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[Ville de Mexico] Lettre de Luis Fernando Sotelo, depuis la prison sud.

Posted in Communiqués, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale., sexta, Ville de Mexico on 17 juillet 2017 by liberonsles

Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 22 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après plus de deux ans de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné à 13 ans de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€).

Lettre de Luis Fernando Sotelo, depuis la prison sud – juin 2017.

 

Aux personnes conscientes, aux collectifs qui mettent toute leur force pour démonter la réalité mécanisée.

A tous ceux qui comprennent que la vie est la vie et que le capitalisme est la mort.

A ceux qui m’ont accompagné depuis le premier jour de ma détention.

Et à ceux qui ont embrassé, empoigné les diverses formes d’exprimer le NON ! A l’emprisonnement et à celui de la liberté :

salutations et abrazos à tous et à toutes.

Premièrement : Le lundi 3 juillet aura lieu un meeting à l’extérieur du Tribunal Deuxième chambre en Matière pénale, où se déroulera l’Appel de ma dernière sentence (décembre 2016 me condamnant à 13 ans et 15 jours) afin que pendant ces deux semaines convoquées, par leur présence, ceux qui se solidarisent et s’impliquent dans les procès du peuple organisé, puissent se manifester.

Pour ceux qui n’ont toujours pas décidé de participer à cette initiative je leur dis soyez attentifs malgré tout au résultat de ce procès et aux signes que la liberté envoie à l’ombre des Institutions, parce que les ombres remplissent la nuit et le jour est loin d’être d’un seul bloc, de même que la raison rutilante de l’État ne l’est pas davantage.

Malgré tout, je vous demande d’assister au meeting, qui est un outil pour faire pression dans la lutte contre les motifs pour lesquels on me punit, comme cela se fait depuis longtemps. Étant donné que le motif judiciaire n’est pas suffisant (celui qui m’a conduit en détention) pour être libre dehors de la prison ; parce que plus d’un juge, – dans mon cas comme dans d’autres – considère que la justice est une dame aux yeux bandés tenant dans la main gauche une épée et dans la droite un chien de garde, c’est ainsi qu’ils prétendent faire respecter leurs sentences. Et parce que même si la stabilité cohérente des lois de l’État dépend de ce que les acteurs judiciaires m’emprisonnent/m’absolvent; je sais aussi que la domination exercée par l’État ne garantit le bien-être de personne et n’a d’autre objectif que d’imposer son ordre par la force. C’est pourquoi j’en appelle à la solidarité pour mon cas, pour démentir l’impuissance antiétatique et anticapitaliste, car seule la force de ceux d’en bas peut me rendre libre.

Deuxièmement : quel que soit le résultat de mon appel, je vous demande de continuer à me soutenir aussi bien dans les sentiments que dans la pratique qui consiste à attaquer les différentes formes de domination.

Troisièmement : je veux partager avec vous ce que j’ai appris en tant que prisonnier, ce que m’a apporté cette expérience. J’ai appris que je suis libre pour m’assumer en tant qu’ennemi de la domination capitaliste.

– parce que je suis jeune

– parce que j’écoute de la musique et pas seulement de la musique commerciale

– parce que je ne vénère pas la richesse du riche

– parce que bien que n’étant pas zapatiste je suis adhérent à “Sexta” Sixième Déclaration de la forêt Lacandone

– parce que je n’accepte pas que l’État Mexicain criminalise en se servant de ma personne

– parce que je n’accepte pas ma punition sans auparavant me savoir en condition de guerre contre les entrepreneurs parasites de la Société Bourgeoise

– parce que je me suis retrouvé dans le surplus de ce modèle idéal et moderne de société de ces gouvernements officiels.

– parce que par mes paroles je cherche le respect des autres luttes anticapitalistes

– parce que sans être anarchiste je partage des idées avec l’anarchisme

– parce que marchant sur un chemin aussi étroit que celui du judiciaire, je ne me rends pas, je ne me vends pas, je ne lâche rien.

