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MEXIQUE: Prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 30 juillet 2015 by liberonsles

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Ville de Mexico, juillet 2015

Prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Depuis le 27 juin dernier plusieurs prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim pour protester contre les abus constants, les mauvais traitements et les tortures que le personnel pénitentiaire fait subir à la population carcérale. Certains de ces prisonniers qui avaient entamé cette grève de la faim ont depuis été libérés, en revanche ceux qui poursuivent la grève de la faim sont au nombre de 3 dans le Centre Pénitencier Nord et un autre dans le Pénitencier Sud.

Une conférence de presse a eu lieu le 24 juillet, parmi les participants étaient présents :

-Ana María Castillo Rivas (Mère de Fernando Bárcenas, prisonnier en grève de la faim).

-Jorge Mario González García (Ex prisonnier politique du GDF détenu le 2 de octobre 2014)

-Cruz Negra Anarquista de México ( qui suit le cas de Fernando Barcenas)

-Message des grévistes de la faim ( Communiqué ci-dessous dans son intégralité)

-Membres de l’équipe médicale solidaire

Les familles, amis et compagnons des prisonniers en grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo, en résistance dans le Centre Préventif masculin Nord et dans le Centre Préventif masculin Sud – à la date de cette conférence les prisonniers en sont à leur 28ème jour de grève de la faim – ont pour objectif de rendre visibles les abus et mauvais traitements dont les détenus sont l’objet dans les prisons de la Ville de Mexico.

“Cette grève de la faim est le résultat d’un processus collectif d’organisation de plusieurs prisonniers, accusés de différents délits à différentes étapes de leurs procès, mais qui ont tous en commun : le fait d’avoir vécu personnellement des procès que le système carcéral mène ici dans cette ville de Mexico, la plupart sont bourrés d’inconsistances juridiques, d’erreurs ou d’omissions qui entraînent de façon automatique l’augmentation de la population carcérale”, a assuré Jorge Mario González García, ex prisonnier.

Par ce communiqué, les jeunes prisonniers ont demandé à la population d’ouvrir les yeux sur les prisons où les droits humains des détenus sont régulièrement violés et où les gardiens “commettent des abus, tabassent impunément, torturent physiquement et psychologiquement les détenus en totale impunité”

Après 25 jours de grève de la faim, un groupe de “médecins solidaires” a obtenu un permis de visite pour examiner les trois détenus du Pénitencier Nord et établir un certificat médical de leur détérioration physique.

“L’état général de ces jeunes est une grave malnutrition et il est très important que le gouvernement de la capitale nous laisse entrer dans les pénitenciers pour procéder à tous les examens nécessaires auprès de ceux qui sont en grève de la faim. », a affirmé Avelina Landaverde, nutritionniste de l’équipe de santé solidaire.”

Par ailleurs, Ana María Castillo, mère de Fernando Bárcenas, un des jeunes en grève de la faim, a dénoncé le fait que son fils a été arbitrairement détenu le 13 décembre 2013, lors d’une manifestation contre l’augmentation des tarifs du Métro de la ville de Mexico.

“ Dès son arrestation Fernando a été maintenu au secret, porté disparu, tabassé, menacé et humilié par les services de police du renseignement, le ministère public et autres fonctionnaires… son procès pénal a lui aussi été bourré d’éléments arbitraires et il a été condamné sans preuves”, a déclaré Ana María.

Dans un communiqué émis par Fernando Bárcenas celui-ci déclarait:

“Nous en avons marre d’être marginalisés, exclus du droit à la vie; nous n’acceptons pas d’être considérés comme des délinquants alors que le crime s’élabore, au contraire, dans les plus hautes sphères et postes de pouvoir politique. Nous sommes fatigués d’être stigmatisés alors que le premier à utiliser la violence est le système lui-même.

Nous ne pouvons plus continuer à permettre le règne de l’arbitraire; les prisons sont du terrorisme, les tabassages des gardiens sont du terrorisme, les vexations et humiliations du conseil technique sont du terrorisme. Oui, la prison ne sert à rien, lorsque l’on prétend nous réinsérer, on ne se préoccupe en rien de la vie des personnes, alors allez-y continuez, marginalisez-nous, expulsez-nous de votre “société modèle” mais sachez que nous ne serons pas disposés à accepter vos règles et normes.

La liberté ne pourra exister qu’à partir du moment où tous les déshérités, tous les moins que rien, pourront avoir la certitude que le seul fait d’être pauvre ne les enverra pas pourrir dans une cellule”.

“ Cette grève de la faim à un objectif différent à celui qu’en général on entend lors d’une grève de la faim, il ne s’agit plus d’une forme de martyr; c’est un mouvement social qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Après un échange avec la mère de Bárcenas, un Appel International en Solidarité avec la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E) a été lancé dont une copie a été remise à la Direction de la Prison Nord et de la Prison Sud ainsi qu’à la Commission des Droits Humains “Nous avons connaissance des diverses intimidations pratiquées dans les prisons, comme celles du 17 juillet subies par Fernando Bárcenas Castillo, José Santiago Hernández y Julián López Barrón lorsqu’ils ont été convoqués par le conseil technique de la prison nord accusés d’avoir “violé les droits humains” d’un policier de la prison. Face à la lutte que les prisonniers du C.I.P.R.E. ont entrepris, toute une série d’irrégularités se sont multipliées comme mode de punition et d’isolement, restreignant les visites, bloquant les examens médicaux ainsi que l’introduction de liquides nécessaires à leur santé. Après plus de 20 jours de grève de la faim nous exigeons que soit autorisée l’entrée permanente de l’équipe médicale solidaire et de confiance afin d’examiner les prisonniers en grève de la faim, l’entrée des liquides nécessaires à leur santé (eau, miel) ainsi que l’entrée des visiteurs et de leurs accompagnants…Notre solidarité ne s’inscrit pas dans une logique de reproduction de la victimisation des compagnons en grève de la faim, il s’agit au contraire d’une position politique qui s’oppose au système carcéral, pénitentiaire qui prétend laisser dans l’oubli, l’abandon et l’isolement des centaines de prisonniers et prisonnières »…

