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Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes !

Posted in Actions, compas anarquistas on 31 août 2015 by liberonsles

Dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes : Solidarité avec les prisonniers anarchistes mexicains Fernando Barcenas et Miguel Betanzos, ainsi que pour Luis Fernado Sotelo…Liberté !

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Dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes, nous voulons envoyer une forte accolade et une salutation à nos compagnons qui se trouvent enfermés, nous voulons vous dire que nous sommes là, tenez-bon, gardez le moral et ne vous découragez pas. Nous avons fait une petite journée de « pegas » affichage à Paris et dans notre quartier en banlieue…simplement nous vous disons que nous ne vous oublions pas, que nous ne nous rendons pas et tel que vous nous le démontrez tous les jours, nous ne nous fatiguons pas !

Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !
Liberté aux prisonnier-es anarchistes de toute géographie !
¡ Fuego a las cárceles !

Les trois passants

Appel : Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes

Mexico: 50éme jour de Grève de la faim de la C.I.P.R.E.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 août 2015 by liberonsles

FERPORT
Hier 14 août, Fernando Bárcenas, José Hernández et Julián Barrón ont été transférés à l’Hopital Général de Tetepan* pour être examinés. Après avoir été examinés Julian a été renvoyé à la Prison Nord, le compagnon a en effet décidé d’arrêter la grève de la faim depuis le 11 août dernier.

Fernando et José ont été internés à la Tour Médicale*, ils continuent de ne pas s’alimenter, de plus leur santé est fragile à cause des 3 jours de grève de la soif qu’ils ont réalisés en solidarité avec Jesse Montaño, qui avait été tabassé par les matons de la Prison Sud.

L’état de santé des compagnons est délicat selon l’équipe médicale solidaire, qui a enfin pu entrer hier pour les examiner, après en avoir été empêché pendant des heures par le personnel de la Tour Médicale.

José et Fernando sont ensemble, bien que surveillés par des gardiens et le personnel de l’hôpital. Ce matin ils ont pu entendre les cris et les slogans lancés par les personnes solidaires qui s’étaient donné rendez-vous à l’extérieur de l’hôpital pour leur dire qu’ils n’étaient pas seuls.

Nous appelons à rester attentifs et attentives, nous ne pouvons pas écarter le fait que le personnel de l’hôpital tente de renvoyer les compagnons à la Prison Nord, prétendant qu’ils sont en bonnes conditions.

Que la solidarité continue à s’étendre !

Source: La Cruz Negra Anarquista – Mexico (CNA)

Traduit par les trois passants

« Ce texte peut contenir des erreurs d’orthographe, mais étant donné l’urgence de la situation nous avons décidé de le publier ainsi. Le texte est en cours de correction, il sera publié bientôt. En vous remerciant de votre compréhention. »

___________

* L’Hopital Général de Tetepan est une prison-hôpital située dans la prison de femmes de Tetepan dans la ville de Mexico. La Tour Médicale est le bâtiment à l’intérieur de la prison, où est situé l’hôpital et les chambres-cellules où sont enfermés les prisonniers.

Note :

C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ». [CIPRE]

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

La C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) a été impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo : “ C’est un mouvement qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Voir : La grève de la faim, une stratégie de lutte par Fernando Barcenas

Mexico: La grève de la faim, une stratégie de lutte, Fernando Barcenas

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 août 2015 by liberonsles

La grève de la faim, une stratégie de lutte.

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Ville de Mexico, Fernando Barcenas Castillo

Nous devons voir la grève de la faim comme un outil de lutte à disposition des prisonnier-e-s, une façon de commencer le conflit qui se développera au sein de la prison.

C’est aussi une fenêtre vers l’extérieur, que nous pouvons utiliser pour étendre et propager la lutte anti-carcèrale.

En ce sens la grève de la faim organisée de manière informelle à l’intérieur des prisons du District Fédérale [Ville de Mexico] commencé par 8 compagnons le 27 juin dernier cherche à être une incitation à l’action précise, tout de suite et maintenant ! C’est un cri de guerre contre les autorités pénitentiaires, un cri de ras-le-bol de devoir survivre enterré vivant et qui cherche aussi à annoncer que malgré la soumission et le servilisme de la masse carcérale, il y a certain-e-s qui se rebellent quand même et résistent et refusent d’être rabaissé-e-s et  humilié-e-s.

Parce que la société tente de dominer nos vies et que nous ne voulons pas l’accepter, parce que malgré cela il existe encore plus de dignité, sensibilité et compassion de ce qui est humain et de la vie dans les cœurs de ces rebelles solitaires mais solidaires.

