Archive for the Des femmes face à la prison Category

[Santander] Jornadas anticarcelarias de junio / Homenaje a Pastora (último evento 2019)

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, prisonnier-e-s en lutte on 14 juin 2019 by liberonsles

SÁBADO 8 JUNIO

En el centro social okupado la lechuza
c/barrio la torre nº43 Monte.
Santander

12:00 h Presentación documental “Nos robaron las noches” con lxs compañerxs de Touluse «Les Trois passants», realizadores del docu y posterior debate.

Documental colectivo, que se realizó en octubre del 2016 y se terminó en abril del 2017, se trata de una herramienta de lucha anti-carcelaria. Es un documental realizado con medios propios, por personas solidarias y no especialistas. « En este documental, realizado en México, 11 mujeres dan testimonio de la forma en que la cárcel se apodera de sus vidas : discriminaciones sistemáticas, roles asignados, apropiación del cuerpo… Ellas nos expresan sus vivencias, sus luchas y cómo con el paso del tiempo, llegan a una postura anti-carcelaria. »

La realización del documental fue posible gracias a la complicidad de 11 mujeres : expresas, madres, compañeras e hijas de presos, así que a la participación de La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión de Oaxaca; del Grupo de Trabajo no Estamos todxs de Chiapas, de la Cruz Negra Anarquista de México y del grupo de Les trois passants (Los tres caminantes) de Toulouse.

14:30 h Comedor vegano

16:00 h Mesa redonda; con Les Trois passants, Familias frente a la crueldad carcelaria, Tokata, Henas y otras personas cercanas a la realidad carcelaria

Homenaje a Pastora y actividades diversas

En el centro social okupado la lechuza
c/barrio la torre nº43 Monte.
Santander

https://henas.noblogs.org/

http://tokata.info/

La Corogne / Toulouse/ Mexique : Pastora vit dans nos cœurs

Notre chère compagnonne « Pastora » Dominga González Vieites, mère de l’ex-prisonnier anarchiste Xosé Tarrío González , est décédée d’un infarctus le 25 avril 2019. Pastora a porté de nombreux projets et en avait encore bien d’autres en tête. Elle a participé activement à l’Athénée Libertaire Xosé Tarrío, à La Corogne, où elle a toujours réussi à organiser des cantines de soutien à la lutte anticarcérale; elle avait aussi le projet de créer des cantines sociales : « Pour que personne ne manque d’un repas », disait-elle à ses camarades de l’Athénée. Pastora participait aussi au projet d’association de proches de prisonnierEs et victimes de répression au niveau national, intitulé « Familles face à la cruauté carcérale ».

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[Köln-Deutschland] « Nos robaron las noches » – « Sie haben uns die Nächte gestohlen »

Posted in anti-carcéral, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, prisonnier-e-s en lutte on 27 mai 2019 by liberonsles

« Nos robaron las noches » – « Sie haben uns die Nächte gestohlen » (70 Minuten) – Film & Infoveranstaltung zur Lage anarchistischer Gefangener in Mexiko.

In diesem kollektiven Dokumentarfilm, gedreht in Mexiko in den Jahren 2016 und 2017, berichten 11 Frauen darüber, wie das Gefängnis sich ihrer Leben bemächtigt : systematische Diskriminierung, Rollenzuschreibungen, die Aneignung ihrer Körper… Sie erzählen uns von ihren Erfahrungen, von ihren Kämpfen und davon, wie sie mit dem Laufe der Zeit eine Anti-Knast-Haltung einnehmen.

Im Anschluss an den Film wollen wir kurz über die Situation zweier anarchistischer Gefangener berichten, die derzeit in Mexiko im Knast sitzen und zu langen Haftstrafen verurteilt wurden. Miguel Peralta und Luis Fernando Sotelo. Vor allem sollen aber die Frauen im Film zu Wort kommen.

