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VIDEO : Miguel Peralta Betanzos suite à l’obtention de sa libération

Posted in anti-carcéral, Archives, compas anarquistas, Fanzines, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale., prisonnier-e-s en lutte on 1 novembre 2019 by liberonsles

Intervention de Miguel Peralta Betanzos
suite à l’obtention de sa libération

Mercredi 16 octobre, 2019. CDMX
Depuis l’École Nationale d’Anthropologie et d’Histoire ENAH. Df México
Transcription de la vidéo / Radiozapote fréquence libre

Salut, alors comment ça va, cool de voir ici tous les potes, ben on ne s’est pas vus depuis un bail pas vrai ?

Je voudrais remercier d’abord “Les autres avocats” qui ont toujours été sur le pied de guerre. Et parfois, sans trop de blé, on arrivait à peine à leur payer leurs frais, c’est pour ça que je me suis mis en grève de la faim Ah! Ah!

Bon je voudrais un peu partager avec vous mes réflexions sur la situation de la détention, parce que bon, la situation juridique, je crois qu’elle est plus que connue, tout mon procès est bourré d’irrégularités, depuis le jour de mon arrestation, j’ai été maintenu au secret pendant plus de 20 h et on m’a transféré dans une prison qui ne dépendait pas de ma juridiction, c’est à dire qu’elle se trouvait à plus ou moins 340 km de ma communauté qui est Eloxochitlán de Flores Magón.

En fait, des 8 témoignages, les 8 étaient faux, un témoin par exemple a reconnu que lui n’avait rien déclaré du tout, et finalement il a retiré sa déclaration. Deux autres témoins par exemple ont recopié exactement la même déclaration que celle du père de la personne décédée et c’est comme ça qu’avec ces 8 témoignages ils m’ont condamné l’année dernière à 50 ans de prison. Ces déclarations ont été contestées lors des interrogatoires et la supercherie a été démasquée, rien ne coïncidait ni dans le temps, ni le lieu mais bref comme ça j’ai passé 4 ans 5 mois et 14 jours à résister, c’est une situation difficile de s’opposer au système de justice pourri de notre pays et dont les institutions à la fin, ne font que faire semblant de travailler.

Par exemple, le nouvel organisme chargé des peuples indigènes, le – je ne sais même plus son foutu de nom – ah oui, l’IMPI, par exemple, si tu en as besoin quand tu es prisonnier, la première chose qu’ils te demandent c’est si tu as un traducteur ou la seule chose qu’ils peuvent te proposer c’est une aide pour demander ta mise en liberté anticipée, ils n’ont aucune intervention réelle par rapport à la population carcérale. Par exemple à Cuicatlan, la majorité des détenus sont d’origine indigène : il y a des Chinantèques, Mazatèques qui sont la majorité de la population, il y a des Mixtèques, Mixes il y a des Zapotèques, il y a aussi des Triquis, un tas de frères triqui, Amuzgos et Cuicatèques. Les Mazatèques sont la majorité, du coup on appliquait les formes de convivialité culturelle mazatèque vous connaissez, non ? On communique par le biais du « sifflet » *. Lire la suite

[Oaxaca] Miguel Peralta Betanzos sort de prison !

Posted in anti-carcéral, Archives, compas anarquistas, Oaxaca, prisonnier-e-s en lutte on 15 octobre 2019 by liberonsles

Après 27 jours de grève de la faim, après 4 ans et 5 mois de prison, notre compagnon Miguel Peralta Betanzos est sorti de la prison de Cuicatlan, Oaxaca ce mardi 15 octobre 2019. Nos sommes heureux et heureuses d’apprendre cette nouvelle.

À bas les murs des prisons !
La lutte durera jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !

Rappel :

Miguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, Miguel a été arrêté au centre-ville de Mexico.

Depuis 2010, le groupe cacique dirigé par la famille Zepeda a tenté d’imposer, par la force, la répression et la prison, les partis politiques leurs pratiques et leurs méthodes pour gagner des sièges au gouvernement et augmenter leurs bénéfices économiques, ce qui a déchaîné un conflit très violent au sein de la communauté d’Eloxochitlán de Flores Magón.

Depuis le 30 avril 2015, Miguel était enfermé dans la prison de Cuicatlán, Oaxaca. Lui et sept autres personnes détenues ainsi qu’une vingtaine d’inculpés, sont accusés de la mort d’une personne lors d’une attaque perpétrée par le groupe cacique de Zepeda lui-même, en décembre 2014, alors que l’Assemblée Communautaire, opposée aux partis politiques, se trouvait réunie pour élire ses représentant-e-s.