J’espére que ceux et celles qui lirons ces paroles puissent comprendre que mon intention réel et personnelle de coordonner une grève collective à travers la proposition informelle de la Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance (C.I.P.R.E.) était principalement de sortir du calme routinier de la prison. Une initiative où chacun et chacune des personnes qui y ont participé et aussi à bien d’autres actions que nous avons mis en place à l’intérieur, ont pu exprimer cette élévation exquise de la rebellion par le corps et l’esprit, aspirer à avoir la capacité réel de s’auto-déterminer, être libre et oser défier les chaînes et les barreaux tant physique que mentaux qui nous entravent et nous emprisonnent.

La majorité des prisonnier-e-s marginalisé-e-s nous coïncidons sur la compréhension réelle et consciente de la prison, comme mécanisme de control politique et d’exploitation économique. L’ordre sociale, tel que celui qui existe dans la rue, est de tendance  mafieux, ainsi ceux-celles qui contrôlent la drogue et le paysage social par la corruption, contrôlent la prison, devenant les oppresseurs de population carcérale, tant pour le pouvoir que cette pratique leur apporte, tant pour l’argent provenant de la corruption qui sert à payer le silence et la complicité des autorités qui bénéficient le plus de cela, en effet cela permet  à ces dernières d’auto-réguler les prisons et les fonctionnaires du plus haut niveau hiérarchique en sont récompensés. Cela a pour conséquence que la plus grande partie de population (nous parlons de 90%) vie marginalisée parce qu’elle n’a pas de ressources économiques pour survivre et obtenir le plus élémentaire, déjà elle doit en premier couvrir les frais des taxes illégales pour pouvoir commencer à générer de l’argent. À cause de cela nous avons tant de fonctionnaires, de gardiens et de trafiquants de drogues qui exploitent les autres pour profiter de leur travail et de leur effort.

Avec toutes ces actions nous cherchons, non-seulement à amplifier l’agitation à l’intérieur des prisons et à amplifier la diffusion, mais aussi et surtout à montrer notre désir d’une action réel et concrète contre les prisons. Hélas le mouvement anti-carcérale est très faible et il n’y a pas d’interaction réelle et/ou communication entre individus et/ou collectifs de supposé tendance libertaire ou anti-autoritaire.

À cause de cela, à plus d’une occasion les différentes actions et batailles des prisonnier-e-s se perdent dans l’oubli et l’isolement, devant affronter toujours plus des répressions plus fortes et constantes et des menaces de mort de la part de l’administration pénitentiaire, qui a fait des offres économiques à différents prisonniers pour intimider et/ou attaquer avec des couteaux et d’autres armes les prisonnier-e-s qui refusent de se rendre, d’être rabaissé-e-s et humilié-e-s ou qui ont dénoncé les abus des gardiens et des techniciens des prisons.

Face à cela naît l’idée de coordonner les actions directes des prisonnier-e-s contre l’institution carcérale de façon revendicative pour éviter ainsi qu’ils-elles soient isolé-e-s et que l’administration pénitentiaire puissent les cacher. Il s’agit d’amplifier et d’étendre la solidarité réelle entre les oprimmé-e-s et diriger les énergies collectives contre le spectre carcérale.

La Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance n’est pas un collectif formel, nous réitérons donc de nouveau l’incapacité du auto-dénommé « Bloque Libertario » de comprendre la situation et le caractère informel de cette coordination. Ainsi nous dénonçons les agissements autoritaires de ce « Bloque » qui a altéré et retiré une page complète de la publication anticarcérale N°3 du journal « El Canero ». Ils ont déjà pris l’initiative d’altérer le contenu réel pour y mettre de la propagande en leur faveur ce qui reflète clairement leur protagonisme. C’est pour cela que nous ne reconnaissons aucun exemplaire de ce journal qui a été altéré par ce groupe de personnes, et nous démentons l’existence d’une page Facebook de la Coordination Informel des Prisonnier-e-s en Résistance et nous exigeons des créateurs de cet espace virtuel qu’il l’élimine immédiatement, car comme nous l’avons souligné la C.I.P.R.E. existe uniquement de manière informelle et dans les actions coordonnées. En plus, cela représente une enlisement et une déviation médiatique de ce qui se passe en réalité dans les prisons du D.F [District Fédéral/Ville de Mexico], ce contre quoi ce bat la coordination de manière effective.

Un autre point à traiter est que certain-e-s ont attaqué et critiqué la lutte des prisonnier-e-s parce qu ‘elle a un caractère « légaliste » (éxiger de meilleures conditions et traitements à l’intérieur des prisons), cependant cela ne veut pas dire que le but de beaucoup de ceux et celles qui revendiquons nos action en tant que C.I.P.R.E ne soit pas l’abolition et la destruction totale des prisons. Mais nous devons nous situé dans le paysage et le lieu où nous nous trouvons, où nous sommes nous devons agir avec stratégie et non aveuglément par « idéoligie », quelle qu’elle soit. En plus, s’il est vrai que ces luttes commencent sur une ligne réformiste des « droits humains », cela ne veut pas dire qu’elle reste enlisée dans les actions dites institutionnelles, mais qu’il s’agit d’analyser le paysage et en même temps d’augmenter l’intensité de la confrontation institutionnelle pour finir par la nier en tant « qu’autorités ».