« Notre solidarité s’inscrit dans une large lutte qui dépasse les barreaux, les murs et les espaces géographiques pour construire un échange permanent et nécessaire entre les prisonnier-e-s et ceux qui sont à l’extérieur des murs. Nous ne luttons pas pour les prisonniers mais à leurs côtés, dans un mouvement d’aller-retour, échange indispensable pour détruire les préjugés qui tendent à séparer l’extérieur de l’intérieur, échange nécessaire à la destruction des systèmes de domination, d’extermination, d’autoritarisme et d’isolement dont nous souffrons tous quel que soit le lieu et l’instant… Dans ce contexte, la lutte menée avec leurs propres corps a contribué au développement des mobilisations et d’actions solidaires qui s’inscrivent dans une lutte bien plus ample contre toutes les formes de domination et d’oppression qui nous entourent, y compris au dehors des murs de la prison ».

Différentes activités se développent en solidarité avec les prisonniers de la CIPRE. Dès maintenant, dans la capitale, les collectifs et groupes solidaires annoncent pour le 27 juillet un rassemblement à 18 heures devant la PGR (Police Générale de la République).

Liberté immédiate pour les membres de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E).

Nous restons vigilants, réactifs et solidaires

A bas les murs de toutes les prisons !

Mexico, juillet 2015

Par Les trois passants

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Traduction Amparo

Plus d’infos: Communiqué de presse grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E.

Voix depuis la prison (grève de la faim) Fernando Barcenas Castillo

A 33 dias de Huelga de Hambre, Cruz Negra Anarquista de Mexico

MEXIQUE : les élections et au-delà. Au moins 127 personnes arrêtées

Posted in Actions, Archives, Communiqués, La Guerre du Mexique d’en haut, Oaxaca on 10 juin 2015 by liberonsles

Les chiffres des personnes blessées et arrêtées par les forces de l’ordre commencent peu à peu à émerger, certains médias évoquent environ 127 personnes arrêtées, principalement dans les États d’Oaxaca, Guerrero, Chiapas et Michoacan. Une personne a été assassinée par balle: le jeune Antonio Vivar Díaz, étudiant en dernière année de Licence de Développement Communautaire de l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de Tlapa de Comonfort, qui laisse un enfant de 8 mois derrière lui.

54275c2f5b6ffd18c7bf4a515635e4c3_LMEXIQUE : les élections et au-delà. Au moins 127 personnes ont été arrêtées pendant les actions et les mobilisations contre le pouvoir

Pendant la journée électorale mexicaine, diverses radios libres ont transmis de façon conjointe des nouvelles données par des équipes d’information réparties un peu partout au Mexique pour casser le blocus de l’information imposé et manipulé par les médias payants et vendus. Toute la journée du 7 juin et jusqu’à l’aube et pendant les premières heures du 8 juin, les témoignages de la révolte contre les élections et au-delà n’ont pas cessé de s’enchaîner.

Pour garantir coûte que coûte la farce électorale, des militaires, des policiers, des groupes de choc (paramilitaires) ont été déployés dans plusieurs villes du pays : Oaxaca, Guerrero, Michoacán, Chiapas… Les médias dominants, Televisa, TV Azteca, Tele Fórmula et Milenio, déchainent leur lynchage médiatique contre la rébellion croissante et minimisent la mobilisation. (1)

Le mécontentement social est en ébullition du nord au sud du pays, la rage éclate à nouveau, il ne s’agit pas d’une simple colère passagère, mais de la conséquence d’une longue histoire d’abus, de répression, de mépris et d’autoritarisme exercés jusqu’au bout par l’État mexicain et les gouvernements successifs. La révolte pré- et post-électorale a fait émerger une fois de plus les exigences, les luttes, les résistances des organisations, des collectifs, des individus qui continuent de lutter contre cet autoritarisme aveuglant, continuent de lutter – dans beaucoup de cas – pour l’autonomie, le respect de leurs us et coutumes propres, de leurs terres, de leurs territoires, contre le pillage démesuré des ressources, les expropriations, privatisations, assassinats, disparitions, emprisonnements, tortures. Le Mexique est à bout, et dans cette révolte, les urnes nourrissantes du capitalisme ne représentent que la carcasse d’un système pourri qui continu de gonfler les portefeuilles de « ces messieurs-dames » les députés, les sénateurs, les narcos, les investisseurs, les hommes et femmes d’affaires, les hauts commandants de l’armée et de la police, tous malades de pouvoir et tous désireux de continuer cette guerre où tout leur est permis.

Oaxaca

Après les fortes mobilisations et suite aux actions de boycott des élections (les incendies des bureaux, de la propagande officielle et de bulletins électoraux…) plusieurs communiqués commençaient à rendre compte de cette mobilisation nationale qui s’est avérée intense, déterminée et fortement réprimée.