Le 26 octobre 2018, Miguel a été condamné à 50 ans de prison pour tentative d’homicide qualifié et homicide qualifié.

Le 19 septembre 2019, Miguel annonçait dans une lettre, sa grève de la faim.

Miguel Peralta Betanzos est sorti de la prison de Cuicatlan, Oaxaca ce mardi 15 octobre 2019.

[OAXACA] Nouvelles du prisonnier anarchiste Miguel Betanzos : 25 jours en grève de la faim

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca, prisonnier-e-s en lutte on 14 octobre 2019 by liberonsles

Lettre depuis la prison de Cuicatlan Oaxaca. Reçue le 11 octobre 2019.

15 jours ouvrables et le juge Modesto Isaías Santiago Martínez n’a pas tenu son engagement.

Le 19 septembre lorsqu’à eu lieu l’audience finale, le Juge du Tribunal Mixte de Huautla de Jiménez, s’est engagé verbalement à se prononcer dans les 15 jours ouvrables à venir or il n’a pas tenu son engagement.

Aujourd’hui 10 octobre, les 15 jours ouvrables que le juge avait pour se prononcer sur ma situation juridique, selon le code pénal de l’État de Oaxaca, se sont écoulés et il n’a pas non plus tenu son engagement.

Aujourd’hui, moi par contre oui, cela fait 4 ans 5 mois et 10 jours que je suis en prison pour un procès fabriqué de toutes pièces, aujourd’hui voilà 22 jours que je n’ai pas ingéré un seul aliment, car je sais pertinemment qu’il n’y a pas le moindre motif pour rester un jour de plus en prison et je proteste avec mon corps, pour exiger de façon déterminée ma liberté en échange de la mise en danger de ma santé.

Aujourd’hui le juge annonce qu’il peut prendre tout le temps qu’il lui plaît pour prononcer la sentence, mais ce temps est mon temps, mon temps volé, mon temps emprisonné, mon temps a des jours ouvrables et des jours non ouvrables, mon temps ne répond pas à leurs codes ou à leurs lois, auxquels pourtant ils prétendent continuer à le soumettre.

En même temps, dans toutes les instances chargées de faire respecter et de permettre l’accès à un « système de justice rapide, objective, rendue de façon impartiale » ils prétendent qu’ils ne sont pas compétents, qu’ils ne peuvent rien faire, qu’il faut prendre patience, alors je réaffirme la chose suivante, votre fonction publique est un simulacre, une farce en votre nom. Il est évident que le pouvoir d’une députée règne sur ces institutions. Avec de telles réponses, le retard et les irrégularités juridiques tout au long de mon enfermement, ils continuent de démontrer que leurs institutions sont seulement au service du caciquisme, de ceux et celles qui nous dépouillent, de ceux qui mentent pour occuper des fonctions publiques, des ambitieux.ses, des corrompu.e.s.

Aujourd’hui, je dois également dire que la raison pour laquelle j’ai rompu la grève du silence que je menais depuis le 12 septembre, a été lorsqu’ils ont décidé de ne pas me présenter à mon audience sous des prétextes grotesques. Je dois dire que je remercie avec toute l’énergie qui me fait résister, tous et toutes celle.s.x qui sont restés attentifs, qui ont fait écho à mon silence et sont parvenus à faire du bruit autour de leurs mensonges. Mais je dois aussi dire, insister même que ni la députée Elisa Zepeda Lagunas ni son père le tortionnaire Manuel Zepeda Cortés, ne peuvent plus continuer à soutenir ni juridiquement ni médiatiquement leurs accusations à mon encontre. Elisa et Manuel, ceux qui me dénoncent dans le dossier 02/2015, on fabriqué les faits de telle sorte que le seul pilier qui leur reste et sur lequel ils peuvent s’appuyer est l’impunité, le trafic d’influences et la manipulation du Pouvoir Judiciaire. De leurs six témoins à charge, un n’a pas reconnu sa déclaration, les déclarations des deux autres ne sont qu’une copie de celle de Manuel Zepeda, deux n’étaient pas sur les lieux (ils ont rapporté ce qu’on leur a raconté) et l’autre témoin dit que les personnes étaient masquées. Il n’y a rien d’autre dans le dossier, ces témoignages contradictoires, vagues et déjà controversés, c’est tout ce que le juge doit prendre en considération, il n’y a rien qui demande un temps indéfini, car malgré l’argument selon lequel il ne peut prononcer ma mise en liberté parce que mon dossier comporte six tomes et s’il y a six tomes c’est qu’ils sont remplis de pages d’arrêts accumulés par les irrégularités et les violations tout au long de la procédure. Le juge le sait parfaitement, car c’est lui-même qui était chargé du Tribunal au début du montage du dossier et c’est lui qui a émis les mandats d’arrêts ; lui en tant que spécialiste des lois sait pertinemment que les témoins à charge n’ont aucune valeur de preuve et que l’argumentaire juridique que nous avons présenté pour ma défense le démontre pleinement. En tant que juge incorruptible il devrait agir de façon impartiale en dictant la sentence de ma mise en liberté immédiate sans délais et sans poursuivre cette farce fabriquée et utilisée par la famille de caciques des Zepeda Lagunas.