Cela est commun et déborde la plupart du temps parce que tou-te-s les prisonnier-e-s les plus marginalisé-e-s et eploité-e-s nous nous sentons profondément pénétré-e-s par le mépris et la rancoeur de souffrir de l’impuissance, de l’injustice et de des abus les plus lâches que l’homme peut imaginer. Enchaîné-e-s quotidiennement, nos âmes dénudées face à la volonté des maîtres du monde, dirigé-e-s quotidiennement selon les caprices de l’administration fasciste qui maintient les privilèges de ceux qui gouvernent. Un cœur  trop serré par tant de mal peut héberger en son sein rancoeur, haine et vengeance.

Comment oublier qu’ils nous retiennent contre notre volonté et nous massacre silencieusement ? Comment ne pas penser avec haine quand on entend le compagnon se faire battre, ces pleurs de son âme bléssé à mort dans son orgueil, cet enterrement de l’humanité, ces barreaux, ces grilles, ces regards moqueurs et indifférents, ces mitards ? Comment oublier ces mateurs violeur d’intimités déflorées odieusement à travers les barreaux d’une cellule, ces dénigrements des personnes captives pour les pousser au suicide, à la folie ou au désespoir ? Comment un être humain peut survivre à cela et être normal ?

Cependant, qui s’intéressent à ce qui se passe en prison ? Réelement personne. La société n’a pas à se préoccuper de ce qui se arrive à une poignée de « délinquant-e-s » nuisibles à la société. Et surtout nous tou-te-s, qui sommes regroupons, vivons à ses dépends.

Peut-être ils ont le droit de nous mépriser et d’être avide de vengeance une fois qu’ils-elles nous tiennent entre leurs mains.

Cependant  nous ne leur reconnaissons pas le doit de se nommer « honnête citoyens ». Nous ne leurs reconnaissons pas le droits d’être libre selon leur lois alors qu’eux-même collaborent ensemble pour commettre un nombre incalculable de délits inscrits dans leur code pénal.

Ceux et celles qui dirigent leur haine contre nous, ne font que se haïr eux-elles-même à cause de leur immonde lâcheté.

Pour tout cela, j’espère que ce texte nous fera réfléchir un peu sur l’organisation et l’agitation extérieure. Elles ne doivent pas être activées uniquement dans les périodes de grève de la faim des compagnon-ne-s en prison, quand le temps est compté et que la mort peut surgir à chaque heure. Beaucoup voient de fausses victoires et cela fait que l’on ne pense pas à de nouvelles propositions et réflexions sur ce qu’il faut faire réellement.

Il est triste que pour que certains se mobilisent, ils faut que soient déjà passé 20 ou 30 jours de grève de la faim. Cela démontre qu’il y a des failles et des défaillance dans les formes de communication et d’organisation.

J’espère, donc, que par ces réflexions je puisse apporter une graine libertaire qui donne les fruits d’une plus grande réflexion pour agir avec plus d’efficacité et d’effectivité contre tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes.

 Avec amour et rébellion.

Fernando Bárcenas.

Traduit par les trois passants

Source Cruz Negra Anarquista – Mexico (CNA)

voir: [Mexico] Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

Note: « Ce texte peut contenir des erreurs d’orthographe, mais étant donné l’urgence de la situation nous avons décidé de le publier ainsi. Le texte est en cours de correction, il sera publié bientôt. En vous remerciant de votre compréhention. »


Mexico: La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.RE) annonce une grève de la soif à partir du 10 août 2015

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 14 août 2015 by liberonsles

Le 27 juin 2015 plusieurs prisonniers de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim. Les revendications de la grève visent l’arrêt des tortures et des abus à l’intérieur des prisons, ainsi que la dénonciation du comportement de la Commission des Droits de l’Homme de la ville, institution complice des autorités pénitentiaires.

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Communiqué de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance)

[après 48 jours de grève de la faim]

L’intention de cette coordination informelle de prisonniers n’est pas la recherche de sensationnalisme, il s’agit de la compréhension totale de notre réalité comme esclaves de la société.

Nous sommes conscients que dans ce système, nous ne pouvons aspirer à être libres et donc à pouvoir exercer l’auto-détermination : la vie « civilisée », cette tentative de « société » de babiole pour ceux qui ont le pouvoir, pour ceux qui peuvent jouir de cela… ce n’est pas une vie, c’est un façon de végéter, d’être condamné aux chaînes étouffantes de l’esclavage domestique et du travail.