– parce qu’il est plus que possible et probable que je rêve à d’autres chemins pour la libération des peuples

– parce que je cherche à me faire entendre et à me rendre visible loin des moyens de communication vendus et de désinformation, chez lesquels je figure comme ennemi du bien commun

– parce que je crois chaque jour un peu moins que ma nature dépend de critères civilisés mais qu’elle dépend par contre beaucoup plus de mes envies profondes de créer, aussi bien que de mes envies de détruire ce qui nous est imposé

– parce que sans appartenir à aucun parti, je réfléchis à la politique utilitariste de ceux d’en haut de là où je vis

– parce que je préfère voir une tempête dans le ciel plutôt qu’une télé-novela à l’échelle nationale

– parce que je reconnais que la lutte n’existe pas seulement à l’extérieur de moi, mais que je peux aussi la nourrir de l’intérieur

Aujourd’hui je suis un ennemi des structures capitalistes. C’est pour cela que mes ennemis à travers la prison et leurs sentences démesurées tentent inutilement de faire en sorte que leurs ennemis potentiels de demain ne se rebellent pas. Après tout, la revanche contre la prison ne concerne pas que moi.

Mon plus sincère Amour et ma plus sincère Gratitude aux compagnons.

Luis Fernando Sotelo Zambrano
Juin 2017

 

Traduction Amparo, Les trois passants / correction Lucio

Plus d’infos + fanzine : écrits de prison.

Fanzine à télécharger, cliquez sur l’image.

[Ville de Mexico] Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Posted in anti-carcéral, Archives, Art et résistance, Fanzines, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 19 mars 2017 by liberonsles

Nous avons élargi notre solidarité et dernièrement nous sommes en relation avec des prisonnier-e-s dit-e-s de droit commun organisé-e-s dans la prison de Santa Martha Acatitla (Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla, Ville de Mexico) .

Nous vous présentons ici un fanzine intitulé « Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla. »

Natacha, Maye, Nancy font partie des 1500 femmes prisonnières qui vivent jour après jour dans la prison de femmes de la ville de Mexico. Avec d’autres prisonnières, elles ont participé par leurs écrits, poèmes et réflexions au fanzine collectif intitulé « LEELATU », qui rend compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de l’attente, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance, du fonctionnement de la hiérarchie carcérale et des classifications du travail en prison, entre autres thématiques liées à l’enfermement.

Nous avons traduit en français quelques réflexions, écrits et poèmes en essayant de faire voyager leur parole et de commencer ainsi à tisser un lien de solidarité avec elles.

Les dessins et les fresques recueillis dans ce fanzine ont également été élaborés par les prisonnières de Santa Martha Acatitla.

… « Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée »(…)« Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

fanzinezantamarwebCliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

[Mexico] Chroniques Carcérales des prisonniers du collectif Cimarron

Posted in anti-carcéral, Archives, Art et résistance, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 30 novembre 2016 by liberonsles

 cuervos

Depuis la prison Nord de la Ville de Mexico [ReNo]
Extrait du livret [ fanzine ] Anthologie des chroniques carcérales, Mexico 2016.

Le collectif CIMARRON est formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico :

Fernando Barcenas Castillo
Gerardo Ramirez Valenzuela
Luis Lazaro Urgell
Sinue Rafful
Hans Razo Alvarez
Compa Gato Punk
Compa Josh

Les textes de cette anthologie sont le produit de plusieurs séances informelles qui se sont tenues à l’intérieur de la prison Nord, durant lesquelles nous avons partagé des éléments d’écriture de ces chroniques. A chaque étape du processus de sélection, révision, édition et impression plusieurs mains anonymes sont intervenues et sont devenues les complices de cet effort.

Il n’y a pas d’ordre précis ou de thématique particulière des textes, d’ailleurs la plupart n’ont pas de titre; la seule chose que nous avons indiqué est la date où ils ont été écrits et l’auteur. Ce ne sont que de simples paroles/sensations directes des auteurs qui leur permettent de voler libres, et tentent d’échapper aux murs derrière lesquels ont entend les maintenir captifs.

En espérant que cette publication permette qu’il en soit ainsi, même pour un instant.

Quelques solidaires

Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine en français

fanzincimarronPlus d’infos du collectif CIMARRON

cimarron« Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison… En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale… »