Autonomes Zentrum Köln

La Corogne / Toulouse/ Mexique : Pastora vit dans nos cœurs

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 14 mai 2019 by liberonsles

Pastora vit dans nos cœurs
Avril 2019 – Plage do Riás, Corogne.

no olvidamos

Notre chère compagnonne « Pastora » Dominga González Vieites, mère de l’ex-prisonnier anarchiste Xosé Tarrío González , est décédée d’un infarctus le 25 avril 2019. Nous étions un peu plus d’une centaine hier, samedi, à nous retrouver sur la Plage do Riás, à La Corogne, pour dire adieu à Pastora, mère de Xosé Tarrío, l’auteur du livre « Fuis, homme, fuis : journal d’un prisonnier FIES » (Huye, hombre, huye : diario de un preso FIES), qui avait succombé à une paralysie cérébrale en janvier 2005 après une longue agonie, conséquence de son état de santé délabré suite à son passage par la plupart des prisons de l’État espagnol.

Malgré le ciel menaçant toute la matinée, peu à peu, des ami·e·s, des proches, des compagnon-ne-s venu-e-s des quatre coins du pays et d’ailleurs arrivaient sur la plage, jusqu’à ce que l’on se retrouve à plus de cent personnes. La cérémonie des adieux a eu lieu en début d’après-midi, dans un bois près de la plage, où l’on a rendu hommage à Pastora avec de la musique et de la poésie, et appelé à ce que sa lutte ne meure pas. Pour terminer, les proches ont dispersé ses cendres et planté un arbre à cet endroit. Les cendres de Pastora reposent maintenant avec celles de son fils Xosé.

Xosé Tarrío nous a fait entrer dans la dure réalité du régime FIES (Fichiers d’Internes en Sûreté Spéciale)* grâce à son livre Fuis, homme, fuis. Journal d’un prisonnier FIES. Ce livre qui décrit précisément les vexations, tortures, mauvais traitements et dures conditions de vie des prisonniers FIES, ainsi que les fugues et les mutineries auxquelles a participé Xosé, a marqué toute une génération. Tarrío a été incarcéré pour des délits de droit commun, mais c’est en prison qu’il a peu à peu acquis une conscience politique anarchiste. Ex-héroïnomane et atteint du SIDA, il a passé dix-sept ans en prison au cours desquels il a connu la plupart des prisons de l’État espagnol. Mis en liberté en 2004 vu son état de santé critique, il a passé les derniers mois de sa vie à l’hôpital ; il est tombé dans le coma en octobre de la même année et a succombé à une paralysie cérébrale en janvier 2005. À sa mort, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans toute l’Espagne et par-delà ses frontières.

Sa mère, Pastora, prenant conscience à la lecture du livre « Fuis, homme, fuis » de la situation dans laquelle vivait son fils, quitta la Suisse où elle avait émigré et revint en Galice pour le soutenir et s’engager dans la lutte contre les prisons. Elle est devenue une figure du combat contre les tortures, les mauvais traitements et l’existence même des prisons. Fondatrice de l’Association Nais contra a impunidade (Mères contre l’impunité), elle a poursuivi la lutte après la mort de son fils en continuant à dénoncer le système carcéral, l’impunité des matons et des forces de sécurité. Avec ses compagnonnes de Nais contra a impunidade, elle a fait l’objet de poursuites judiciaires pour avoir dénoncé la mort d’un jeune homme dans la caserne de la Guardia Civil d’Arteixo. Les Nais ont finalement été acquittées.

Pastora a porté de nombreux projets et en avait encore bien d’autres en tête. Elle a participé activement à l’Athénée Libertaire Xosé Tarrío, à La Corogne, où elle a toujours réussi à organiser des cantines de soutien à la lutte anticarcérale; elle avait aussi le projet de créer des cantines sociales : « Pour que personne ne manque d’un repas », disait-elle à ses camarades de l’Athénée. Pastora participait aussi au projet d’association de proches de prisonnierEs et victimes de répression au niveau national, intitulé « Familles face à la cruauté carcérale ».

Pastora avait aussi un autre projet qu’elle n’a pu mener à bien : il s’agissait d’acheter un terrain et une maison pour accueillir les ex-prisonnierEs sans famille, de façon à leur donner un foyer et leur faire travailler la terre, dans l’idée de leur permettre de gagner en puissance et, à terme, d’être capables d’accueillir les nouveaux ex-prisonniers et ex-prisonnières arrivant.