Nous refusons de devenir des serfs dociles d’un quelconque système autoritaire, quelque soit celui qui essaie de nous enfermer et nous faire taire…

Nous avons choisi le chemin de l’inconnu et de l’insoumission, de l’exploration libre de la vie sans médiateurs ou représentants.

Nous sommes ceux qui essaient de vivre aux dépens des riches et de leurs usines d’esclaves et ceux qui n’acceptons pas d’être apprivoisés, ceux qui font face à la société avec les mêmes armes, sans baisser la tête; parce que cela reste la manière la plus digne de faire face à cette réalité pourrie et comme il n’y a pas d’avenir mais une autodestruction silencieuse, nous décidons d’attaquer et de détruire le système qui a attaqué et détruit nos vies et nous a condamnés à l’esclavage carcéral.

La révolte ne se prépare pas, ni ne s’organise, elle surgit comme sa nature violente et désordonnée, nous faisons référence à l’éclatement d’insurrections quotidiennes propagées de manière diffuse par les rebelles qui se trouvent en tous lieux.

La révolte est une réalité sociale qui existe dans chaque coin de la terre et l’intention est de pouvoir la coordonner et ainsi la propager et canaliser les énergies collectives contre la vraie cause qui gêne l’être humain : l’État.

C’est cela la base de l’organisation informelle et diffuse, laissons de côté « les acronymes » et « les sigles ».

Nous ne nous connaissons pas, et si ça se trouve nous n’aimons même pas les mêmes choses, mais nous nous reconnaissons comme oppressés et cette seule affinité, quand elle nous prend et nous fait coïncider, nous rend sensibles à l’autre et par conséquent nous ressentons le besoin de dire à l’autre qu’il n’est pas seul, que même devant la soumission la plus abjecte, il existe quelqu’un qui partage encore le plaisir exquis de la dignité et de la révolte.

Pour cette raison, nous nous solidarisons avec le compagnon Jessi Alejandro Montaño.

Face à une action, une autre répond ; parce qu’ainsi nous communiquons et nous nous renforçons les uns aux autres.

À partir du 10 août 2015 nous cesserons d’ingérer des liquides et nous nous déclarons en désobéissance, comme un moyen de revendiquer notre liberté et notre droit à l’autodétermination face à n’importe quel système qui abuse de l’individu.

Les « compas » [compagnons] en grève de la faim qui participent à cette action sont : Julián López Barrón, Fernando Bárcenas Castillo depuis la prison nord de la ville de Mexico, et nous invitons ceux qui désirent se joindre à ce jeûne solidaire de 3 jours pour dénoncer les conditions d’isolement et de répression psychologique et physique que subissent ceux qui osent se rebeller et résister aux tortionnaires et domestiqueurs.

Pour l’extension de la révolte.

Parce que la solidarité entre prisonniers ne reste pas lettre morte.

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.RE.

 

Traduction Les trois passants et Caracol Solidario
Correction Amparo

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico

Note :

C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ».

Fernando Bárcenas Castillo, militant anarchiste, a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de Noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour délits d’attaque à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, Fernando a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico.  Fernando est très actif à l’intérieur de la prison, il a participé à la création du journal anti-carcéral « el Canero » et élaboré un long fanzine : « Un an après l’arrestation – la prison »

Jesse Alejandro Montaño Sánchez, a été condamné le 12 janvier 2015 à 7 ans et 7 mois de prison pour le délit d’outrages à l’autorité.

Note de la CNA-Mexico : au delà des divergences de méthodes et de stratégies (pour notre part, la prison ne doit être ni améliorée ni réformée mais elle doit être détruite), nous nous solidarisons avec la lutte que mènent les compagnon-es et nous appelons les organisations, les collectifs et individus sympathisants à exprimer leur solidarité. (Grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance)

Nous relayons cette information et nous nous solidarisons avec les prisonniers en grève de la faim qui depuis le 27 juin dernière mènent une lutte déterminée contre le système carcéral non seulement en faisant référence à la prison nord, mais à tous lieux d’enfermement, si vous souhaitez envoyer un mail de soutien vous pouvez adresser votre mot de soutien à notre adresse mail. [liberonsles@riseup.net]

Voir : MEXIQUE – La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

MEXIQUE: La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 30 juillet 2015 by liberonsles

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Ville de Mexico, juillet 2015

Prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Depuis le 27 juin dernier plusieurs prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim pour protester contre les abus constants, les mauvais traitements et les tortures que le personnel pénitentiaire fait subir à la population carcérale. Certains de ces prisonniers qui avaient entamé cette grève de la faim ont depuis été libérés, en revanche ceux qui poursuivent la grève de la faim sont au nombre de 3 dans le Centre Pénitencier Nord et un autre dans le Pénitencier Sud.