[Ville de Mexico] Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Posted in anti-carcéral, Archives, Art et résistance, Fanzines, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 21 novembre 2016 by liberonsles

santamartha

Novembre 2016

Derrière les barreaux, la visite

par les trois passants

Le trajet vers la prison de Santa Martha Acatitla (Centro Femenil de Readaptación Social) peut être très long. Quand on vient du sud de la ville de Mexico en matinée, le trajet peut durer plus d’une heure et demie, parfois deux heures. Le trajet est long comme l’attente. ATTENDRE, toujours attendre – tant à l’intérieur qu’à l’extérieur – l’arrivée, la queue, le contrôle, la douane*, les commentaires mal placés et sexistes, la fouille, l’extorsion, l’humeur de la matonne, la tronche du gardien, la visite, la rencontre, l’autorisation du passage de despensa (shampooing, aliments, papier toilette, serviettes…) attendre l’accolade, des nouvelles. Au contraire des prisons masculines (reclusorios), autour de cette prison féminine il n’y a rien : ni marchés d’aliments, ni restaurants, ni stands de tacos, ni petits magasins pour s’approvisionner, ni toilettes publiques, ni papeteries, ni pharmacies, il y a juste un petit stand improvisé avec des bâches en plastique pour garder les affaires des visiteurs et ce jusqu’à 17h…

Pour arriver jusqu’ici, le bus est rempli à ras bord. On voit tout particulièrement des femmes de tout âge, des femmes chargées de sacs, de paniers, de tupperware et costales [ grand sac tissé pour les grains ], femmes portant des sacs chargés eux aussi à ras bord de « despensas », produits alimentaires basiques , de plats préparés, de fruits, de galettes, de vêtements pour les détenues, de couches et de jouets pour les enfants des détenues – nombreux dans ce « centre ». Dans le bus on sait quelles sont les personnes qui rendent visite à leurs proches et amies en prison car elles sont toutes habillées de la même couleur, les couleurs autorisées par l’administration pénitentiaire : orange, violet, rose, rouge, vert clair, jaune, mauve, surtout des chaussures serrées, pas de bottes ni de capuches, pas de décolletés ni de mini-jupes… Une fois tous les contrôles passés, on est là « à l’intérieur » et l’on essaie de profiter au maximum du temps qu’ils nous donnent. Si l’on a de la chance et si l’on a l’autorisation, on peut rester de 11 heures à 17 heures à parler, échanger, manger, chanter et rêver avec les detenue-s.

Certaines ont envie de rester plus longtemps, jusqu’à l’aube. Quant à elles, les détenues, elles ne rêvent que d’une chose : nous accompagner dehors, s’enfuir avec nous et laisser les barreaux bien loin derrière elles, loin de leur vue et de leur quotidien.

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[Mexique] À bas la prison ! Bulletin irrégulier – Septembre 2016

Posted in anti-carcéral, Archives, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 21 septembre 2016 by liberonsles

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À bas la prison !  Bulletin irrégulier – Septembre  2016

Rappel

À deux ans des mobilisations en solidarité avec les étudiants disparus d’Ayotzinapa, Guerrero, on se souvient aussi des compagnons qui se trouvent actuellement en prison pour le simple fait d’avoir manifesté et mené des actions dans la rue pour la présentation en vie des étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Cela fait deux ans de manifestations, actions, piquets de protestation et pour quelques compagnons, il s’agit aussi de deux ans d’incarcération. Le gouvernemet, lui, n’a répondu que par le silence, la mascarade, la répression et la manipulation de la loi et ses médias au détriment des personnes arrêtées.

ferzamÀ ce jour, un compagnon se trouve derrière les barreaux Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, il a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des étudiants disparus. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

controlDepuis 2012, le gouvernement de Mexico a approuvé et mis en place des mesures qui renforcent la machine du contrôle social : l’installation de plus de 20 mille caméras de surveillance dans toute la ville, la mise en place du Protocole de Contention des Foules, les réformes du code pénal local afin de durcir les peines, la fermeture du zocalo (place centrale) de la capitale pour empêcher l’arrivée de manifestations, l’augmentation toujours plus forte dela présence policière dans les rues, tout ceci n’est qu’une partie de ce contrôle. Le bilan de cette politique, plus de 500 personnes détenues durant différentes manifestations, actions et mobilisations (…)

Dès 2013, le gouvernement mexicain, de concert avec l’investissement privé, a démarré un projet économique permettant la construction et l’administration de prisons. Depuis lors, des sommes millionnaires commencent à concrétiser ce projet carcéral mené par les hommes d’affaires Carlos Slim, Olegario Vázquez Raña, les familles Hank Rhon et Quintana, tous bien déterminés à assurer le bon déroulement de cette affaire… Lire la suite sur :  À bas la prison !  Bulletin irrégulier – Septembre  2016

 – Cliquez sur l’image pour télécharger le  Bulletin –

Bonne lecture à tous et à toutes !

Les trois passants.

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 ♦ Répression / Prison