Tu nous laisses tant de choses…

Pastora, chérie, papillon, sœur, compagnonne, amie… Tu représentes tant pour nous toutes et tous, tu nous as tant laissé que nous n’avons pas de mots pour l’exprimer, nous n’avons pas les mots qu’il faut pour dire combien nous t’aimons. Nous te portons, dans notre cœur et sur le chemin, nous ne te disons pas adieu mais nous continuons à t’accueillir avec une immense tendresse, tu nous manques infiniment, tu nous fais tant défaut. Reçois maintenant dans nos bras une étreinte pleine de montagnes, de rivières, de fleuves, d’oiseaux, de mers et de fleurs de toutes les couleurs comme tu les aimes. Merci pour tout, pour chaque mot, pour chaque conseil, chaque éclat de rire, chaque cri de rage contre la douleur qu’ils nous imposent, pour chaque pas parcouru côte à côte avec nous, et avec ces milliers de personnes qui aujourd’hui, ressentent le grand manque que tu laisses. Nous nous souvenons de cette merveilleuse chaleur que tu dégageais pour nous parler, chanter, nous embrasser fort et sincèrement. Tu es là, tu seras toujours là, tu nous laisses rempli·e·s de bien des choses, de beaucoup de rage et d’amour pour continuer… et bien sûr que la lutte ne meurt pas.

C’est dur de ne pas pouvoir t’embrasser aujourd’hui, mais on pense à toi et on sait qu’il reste beaucoup à faire et à parcourir. Nous le ferons en t’ayant toujours à l’esprit, chère papillon aux couleurs chatoyantes.

À bientôt sur la Plage des Rias.

Les trois passants

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Pastora vit dans nos cœurs
« Que la lucha no Muera »

Depuis avril 2017, grâce à un documentaire anti-carcéral réalisé au Mexique comme point de départ intitulé « Ils nous ont volé nos nuits », un échange s’est construit entre Pastora et plusieurs mères, ex-prisonnières et compagnonnes qui vivent l’enfermement de leurs fils, leurs pères, leurs compagnons et depuis, nombreuses ont été les choses qui se sont tissées.

Apprenant la disparition le 25 avril de notre très chère compagnonne Pastora, nous voulons partager avec vous un enregistrement, traduit simultanément, réalisé le 9 avril 2017 à Toulouse, lors de sa participation à une rencontre qui avait eu lieu autour de la présentation du documentaire : « Ils nous ont volé nos nuits, femmes face à la prison, regards croisés, vécus et luttes ». Nous rassemblons également ici plusieurs lettres écrites par les compagnonnes et protagonistes de ce documentaire.

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Ce matin, en me réveillant, la première nouvelle qui m’est arrivée est celle de ton départ. Je n’ai pu éviter l’incrédulité, ni que mes yeux se remplissent de larmes. J’ai tout de suite pensé à la vidéo que tu nous avais envoyée, tes paroles, ta lutte, toi. Des larmes, je suis passée à un sentiment de rage, en me souvenant tout ce que t’avait fait vivre ta lutte pour la liberté de Tarrio, Cheché, ton fils chéri, pour d’autres compas, pour la liberté elle-même. Compañera Pastora, tu es et resteras une femme qui, bien que nous n’ayons pas eu l’occasion de nous rencontrer personnellement, nous avons partagé un petit morceau de nous-mêmes, je te sens si proche et aujourd’hui ton départ me fait mal. Je te remercie pour ta force, ton esprit indomptable qui maintenant vole et s’infiltre dans nos cœurs. Je me souviens combien j’ai eu du mal à lire tes écrits, tant est grande l’impuissance générée par la farce carcérale « parce qu’elle te détruit et t’arrache toute envie de vivre » comme tu le disais si justement. Les larmes se mettent de nouveau à rouler et mon cœur se serre, je pense à toi et la seule chose que je peux te dire c’est que la lutte ne mourra pas, que ta lutte a laissé des graines que nous continuerons d’arroser face à l’adversité. Compañera nous sommes près de toi, nous te regrettons.

À tous tes proches, à tous ceux et celles qui t’ont accompagnée dans ce long chemin, je les embrasse, j’espère qu’ils réussiront rapidement à retrouver le courage et la façon de continuer. Une étreinte forte, chaleureuse et solidaire, nous pensons à vous et nous vous accompagnons depuis ces terres.