Une conférence de presse a eu lieu le 24 juillet, parmi les participants étaient présents :

-Ana María Castillo Rivas (Mère de Fernando Bárcenas, prisonnier en grève de la faim).

-Jorge Mario González García (Ex prisonnier politique du GDF détenu le 2 de octobre 2014)

-Cruz Negra Anarquista de México ( qui suit le cas de Fernando Barcenas)

-Message des grévistes de la faim ( Communiqué ci-dessous dans son intégralité)

-Membres de l’équipe médicale solidaire

Les familles, amis et compagnons des prisonniers en grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo, en résistance dans le Centre Préventif masculin Nord et dans le Centre Préventif masculin Sud – à la date de cette conférence les prisonniers en sont à leur 28ème jour de grève de la faim – ont pour objectif de rendre visibles les abus et mauvais traitements dont les détenus sont l’objet dans les prisons de la Ville de Mexico.

“Cette grève de la faim est le résultat d’un processus collectif d’organisation de plusieurs prisonniers, accusés de différents délits à différentes étapes de leurs procès, mais qui ont tous en commun : le fait d’avoir vécu personnellement des procès que le système carcéral mène ici dans cette ville de Mexico, la plupart sont bourrés d’inconsistances juridiques, d’erreurs ou d’omissions qui entraînent de façon automatique l’augmentation de la population carcérale”, a assuré Jorge Mario González García, ex prisonnier.

Par ce communiqué, les jeunes prisonniers ont demandé à la population d’ouvrir les yeux sur les prisons où les droits humains des détenus sont régulièrement violés et où les gardiens “commettent des abus, tabassent impunément, torturent physiquement et psychologiquement les détenus en totale impunité”

Après 25 jours de grève de la faim, un groupe de “médecins solidaires” a obtenu un permis de visite pour examiner les trois détenus du Pénitencier Nord et établir un certificat médical de leur détérioration physique.

“L’état général de ces jeunes est une grave malnutrition et il est très important que le gouvernement de la capitale nous laisse entrer dans les pénitenciers pour procéder à tous les examens nécessaires auprès de ceux qui sont en grève de la faim. », a affirmé Avelina Landaverde, nutritionniste de l’équipe de santé solidaire.”

Par ailleurs, Ana María Castillo, mère de Fernando Bárcenas, un des jeunes en grève de la faim, a dénoncé le fait que son fils a été arbitrairement détenu le 13 décembre 2013, lors d’une manifestation contre l’augmentation des tarifs du Métro de la ville de Mexico.

“ Dès son arrestation Fernando a été maintenu au secret, porté disparu, tabassé, menacé et humilié par les services de police du renseignement, le ministère public et autres fonctionnaires… son procès pénal a lui aussi été bourré d’éléments arbitraires et il a été condamné sans preuves”, a déclaré Ana María.

Dans un communiqué émis par Fernando Bárcenas celui-ci déclarait:

“Nous en avons marre d’être marginalisés, exclus du droit à la vie; nous n’acceptons pas d’être considérés comme des délinquants alors que le crime s’élabore, au contraire, dans les plus hautes sphères et postes de pouvoir politique. Nous sommes fatigués d’être stigmatisés alors que le premier à utiliser la violence est le système lui-même.

Nous ne pouvons plus continuer à permettre le règne de l’arbitraire; les prisons sont du terrorisme, les tabassages des gardiens sont du terrorisme, les vexations et humiliations du conseil technique sont du terrorisme. Oui, la prison ne sert à rien, lorsque l’on prétend nous réinsérer, on ne se préoccupe en rien de la vie des personnes, alors allez-y continuez, marginalisez-nous, expulsez-nous de votre “société modèle” mais sachez que nous ne serons pas disposés à accepter vos règles et normes.

La liberté ne pourra exister qu’à partir du moment où tous les déshérités, tous les moins que rien, pourront avoir la certitude que le seul fait d’être pauvre ne les enverra pas pourrir dans une cellule”.

