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[PARIS] Soirée-concert de soutien aux prisonnier.e.s des Amériques, le samedi 11 avril 2015 au CICP

Posted in Actions, Campagnes on 28 mars 2015 by liberonsles

soiréeconcert11avril2015defDans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier.e.s politiques qui aura lieu à Paris du 10 au 18 avril 2015, Les Trois Passants, le Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA Nitassinan), Terre et Liberté pour Arauco et le Groupe de Soutien à Leonard Peltier vous invitent à une soirée-concert de soutien aux prisonnier.e.s des Amériques

Le samedi 11 avril 2015 à partir de 18h
au Centre International de Culture Populaire (CICP)
21ter rue Voltaire, Paris 11e (Mo : Rue des Boulets [L9] – RER : Nation)

18h – Informations sur les prisonnier.e.s adhérent.e.s à la Sexta zapatiste, les anarchistes incarcérés à Mexico, les prisonnier.e.s mapuche, Leonard Peltier.

Projections de vidéos, lecture de lettres de prisonnier.e.s envoyées pour l’occasion et tables de presse.

20h – Concert de soutien pour les prisonnier.e.s avec la participation solidaire des groupes :

Le Galactic Fumble (Punk’n’roll)
Edouard Nenez et les Princes de Bretagne (Punk maraîcher).

Entrée : Prix libre

No dog, no master, et pas de verre merci !

À bas les murs de toutes les prisons!

Plus d’infos :
Les Trois Passants
CSIA-Nitassinan
Terre et Liberté pour Arauco

Programme de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui aura lieu à Paris du 10 au 18 avril 2015

Derniers jours de l’Expo: Ici et la bas, un reflet de notre douleur et notre rage, du 2 au 29 mars 2015

Posted in Actions, Campagnes on 24 mars 2015 by liberonsles

affiche

Expo « Ici et la bas, un reflet de notre douleur et notre rage »

du 2 au 29 mars 2015
Au Moki Bar et à l’Atelier (en fond de cour)
61 rue des Vignoles , 75020 (métro Avron)

Soirée-Apéro vernissage le 15 mars 2015 à partir de 17H durant laquelle seront mis en vente des affiches en solidarité avec les prisonnier-e-s adhérents à la 6ème déclaration zapatiste « La sexta » et les anarchistes incarcéré-e-s au Mexique. Possibilité de récupérer des affiches le 29 mars. Pour nous contacter : liberonsles@riseup.net

Plus d’infos sur les prisonnier-e-s au Mexique sur : https://liberonsles.wordpress.com (les trois passants)
et sur un retour en dessin et couleur de la manifestation du 22 février 2014 à Nantes en soutien à la ZAD (Zone à défendre) de Notre Dame des Landes
http://encressurphotos.jimdo.com/nddl

L’argent recueilli lors de cette expo sera versé à la Croix Noire Anarchiste de Mexico et aux comités locaux de soutien aux prisonniers de la sexta.

En réponse au texte de non-fides

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Chiapas, Loxichas, Oaxaca, Ville de Mexico on 25 février 2015 by liberonsles

En réponse au texte de non-fides : Mexico/Paris : A propos d’un « Repas solidaire pour les prisonnièr-e-s incarcéré-e-s au Mexique »

En réponse au texte de non-fides : Mexico/Paris : A propos d’un « Repas solidaire pour les prisonnièr-e-s incarcéré-e-s au Mexique » (http://www.non-fides.fr/?Ce-n-est-pas-parce-que-nous-sommes).

La veille du repas solidaire pour les prisonnièr-e-s incarcéré-e-s au Mexique, le site non-fides a publié un texte qui critique et remet en question notre lutte.

Pourquoi publier ce texte si tard ?

Le repas est annoncé depuis presque un mois. S’il s’agissait de créer un débat, il aurait pu être publié beaucoup plus tôt. Et il aurait aussi pu nous être envoyé par mail, par exemple. Mais non, il a été publié directement sur plusieurs sites internet la veille du repas. Ce que nous ne comprenons pas. Sommes nous des ennemis avec lesquels on ne peut discuter ou débattre ? Qu’il faut détruire, dénigrer, décrédibiliser ? Saboter les événements ? En tout cas les personnes de non-fides n’aiment pas le débat, malgré ce qu’ils-elles veulent faire croire sur leur site, car ils-elles n’ont jamais essayé de nous contacter ou de parler avec nous.

