Ponent.

Començarem a les 12’30 amb un taller d’escriptura a presxs, i al acabar hi haurà un deliciós dinar per 5 euros (els beneficis aniran destinats a la preparació de la VI Marxa). Seguirem a les 16’30 amb una performance contra les cel·les d’aïllament i per acabar el dia passarem el documental « Nos robaron las noches », un treball casolà i col·lectiu realitzat a Mèxic l’octubre del 2016 on diferents dones donen testimoni de com la presó s’apodera de les seves vides.

Us esperem a totes! Ni presxs ni presons!

https://suportpresxslleida.noblogs.org/

Grup de Suport a Presxs de Lleida

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17 de novembre 2018

Jornada: PARLEM DE LA PRESÓ

A Can Batlló

CLIVELLA, col·lectiu de suport a persones preses

programa:

12:00. Apertura y presentación de la jornada.

12:15. Charla: Desatención sanitaria. A cargo de ponentes de distintos colectivos

14:30. Comida (vegana)

16:00. Pase de documentales (en distintos espacios):

COPEL: Una historia de rebeldía y dignidad.
“Después de 40 años de silencio, un grupo de antiguos componentes de la COPEL hemos decidido contar su historia, la de la intervención autoorganizada en la “Transición española a la democracia” de los presos sociales, para que se respetara nuestra condición de personas incluyéndonos en la amnistía.”

Nos Robaron las Noches (Los Trois Passants).
Documental colectivo realizado en Mexico en Octubre del 2016, como herramienta de lucha anticarcelaria. Un documental casero, hecho con medios propios, por personas solidarias y no especialistas. En este documental, 11 mujeres dan testimonio de la forma en que la cárcel se apodera de sus vidas; discriminaciones sistemáticas, roles asignados, apropiación del cuerpo. Ellas nos expresan sus vivencias, sus luchas y como con el paso del tiempo, llegan a una postura anticarcelaria.

18:00. Debate moderado por Clivella: Alternativas al sistema punitivo.

20:30. Cena: pizzas artesanas.

A partir de las 22:00 música en directo + DJ!!

 

[Ville de Mexico] Un regard sur la hiérarchisation des prisons

Posted in anti-carcéral, Archives, compas anarquistas on 5 septembre 2018 by liberonsles

Contribution: un regard sur la Hiérarchisation des prisons au Mexique
Une expérience depuis l’intérieur des murs

Par Mario González

[NdT : Le langage employé dans ce texte n’a pas été choisi, ni n’a été réfléchi par la personne qui écrit cet article, cela fait partie, que cela nous plaise ou non, de tout un discours sexiste largement utilisé dans la taule mexicaine non seulement par les taulards mais par toute l’institution carcérale, et, dans ce cas précis, la prison d’hommes du reclusorio oriente de la ville de Mexico ]

Ce à quoi je vais me référer lorsque je parle de hiérarchisation des prisons, ce sont les différentes forces qui convergent, se disputent l’espace de respect et de contrôle à l’intérieur des prisons.

Le sommet supposé de la hiérarchie dans les prisons du DF (Districto Federal de Mexico) est l’institution, l’État, le Gouvernement, l’Autorité, etc. qui sont représentés par le MP (Ministère Public -Parquet-), les juges, les gardiens, les magistrats, les fonctionnaires, et ainsi de suite…

C’est, en théorie, la principale autorité chargée de maintenir l’ordre parfait et le fonctionnement des centres de « réadaptation ».

Dans le but de mieux contrôler, les fonctionnaires utilisent certains prisonniers comme agents de contrôle afin de renforcer le système.

On appelle les prisonniers qui sont connus pour travailler pour l’institution ou pour les flics (les matons) des « mules ». Bien qu’ils n’aient pas une réelle autorité à l’intérieur de l’univers carcéral, les prisonniers qui travaillent pour les flics remplissent une fonction dans la hiérarchie du contrôle.

Dans cette pyramide de hiérarchisation il existe différents pouvoirs tant à l’intérieur du monde de la taule qu’en dehors de l’autorité institutionnelle.

Les prisonniers de chaque prison déterminent la hiérarchie dans chacune d’elles.