Je termine en disant que je poursuis ma grève de la faim pour exiger qu’ils cessent de retarder ma mise en liberté.

Miguel Peralta 

Prisonnier en grève de la faim.

Source : anglais et espagnol  

Traduction Amparo

Miguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, Miguel a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 2010 par le groupe cacique dirigé par la famille Zepeda et à présent par Elisa Zepeda, l’actuelle députée locale, présidente de la Commission de Justice du Congrès d’Oaxaca du parti au pouvoir de MORENA*.

Miguel est l’un des 7 prisonniers indigènes membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, qui se trouvent enfermés dans les différentes geôles de cet état Mexicain. Plus de 23 membres de l’Assemblée d’Eloxochitlán, hommes et femmes, sont sous mandats d’arrêts et ont été criminalisés pour avoir défendu « les us et coutumes communautaires » qui prévoient une autre façon de choisir ses représentants, s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux qui essaient d’imposer à tout prix leur pouvoir afin de mieux contrôler la communauté par la peur et la prison.

Le 26 octobre 2018, Miguel a été condamné à 50 ans de prison.

Le 12 septembre 2019, Miguel aurait dû être présenté devant le Tribunal Mixte de Première Instance de Huautla de Jiménez, Oaxaca, pour une nouvelle comparution définitive, droit qui lui a été encore une fois refusé par la Cour, l’audience a été reportée au 19 septembre 2019.

Note : MORENA (Movimiento de Regeneración Nacional) parti politique de l’actuel Président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador.

Le 19 septembre 2019, Miguel annonçait sa grève de la faim.

Miguel Betanzos condamné à 50 ans de prison. Prise de position

[Oaxaca] Miguel Peralta Betanzos, 16 jours en grève de la faim

Posted in anti-carcéral, compas anarquistas, Fanzines, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale., prisonnier-e-s en lutte on 5 octobre 2019 by liberonsles


 Reçu de CNA- Mexique, 4 octobre 2019

16 jours en grève de la faim

Miguel Peralta Betanzos est plus pâle, fatigué avec de fortes douleurs et nausées, il perd chaque jour du poids et le juge Mixto de Huautla de Jiménez, n’a toujours pas rendu son verdict.

Pourquoi continuent-ils d’allonger l’enfermement de Miguel Betanzos alors qu’il est déjà démontré d’un point de vue juridique qu’il n’y a aucune raison pour le retenir ne serait-ce qu’un seul jour supplémentaire ?

Serait-ce parce qu’ils continuent de permettre l’ingérence de la Présidente de la Commission de Justice du Congrès d’Oaxaca ?

Qu’attendent-ils pour rendre la liberté à Miguel Peralta alors qu’il est démontré que la députée Elisa Zepeda ment et a fabriqué les délits.

Vidéo Miguel Peralta Betanzos: audience du 19 septembre 2019

Vidéo réalisée par son groupe de soutien de la mazateca.

Miguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, Miguel a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 2010 par le groupe cacique dirigé par la famille Zepeda et à présent par Elisa Zepeda, l’actuelle députée locale, présidente de la Commission de Justice du Congrès d’Oaxaca du parti au pouvoir de MORENA*.