Le communiqué de la Communauté autonome Ghi`Xhi`Roo`- Álvaro Obregón [Oaxaca] déclare :

« Aujourd’hui, 7 juin 2015, dans le cadre de la journée de lutte contre le processus électoral, l’assemblée communautaire Ghi`Xhi`Roo- Álvaro Obregón a décidé de se joindre à cette initiative, nous avons expulsé les partis politiques et leurs bureaux électoraux, et en installant l’assemblée permanente nous avons décidé de résister pour notre vie et notre autonomie ». Depuis 10 heures du matin leurs compagnons et compagnonnes originaires de la communauté indigène zapotèque [Binnizà] ont été attaqués par des pistoleros payés par les autorités officielles de la région et qui ont fait irruption dans l’assemblée permanente. La répression a laissé derrière elle 10 personnes blessées, dont une dans un état grave. « C’est de cette manière qu’ils essayent de piétiner notre autonomie, c’est comme ça qu’ils essayent de piétiner notre organisation, mais, face à un peuple libre, ils auront besoin de plus que ça pour réussir à le faire plier ». Signée par l’Assemblée Générale communautaire Alvaro Obregon, le Conseil d’Anciens et leur garde communautaire, l’Assemblée de villages indigènes de l’Itsmo en défense de la terre et le territoire, leur déclaration finit par la phrase : « La terre, la mer, le vent ne se vendent pas, ils s’aiment et se défendent, pour l’autonomie et l’autodétermination de nos villages » (2)

RFM

D’autres communiqués ont circulé rapidement, comme celui de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón [Oaxaca], où a été décidé également de boycotter les élections. Parmi leurs exigences : la libération immédiate de leurs 10 compagnons prisonniers, dont le compagnon récemment arrêté Miguel Angel Peralta (très investi dans le processus d’autonomie d’Eloxochitlán) ainsi que l’abrogation des mandats d’arrêt contre 20 membres de l’assemblée. Dans le communiqué émis le 8 juin, l’Assemblée déclare : «  Face à la récente et évidente violation des droits humains des habitants d’Oaxaca ainsi que face aux humiliations et aux attaques systématiques de nos formes originaires d’organisation, l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón reste ferme sur le chemin d’une longue lutte, où la fatigue et l’épuisement ne sont qu’une raison pour lever les ailes et continuer à travailler pour le respect de l’auto-organisation des peuples originaires, et ce malgré le fait d’être au milieu du terrorisme d’État »(…)« Nous sommes témoins de la farce électorale avec laquelle prétend se légitimer un appareil de pouvoir toujours étranger à la vision et aux besoins des communautés d’Oaxaca, pour cette raison nous nous joignons aux appels lancés par la société civile, les villages du Mexique en résistance, les étudiants, les ouvriers, les organisations (…) pas un vote de plus pour ceux qui ont déchiré nos frères d’Ayotzinapa , Tixtla, Tlapa, Cheran, San Quintín, Xalapa, Atenco, San Dionisio del mar, Álvaro Obregón et tous les villages et les individus qui pour avoir levé leur voix, ici dans notre Mexique, ont été réprimés et massacrés (…) L’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón condamne l’intervention des forces de l’ordre mandatées par le gouvernement de Gabino Cué. Leur déploiement démontre, une fois de plus, l’échec catégorique de son discours « de transition politique et de gouvernement différent » et prouve ainsi clairement que le système politique est décadent et caduc ». (3)

Huajuapan  [Oaxaca] :

Dans cette localité de la région mixteca, des milliers d’effectifs de l’armée, de la police fédérale et de la gendarmerie, avançaient dans des convois en direction d’Oaxaca.

Les autorités fédérales avaient pour objectif d’étouffer par le feu et le sang les protestations et les résistances locales. Le boycott électoral convoqué par la Coordination Nationale des Travailleurs de le l’Éducation (CNTE) et reprise par des communautés de l’entité, se trouvait confronté à tout l’État mexicain. Dans le studio de la radio locale libre, le téléphone ne cessait pas de sonner, pour appeler à se joindre aux mobilisations, depuis le studio on appelait à la prudence, mais dans les faits l’histoire, elle, était toute autre. À midi les gaz et les boucliers des policiers ont fait leurs apparitions aux côtés de 4 hélicoptères de guerre, ce n’était pas une menace. L’affrontement avait déjà commencé, provoqué par quelques centaines de policiers fédéraux et de l’armée. Des centaines d’habitants et de professeurs qui se trouvaient à proximité de L’institut National Électoral (INE) ont commencé alors la résistance. Après quelques heures d’affrontements la police anti-émeute s’est repliée, quelque temps plus tard la population s’est repliée également. Certains se sont joints à la barricade de l’autoroute internationale, entre fumée de pneus brulés, chansons de protestation, les moments de tranquillité étaient stressants et fragiles.(4)

À Oaxaca de nombreuses actions – pour boycotter les élections et revendiquer de multiples exigences – ont été menées par des organisations, groupes, individus et maîtres d’école dans la ville d’Oaxaca, à Tehuantepec, Juchitán, Niltepec, Zanatepec, Chahuites, San Francisco Ixhuatán, Salina Cruz, Tapanatepec et Matías Romero entre autres. Rien qu’à Juchitán, 1000 éléments de la police fédérale et de l’Armée ont été déployés. De nombreuses arrestations ont eu lieu, on parle de plus de 79 personnes arrêtées. (5)

Cliquez ici pour lire l’article complet [Guerrero : Tixta, Tlapa de Comonfort ; Veracruz ; Les arrestations + vidéos]

[Bachajón-Chiapas] Voix depuis la prison : Juan Antonio Gómez Silvano

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 23 avril 2015 by liberonsles

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Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques.

Lettre envoyée par le GT No Estamos Todxs, Chiapas, mois d’avril 2015

Prison Nº12 Yajalón,Chiapas

Compagnons et compagnonnes de la Sexta International, recevez une salutation cordiale depuis la prison de Yajalón, Chiapas.