Ville de Mexico, 25 avril 2019
Mariana González
(compagne de Miguel Betanzos compagnon anarchiste condamné a 50 ans de prison).

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Compas, je vous exprime mes plus sincères condoléances à l’occasion du décès de Pastora, lutteuse infatigable contre les prisons, mère courage, femme solidaire, beau caractère et grand cœur, la mort de cette grande femme laisse un vide énorme dans la lutte anti-carcérale et dans le mouvement anarchiste. Moi Celia, mère d’un prisonnier (Luis Fernando Sotelo), je regrette cette perte et je vous envoie mes plus sincères condoléances. Je vous envoie un fraternel abrazo [une forte accolade] et mes salutations.

Ville de Mexico, 25 avril 2019
Celia Zambrano
(mère du prisonnier Luis Fernando Sotelo Zambrano)

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Pastora,

Femme, mère, guerrière infatigable, tu ne mourras jamais parce que tu seras toujours présente comme un exemple de force pour toutes les femmes que nous sommes et qui vivons d’une façon ou d’une autre la maudite répression, l’enfermement de nos enfants, le chemin de la lutte jour après jour sans jamais faiblir et bien que nous ne nous soyons pas rencontrées physiquement, nous avons parcouru le même chemin dans ces maudites prisons ; tes paroles qui un jour m’ont remise debout alors que je me sentais si seule et que je n’en pouvais plus. Compañera, cela restera gravé à jamais dans mon cœur.

Compañera Pastora toujours vivante dans nos cœurs !
Avec tout mon amour un fort abrazo

Ville de Mexico, 25 avril 2019
Ana Maria Castillo
(mère du compagnon ex-prisonnier anarchiste Fernando Barcenas Castillo)

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Nous avons reçu la mauvaise nouvelle du départ de la Compañera Pastora et c’est avec une profonde douleur que nous vous envoyons nos condoléances pour cette perte, elle nous laisse sa force pour suivre son exemple de lutte comme femme et comme mère, car elle n’a jamais cessé de nommer et rendre présent Xosé Tarrío. Nous ne l’avons pas connue personnellement, cela n’a pas été nécessaire, mais elle nous manque, car le fait d’avoir partagé l’expérience de vivre la prison avec un proche a été suffisante pour comprendre et sentir que la même douleur nous unissait. Recevez un énorme abrazo et gardons le poing levé.

Ville d’Oaxaca, 25 avril 2019
Erika Sebastian
(fille d’un prisonnier de longue peine)

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Depuis ce petit bout du monde, depuis cette modeste tranchée d’où nous luttons, nous nous souvenons de notre chère et bien-aimée sœur Pastora. La force de son amour sans faille qui a accompagné d’abord son fils Xosé et par la suite tous les prisonniers et toutes les prisonnières du monde, nous a montré un chemin empli de dignité avec l’impérieuse nécessité de ne pas oublier l’aberration sociale et humaine que suppose le système carcéral.

Dans un agir collectif avec des paroles et des actions simples et claires, elle a soutenu les luttes contre le système FIES et mis en évidence l’atrocité du contrôle et de la surveillance permanentes.

Il nous reste la lumière de sa lutte exemplaire et de ses pas infatigables, notre amour pour la liberté s’est renforcé en connaissant son action solidaire et nous continuerons cette lutte qui est celle de tous et toutes.

L’être humain est né pour être libre !
À bas les murs de toutes les prisons

Ville de Mexico, 25 avril 2019.
Compañeras ex- prisonnières de la Campagne contre la répression politique et la torture sexuelle.

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AUDIO – Enregistrement de Pastora, traduit en simultané, réalisé le 9 avril 2017 à Toulouse, lors de sa participation à une rencontre qui avait eu lieu autour de la présentation du documentaire : « Ils nous ont volé nos nuits, femmes face à la prison, regards croisés, vécus et luttes »

Pour écouter l’audio cliquez ici.