Miguel est l’un des 7 prisonniers indigènes membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, qui se trouvent enfermés dans les différentes geôles de cet état Mexicain. Plus de 23 membres de l’Assemblée d’Eloxochitlán, hommes et femmes, sont sous mandats d’arrêts et ont été criminalisés pour avoir défendu « les us et coutumes communautaires » qui prévoient une autre façon de choisir ses représentants, s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux qui essaient d’imposer à tout prix leur pouvoir afin de mieux contrôler la communauté par la peur et la prison.

Le 26 octobre 2018, Miguel a été condamné à 50 ans de prison.

Le 12 septembre 2019, Miguel aurait dû être présenté devant le Tribunal Mixte de Première Instance de Huautla de Jiménez, Oaxaca, pour une nouvelle comparution définitive, droit qui lui a été encore une fois refusé par la Cour, l’audience a été reportée au 19 septembre 2019.

Le 19 septembre 2019, Miguel annonçait sa grève de la faim et du silence. Grèves qui continuent à ce jour.

Miguel Betanzos condamné à 50 ans de prison. Prise de position

Note : MORENA (Movimiento de Regeneración Nacional) parti politique de l’actuel Président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador.

 

Fanzines

 

OAXACA: Nouvelles du prisonnier anarchiste Miguel Betanzos: grève de la faim

Posted in anti-carcéral, événements, compas anarquistas, Oaxaca, prisonnier-e-s en lutte on 1 octobre 2019 by liberonsles

« Une nouvelle fois, nous avons pu vérifier de quel bord se situait la loi, de celui de l’ambition, du pouvoir et de l’argent. Le cynisme de la « justice » a soufflé sur les braises rageuses de nos cœurs et nous encourage à continuer la bataille contre le pouvoir »… Déclaration de Miguel en réaction à la décision du tribunal qui l’a condamné à 50 ans de prison.

19 septembre 2019

OAXACA: Nouvelles du prisonnier anarchiste Miguel Betanzos: grève de la faim /  Rappel ; texte envoyé par son groupe de soutien, compas et ami-es.

Voilà maintenant plus de 11 jours que notre compagnon Miguel a commencé une grève de la faim, 11 jours sans obtenir aucune réponse du juge Modesto Isaías Santiago Martínez et chaque jour qui passe la santé de Miguel se détériore…

Déclaration de Miguel  en grève de la faim suite à sa dernière audience

19 septembre 2019

Une fois de plus je transforme mon corps en arme de lutte contre l’injustice
A partir d’aujourd’hui en plus de la grève du silence je cesserai de consommer tout type d’aliment.
Grève de la faim : MENU
Pour mon petit déjeuner : les casse-croûtes de la patience
Pour mon déjeuner : le buffet de la résistance
Pour mon goûter : le plat principal de la solidarité
Pour mon dîner : le dessert de la liberté

Miguel ne mettra pas fin à sa grève du silence ni de la faim tant qu’il n’aura pas obtenu sa remise en liberté.

Pour cela nous vous appelons à nouveau à continuer à faire écho à son cri de Liberté. Chaque jour où ils le retiennent prisonnier met sa santé en danger. Au Juge du Tribunal Mixte de Première instance de Huautla de Jiménez, nous exigeons qu’il prononce immédiatement une sentence de mise en liberté pour Miguel.

Nous rendons responsable de cette situation la députée locale de Morena*, Elisa Zepeda Lagunas puisque c’est elle ainsi que sa famille de caciques qui ont fabriqué ces accusations qui conduisent à maintenir Miguel en prison. Leurs fausses déclarations ont été démontées juridiquement.

« Je suis pleinement conscient que la prison et l’isolement que nous vivons relèvent des actions, des omissions et des mécanismes juridiques et politiques sciemment mis en place par les représentants de la « justice » grâce aux marionnettes qui œuvrent au sein du Tribunal Supérieur et du Tribunal Mixte, sachant que la consigne et le désir de la Chargée de Commission de Justice du Congrès Local de Oaxaca est de nous maintenir loin de notre communauté. Je parle de la députée locale de Morena, Elisa Zepeda Lagunas, qui ne cesse de mentir aux médias et achète des communiqués de presse à des journaux comme El Imparcial de Oaxaca, Noticias Voz e Imagen de Oaxaca, El Universal, Milenio, et tant d’autres qui, à coup de formules sensationnalistes et sans réelle investigation journalistique de fond, persistent à relayer ce mensonge et à donner crédit à la farce montée par cette soi-disant défenseuse des droits de l’homme, qui en réalité n’a rien fait d’autre que s’enrichir et prendre le pouvoir. On croit peut-être que la classe politique ne se forme que dans des espace sociaux larges comme le sont les métropoles ou les villes, où ses membres peuvent facilement s’éclipser et disparaître, mais il n’en est pas ainsi, dans les petits villages aussi elle prolifère avec les mêmes intentions : s’approprier les territoires en imposant ses gouvernements, toujours contre l’auto-détermination des peuples ».