Les facteurs qui déterminent les hiérarchies sont divers : un prisonnier peut occuper un certain échelon dans la hiérarchie en fonction de son fric ou de l’endroit où il se trouve, de sa popularité, de sa force, de sa révolte, de son sadisme, du délit ou des délits commis, de sa condamnation, de ses soutiens, selon qu’il est indic, voleur, charognard, crapule, sympa, fort, intimidant, s’il a des « couilles », etc.

Tout dépend de la prison et du contexte.

Les plus respectés le sont grâce à l’argent ou par leurs « couilles ».

D’un côté les prisonniers respectent celui qui a le plus de pognon mais aussi le plus dingue d’entre tous.

En taule, il semble que celui qui s’impose le plus soit celui qui a des « couilles » parce que même s’il a beaucoup de pognon c’est toujours celui qui est le plus fort et le plus dingue qui s’impose.

Ce que je veux dire par avoir des « couilles », c’est comme parler d’une personne qui n’a peur de rien, courageuse ou cruelle mais qui est déterminée.

Par exemple : Lire la suite

[Mexico] Infos sur la bibliothèque Xosé Tarrio et répression contre le collectif CIMARRON

Posted in anti-carcéral, Collectif CIMARRON, Communiqués, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 11 juillet 2018 by liberonsles

Les autorités pénitentiaires saccagent et détruisent la bibliothèque autonome Xosé Tarrio dans la prison nord de Mexico. Répression contre le collectif CIMARRON

Depuis le mois de novembre 2017, Fernando Barcenas (qui est sorti de prison le 11 juin dernier) et d’autres prisonniers du collectif Cimarron* lançaient l’idée de mettre en place une bibliothèque autonome gérée par les prisonniers eux-mêmes à l’intérieur de la prison Nord de Mexico. Après plusieurs mois de travail et de construction à l’intérieur, d’organisation et de soutien de l’extérieur, la bibliothèque « Xosé Tarrío González » ** est inaugurée le 28 avril 2018, non sans difficultés. La bibliothèque grandit peu à peu, elle se dote de 1000 documents et livres environ, jusqu’à ce que, le 5 juillet 2018, les autorités pénitentiaires décident de mettre fin à cette initiative.

« Construire une bibliothèque à l’intérieur de la prison va bien au-delà du fait de créer un simple espace « culturel » ou de « loisirs », cela implique d’assumer le fait qu’il y aura des tensions et des affrontements parce que, pour les sbires de l’administration pénitentiaire, il est inconcevable que les prisonniers soient capables d’autodétermination. » [Écrivait Fer Barcenas au mois de février 2018, depuis la prison Nord]

Communiqué envoyé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico, 6 juillet 2018 :

Jeudi 5 juillet 2018, les compagnons incarcérés dans la prison nord, qui font partie du projet collectif CIMARRON ayant mis en place une bibliothèque alternative [à l’intérieur de la prison] nous ont informé que cette dernière avait été attaquée par les gardiens sous les ordres des commandant Hormigo (chargé de la sous-direction de la sécurité ) et Campos. Ces derniers ont obligé, mardi dernier, les compagnons à se couper les cheveux, en les menaçant d’être punis et envoyés dans le module de sécurité maximale de cette prison. Face à cette menace, les compagnons ont accepté de se couper les cheveux. Cependant, ils ont porté plainte contre les méthodes autoritaires du personnel de sécurité.

C’est pour cette raison que les commandants les ont convoqués à la direction pour renouveler leurs menaces. Cette fois-ci, ils ont dit que s’ils ne retiraient pas leur plainte, ils seraient transférés au module de sécurité maximale. Suite à tout cela, des fouilles violentes des cellules des compagnons ont été effectuées par les gardiens. Cela s’est fini par le saccage et la destruction de la bibliothèque alternative Xosé Tarrío González et le transfert du compagnon Gerardo Ramírez Valenzuela au dortoir de punition numéro 1 sous des prétextes absurdes.

Il faut rappeler que ce harcèlement dure depuis des mois. En effet, les autorités voient cette bibliothèque comme un danger pour leurs intérêts économiques.