 

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*NOTE : Xosé Tarrío González est né en 1968 à la Coruña. A onze ans il est enfermé dans un internat, puis en maison de redressement pour se retrouver à 17 ans en prison où il contracte le SIDA. En prison, il met en oeuvre l’anarchisme et la rébellion, menant de nombreuses tentatives d‘évasions, pratiquant la solidarité réelle entre les prisonniers, luttant résolument contre la prison et les gardiens de prisons ; toutes ces attitudes entraînent humiliations, mises à l’isolement et il est de nombreuses fois torturé. En 2004, son état de santé se dégrade une nouvelle fois dû à sa maladie et finalement, le 2 janvier 2005 il meurt victime de l’institution carcérale et de la société qui la soutient. Xosé était un prisonnier du régime spécial FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) et auteur du livre « Huye, hombre, huye »

La lutte des prisonniers en Espagne et contre les FIES

Voir [D.F, Mexico] Lettres de Fernando Bárcenas Castillo : A propos de la bibliothèque Xosé Tarrio González , à l’intérieur de la prison Nord

« Que la lucha no Muera » Pastora vive !

[Bruxelles] « Des femmes face à la prison » – projection et repas de solidarité

Posted in anti-carcéral, Archives, compas anarquistas, Des femmes face à la prison on 1 avril 2019 by liberonsles

Jeudi 4 avril 2019 – 18h – cinéma Nova 3
rue Arenberg 1000 Bruxelles

Ce jeudi 4 avril à 18h aura lieu au cinéma Nova la projection d’un film qui aborde la question de l’enfermement et plus spécifiquement comment celui-ci s’attaque différemment aux femmes. Le tout sera suivi d’un repas en soutien à la Lime (caisse de solidarité bruxelloise)*

« ILS NOUS ONT VOLE NOS NUITS – des femmes face à la prison »

Dans ce documentaire, tourné au Mexique, 11 femmes témoignent de la manière dont la prison s’empare de leurs vies : discriminations systématiques, rôles assignés, appropriation du corps… Elles expriment leurs vécus, leurs luttes et comment elles en sont arrivées à une position anti-carcérale.

+ 2 courts-métrages réalisés pendant les luttes contre les prisons et les centre fermés en Belgique

Ces projections prennent place dans le cadre des deux semaines de solidarité avec les anarchistes poursuivis par l’Etat belge et sera suivi d’un repas en soutien à la Lime (caisse de solidarité bruxelloise)*

Jeudi 4 avril – 18h – cinéma Nova 3, rue Arenberg 1000 Bruxelles

*Pour plus d’infos sur la lime et sur le procès à venir : La Lime

 

[Nantes] Projection anticarcérale, 12 avril 2019

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 27 mars 2019 by liberonsles

Vendredi 12 avril à 20h à B17.

En attendant de brûler toutes les prisons, projection du film

« Ils nous ont volé nos nuits – Femmes face à la prison »

Au 17 rue Paul Bellamy à Nantes, au fond d’une cour, au dessus du garage « l’atelier ».

Tourné au Mexique en octobre 2016, ce documentaire est un outil de lutte anti-carcérale et contre l’oubli.

Ex-prisonnières, compagnes solidaires, mères de famille ou camarades y racontent la manière dont la taule s’empare de leurs vies. Elles y parlent de la détention, des violences sexuelles, du sexisme à l’intérieur et hors des murs, de la stigmatisation en tant que proches de personnes incarcérées, mais aussi de leurs manières de s’organiser et de tisser des réseaux de solidarité.

 

 

[Oaxaca] Lettre sur la situation que nous vivons mon compagnon Miguel Peralta et moi-même.

Posted in anti-carcéral, événements, Communiqués, compas anarquistas, Des femmes face à la prison on 15 février 2019 by liberonsles

Lettre de Mariana envoyée pour la projection-discussion sur les luttes contre la taule, le samedi 2 Février 2019 à Lyon.

Un salut très chaleureux à toutes celles et à tous ceux qui partagent avec nous ce documentaire que nous avons réussi à réaliser avec l’amour, le soutien et beaucoup de travail solidaire de compas de ces latitudes. Un abrazo à tous ces compas qui résistent en prison et qui aujourd’hui rompent ces barreaux pour partager leurs expériences lors de ces rencontres. Merci pour la force que vous nous donnez.