Je m’appelle Juan Antonio Gómez Silvano, je suis adhérent à la Sexta, je suis injustement emprisonné depuis le 16 septembre 2014. Cela fait 7 mois que je suis ici, enfermé. Des délits de tentative d’homicide et port d’arme ont été fabriqués de toute pièce à mon encontre, alors que je ne connais pas les armes à vraie dire. C’est pour cette raison, compagnons et compagnonnes, que je vous demande de faire quelque chose pour nous [ aussi pour Mario Aguilar Silvano, prisonnier de San Sebastián Bachajón arrêté pour la même chose que moi et qui appartient également à la même organisation].

C’est parce que nous avons la même couleur que la terre qu’ils nous emprisonnent et nous maltraitent, moi j’ai été torturé et tabassé dans l’enceinte du Ministère publique.

Depuis la prison nº12 Yajalón, Chiapas.

Recevez une salutation cordiale.
C’est tout compas, s’il vous plaît je vous demande de diffuser ce petit message.

Merci compagnons et compagnonnes,

Signé par le prisonnier politique Juan Antonio Gómez Silvano

Le contexte:
Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

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Juan Antonio Gómez Silvano, ainsi que ses compagnons de lutte Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta depuis le début. Tous les trois sont aujourd’hui enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Tous les trois ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Le terrain communal de Bachajón est situé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón. Cette zone abrite l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner la technique de contrôle territorial utilisée par l’État dans cette zone depuis les treize dernières années, qui consiste à encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection » que l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

Le complexe touristique CIPP-CAA a été, depuis 20 ans, l’objet de spéculation financière de la part des grands groupes hôteliers. En mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama), présentent le projet pour « développer l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique pour identifier les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hôtels-resorts dans lesquels investiront les chaînes de tourisme mondial les plus luxueuses : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européen cinq étoiles, le Resort, avec hôtel, centre de conférences et golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin…

…Dans ce contexte les membres du terrain communal de Bachajon n’ont jamais cessé de se battre contre ces intérêts et contre l’État lui même, le prix de la rébellion a été depuis toujours la répression, la prison et l’assassinat…

 Le 24 avril 2015, des hommes, femmes et enfants du terrain communal de Bachajon organiseront une cérémonie en mémoire de l’un des leurs, leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, indigène tzeltal de 32 ans, défenseur des droits humains et du territoire, assassiné à son domicile, la nuit du 24 avril 2013.

Cliquez ici pour lire l’article complet + les Dernières nouvelles ( Vidéos – Témoignages des habitants de Bachajon, Chiapas dont Juan Vázquez avant de se faire assassiner, sous-titres en  français)

[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Díaz Santiz

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 22 avril 2015 by liberonsles

CERESO5Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

ALEJANDRODAlejandro Díaz Santiz est un Indigène Tzotzil originaire du Chiapas, il a été arrêté il y a 15 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántis a été condamné à 29 ans de prison ferme. Pour lever la voix et mener une lutte anticarcérale tout en étant prisonnier, il fait partie de l’organisation de prisonniers “Les solidaires de la voix de l’Amate”, créée en 2009. Cette organisation est devenue une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

Lettre d’Alejandro Diaz, envoyée pour cette soirée du 11 avril en solidarité et pour la liberté des prisonniers et prisonnières des Amériques et des prisonniers du monde entier :

A tous ceux et celles et qui sont réunis aujourd’hui 11 avril 2015 à Paris en France.

Votre compagnon de lutte, l’indien tzotzil Alejandro Dias Santiz, Solidaire de la Voz del Amate, adhérent à la Sexta, vous salue, toujours incarcéré dans la prison N°5 de San Cristobal de las Casas au Chiapas.

Je profite de cette occasion pour vous envoyer mon salut fraternel et embrasser bien fort chacun d’entre vous ainsi que vos précieuses familles. Que la bénédiction de dieu illumine toujours vos activités.

Je vous remercie du plus profond du cœur de m’avoir toujours soutenu et de me motiver à poursuivre le chemin de cette lutte contre les mauvaises autorités qui ont fait beaucoup de mal et continuent à en faire à l’humanité entière. Dans ce cachot il s’est passé beaucoup de choses et depuis que je suis resté seul après la libération de mes compagnons Solidaires de la Voix de L’Amate, j’étais un peu triste et en même temps, tellement content de savoir qu’ils s’occupent de mon cas.

Bien que nous soyons très loin les uns des autres nous voyons que la distance n’existe pas et qu’il n’y a pas de barrière, la douleur et les causes nous unissent toujours.

Je n’envoie que ces quelques lignes [si vous avez vu la vidéo] car il m’est difficile de m’exprimer en espagnol, mais je fais l’effort pour pouvoir me communiquer avec vous tous et toutes. Quand j’ai été arrêté dans l’État de Veracruz, je ne savais ni parler ni écrire l’espagnol. Aujourd’hui je remercie Alberto Patishtan Gomez*, qui m’a enseigné à écrire et à parler espagnol pendant que nous étions prisonniers ensemble. S’il n’avait pas été là je continuerais comme avant.

Compagnons il ne me reste qu’à vous remercier mille fois pour le soutien que vous m’avez apporté pour ces emprisonnements injustes, qui m’ont conduit à être prisonnier pendant 15 ans et 10 mois sans avoir commis le délit dont on m’accuse.

Grâce à dieu le peu que j’ai appris je suis en train de le partager avec d’autres compagnons prisonniers pour qu’eux aussi puissent se défendre et montrer à la société du monde entier ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, dans cette tranchée, lieu de lutte.

Je continuerai d’exiger de véritables justices et libertés pour toutes et tous les prisonniers et prisonnières politiques et de conscience du monde entier.