Dans ce texte, nous apprenons que les personnes de non-fides, à la lecture de notre tract, ont « immédiatement pensé que ça ne plairait pas aux compagnon-ne-s de voir leurs noms utilisés de cette façon et associés à des personnes qui n’ont rien à voir avec elles. »

À notre tour de répondre et nous ne citerons pas des textes des prisonnier-e-s comme le fait non-fides, nous ne parlons pas à leur place !

Nous ne pensons pas non plus à la place des prisonnières et des prisonniers, nous échangeons régulièrement avec elles et eux. Ils et elles sont au courant de ce que nous faisons, nous les consultons, ainsi que leurs groupes de soutien. Nous allons les voir quand nous le pouvons et nous traduisons et diffusons leurs communiqués.

Mais nous ne parlons pas en leur nom et nous ne pensons pas à leur place !

Dans ce texte les personnes de non-fides disent aussi que les prisonniers de la guerre sociale ne sont pas des pions, ni des variables, ni un gros tas informe de corps éloignés qui n’ont pas leur mot à dire, et qui sont hors de la société et de nos vies. Nous sommes d’accord avec cette affirmation.

Alors pourquoi les personnes de non-fides pensent à la place des prisonnier-e-s ? Les personnes de non-fides devraient plutôt relire leur texte et se l’appliquer eux-elles-mêmes.

Pour ne pas ressembler à des journalistes de merde à la solde de l’État, les personnes de non-fides feraient mieux de se renseigner et de parler avec les personnes qu’ils-elles souhaitent critiquer, ça leurs éviterait d’écrire des sottises.

À moins que… à moins qu’au final le but de ce texte de non-fides soit simplement de se faire de la publicité sur le dos des prisonnier-e-s en les utilisant.

Au final le texte de non-fides n’est rien d’autre qu’une coquille vide. Il agglutine des critiques vides sans fondement, puisqu’elles se basent sur des éléments non-vérifiés, sans analyse, ni réflexion réelles, utilisant des arguments sur lesquels tou-te-s sont d’accords, escamotant et citant des parties du tract et des textes des prisonnier-e-s, hors de leurs contextes et omettant des parties de ceux-ci, de tel façon qu’il est facile de démontrer ce qu’ils-elles veulent. Comme ça, c’est sûr, ils-elles ont toujours raison ! Qu’elles-ils s’amusent bien !

Notre solidarité va aux prisonnier-es, à leurs proches et à leurs groupes de soutien. Ils et elles sont parfaitement au courant des actions/événements/repas/concerts que nous faisons.

À bas les murs de toutes les prisons !

Les trois passants

PS1 : Vous trouverez ci-dessous deux communiqués de groupes ou collectifs qui accompagnent certain-e-s prisonnier-es au Mexique à propos de ce repas et du texte de non-fides.

Croix Noire Anarchiste de Mexico:

C’est avec beaucoup de joie que nous saluons cet événement. Savoir que la situation de nos frères et soeurs emprisonné-e-s sur ces terres sera connu sur les vôtres nous rempli d’émotion. Cela démontre une fois de plus que la solidarité ne connaît ni frontières ni distances.

Depuis déjà plusieurs années, depuis 2009 pour être exact, nous connaissons le travail du groupe Trois passants et leurs efforts pour accompagner les prisonnier-e-s. Cette année-là nous avons commencé un travail de solidarité qui persiste jusqu’à maintenant. Cette relation s’est basée sur le respect de nos différences et dans l’effort mutuel de construire des ponts entre les résistances. Ainsi depuis lors, nous avons essayé de construire des relations solidaires entre nos différentes réalités, en incluant sur ce chemin nos camarades prisonnier-e-s.