(…) « Nous continuerons d’exiger et de lutter pour que le processus juridique cesse ses atermoiements, nous continuerons à dénoncer les vices de forme et les croche-pieds que l’on nous fait à chaque pas, nous en appelons à la solidarité pour continuer à agir ensemble dans la lutte anti-carcérale, rien ne nous arrêtera, nous leur arracherons des mains notre liberté ! »

Miguel Peralta
Depuis la prison de Cuicatlán
Janvier 2019

Rappel :

Miguel Peralta Betanzos, est un compagnon anarchiste natif de la Communauté d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Depuis plusieurs années il est aux côtés de sa commune comme membre de l’Assemblée Communautaire, instance principale de la prise de décisions collectives.

Depuis 2010, le groupe cacique dirigé par la famille Zepeda a tenté d’imposer, par la force, la répression et la prison, les partis politiques leurs pratiques et leurs méthodes pour gagner des sièges au gouvernement et augmenter leurs bénéfices économiques, ce qui a déchaîné un conflit très violent au sein de la communauté.

Depuis le 30 avril 2015, il est détenu dans la prison de Cuicatlán, Oaxaca. Lui et sept autres personnes détenues ainsi qu’une vingtaine d’inculpés, sont accusés de la mort d’une personne lors d’une attaque perpétrée par le groupe cacique de Zepeda lui-même, en décembre 2014, alors que l’Assemblée Communautaire, opposée aux partis politiques, se trouvait réunie pour élire  ses représentant-e-s.

Le 26 octobre 2018, Miguel a été condamné à 50 ans de prison pour tentative d’homicide qualifié et homicide qualifié, inculpations habituellement fabriquées contre les lutteurs sociaux.

Le 12 septembre, Miguel aurait dû être présenté devant le Tribunal Mixte de Première Instance de Huautla de Jiménez, Oaxaca, pour une nouvelle comparution définitive, droit qui lui a été encore une fois refusé par la Cour, l’audience a été reportée au 19 septembre 2019.

Le 19 septembre 2019, Miguel annonçait dans une lettre, sa grève de la faim et du silence. Grèves qui continuent à ce jour.

– Entretien de Voices in Movement avec Miguel Peralta Betanzos, prisonnier anarchiste d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca ici

– [Oaxaca] Lettre sur la situation que nous vivons mon compagnon Miguel Peralta et moi-même. Lettre de Mariana ici

[Mexique] Miguel Betanzos condamné à 50 ans de prison. Prise de position

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 15 février 2019 by liberonsles

Prise de position de notre compagnon Miguel Peralta
Depuis la prison de Cuicatlán
Janvier 2019

Il y a trois mois, j’ai été condamné à 50 ans de prison par le néfaste juge Juan León Montiel, du Tribunal Mixte de Première Instance de Huautla de Jiménez. La semaine dernière, nous avons appris que l’enquête 08/2019 a d’ores et déjà été ouverte, et qu’elle dépend de la Troisième Salle d’Audience du Tribunal de Justice de l’État de Oaxaca. Mais la salle n’a pas fixé de date pour la célébration de l’audience, qui doit consister en la présentation de la plaidoirie en appel, parce que le dossier pénal 02/2015 a été envoyé incomplet au Tribunal : en effet, il a été « nécessaire » que le juge Juan León fasse part de la condamnation à Elisa Zepeda et à son père Manuel Zepeda, personnages qui tirent les ficelles du système juridique comme s’il s’agissait d’une vile marionnette, pour faire durer notre réclusion.