Je m’appelle Mariana et même si nous ne nous connaissons pas personnellement, une partie de moi-même est déjà parvenue jusque dans vos terres grâce à ce documentaire. À travers ces quelques lignes je veux essayer de partager un peu avec vous la situation que nous vivons mon compagnon Miguel Peralta et moi-même, résultat de quatre années de prison et de procès judiciaires qui nous ont arraché notre liberté. Je pense que le documentaire est un matériel important qui permet d’ouvrir des espaces pour présenter les cas de compagnons qui sont encore en prison, mais également pour mettre en lumière comment cette prison nous submerge et est vécue par des gens comme nous, placé.e.s dans cette situation d’enfermement pour des raisons diverses.

Cela nous permet de rendre visibles les conséquences du système pénitentiaire au Mexique, qui est certainement très semblable partout ailleurs, mais également notre situation spécifique en tant que femmes, que ce soit en tant que mère, détenue/ex-prisonnière, compagne ou fille de prisonnier. J’aimerais donc vous parler d’abord du cas de Miguel, puis un peu plus de l’expérience que j’ai vécue dans cet accompagnement en tant que partenaire.

Il est l’un des sept prisonniers Mazatecas de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón (1), une municipalité située dans la Sierra Mazateca de Oaxaca. Il est accusé, avec 35 autres membres de l’Assemblée, d’homicide aggravé et de tentative d’homicide sur la base d’une accusation fabriquée de toutes pièces, qui s’appuie sur sept témoignages contradictoires et peu crédibles. Le contexte dans lequel ils ont été accusés est le résultat d’un conflit sociopolitique que la communauté d’Eloxochitlán connaît depuis huit ans, pour avoir défendu ses formes d’organisation interne et d’élection des représentants, or un groupe de caciques a tenté d’imposer le système des partis politiques et a pillé nos ressources naturelles. L’Assemblée communautaire s’y est opposée et, de ce fait, le harcèlement, la répression, les déplacements forcés, la confiscation, la violence et la fabrication de crimes contre les personnes qui composent l’assemblée ont augmenté ces dernières années.

Cela a été constant jusqu’au 14 décembre 2014, date à laquelle l’Assemblée Communautaire, en collaboration avec le conseil municipal, a tenté d’organiser une assemblée pour élire un représentant traditionnel de la communauté, qui a été attaqué par le groupe de caciques faisant usage d’armes à feu et blessant 8 personnes, alors que le Conseil municipal arrêtait l’un des agresseurs, Manuel Zepeda Lagunas, fils de Manuel Zepeda Cortés, (l’un des principaux répresseurs). Celui-ci a été remis vivant aux autorités afin de poursuivre l’enquête correspondante. Quelques heures plus tard, ceux qui ont remis Manuel Zepeda Lagunas, y compris la police municipale et le président municipal (autorités élues par l’Assemblée), ont été arrêtés et transférés dans une prison à Oaxaca sans en connaître la raison. À partir de ce moment, des mandats d’arrêt, des déplacements forcés et des violences accrues contre les membres de la communauté ont commencé, accusés de la mort de Manuel Zepeda Lagunas (une mort encore incertaine, puisqu’il a été remis vivant aux autorités de l’état).

Il y a eu jusqu’à 14 détenus, mais il y en reste aujourd’hui 7, les autres ayant réussi à obtenir leur acquittement par différents moyens légaux lorsqu’il a été démontré que l’accusation était fausse et qu’il n’y avait aucune preuve pour les garder en prison. Au contraire, c’est une consigne politique de la part de la famille du cacique qui non seulement a du pouvoir au niveau local, mais qui est parvenu à faire élire la fille de Manuel Zepeda, Elisa Zepeda, la députée locale de MORENA (2), alors qu’elle est l’une des principales responsables de l’accusation portée contre les membres de cette Assemblée.