Nous ne croyons pas à l’unité en toutes choses, nous savons parfaitement qu’il existe des postures et des pratiques que nous ne partageons pas, dont nous ne voulons même pas être proches. Cependant, ce en quoi nous croyons est de se regrouper avec ceux-celles avec lesquel-les nous sommes d’accord sur certaines choses, pas pour être plus, nous ne croyons dans les masses, mais pour partager et apprendre.

Ensemble avec Les Trois Passants, nous avons appris que la solidarité n’est pas une relation unilatérale, mais une relation avec des aller-retour. C’est pour cela que chaque fois qu’ils-elles vont réaliser un évènement pour soutenir les prisonnier-e-s de la région mexicaine, on en parle avec les camarades, ce qui nous parait extrêmement important, en effet comme le dit Amèlie dans son texte « Nous ne voulons pas être récupéré-e-s. « Ce n’est pas parce que nous sommes en prison que nous n’avons pas de voix ».

En ce sens, nous ne sommes les porte-parole de personne, si ce n’est nous-mêmes ; les camarades prisonnier-e-s sont capables de parler pour eux-elles et ils-elles l’ont fait à chaque fois qu’ils-elles l’ont trouvé pertinent. Et nous sommes sûr qu’ils-elles le feront à propos de cet évènement.

Nous en profitons pour partager avec vous quelques nouvelles. Hier, Amélie, Fallon et Carlos ont reçu la notification de non-lieu au niveau du délit fédéral pour les dommages dont ils-elles étaient accusé-e-s. Et la sentence de 2 ans et 7 mois pour les délits locaux d’attaque à la paix publique et dommages leurs ont été confirmés.

Liberté pour tou-te-s !

Croix Noire Anarchiste Mexico
http://www.abajolosmuros.org/index.php/textos-y-documentos/369-saludo-a-les-trois-passants

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Comité de solidarité avec Mario González:

Nous saluons l’effort solidaire qui est réalisé ce jour pour rendre visible la situation de différent-e-s camarades prisonnier-e-s, pour que leurs voix soient écoutées et qu’on les connaissent.

D’autre part, nous avons vu un texte qui remet en question cette activité parce qu’elle réunit de l’information à propos de différent-e-s prisonnier-e-s, qui n’ont effectivement aucune relation ni affinité dans beaucoup de cas.

Cependant, nous ne comprenons pas sur quoi se basent les accusations contres nos camarades les trois passants, qui se sont montrés très solidaires et ont maintenu une communication constante avec les camarades prisonnier-e-s au Mexique et les collectifs ou groupes qui les accompagnent (ce dont nous sommes témoins); Les accusations portées contre les trois passants dans le texte suivant http://www.non-fides.fr/?Ce-n-est-pas-parce-que-nous-sommes sont incorrectes, nous demandons à ceux-celles qui ont écrit ce communiqué qu’ils-elles se renseignent bien avant de lancer des commentaires qui peuvent affecter un travail qui a été fondamental pour les prisonnier-e-s en luttes sur ces terres. Cela fait plusieurs années que ce collectif a accompagné des prisonnier-e-s enfermés au Mexique et marché avec eux-elles dans une lutte continue pour leur liberté.

Depuis octobre 2013, quand notre camarade Mario González a été détenu, ce collectif en particulier nous a apporté sa solidarité constante, s’est maintenu en contact permanent. Nous savons qu’ils-elles demandent toujours avant d’agir, ils-elles sont totalement respectueux-ses des intérêts et des décisions des prisonnier-e-s.

Nous avons été témoins que cette dynamique a continué avec les autres prisonnier-e-s : Fer, Abraham, Carlos, Amelie et Fallon, qui sont au courant de l’activité d’aujourd’hui 28 février et certain-e-s ont même écrits des textes pour qu’ils soient lus dans cet espace.

Nous savons que les prisonnier-e-s pour lesquel-le-s se fait cette activité ont des idées et des affiliations très différentes, mais nous savons aussi qu’ils-elles sont au courant de cette activité et sont d’accord que l’on parle de leur situation durant ce repas.

Nous exprimons notre complète solidarité et appui au travail des trois passants, nous appelons à formuler des critiques informées et constructives, à exprimer notre solidarité par des actions concrètes et pas à travers des rumeurs.

Les prisonnier-e-s dans la rue !