Je suis pleinement conscient que la prison et l’isolement que nous vivons relèvent des actions, des omissions et des mécanismes juridiques et politiques sciemment mis en place par les représentants de la « justice » grâce aux marionnettes qui œuvrent au sein du Tribunal Supérieur et du Tribunal Mixte, sachant que la consigne et le désir de la Chargée de Commission de Justice du Congrès Local de Oaxaca est de nous maintenir loin de notre communauté. Je parle de la députée locale de Morena, Elisa Zepeda Lagunas, qui ne cesse de mentir aux médias et achète des communiqués de presse à des journaux comme El Imparcial de Oaxaca, Noticias Voz e Imagen de Oaxaca, El Universal, Milenio, et tant d’autres qui, à coup de formules sensationnalistes et sans réelle investigation journalistique de fond, persistent à relayer ce mensonge et à donner crédit à la farce montée par cette soi-disant défenseuse des droits de l’homme, qui en réalité n’a rien fait d’autre que s’enrichir et prendre le pouvoir. On croit peut-être que la classe politique ne se forme que dans des espace sociaux larges comme le sont les métropoles ou les villes, où ses membres peuvent facilement s’éclipser et disparaître, mais il n’en est pas ainsi, dans les petits villages aussi elle prolifère avec les mêmes intentions : s’approprier les territoires en imposant ses gouvernements, toujours contre l’auto-détermination des peuples.

Il est aussi certain que ces tactiques de manipulation farcesques ne se cantonnent pas au niveau municipal et étatique, mais qu’elles innervent toutes les institutions qui fonctionnent hors de la représentativité communautaire. Depuis la scène où il opère par des actes symboliques, par la recréation du passé, l’exagération démagogique et le montage virtuel, le gouvernement entrant tente de donner une bonne image de lui, tandis que, par derrière, il cimente la militarisation du pays et maintient l’armée dans les rues pour remplir des soi-disant tâches de « sécurité ». Les grands projets sont déjà décidés malgré les résultats des études environnementales et l’opposition des communautés, mais on met pourtant en scène des référendums de pacotille qui n’ont d’autre fin que de légitimer les projets en question. Voilà pourquoi le saccage historique des ressources naturelles se poursuivra, tout comme l’appropriation culturelle des connaissances ancestrales, tout comme la production de déchets toxiques qui mettent en péril la vie des peuples et provoquent leur déplacement forcé.

Les traités et les recommandations internationales, ils s’en lavent les mains. Ce qui les intéresse, c’est que le secteur des affaires soit à son aise. La défense de la vie, du territoire, de l’eau, et nos formes d’organisation sont et continueront à être criminalisées par tout gouvernement qui impose ses structures par la violence et l’utilisation du pouvoir judiciaire pour essayer de nous réduire au silence. Ainsi, nous ne voyons aucune transparence dans ce nouveau gouvernement, et encore moins une quelconque volonté de libérer les compagnon.ne.s emprisonnés pour avoir défendu tout cela, comme c’est le cas de ceux et de celle de Tlanixco, qui sont enfermé.e.s dans les prisons d’État depuis plus de dix ans déjà et dont le procès a de nouveau été reporté, ce qui retarde encore leur sortie ; ou bien le cas d’un autre compagnon, Luis Fernando Sotelo, qui s’est aussi vu refuser récemment sa mise en liberté. Comment veulent-ils que nous ne doutions pas du gouvernement et de ses paroles, si leurs actions nous démontrent qu’ils ne cesseront pas de piétiner les peuples, les collectivités et les personnes qui résistent ?

Il ne me semble pas juste qu’ils utilisent notre nom et qu’il leur serve de butin politique, parce que notre réclusion sert à défendre nos territoires, l’organisation communautaire et l’auto-détermination. Nous partageons entre nous tous et toutes, en tant que prisonnier.e.s, la fabrication de délits qui pour la majorité sont structurés de la même manière puisqu’ils ont été inventés par l’État, par des individus puissants et par des entreprises transnationales. Récemment, le gouvernement a mentionné la possibilité d’une libération par loi d’amnistie, ou quelque chose du genre, ce qui n’a pas été légiféré et encore moins adopté, tandis que nous autres nous continuons à affronter les déficiences et les négligences du système juridique. Chaque jour nous livrons bataille contre le système pénitentiaire qui tente de nous déshumaniser, nous réinventons et nous reconstruisons notre identité parce qu’aucun libre développement de notre personnalité n’est permis. Nous nous voyons obligés de consommer les « aliments » qu’ils nous imposent, ils nous forcent à acheter des uniformes que nous abhorrons, nous nous battons contre l’esclavisation du travail, et il existe en somme un nombre incalculable de conséquences à l’isolement et à la limitation de tout ce qui nous plaît. Acheter un morceau d’ananas de contrebande devient un délit simplement parce que ça fermente, la taule nous épuise, mais malgré tout cela, nous respirons, nous imaginons, et nous restons debout. Même si la couleur de la prison nous déprime, nous anesthésie, nous continuons à résister à l’obstacle en partageant des moments avec notre famille, avec nos ami.e.s, avec notre compagnon.ne. Les conflits que la prison provoque en nous, les indifférences et le manque de communication qui rend impossible toute prise de décision concernant notre détention, l’État s’en moque absolument ; ils essayent de nous faire croire qu’ils vont régler nos affaires, que la critique n’est pas nécessaire, et encore moins la mobilisation, car plus isolés nous sommes et moins mobilisés, mieux cela vaut pour eux ; c’est le meilleur moyen de nous diviser et de nous soumettre.