Miguel a été arrêté le 30 avril 2015 dans le District Fédéral et emmené dans une prison à Oaxaca, où il a été officiellement détenu et un mois plus tard, a été transféré dans un pénitencier qui se trouve à trois heures de sa ville. Il est enfermé pour purger 3 ans et 10 mois dans la prison de Cuicatlán et depuis son arrestation, nous avons dû passer par un processus juridique très compliqué, avec de nombreux obstacles, des audiences annulées parce que les témoins présumés ne se présentaient pas, le refus du tribunal de prendre en compte un certain nombre de documents pourtant conformes… Comme souvent dans ce type de cas, ce sont de nombreuses irrégularités et complications qui en réalité servent seulement à allonger les délais et jouer avec le délai légal pour repousser le procès. Jusqu’à ce que finalement, le 26 octobre 2018, après que Miguel eut entamé une grève de la faim de huit jours, le juge Juan León Montiel, en charge du procès, le condamne à 50 ans de prison et à 152 mille pesos mexicains de réparation (3). Face à cette sentence, sentence aux ordres, car il n’y a aucun élément pour qu’il soit considéré comme responsable des crimes qui lui sont imputés, le groupe d’avocats qui s’occupe de son cas, Los Otros Abogadoz, a fait appel de cette sentence, qui devra être examinée par la Cour supérieure de l’État de Oaxaca. Cet appel est l’action juridique que nous menons actuellement et nous avons également lancé un appel à la solidarité pour continuer à exiger la liberté de Miguel, nous vous invitons donc à lire la déclaration et à vous joindre à cet appel…

Je m’en tiendrai là concernant les motifs pour lesquels Miguel est détenu et je vais maintenant essayer de parler de l’expérience et de ce que l’accompagnement et la prison elle-même ont signifié pour moi. Pour reprendre le titre du documentaire Nos Robaron las Noches (Ils nous ont volé nos nuits), non seulement comme une métaphore, mais comme une petite partie de notre vie qui nous a été arrachée et qui nous a laissé un vide très profond dans notre être et notre faire, parce que ce trou, ce morceau de jour/de nuit, nous le portons en nous constamment, à tout moment, à chaque instant de notre vie quotidienne. Mais ce fossé présente de nombreuses nuances, qui dépendent de comment nous nous y confrontons, de la manière dont nous le comblons et surtout de la manière dont nous y faisons face.

Parce que nous ne sommes pas seulement confrontées aux implications du système carcéral (règles, horaires, humeurs, c’est-à-dire tout ce que les compagnonnes disent dans le documentaire) ; au système judiciaire (l’imposture des juges, du personnel des tribunaux, le retard dans les procès, les maux de ventre à cause de la rage qui nous submerge) ; mais aussi, et c’est ce qui a été pour moi beaucoup plus fort et douloureux, ce sont les critiques, accusations et questions que nous font les familles, les compas et les amis. Chaque jour, tout comme nos compagnons se battent à l’intérieur, nous, nous battons ici, débordant ces murs, nous nous battons aussi pour ne pas tomber, pour affronter nos propres amertumes et pour trouver des moyens d’avancer et de lutter malgré le fait que ton compagnon, ton partenaire, ne soit pas là, dans la rue, à côté de toi.

Il est très difficile d’affronter le fait que ton compagnon soit en prison, qu’il est déjà condamné à 50 ans, que la procédure judiciaire est très pernicieuse, qu’elle t’épuise, te confronte, te divise, parce que tu entres dans un espace-temps (celui dont parle Miguel dans ses écrits), qui est absorbant, qui te pompe et joue comme un yoyo avec les hauts et bas de tes émotions. Cette « Nuit volée » est une ABSENCE PRÉSENTE, c’est un trou profond, c’est une bataille constante qui, tout comme elle nous a été volée, chaque jour, sans cesse nous essayons de la retrouver.

Et dans ce cheminement pour récupérer ce qui nous a été arraché, je réaffirme dans des événements comme celui-ci, où vous partagez une partie de votre temps avec moi quand vous m’écoutez, dans des actions concrètes, vos encouragements, dans une étreinte réconfortante, que le SOUTIEN et la SOLIDARITÉ sont les clés pour résister et pouvoir affronter la prison, l’enfermement ; elles sont les clés qui vous tiennent en vie, déterminées, debout. Car si dans cette lutte les relations, les amitiés, les émotions sont fragmentées, d’autres relations aussi se tissent et se renforcent.