Frères et sœurs, ne vous découragez pas, courage à tous et à toutes !
ENSEMBLE NOUS POUVONS GAGNER LES VÉRITABLES JUSTICES

FRATERNELLEMENT:

Alejandro Díaz Sántiz, 24 Mars 2015.

* Patishtan a été arrêté le 19 juin 2000 et accusé d’embuscade, de port d’armes et d’homicide qualifié d’agents de la police d’État. C’est grâce à la forte mobilisation des organisations, collectifs, individus et avocat-e-s solidaires entre autres, que son cas est sorti du placard et qu’il a été libéré le 31 octobre 2013. Pendant les 13 ans passés en prison, Patishtan a créé l’organisation de prisonnier-e-s « la Voix de l’Amate». Cette organisation de prisonniers, appartenant à la Sexta, est née en 2006 pour dénoncer le fonctionnement arbitraire du système carcéral mexicain, par la suite il a encouragé la création d’autres organisations de prisonnier-e-s. Il donnait également des cours en prison pour apprendre aux prisonnier-e-s à lire, à écrire et à parler espagnol pour qu’ils puissent lever leurs voix et faire sortir leurs paroles de la prison.

Lettre envoyée par le Le comité de soutien à Alejandro Díaz Sántiz : Grupo de Trabajo « No estamos Todxs »- Chiapas.

Traduit par Amparo/correction Myriam

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Ville de Mexico: Voix depuis la prison

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 30 janvier 2015 by liberonsles

Des nouvelles des prisonniers anarchistes
libaran

 Notre compagnon Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, et condamné à plus de 13 ans de prison ferme. Abraham est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013, et c’est lui qui a la sentence la plus lourde, il n’a pas de famille dans la ville de Mexico. Abraham se trouve actuellement à la Prison Nord de la Ville de Mexico, il partage certains moments de sa journée avec le compagnon Fernando Barcenas, lui aussi condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Depuis leurs arrestations ils sont devenus copains de lutte à l’intérieur de la taule, ensemble ils ont décidé de se battre pour obtenir leur liberté.

portabrahamQui est Abraham Cortés Ávila ?

Abraham Cortés Ávila est un jeune artisan et jongleur âgé de 23 ans, il est originaire de la ville de Tlaxiaco, État d’Oaxaca. Le 2 octobre 2013, Il s’est rendu au centre de la ville de Mexico pour acheter le matériel nécessaire pour faire son artisanat. Après avoir vu le dispositif policer disproportionné de la manifestation commémorant chaque année le massacre d’étudiants de 1968, il a décidé de s’incorporer à la marche au niveau du Théâtre « Blanquita ». Là, il a trouvé une connaissance qu’il a accompagné pendant une partie du parcours.

Au bout de quelques mètres, ils se sont aperçu qu’ils étaient suivis par deux personnes habillées en civil avec une coupe militaire, tout en observant les agressions de la police anti – émeutes qui agressaient les manifestants de façon généralisée. C’est à ce moment-là qu’ils ont commencé à courir poursuivis par les deux personnes qui semblaient les suivre. Après être arrivés au panthéon de San Fernando aux environs du métro « Hidalgo », ils sont rattrapés et agressés par des inspecteurs.

Une fois qu’Abraham a été arrêté, il a été jeté de force dans une voiture de police, puis les policiers ont parcouru la zone en récoltant différents objets qu’ils trouvaient sur le chemin, entre autres des balles calibre 223, balles qui serviraient plus tard à monter de toute pièce des preuves pour l’accuser des actes délictueux. Abraham a subi pendant à peu près une heure des agressions et des traitements dégradants, puis il a été présenté aux bureaux du Procureur Général de la République (PGR), avant d’être transféré plus tard au commissariat d’Iztacalco. C’est à ce moment-là que deux personnes en uniforme sont arrivées en l’accusant de tentative d’homicide.

Le 4 octobre 2014 Abraham a été présenté au juge de la prison Nord de la ville de Mexico, Jorge Martínez Arreguín, qui lui a signifié sa détention pour les délits de tentative d’homicide, d’outrage à agent et attaques à la paix publique.

Le 2 juin dernier une sentence de 13 ans et 4 mois de prison ferme lui a été dictée, et ce malgré le fait que le commissariat n’a jamais confirmé le témoignage des policiers qui l’accusent, et malgré le manque de preuves suffisantes pour continuer son procès.

D’autres irrégularités graves ont été constatées dans son cas : les agressions qu’il a subies au moment de son arrestation, le retard pour le présenter devant une autorité compétente, des agressions physiques et psychologiques durant son transfert et la fausse accusation de port de balles [calibre 223].

À présent Abraham se trouve dans la prison Nord avec Fernando Bárcenas, tout les deux ont démarré un projet de diffusion anti – carcérale à l’intérieur de la prison, il s’agit d’un petit journal appelé « el Canero »[le prisonnier, celui qui est en taule]

Pour ce qui est du procès, après la sentence un appel a été présenté par sa défense, mais la sentence a été à nouveau confirmée, la seule solution juridique qui lui reste pour obtenir sa libération est le recours « d’Amparo directo » [Habeas Corpus*]. Sa demande de recours sera étudiée par le troisième tribunal collégial en matière pénale du premier degré, formé par les magistrats Humberto Venancio Pineda, Ricardo Ojeda Bohórquez et Humberto Manuel Román Franco.