Nuria Ramìrez et Mario Gonzàlez.
Lettre en espagnol sur le site du Comité de solidarité avec Mario González

Ville de Mexico: Voix depuis la prison

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 30 janvier 2015 by liberonsles

Des nouvelles des prisonniers anarchistes
libaran

 Notre compagnon Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, et condamné à plus de 13 ans de prison ferme. Abraham est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013, et c’est lui qui a la sentence la plus lourde, il n’a pas de famille dans la ville de Mexico. Abraham se trouve actuellement à la Prison Nord de la Ville de Mexico, il partage certains moments de sa journée avec le compagnon Fernando Barcenas, lui aussi condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Depuis leurs arrestations ils sont devenus copains de lutte à l’intérieur de la taule, ensemble ils ont décidé de se battre pour obtenir leur liberté.

portabrahamQui est Abraham Cortés Ávila ?

Abraham Cortés Ávila est un jeune artisan et jongleur âgé de 23 ans, il est originaire de la ville de Tlaxiaco, État d’Oaxaca. Le 2 octobre 2013, Il s’est rendu au centre de la ville de Mexico pour acheter le matériel nécessaire pour faire son artisanat. Après avoir vu le dispositif policer disproportionné de la manifestation commémorant chaque année le massacre d’étudiants de 1968, il a décidé de s’incorporer à la marche au niveau du Théâtre « Blanquita ». Là, il a trouvé une connaissance qu’il a accompagné pendant une partie du parcours.

Au bout de quelques mètres, ils se sont aperçu qu’ils étaient suivis par deux personnes habillées en civil avec une coupe militaire, tout en observant les agressions de la police anti – émeutes qui agressaient les manifestants de façon généralisée. C’est à ce moment-là qu’ils ont commencé à courir poursuivis par les deux personnes qui semblaient les suivre. Après être arrivés au panthéon de San Fernando aux environs du métro « Hidalgo », ils sont rattrapés et agressés par des inspecteurs.

Une fois qu’Abraham a été arrêté, il a été jeté de force dans une voiture de police, puis les policiers ont parcouru la zone en récoltant différents objets qu’ils trouvaient sur le chemin, entre autres des balles calibre 223, balles qui serviraient plus tard à monter de toute pièce des preuves pour l’accuser des actes délictueux. Abraham a subi pendant à peu près une heure des agressions et des traitements dégradants, puis il a été présenté aux bureaux du Procureur Général de la République (PGR), avant d’être transféré plus tard au commissariat d’Iztacalco. C’est à ce moment-là que deux personnes en uniforme sont arrivées en l’accusant de tentative d’homicide.

Le 4 octobre 2014 Abraham a été présenté au juge de la prison Nord de la ville de Mexico, Jorge Martínez Arreguín, qui lui a signifié sa détention pour les délits de tentative d’homicide, d’outrage à agent et attaques à la paix publique.

Le 2 juin dernier une sentence de 13 ans et 4 mois de prison ferme lui a été dictée, et ce malgré le fait que le commissariat n’a jamais confirmé le témoignage des policiers qui l’accusent, et malgré le manque de preuves suffisantes pour continuer son procès.

D’autres irrégularités graves ont été constatées dans son cas : les agressions qu’il a subies au moment de son arrestation, le retard pour le présenter devant une autorité compétente, des agressions physiques et psychologiques durant son transfert et la fausse accusation de port de balles [calibre 223].

À présent Abraham se trouve dans la prison Nord avec Fernando Bárcenas, tout les deux ont démarré un projet de diffusion anti – carcérale à l’intérieur de la prison, il s’agit d’un petit journal appelé « el Canero »[le prisonnier, celui qui est en taule]

Pour ce qui est du procès, après la sentence un appel a été présenté par sa défense, mais la sentence a été à nouveau confirmée, la seule solution juridique qui lui reste pour obtenir sa libération est le recours « d’Amparo directo » [Habeas Corpus*]. Sa demande de recours sera étudiée par le troisième tribunal collégial en matière pénale du premier degré, formé par les magistrats Humberto Venancio Pineda, Ricardo Ojeda Bohórquez et Humberto Manuel Román Franco.