“ Cette grève de la faim à un objectif différent à celui qu’en général on entend lors d’une grève de la faim, il ne s’agit plus d’une forme de martyr; c’est un mouvement social qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Après un échange avec la mère de Bárcenas, un Appel International en Solidarité avec la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E) a été lancé dont une copie a été remise à la Direction de la Prison Nord et de la Prison Sud ainsi qu’à la Commission des Droits Humains “Nous avons connaissance des diverses intimidations pratiquées dans les prisons, comme celles du 17 juillet subies par Fernando Bárcenas Castillo, José Santiago Hernández y Julián López Barrón lorsqu’ils ont été convoqués par le conseil technique de la prison nord accusés d’avoir “violé les droits humains” d’un policier de la prison. Face à la lutte que les prisonniers du C.I.P.R.E. ont entrepris, toute une série d’irrégularités se sont multipliées comme mode de punition et d’isolement, restreignant les visites, bloquant les examens médicaux ainsi que l’introduction de liquides nécessaires à leur santé. Après plus de 20 jours de grève de la faim nous exigeons que soit autorisée l’entrée permanente de l’équipe médicale solidaire et de confiance afin d’examiner les prisonniers en grève de la faim, l’entrée des liquides nécessaires à leur santé (eau, miel) ainsi que l’entrée des visiteurs et de leurs accompagnants…Notre solidarité ne s’inscrit pas dans une logique de reproduction de la victimisation des compagnons en grève de la faim, il s’agit au contraire d’une position politique qui s’oppose au système carcéral, pénitentiaire qui prétend laisser dans l’oubli, l’abandon et l’isolement des centaines de prisonniers et prisonnières »…

« Notre solidarité s’inscrit dans une large lutte qui dépasse les barreaux, les murs et les espaces géographiques pour construire un échange permanent et nécessaire entre les prisonnier-e-s et ceux qui sont à l’extérieur des murs. Nous ne luttons pas pour les prisonniers mais à leurs côtés, dans un mouvement d’aller-retour, échange indispensable pour détruire les préjugés qui tendent à séparer l’extérieur de l’intérieur, échange nécessaire à la destruction des systèmes de domination, d’extermination, d’autoritarisme et d’isolement dont nous souffrons tous quel que soit le lieu et l’instant… Dans ce contexte, la lutte menée avec leurs propres corps a contribué au développement des mobilisations et d’actions solidaires qui s’inscrivent dans une lutte bien plus ample contre toutes les formes de domination et d’oppression qui nous entourent, y compris au dehors des murs de la prison ».

Différentes activités se développent en solidarité avec les prisonniers de la CIPRE. Dès maintenant, dans la capitale, les collectifs et groupes solidaires annoncent pour le 27 juillet un rassemblement à 18 heures devant la PGR (Police Générale de la République).

Liberté immédiate pour les membres de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E).

Nous restons vigilants, réactifs et solidaires

A bas les murs de toutes les prisons !

Mexico, juillet 2015

Par Les trois passants

________

Traduction Amparo

Plus d’infos: Communiqué de presse grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E.

Voix depuis la prison (grève de la faim) Fernando Barcenas Castillo

A 33 dias de Huelga de Hambre, Cruz Negra Anarquista de Mexico

MEXIQUE : les élections et au-delà. Au moins 127 personnes arrêtées

Posted in Actions, Archives, Communiqués, La Guerre du Mexique d’en haut, Oaxaca on 10 juin 2015 by liberonsles

Les chiffres des personnes blessées et arrêtées par les forces de l’ordre commencent peu à peu à émerger, certains médias évoquent environ 127 personnes arrêtées, principalement dans les États d’Oaxaca, Guerrero, Chiapas et Michoacan. Une personne a été assassinée par balle: le jeune Antonio Vivar Díaz, étudiant en dernière année de Licence de Développement Communautaire de l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de Tlapa de Comonfort, qui laisse un enfant de 8 mois derrière lui.

54275c2f5b6ffd18c7bf4a515635e4c3_LMEXIQUE : les élections et au-delà. Au moins 127 personnes ont été arrêtées pendant les actions et les mobilisations contre le pouvoir

Pendant la journée électorale mexicaine, diverses radios libres ont transmis de façon conjointe des nouvelles données par des équipes d’information réparties un peu partout au Mexique pour casser le blocus de l’information imposé et manipulé par les médias payants et vendus. Toute la journée du 7 juin et jusqu’à l’aube et pendant les premières heures du 8 juin, les témoignages de la révolte contre les élections et au-delà n’ont pas cessé de s’enchaîner.

Pour garantir coûte que coûte la farce électorale, des militaires, des policiers, des groupes de choc (paramilitaires) ont été déployés dans plusieurs villes du pays : Oaxaca, Guerrero, Michoacán, Chiapas… Les médias dominants, Televisa, TV Azteca, Tele Fórmula et Milenio, déchainent leur lynchage médiatique contre la rébellion croissante et minimisent la mobilisation. (1)

Le mécontentement social est en ébullition du nord au sud du pays, la rage éclate à nouveau, il ne s’agit pas d’une simple colère passagère, mais de la conséquence d’une longue histoire d’abus, de répression, de mépris et d’autoritarisme exercés jusqu’au bout par l’État mexicain et les gouvernements successifs. La révolte pré- et post-électorale a fait émerger une fois de plus les exigences, les luttes, les résistances des organisations, des collectifs, des individus qui continuent de lutter contre cet autoritarisme aveuglant, continuent de lutter – dans beaucoup de cas – pour l’autonomie, le respect de leurs us et coutumes propres, de leurs terres, de leurs territoires, contre le pillage démesuré des ressources, les expropriations, privatisations, assassinats, disparitions, emprisonnements, tortures. Le Mexique est à bout, et dans cette révolte, les urnes nourrissantes du capitalisme ne représentent que la carcasse d’un système pourri qui continu de gonfler les portefeuilles de « ces messieurs-dames » les députés, les sénateurs, les narcos, les investisseurs, les hommes et femmes d’affaires, les hauts commandants de l’armée et de la police, tous malades de pouvoir et tous désireux de continuer cette guerre où tout leur est permis.