Mais nous ne nous tairons jamais, avec nos mots et nos actions nous persévérerons dans l’effort jusqu’à faire s’effondrer les murs. Nous pensons que la passivité du peuple ne nous mènera nulle part et que la résistance est la proposition. Parce qu’au fond, aucun individu et aucun peuple ne peut être privé de ses moyens de résistance culturelle, sociale, économique et politique. La lutte des peuples n’est pas respectée, la criminalisation de celles et ceux qui luttent continue, ce qui prouve que la volonté réelle d’une « quatrième transformation » dont on a tant entendu parler n’existe pas : le pouvoir n’a fait que changer de mains, de couleur, de personnages, mais ni de forme, ni de fond. Bien que nous ayons face à nous un groupe d’ennemis puissants, par le poste politique et patronal qu’ils occupent, secondé par les institutions d’État, la solidarité et les batailles que nous livrerons seront encore plus fortes, portées jusque dans les rues, elle ne seront pas négociées et nous ne mendieront jamais notre liberté parce que nous avons la force de lutter pour elle, chaque minute de chaque jour et à chaque instant de notre vie, et parce que nous sommes conscients que les délits qui nous tiennent enfermés ont été fabriqués.

Nous continuerons d’exiger et de lutter pour que le processus juridique cesse ses atermoiements, nous continuerons à dénoncer les vices de forme et les croche-pieds que l’on nous fait à chaque pas, nous en appelons à la solidarité pour continuer à agir ensemble dans la lutte anti-carcérale, rien ne nous arrêtera, nous leur arracherons des mains notre liberté !

Miguel Peralta
Depuis la prison de Cuicatlán
Janvier 2019

 

Traduction Louise

 

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée est l’organe de prise de décisions.

[Mexique] Miguel Peralta Betanzos condamné à 50 ans de prison. Déclaration de Miguel en réaction à la décision du tribunal – Depuis la prison de Cuicatlán, Oaxaca

Plus d’infos

[Mexique] Miguel Peralta Betanzos condamné à 50 ans de prison.

Posted in Archives, compas anarquistas, Oaxaca on 1 décembre 2018 by liberonsles

Déclaration de Miguel en réaction à la décision du tribunal

Depuis la prison de Cuicatlán, Oaxaca

Une nouvelle fois, nous avons pu vérifier de quel bord se situait la loi, de celui de l’ambition, du pouvoir et de l’argent. Le cynisme de la « justice » a soufflé sur les braises rageuses de nos cœurs et nous encourage à continuer la bataille contre le pouvoir. Aujourd’hui, les sentiments se démêlent, mais la raison de la liberté pousse avec plus d’empressement dans ce sac de nœuds. Nous nous débarrassons du goût amer que nous a laissé cette hypocrisie de la part du procureur du tribunal de Huautla de Jiménez, Juan León Montiel, qui répétait à l’envi que le corrompu n’était pas corrompu, et que son travail pendant 18 ans au sein de ce système en était la preuve, maintenant, il n’y a que lui pour affirmer cela. Nous continuerons à aller de l’avant, à reprendre des forces, à embrasser l’essence de la liberté. Nous ne céderons pas avant d’avoir retrouvé l’harmonie dans notre communauté, à Eloxochtilań de Flores Magón, nous ne céderons pas avant d’avoir fait respecter nos formes d’organisation, avant d’avoir démantelé les mensonges qui nous maintiennent prisonniers et persécutés, avant d’avoir fait éclater la vérité. Bien qu’ils essaient de nous faire taire en nous gardant enfermés, nous n’abdiquerons jamais.