Nous dénonçons l’attaque d’un espace culturel où les prisonniers peuvent s’exprimer librement. Nous mettons en question la duplicité morale et l’hypocrisie de l’administration pénitentiaire.

En effet, d’un côté, elle attaque des espaces culturels et artistiques, criminalise ceux qui refusent de se soumettre docilement à sa politique d’extermination et de mort, tout en autorisant et protégeant des entreprises criminelles auxquelles ces hauts fonctionnaires appartiennent.

Suite à ces faits, nous rendons responsables le directeur de la prison Enrique Serrano Flores, ainsi que Mónica Mandujano Rosillo la responsable de l’auditorium (où se trouve la bibliothèque) et les commandants Hormigo et Campos, des dégâts causés à la bibliothèque et à l’intégrité physique des compagnons du collectif Cimarron: Luis Lázaro Urgell, Alejandro N, Gerardo Ramírez Valenzuela. Nous exigeons que soit levée la punition de Gerardo et qu’il soit ramené à son dortoir.

Proyecto ambulante, Cruz Negra Anarquista Mexico

Notes :

*Le collectif CIMARRON est formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico dont : Fernando Barcenas Castillo [qui est sorti de prison le 11 juin 2018], Gerardo Ramirez Valenzuela, Luis Lazaro Urgell et Alejandro N. Il s’agit d’un petit groupe de personnes qui ont décidé eux-mêmes d’appeler « cimarrón » «  cimarrón pouvant être tout animal domestiqué qui échappe à ses maîtres et redevient sauvage. Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative, pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison. En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale… Nombreux sont les « criminels » qui ne sont pas conscients de cela, mais d’autres comme nous l’ont perçu et sont prêts à livrer bataille contre le monstre carcéral et contre tout forme de domination… »

**Xosé Tarrío González est né en 1968 à la Coruña. A onze ans il est enfermé dans un internat, puis en maison de redressement pour se retrouver à 17 ans en prison où il contracte le SIDA. En prison, il met en œuvre l’anarchisme et la rébellion, menant de nombreuses tentatives d’évasions, pratiquant la solidarité réelle entre les prisonniers, luttant résolument contre la prison et les gardiens de prisons ; toutes ces attitudes entraînent humiliations, mises à l’isolement et il est de nombreuses fois torturé. En 2004, son état de santé se dégrade une nouvelle fois à cause de la maladie et finalement, le 2 janvier 2005 il meurt victime de l’institution carcérale et de la société qui la soutient. Xosé était un prisonnier du régime spécial FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) et auteur du livre « Huye, hombre, huye ».

Traduit par nos soins / correction Louise

[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero, numéro 5

[Oaxaca] Miguel Peralta : Déclaration solidaire avec les prisonnie·eres anarchistes de longue peine.

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s en lutte on 2 juillet 2018 by liberonsles

11 juin 2018 : Journée internationale de solidarité avec tout·es les prisonnie·eres anarchistes de longue peine.

Déclaration solidaire de Miguel Peralta Betanzos (Prisonnier de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, Mexique)

Traduction de l’Audio de Miguel en espagnol

Salutations à tous les compas qui permettent de transmettre ces paroles sincères.

Il n’est en rien facile de faire mention de ces deux grands mots, LONGUE PEINE, quand d’avance nous savons que leurs systèmes de justice et pénitentiaire ne servent à rien ; le système judiciaire et les personnes néfastes qui dissimulent leur visage derrière la balance, avides de chair à enfermer, tergiversent et fabriquent des expédients poussiéreux pour la justice en se basant à chaque fois sur des critères personnels, moraux et sur commande, pour condamner les compas qui sont en lutte contre l’ordre établi.

De la même manière, il est très compliqué d’assimiler le temps quand on se trouve à l’isolement, et nous ne pouvons pas seulement nous arrêter de vivre en regardant comment passent les jours, les mois, les années du calendrier, et supporter l’humiliation, combattre les peurs générées par la prison, les maladies que nous contractons au fil des jours, et rechercher des alternatives, improviser la résistance pour ne pas se retrouver « la botte sur le cou » tous les jours, tout ceci est, pareillement, une tâche difficile.