Oaxaca

Après les fortes mobilisations et suite aux actions de boycott des élections (les incendies des bureaux, de la propagande officielle et de bulletins électoraux…) plusieurs communiqués commençaient à rendre compte de cette mobilisation nationale qui s’est avérée intense, déterminée et fortement réprimée.

Le communiqué de la Communauté autonome Ghi`Xhi`Roo`- Álvaro Obregón [Oaxaca] déclare :

« Aujourd’hui, 7 juin 2015, dans le cadre de la journée de lutte contre le processus électoral, l’assemblée communautaire Ghi`Xhi`Roo- Álvaro Obregón a décidé de se joindre à cette initiative, nous avons expulsé les partis politiques et leurs bureaux électoraux, et en installant l’assemblée permanente nous avons décidé de résister pour notre vie et notre autonomie ». Depuis 10 heures du matin leurs compagnons et compagnonnes originaires de la communauté indigène zapotèque [Binnizà] ont été attaqués par des pistoleros payés par les autorités officielles de la région et qui ont fait irruption dans l’assemblée permanente. La répression a laissé derrière elle 10 personnes blessées, dont une dans un état grave. « C’est de cette manière qu’ils essayent de piétiner notre autonomie, c’est comme ça qu’ils essayent de piétiner notre organisation, mais, face à un peuple libre, ils auront besoin de plus que ça pour réussir à le faire plier ». Signée par l’Assemblée Générale communautaire Alvaro Obregon, le Conseil d’Anciens et leur garde communautaire, l’Assemblée de villages indigènes de l’Itsmo en défense de la terre et le territoire, leur déclaration finit par la phrase : « La terre, la mer, le vent ne se vendent pas, ils s’aiment et se défendent, pour l’autonomie et l’autodétermination de nos villages » (2)

RFM

D’autres communiqués ont circulé rapidement, comme celui de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón [Oaxaca], où a été décidé également de boycotter les élections. Parmi leurs exigences : la libération immédiate de leurs 10 compagnons prisonniers, dont le compagnon récemment arrêté Miguel Angel Peralta (très investi dans le processus d’autonomie d’Eloxochitlán) ainsi que l’abrogation des mandats d’arrêt contre 20 membres de l’assemblée. Dans le communiqué émis le 8 juin, l’Assemblée déclare : «  Face à la récente et évidente violation des droits humains des habitants d’Oaxaca ainsi que face aux humiliations et aux attaques systématiques de nos formes originaires d’organisation, l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón reste ferme sur le chemin d’une longue lutte, où la fatigue et l’épuisement ne sont qu’une raison pour lever les ailes et continuer à travailler pour le respect de l’auto-organisation des peuples originaires, et ce malgré le fait d’être au milieu du terrorisme d’État »(…)« Nous sommes témoins de la farce électorale avec laquelle prétend se légitimer un appareil de pouvoir toujours étranger à la vision et aux besoins des communautés d’Oaxaca, pour cette raison nous nous joignons aux appels lancés par la société civile, les villages du Mexique en résistance, les étudiants, les ouvriers, les organisations (…) pas un vote de plus pour ceux qui ont déchiré nos frères d’Ayotzinapa , Tixtla, Tlapa, Cheran, San Quintín, Xalapa, Atenco, San Dionisio del mar, Álvaro Obregón et tous les villages et les individus qui pour avoir levé leur voix, ici dans notre Mexique, ont été réprimés et massacrés (…) L’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón condamne l’intervention des forces de l’ordre mandatées par le gouvernement de Gabino Cué. Leur déploiement démontre, une fois de plus, l’échec catégorique de son discours « de transition politique et de gouvernement différent » et prouve ainsi clairement que le système politique est décadent et caduc ». (3)

Huajuapan  [Oaxaca] :

Dans cette localité de la région mixteca, des milliers d’effectifs de l’armée, de la police fédérale et de la gendarmerie, avançaient dans des convois en direction d’Oaxaca.