Voilà ce qu’est notre bataille quotidienne, essayer de renverser cette fragmentation, qui tente de nous briser, de nous contrôler, de nous paralyser, et parvenir à réinventer d’autres moyens qui nous permettent de nous lever et de continuer. Parce que oui,c’est un fait, le TEMPS-PRISON a des conséquences sur nous, sur notre santé physique et émotionnelle, dans notre relation avec notre compagnon, dans tous tes liens et dans ta propre intimité en tant que femme, mais aussi dans la solidarité et le soutien qui t’enveloppe, qui t’étreint et t’aide à affronter ces conséquences…

La détention, la prison, les murs, te font vivre une expérience très forte, rien d’agréable, qui te remplit de froideur, de colère, de beaucoup de rage, de tristesse, et qu’il en coûte énormément de l’affronter, car le temps passe et il y a toujours cette incertitude de ce qui va arriver ; mais il y a quelque chose de plus fort que cela, c’est l’espoir de leur arracher notre liberté et de récupérer ce qui nous a été volé, l’espoir que la prochaine fois que tu rentreras entre ces murs pour rendre visite à ton compagnon, ce sera la dernière, la dernière où tu mettras le pied dedans, parce que cette fois-ci, quand tu ressortiras, ton compagnon, Miguel, rentrera avec toi…

Salut et liberté !
À bas les murs de la prison !
Brûlons les murs de la prison !

Mariana
Trois mois après la sentence qui nous a été imposée.

[Oaxaca] Communiqué de femmes d’Eloxochitlán, pour la liberté de tous les comuneros prisonniers.

 

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(1) Eloxochitlán de Flores Magón est le berceau de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magón. C’est une commune d’environ cinq mille habitants qui se trouve dans la région appelée Cañada, dans l’État d’Oaxaca au Mexique. Comme les deux tiers des communes de l’État d’Oaxaca, elle est régie par le système des « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée est l’organe de prise de décisions s’opposant aux partis politiques. À la différence d’autres communes de l’État d’Oaxaca, à Eloxochitlán, les femmes participent aussi à la prise de décisions.

(2) Le Mouvement de Régénération Nationale (MORENA) est un parti politique mexicain de centre gauche, créé en 2011 à l’initiative d’Andrés Manuel López Obrador, le président du Mexique depuis le 1 er décembre 2018.

(3) L’équivalent de 7000 Euros environ

Traduction :  Amparo, Ju, les trois passants

Nos Robaron las Noches, Mujeres ante la carcel ( Projet )

 

[Lyon] Projection-discussion sur les luttes contre la taule le samedi 2 Février 2019

Posted in anti-carcéral, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 18 janvier 2019 by liberonsles

Samedi 2 Février, la Petite cuillère, l’émission contre toutes les prisons, vous invite à une projection puis une discussion autour du documentaire « Ils nous ont volé nos nuits » (Nos Robaron las Noches).

« Ils nous ont volé nos nuits » est un documentaire sur 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.ères, réalisé par le collectif Les trois passants (68 min).

La projection du film sera suivie d’une discussion avec des meufes concernées par la prison : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.ères. Et la soirée se terminera par un apéro, qui servira à financer les défraiements des invitées et la cantine des prisonnier.ère.s.

Nous organisons cette projection/débat pour permettre de visibiliser les luttes dans les taules : qui est touché par l’enfermement, comment cela agit sur les corps et les dynamiques collectives pour y réfléchir ensemble, publiquement, loin des micros FM pour nous donner la niaque de continuer l’émission et s’enrichir réciproquement.

A l’Atelier des Canulars

91 rue Montesquieu, Lyon 7

à partir de 15h30

« Ils ont volé nos nuits »: tourné au Mexique en octobre 2016, ce documentaire est un outil de lutte anti-carcérale et contre l’oubli. Ex-prisonnières, compagnes solidaires, mères de famille ou camarades y racontent la manière dont la taule s’empare de leurs vies. Elles y parlent de la détention, des violences sexuelles, du sexisme à l’intérieur et hors des murs, de la stigmatisation en tant que proches de personnes incarcérées, mais aussi de leurs manières de s’organiser et de tisser des réseaux de solidarité.

Et que fait l’émission anticarcérale La petite cuillère, produite dans les studios de Radio Canut 102.2 FM de Lyon ? Elle tente de créer de la solidarité avec les personnes incarcérées, de relayer les luttes à l’intérieur de la prison et à l’extérieur, de faire passer des messages des proches, de relayer la parole des prisonnier.ère.s, de contre-carrer les discours dominants qui diffusent principalement la parole des matons, à travers l’outil radiophonique. (plus d’infos sur : https://blogs.radiocanut.org/petitecuillere/)