La réponse à ce qui nous est imposé pourrait être une résistance accrue, une longue lutte, bien que parfois nous n’ayons plus de forces. Je crois que notre esprit résistera et se maintiendra battant, comme battent nos cœurs enragés, désireux de marcher, libres ! Un jour nous réussirons à leur arracher les nuits et les jours qu’ils nous ont  volés, compañer@s.

Les prisonniers dans la rue !
À bas les murs de toutes les prisons !

San Juan Bautista Cuicatlan, Oaxaca

 

Traduit par Ju

Miguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Plus d’infos

 

Dernière lettre (texte)

[Oaxaca] Miguel Betanzos : Quelques reflexions sur les changements physiques et émotionnels en prison

 

 

[Mexique] Fernando Barcenas sort de prison !

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 12 juin 2018 by liberonsles

Fernando est sorti de prison, le 11 juin 2018 vers 21 heures, une fois dehors, il a brûlé son uniforme couleur beige qu’il a dû porter pendant quatre ans et demi.

Aviso CNA Mx (Cruz Negra Anarquista de Mexico)
Proyecto Ambulante (photos)

Aujourd’hui, 11 juin 2018, le compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo est sorti de prison.

Arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro, Fer avait été accusé d’avoir mis le feu à l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouvait dans la prison Nord dite le ReNo, dans la ville de Mexico.

En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse.  Peu après sa detention Fernando n’a cessé d’élaborer de multiples projets : des ateliers de musique  d’écriture, de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral  indépendant de combat : « El Canero », qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’un média libre produit par des prisonniers et prisonnières, derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale mexicaine et d’ailleurs.

Pour Fernando « Le Canero est un projet qui veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dont nous sommes tous prisonniers à différents niveaux. Ce journal contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication entre prisonniers et avec l’extérieur ». Il s’agit pour lui  « De démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies ».

Ainsi, le premier Canero est sorti en juin 2014, à ce jour, cinq numéros ont été écrits : au fil du temps, le contenu évolue. Ce journal est le produit des nombreuses réunions de prisonnier.e.s, des échanges et des réflexions, des actions conjointes, des grèves de la faim…Dans son cheminement, le Canero voit naître des organisations informelles de prisonnier.e.s en résistance, des actions coordonnées, des communiqués dénonçant la bête pénitentiaire, l’autorité et l’enfermement dans et hors les murs.

Depuis le mois de novembre 2017, Fernando lance une nouvelle idée, mettre en place une bibliothèque autonome gérée par les propres prisonniers et après plusieurs mois de travail et de construction, la bibliothèque est inaugurée le 28 avril 2018 avec le nom de Xosé Tarrío González *, la bibliothèque continue de grandir et à ce jour elle compte avec de nombreux documents, entre livres, revues et brochures… la bibliothèque continue sa route.

Pendant toutes ces années Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite, Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimé.e.s et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, qui fait référence au sens « s’échapper, fuir » s’évader de la propriété d’un maître.

Va une forte accolade Fer, un abrazo compañero! Enfin dans la rue.

Jusqu’à la liberté totale!

 

Les trois passants

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*NOTE : Xosé Tarrío González est né en 1968 à la Coruña. A onze ans il est enfermé dans un internat, puis en maison de redressement pour se retrouver à 17 ans en prison où il contracte le SIDA. En prison, il met en oeuvre l’anarchisme et la rébellion, menant de nombreuses tentatives d‘évasions, pratiquant la solidarité réelle entre les prisonniers, luttant résolument contre la prison et les gardiens de prisons ; toutes ces attitudes entraînent humiliations, mises à l’isolement et il est de nombreuses fois torturé. En 2004, son état de santé se dégrade une nouvelle fois dû à sa maladie et finalement, le 2 janvier 2005 il meurt victime de l’institution carcérale et de la société qui la soutient. Xosé était un prisonnier du régime spécial FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) et auteur du livre « Huye, hombre, huye »

La lutte des prisonniers en Espagne et contre les FIES

[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero, numéro 5

[Cliquez sur l’image pour télécharger les fanzines]

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