Les autorités fédérales avaient pour objectif d’étouffer par le feu et le sang les protestations et les résistances locales. Le boycott électoral convoqué par la Coordination Nationale des Travailleurs de le l’Éducation (CNTE) et reprise par des communautés de l’entité, se trouvait confronté à tout l’État mexicain. Dans le studio de la radio locale libre, le téléphone ne cessait pas de sonner, pour appeler à se joindre aux mobilisations, depuis le studio on appelait à la prudence, mais dans les faits l’histoire, elle, était toute autre. À midi les gaz et les boucliers des policiers ont fait leurs apparitions aux côtés de 4 hélicoptères de guerre, ce n’était pas une menace. L’affrontement avait déjà commencé, provoqué par quelques centaines de policiers fédéraux et de l’armée. Des centaines d’habitants et de professeurs qui se trouvaient à proximité de L’institut National Électoral (INE) ont commencé alors la résistance. Après quelques heures d’affrontements la police anti-émeute s’est repliée, quelque temps plus tard la population s’est repliée également. Certains se sont joints à la barricade de l’autoroute internationale, entre fumée de pneus brulés, chansons de protestation, les moments de tranquillité étaient stressants et fragiles.(4)

À Oaxaca de nombreuses actions – pour boycotter les élections et revendiquer de multiples exigences – ont été menées par des organisations, groupes, individus et maîtres d’école dans la ville d’Oaxaca, à Tehuantepec, Juchitán, Niltepec, Zanatepec, Chahuites, San Francisco Ixhuatán, Salina Cruz, Tapanatepec et Matías Romero entre autres. Rien qu’à Juchitán, 1000 éléments de la police fédérale et de l’Armée ont été déployés. De nombreuses arrestations ont eu lieu, on parle de plus de 79 personnes arrêtées. (5)

Cliquez ici pour lire l’article complet [Guerrero : Tixta, Tlapa de Comonfort ; Veracruz ; Les arrestations + vidéos]

[Bachajón-Chiapas] Voix depuis la prison : Juan Antonio Gómez Silvano

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 23 avril 2015 by liberonsles

bachajonres2

Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques.

Lettre envoyée par le GT No Estamos Todxs, Chiapas, mois d’avril 2015

Prison Nº12 Yajalón,Chiapas

Compagnons et compagnonnes de la Sexta International, recevez une salutation cordiale depuis la prison de Yajalón, Chiapas.

Je m’appelle Juan Antonio Gómez Silvano, je suis adhérent à la Sexta, je suis injustement emprisonné depuis le 16 septembre 2014. Cela fait 7 mois que je suis ici, enfermé. Des délits de tentative d’homicide et port d’arme ont été fabriqués de toute pièce à mon encontre, alors que je ne connais pas les armes à vraie dire. C’est pour cette raison, compagnons et compagnonnes, que je vous demande de faire quelque chose pour nous [ aussi pour Mario Aguilar Silvano, prisonnier de San Sebastián Bachajón arrêté pour la même chose que moi et qui appartient également à la même organisation].

C’est parce que nous avons la même couleur que la terre qu’ils nous emprisonnent et nous maltraitent, moi j’ai été torturé et tabassé dans l’enceinte du Ministère publique.

Depuis la prison nº12 Yajalón, Chiapas.

Recevez une salutation cordiale.
C’est tout compas, s’il vous plaît je vous demande de diffuser ce petit message.

Merci compagnons et compagnonnes,

Signé par le prisonnier politique Juan Antonio Gómez Silvano

Le contexte:
Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

bachajonlib1

Juan Antonio Gómez Silvano, ainsi que ses compagnons de lutte Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta depuis le début. Tous les trois sont aujourd’hui enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Tous les trois ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Le terrain communal de Bachajón est situé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón. Cette zone abrite l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner la technique de contrôle territorial utilisée par l’État dans cette zone depuis les treize dernières années, qui consiste à encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection » que l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

Le complexe touristique CIPP-CAA a été, depuis 20 ans, l’objet de spéculation financière de la part des grands groupes hôteliers. En mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama), présentent le projet pour « développer l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique pour identifier les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hôtels-resorts dans lesquels investiront les chaînes de tourisme mondial les plus luxueuses : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européen cinq étoiles, le Resort, avec hôtel, centre de conférences et golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin…

…Dans ce contexte les membres du terrain communal de Bachajon n’ont jamais cessé de se battre contre ces intérêts et contre l’État lui même, le prix de la rébellion a été depuis toujours la répression, la prison et l’assassinat…

 Le 24 avril 2015, des hommes, femmes et enfants du terrain communal de Bachajon organiseront une cérémonie en mémoire de l’un des leurs, leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, indigène tzeltal de 32 ans, défenseur des droits humains et du territoire, assassiné à son domicile, la nuit du 24 avril 2013.

Cliquez ici pour lire l’article complet + les Dernières nouvelles ( Vidéos – Témoignages des habitants de Bachajon, Chiapas dont Juan Vázquez avant de se faire assassiner, sous-titres en  français)

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