Lettre d’Abraham Cortés Ávila

Janvier 2015

Le 2 octobre 1968 est un jour d’injustice, de disparition et de mort. Maintenant, ce n’est pas seulement un jour, c’est tous les jours, ce système qui gouverne pareil à tous les précédents, c’est toujours la même chose, le peuple connaît seulement la pauvreté, ici dans la prison nous sommes punis aussi, le bourgeois n’est rien sans le peuple. Des centaines, des milliers de prisonniers, et chaque fois il y a plus de prisons, l’injustice c’est pour le peuple… ça suffit !

Avant, je pensais que l’esclavage n’existait plus et je pensais que nous étions libres, mais non, la vérité c’est que nous n’avons jamais été libres, nous n’arrivons pas à l’indépendance totale, nous continuons d’être des esclaves, mais à présent nous ne sommes pas esclaves d’un seul patron, mais d’un président, de l’armée, de la police. Nous devons donner toujours notre adresse pour qu’ils aient le contrôle sur nous, sans parler de la carte d’identité, être plus surveillés ce n’est pas possible.

Mais quelle liberté avons-nous ? Si dans les rues nous sommes surveillés pareil qu’en prison, la prison est un instrument de destruction, elle ne te réhabilite pas, elle fait mal, elle détruit… et comme ils disent ici : elle fait de toi un enfoiré. Cela faits déjà 6 mois que je suis ici en taule et je suis en lutte, je ne vais jamais me mettre à genoux, mon poing reste levé et mon esprit fort.

Bientôt j’aurais la réponse du troisième tribunal collégial en matière pénale du premier degré à propos de mon dernier recours, j’espère seulement qu’ils feront leur boulot, car nous savons tous qu’ils sont en train de piétiner mes droits, c’est abusé, c’est le même système qui m’a mis ici en prison, qui m’a séquestré avec une sentence très lourde de 13 ans et 4 mois. Eux et nous savons qu’ils n’ont pas les éléments pour me maintenir ici en prison, il s’agit d’une stratégie pour faire peur au peuple, mais ces histoires nous n’y croyons plus, il ne s’agit pas de la liberté d’une seule personne mais de celle de tous, parce que ici en prison il y en a beaucoup d’autres qui veulent leur liberté.

 Liberté à tous et à toutes les prisonniers/ères
À bas les institutions !
Abraham Cortès

*Acte célèbre passé en loi anglaise, qui accorde à tout accusé le droit à un jugement.

ferFernando Bárcenas Castillo est un jeune musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”. Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas à un an de sa détention.

Traduit par les trois passants
Correction Myriam et Amparo

Source Comite de Solidaridad con Mario Gonzalez  et Proyecto Ambulante

CHIAPAS : Appel à la Solidarité avec San Sebastian Bachajon

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 13 janvier 2015 by liberonsles

bachajonlib

Appel du Congrès National Indigène à la Solidarité avec le terrain communal de San Sebastian Bachajon

À la Sexta Nationale et Internationale
Aux peuples du Mexique et du Monde

Le 21 décembre dernier, nos frères et sœurs, des femmes, des hommes et des enfants de la communauté indigène tseltal de San Sebastián Bachajón ont récupéré leurs terres. Ce sont des terres d’une grande richesse naturelle qui se trouvent à l’entrée des Cascades d’Agua Azul ; des terres dont le mauvais gouvernement a essayé de les expulser afin d’imposer ses projets de mort. Mais nos frères, qui connaissent bien le gouvernement, savent qu’il veut les faire disparaître en tant que peuples et communautés indigènes . Ils n’ont jamais permis ni ne permettront que le mauvais gouvernement construise ses hôtels et ses autoroutes, qu’il appelle prétentieusement le Cancún du Chiapas.

Par des menaces de groupes armés et par le biais d’ordres d’appréhension, il a essayé d’arrêter la défense digne et nécessaire que mènent nos frères [de Bachajon]. Comme si ne lui suffisait pas la douleur qu’il a déjà causée, aujourd’hui, 9 janvier 2015, vers 6h30, environ 800 policiers de l’État ont envahi le campement de nos frères. Ont suivi une expulsion violente et la disparition pendant quelques heures de huit membres de la communauté.

Nous rendons responsables de toute agression contre nos frères et sœurs les trois niveaux du gouvernement [municipal, fédéral et de l’État] parce que ce sont eux qui dirigent les attaques à l’encontre de nos frères et à l’encontre du peuple mexicain. Nous connaissons bien ces leaders paramilitaires qui ont un nom et un prénom, ce sont Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et ses assistants tels que Leonardo Guirao.

Nous, le Congrès National Indigène, lançons un appel à tous les compagnons et compagnonnes qui cheminent et ont cheminé avec nous à rester attentifs face à la difficile situation que les frères du terrain communal de Bachajón sont en train de vivre aujourd’hui. Nous lançons un appel à nous solidariser selon nos temps et nos géographies avec nos frères de Bachajón et avec d’autres peuples et communautés qui forment le Congrès National Indigène. Nous avons pu constater ces jours-ci l’escalade des agressions de la part du mauvais gouvernement contre ceux qui participent au CNI [Congrès National Indigène]. Nous ne pouvons pas laisser dans l’oubli l’agression qu’ont subie les frères qui revenaient du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme.

Ils prétendent nous faire peur, nous incarcérer comme ils l’ont fait avec nos frères Yaquis, nous faire disparaître comme ils l’ont fait avec nos frères d’Ayotzinapa, nous assassiner comme ils l’ont fait avec nos frères nahuas de Santa María Ostula, et nous réprimer comme aujourd’hui ils le font avec nos frères tseltales.

Nous leurs disons une fois pour toutes que nous n’allons pas cesser notre lutte pour la vie et contre le capitalisme.
« Plus jamais un Mexique sans nous »
Congrès National Indigène
Mexique 9 janvier 2015.