Lettre d’Abraham Cortés Ávila

Janvier 2015

Le 2 octobre 1968 est un jour d’injustice, de disparition et de mort. Maintenant, ce n’est pas seulement un jour, c’est tous les jours, ce système qui gouverne pareil à tous les précédents, c’est toujours la même chose, le peuple connaît seulement la pauvreté, ici dans la prison nous sommes punis aussi, le bourgeois n’est rien sans le peuple. Des centaines, des milliers de prisonniers, et chaque fois il y a plus de prisons, l’injustice c’est pour le peuple… ça suffit !

Avant, je pensais que l’esclavage n’existait plus et je pensais que nous étions libres, mais non, la vérité c’est que nous n’avons jamais été libres, nous n’arrivons pas à l’indépendance totale, nous continuons d’être des esclaves, mais à présent nous ne sommes pas esclaves d’un seul patron, mais d’un président, de l’armée, de la police. Nous devons donner toujours notre adresse pour qu’ils aient le contrôle sur nous, sans parler de la carte d’identité, être plus surveillés ce n’est pas possible.

Mais quelle liberté avons-nous ? Si dans les rues nous sommes surveillés pareil qu’en prison, la prison est un instrument de destruction, elle ne te réhabilite pas, elle fait mal, elle détruit… et comme ils disent ici : elle fait de toi un enfoiré. Cela faits déjà 6 mois que je suis ici en taule et je suis en lutte, je ne vais jamais me mettre à genoux, mon poing reste levé et mon esprit fort.

Bientôt j’aurais la réponse du troisième tribunal collégial en matière pénale du premier degré à propos de mon dernier recours, j’espère seulement qu’ils feront leur boulot, car nous savons tous qu’ils sont en train de piétiner mes droits, c’est abusé, c’est le même système qui m’a mis ici en prison, qui m’a séquestré avec une sentence très lourde de 13 ans et 4 mois. Eux et nous savons qu’ils n’ont pas les éléments pour me maintenir ici en prison, il s’agit d’une stratégie pour faire peur au peuple, mais ces histoires nous n’y croyons plus, il ne s’agit pas de la liberté d’une seule personne mais de celle de tous, parce que ici en prison il y en a beaucoup d’autres qui veulent leur liberté.

 Liberté à tous et à toutes les prisonniers/ères
À bas les institutions !
Abraham Cortès

*Acte célèbre passé en loi anglaise, qui accorde à tout accusé le droit à un jugement.

ferFernando Bárcenas Castillo est un jeune musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”. Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas à un an de sa détention.

Traduit par les trois passants
Correction Myriam et Amparo

Source Comite de Solidaridad con Mario Gonzalez  et Proyecto Ambulante

CHIAPAS : Appel à la Solidarité avec San Sebastian Bachajon

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 13 janvier 2015 by liberonsles

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Appel du Congrès National Indigène à la Solidarité avec le terrain communal de San Sebastian Bachajon

À la Sexta Nationale et Internationale
Aux peuples du Mexique et du Monde

Le 21 décembre dernier, nos frères et sœurs, des femmes, des hommes et des enfants de la communauté indigène tseltal de San Sebastián Bachajón ont récupéré leurs terres. Ce sont des terres d’une grande richesse naturelle qui se trouvent à l’entrée des Cascades d’Agua Azul ; des terres dont le mauvais gouvernement a essayé de les expulser afin d’imposer ses projets de mort. Mais nos frères, qui connaissent bien le gouvernement, savent qu’il veut les faire disparaître en tant que peuples et communautés indigènes . Ils n’ont jamais permis ni ne permettront que le mauvais gouvernement construise ses hôtels et ses autoroutes, qu’il appelle prétentieusement le Cancún du Chiapas.

Par des menaces de groupes armés et par le biais d’ordres d’appréhension, il a essayé d’arrêter la défense digne et nécessaire que mènent nos frères [de Bachajon]. Comme si ne lui suffisait pas la douleur qu’il a déjà causée, aujourd’hui, 9 janvier 2015, vers 6h30, environ 800 policiers de l’État ont envahi le campement de nos frères. Ont suivi une expulsion violente et la disparition pendant quelques heures de huit membres de la communauté.