Miguel Peralta
Depuis la prison de Cuicatlán, Oaxaca
Avec toute ma rage

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07/11/2018

Le 26 octobre, notre compagnon Miguel Peralta a été personnellement informé que le juge Juan León Montiel le considérait pénalement responsable d’avoir commis le délit de tentative d’homicide qualifié, avec circonstances aggravantes, sur la personne d’Eliza Zepeda Lagunas (ex-présidente municipale d’Eloxochitlán et actuellement députée locale de MORENA pour le district 04 de Teotitlán, Oaxaca), ainsi que de son frère Manela Zepeda Lagunas ; prononçant une sentence de 50 années de prison, en plus du paiement en réparation du dommage subi, estimé à cent cinquante mille pesos. Pour cette raison, Miguel a décidé de mettre un terme à sa grève de la faim initiée le 19 octobre dernier, afin de recouvrer des forces et de continuer dans cette deuxième étape de la lutte pour l’obtention de sa liberté.

Le processus pénal initié à l’encontre de Miguel, qui culmine maintenant avec cette sentence, a été parsemé d’irrégularités et d’inconsistances juridiques depuis son début, le tout orchestré et subordonné par la famille Zepeda Lagunas, caciques et répresseurs d’Eloxochitlán.

Sources : Instinto Salvaje  CNA  Sentencia Instinto Salvaje


Entretien de Voices in Movement avec Miguel Peralta Betanzos, prisonnier anarchiste d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca

Voices in Movement (ViM):

Bonjour, bonsoir à toutes et tous, nous sommes ici avec le compagnon Miguel Peralta, prisonnier politique de Oaxaca au Mexique, nous allons parler un peu avec lui à propos de son procès politique, sur les différentes perspectives des luttes dans l’Etat de Oaxaca et au Mexique ainsi que sur les relations entre les mouvements anarchistes et autochtones et pour finir nous aborderons quelques aspects concernant les relations de solidarité internationale et nous envisagerons les différentes formes possibles de soutien à son procès judiciaire.

Bonjour Miguel, merci d’être avec nous aujourd’hui.

Miguel (M): Salut bonne nuit ou bonjour à toutes et à tous ceux qui nous écoutent

ViM : Bon on va commencer. Est-ce que tu peux nous parler un peu de toi, qui es-tu, d’où tu viens ? Où tu te trouves en ce moment et ce dont tu aurais envie de parler avec les compagnons qui écoutent cet entretien ?

M : Bien, mon nom complet est Miguel Ángel Peralta Betanzos, je suis membre de la communauté d’Eloxochitlán de Flores Magón, qui elle-même fait partie du groupe indigène mazatèque, situé dans le nord-ouest de l’Etat de Oaxaca. Dans la communauté et dans la région mazatèque et nous parlons la langue mazatèque.

J’ai étudié un peu l’anthropologie depuis tout petit j’ai toujours aimé être sympa, avoir des amis, des copains d’autres endroits et de mon village aussi. Connaître le territoire, connaître un peu l’histoire de la communauté, marcher sur les chemins, j’aime la musique, les rythmes différents et… la nourriture, la gastronomie de la communauté et d’autres endroits, j’aime lire, bien sûr, j’aime le sport, jouer au basket, un peu au foot, j’aime nager, aller à la rivière, toucher l’eau, sentir la pluie, marcher sous la pluie, j’aime aussi que mes pieds s’enfoncent dans la boue, depuis tout petit. J’aime bien les fêtes traditionnelles de mon village, la fête du jour des morts, qui est le moment pendant lequel nous pouvons partager le bien commun, le bien commun avec nos compagnons et nos familles sur nos terres. J’aime bien aussi me souvenir des morts, de mes grands-parents, de mes oncles, qui ont été vivants et qui nous ont laissé comme des empreintes dans nos consciences. Je suis membre de l’Assemblée Communautaire qui est le lieu où se déroulent certaines activités collectives comme le tequio *, les corvées communautaires qui font partie du travail ou du soutien mutuel qui existe au quotidien dans la communauté. Nous avons participé à différentes luttes à l’intérieur de la communauté mais également à l’extérieur comme en 2006 lors des révoltes de Oaxaca.

*Au Mexique on appelle tequio la charge ou le travail collectif non rémunéré que tout habitant d’un village doit à sa communauté. C’est un us indigène que l’on retrouve ailleurs avec des nuances et force diverses mais qui est toujours enraciné dans différentes régions du pays.

ViM :Est-ce que tu peux nous parler des antécédents de certaines luttes de ton village ? Lire la suite