***

D’autres communiqués circulent en appelant à la solidarité nationale et internationale, surtout suite aux derniers événements qui ont eu lieu ce dimanche 11 janvier :

Dernier communiqué urgent du terrain communal de San Sebastián Bachajón

Par le biais d’une série d’actions planifiées pour récupérer les terres et la cassette de péage qui le mauvais gouvernement nous a expropriés le 9 janvier dernier en utilisant la force publique, nous avons procédé ce dimanche 11 janvier 2015 au blocage du carrefour des cascades d’Agua Azul.

Face à cette action le gouvernement [de l’État du Chiapas] de Manuel Velasco Coello a donné l’ordre aux forces de police de nous réprimer et de dissoudre le blocage, en usant de balles de gomme et de balles réelles qui ont laissé deux compagnons blessés.

Nous émettons ce communiqué afin de vous faire connaître les faits, d’exiger le repli de la force publique et l’arrêt de la répression contre les peuples indigènes qui luttent contre le pillage des mauvais gouvernements, ainsi que d’appeler à votre solidarité envers nos frères.

Nous sommes conscients que les prochaines heures sont cruciales, la situation de tension s’accroît du fait que les forces de l’ordre continuent d’être présentes dans la zone en nous intimidant et en nous harcelant.

Terrain communal de San Sebastián Bachajón

Ndt : Selon certains médias libres, en réponse aux faits qui ont eu lieu à San Sebastián Bachajon, une caravane solidaire d’accompagnement composée d’adhérents nationaux et internationaux à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone partira en direction de San Sebastián Bachajón dans les prochaines heures.

Ce que nous vous proposons de manière rapide et solidaire est, comme la dernière fois, d’envoyer ce petit texte aux mauvaises autorités dont voici les mails :
secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx

Texte à envoyer en espagnol :
Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos al Gobierno del Estado de Chiapas a Cargo de Manuel Velasco Coello ponga fin a las agresiones de las que están siendo objeto en este momento los hombres, mujeres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón. Nos hemos enterado de la ultima agresión que sufrieron el día 11 de enero 2015 en donde la fuerza publica emprendió una balacera dejando a dos personas heridas, ante estos hechos exigimos se garantice la vida e integridad física y psicológica de las mujeres, hombres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón, que la fuerza publica se retire de la zona a fin de evitar que haya mas heridos. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.
(signature, organisation, collectif, individu)

Voici la traduction du texte proposé :
Nous exigeons du gouvernement du Chiapas et de son gouverneur, Manuel Velasco Coello, qu’ils mettent fin aux agressions qui visent en ce moment les hommes, femmes et enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón. Nous avons été informés de la dernière agression qu’ils ont subie le 11 janvier dernier, lors de laquelle les forces de l’ordre ont usé de balles réelles, laissant deux blessés. Face à ces faits, nous exigeons que soient garanties la vie et l’intégrité physique des femmes, des hommes et des enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón, nous exigeons aussi que les forces de l’ordre se retirent de la zone afin d’éviter qu’il y ait de nouveaux blessés. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par Les trois passants/correction Myriam et Valérie

Sources ( medias libres) :
Llamado del CNI a la solidaridad con San Sebastián Bachajón
video-comunicado urgente de los ejidatarios de Bachajon adherentes a la sexta+ photos
+ de 50 organisations et individus dénoncent les attaques contre les comp@s de bachajon

→Chronologie des faits

MEXIQUE: Début du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le capitalisme

Posted in Actions, Archives, Chiapas, EZLN, Ville de Mexico on 24 décembre 2014 by liberonsles

festifesti

Début du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le capitalisme
Où ceux d’en haut détruisent, ceux d’en bas reconstruisent
21 décembre 2014.

À 15h passées, en présence d’un grand nombre d’assistants et selon une cérémonie Otomí, la Communauté de San Francisco Xochicuautla (État de Mexico) a inauguré et présenté les travaux du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme.

Face à l’estrade, 43 chaises représentaient symboliquement les étudiants normaliens disparus à cause de l’État mexicain, le 26 septembre 2014. Était ainsi manifestée l’espérance de les avoir parmi nous.

Cet évènement avait été décidé au mois d’août dernier, lors de la rencontre (Compartición) entre le Congrès National Indigène (CNI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), rencontre nommée « Compagnon David Ruiz García »*. Les participants y avaient partagé et exposé leurs expériences et stratégies contre le capitalisme.

Les premiers mots ont été prononcés par les membres de la communauté de Xochicuautla : « Aujourd’hui, Xochicuautla est l’exemple du fait que, au Mexique, non seulement on assassine des étudiants mais qu’on assassine aussi la nature ».

La communauté, qui fait partie du CNI (Congrès National Indigène), a partagé avec les participants les difficultés rencontrées dans la lutte contre la construction de la route Toluca-Naucalpan, dont la réalisation détruira le bois Otomí-Mexica, connu aussi comme le Grand Bois d’Eau.

“Nous savons l’importance de préserver la nature. Nous avons été créés pour rappeler au monde qu’il n’existe pas de chose plus précieuse que la vie même, manifestée dans cette Terre Mère, et qu’elle n’a pas pu être remplacée par l’or, l’argent ou les billets créés par l’homme. Ils pourront dire que nous sommes pauvres et que nous renonçons au développement, que nous sommes pauvres parce que nous n’avons pas d’argent … »

La majorité des communautés du CNI ont mené une lutte contre le gouvernement et le secteur privé puisque, avec la construction de routes, l’installation de mines, la construction d’aqueducs, l’installation de conduites de pétrole, ou d’autres projets, ils ont détruit des lieux essentiels pour la survie des villages comme les rivières, les montagnes, les bois, etc.

« À présent, nous nous rendons compte que quatre maladies affectent nos frères mexicains. La première est l’ignorance ; nous ignorons le danger que la Terre Mère est en train de vivre. La deuxième est l’apathie… La troisième est la peur… La dernière et la plus grave maladie qui affecte les gouvernants est l’argent… »

Quelques parents des étudiants disparus de l’école « Raúl Isidro Burgos » ont dit quelques mots en remerciant les organisations, collectifs et individus pour leur appui et leur solidarité.  « Jamais nous ne fatiguerons, car ces 43 chaises attendent les 43 élèves et que ces 43 maîtres vous sont destinés, à vous, gens humbles qui avez besoin d’eux. »

Des membres d’autres communautés et du CNI ont pris la parole en remerciant les milliers de personnes présentes et en demandant d’être attentifs à la situation des diverses luttes et des résistances qui se développent sur le territoire mexicain.

Un communiqué émis par les paysans tzeltales du terrain communal de San Sebastian Bachajón a été lu, où ils expliquent leur lutte pour la récupération de leurs terres : «  Notre peuple continue de lutter contre le pillage et la répression du mauvais gouvernement qui veut nous enlever nos terres coûte que coûte, nos ressources naturelles et notre dignité en tant que peuple… Il nous enlève notre terre pour la donner aux entreprises et aux politiciens corrompus afin qu’ils deviennent encore plus riches, tandis que nous, nos communautés, meurent de faim… »

Enfin ont commencé les différentes activités culturelles lancées par la communauté de San Francisco Xochicuautla et prévues pour tout le festival.

La communauté de San Francisco Xochicuautla a été fortement réprimée pendant des années, notamment ces derniers mois. Le 3 novembre 2014, bien que ses membres aient déposé plusieurs recours (amparos), l’entreprise Autovan a fait irruption avec ses machines et ses travailleurs sur le territoire communal de Xochicuautla, avec l’appui des centaines de CRS municipaux et locaux. Face à cette incursion illégale, les paysans de la communauté ont interpellé les forces de l’ordre en exigeant qu’on leur montre le permis de construire relatif à  l’autoroute privée qui prévoit de détruire un bois qui fournit de l’eau à la vallée du Mexique. Jusqu’à présent, la réponse des autorités gouvernementales a été l’arrestation arbitraire d’au moins 20 indigènes ñathö.

Les compagnons de Bachajon, eux aussi, ont été réprimés en réponse à la lutte contre le pillage de leurs terres. Si leur lutte a été constante et infatigable, le gouvernement a frappé fort en assassinant le compagnon Juan Vázquez Guzmán le 24 avril 2013 et le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano le 21 mars 2014, et en emprisonnant les compagnons Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano, Roberto Gomez Hernandez, Santiago Moreno Perez et Emilio Jimenez Gomez.

Arrêtés le 16 septembre 2014, Juan Antonio, Mario Aguilar et Roberto Gómez sont aujourd’hui enfermés pour avoir lutté pour leurs droits légitimes au territoire en affrontant le gouvernement qui cherche à les dépouiller de leurs terres, où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, afin d’y construire le futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Depuis des années, les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon n’ont pas cessé de dénoncer la persécution politique et le pillage de leurs terres, et ce malgré la répression, l’assassinat et l’emprisonnement de leurs compagnons.

Extrait du communiqué de la communauté indigène Ñatho de San Francisco Xochicuautla, Lerma, État du Mexique- Congrès National indigène et du  front de villages indigènes pour la défense de la Terre Mère :

« … L’État mexicain juge inacceptables les revendications du peuple face à toutes les injustices dont il s’est rendu coupable contre lui : injustices commises aujourd’hui à Iguala Guerrero contre nos frères normaliens ruraux d’Ayotzinapa mais aussi, hier déjà, contre nos frères de San Salvador Atenco et nos frères d’Acteal et d’Aguas Blancas… Harcèlements et persécutions de nos frères Yaquis, des prisonniers politiques de Tlanixco, des défenseurs de l’eau et d’autres encore… Injustices commises à Tlatlaya, avec le cas de la garderie ABC… Constants féminicides, jamais élucidés, perpétrés dans l’État du Mexique… Répressions, persécutions et  harcèlement à Xochicuautla et Huitzizilapan, avec l’arrestation arbitraire dans deux occasions des compagnons indigènes ñathos et finalement l’incarcération de 22 d’entre eux ».

« …Les pouvoirs en place veulent nous faire taire quand nous protestons contre les injustices dont l’État est l’auteur, contre sa corruption et son impunité. Leur solution, nous l’avons déjà entendue ces jours-ci dans la bouche du président lui-même : « Encore plus de répression » ».

“Nous leur disons que nous ne nous fatiguerons pas, que nous continuerons d’avancer de défendre notre Terre Mère”

“…Cette relation que nous avons entretenue au long des siècles avec notre Mère la Terre, c’est ce qui nous réunit aujourd’hui ici pour continuer à la défendre …”.

Résumé et traduction les trois passants et Myriam/correction Valérie

___________________________

*David Ruiz García a perdu la vie dans un accident alors qu’il rentrait de l’hommage réalisé à la mémoire du votan zapatiste Galeano, le 25 mai 2014.

Sources (médias libres) :
Donde los de arriban destruyen, los de abajo reconstruimos +audio+photos
“Lo que pasa en Xochicuautla es el espejo de lo que pasa en otros pueblos de todo el país”, pueblos originarios.
Communiqué – début du Premier Festival mondial des Résistances et des Rébellions contre le capitalisme
Vidéo : Arrestations à Xochicuautla, 3 novembre 2014.

 

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