Nous rendons responsables de toute agression contre nos frères et sœurs les trois niveaux du gouvernement [municipal, fédéral et de l’État] parce que ce sont eux qui dirigent les attaques à l’encontre de nos frères et à l’encontre du peuple mexicain. Nous connaissons bien ces leaders paramilitaires qui ont un nom et un prénom, ce sont Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et ses assistants tels que Leonardo Guirao.

Nous, le Congrès National Indigène, lançons un appel à tous les compagnons et compagnonnes qui cheminent et ont cheminé avec nous à rester attentifs face à la difficile situation que les frères du terrain communal de Bachajón sont en train de vivre aujourd’hui. Nous lançons un appel à nous solidariser selon nos temps et nos géographies avec nos frères de Bachajón et avec d’autres peuples et communautés qui forment le Congrès National Indigène. Nous avons pu constater ces jours-ci l’escalade des agressions de la part du mauvais gouvernement contre ceux qui participent au CNI [Congrès National Indigène]. Nous ne pouvons pas laisser dans l’oubli l’agression qu’ont subie les frères qui revenaient du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme.

Ils prétendent nous faire peur, nous incarcérer comme ils l’ont fait avec nos frères Yaquis, nous faire disparaître comme ils l’ont fait avec nos frères d’Ayotzinapa, nous assassiner comme ils l’ont fait avec nos frères nahuas de Santa María Ostula, et nous réprimer comme aujourd’hui ils le font avec nos frères tseltales.

Nous leurs disons une fois pour toutes que nous n’allons pas cesser notre lutte pour la vie et contre le capitalisme.
« Plus jamais un Mexique sans nous »
Congrès National Indigène
Mexique 9 janvier 2015.

***

D’autres communiqués circulent en appelant à la solidarité nationale et internationale, surtout suite aux derniers événements qui ont eu lieu ce dimanche 11 janvier :

Dernier communiqué urgent du terrain communal de San Sebastián Bachajón

Par le biais d’une série d’actions planifiées pour récupérer les terres et la cassette de péage qui le mauvais gouvernement nous a expropriés le 9 janvier dernier en utilisant la force publique, nous avons procédé ce dimanche 11 janvier 2015 au blocage du carrefour des cascades d’Agua Azul.

Face à cette action le gouvernement [de l’État du Chiapas] de Manuel Velasco Coello a donné l’ordre aux forces de police de nous réprimer et de dissoudre le blocage, en usant de balles de gomme et de balles réelles qui ont laissé deux compagnons blessés.

Nous émettons ce communiqué afin de vous faire connaître les faits, d’exiger le repli de la force publique et l’arrêt de la répression contre les peuples indigènes qui luttent contre le pillage des mauvais gouvernements, ainsi que d’appeler à votre solidarité envers nos frères.

Nous sommes conscients que les prochaines heures sont cruciales, la situation de tension s’accroît du fait que les forces de l’ordre continuent d’être présentes dans la zone en nous intimidant et en nous harcelant.

Terrain communal de San Sebastián Bachajón

Ndt : Selon certains médias libres, en réponse aux faits qui ont eu lieu à San Sebastián Bachajon, une caravane solidaire d’accompagnement composée d’adhérents nationaux et internationaux à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone partira en direction de San Sebastián Bachajón dans les prochaines heures.

Ce que nous vous proposons de manière rapide et solidaire est, comme la dernière fois, d’envoyer ce petit texte aux mauvaises autorités dont voici les mails :
secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx

Texte à envoyer en espagnol :
Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos al Gobierno del Estado de Chiapas a Cargo de Manuel Velasco Coello ponga fin a las agresiones de las que están siendo objeto en este momento los hombres, mujeres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón. Nos hemos enterado de la ultima agresión que sufrieron el día 11 de enero 2015 en donde la fuerza publica emprendió una balacera dejando a dos personas heridas, ante estos hechos exigimos se garantice la vida e integridad física y psicológica de las mujeres, hombres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón, que la fuerza publica se retire de la zona a fin de evitar que haya mas heridos. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.
(signature, organisation, collectif, individu)

Voici la traduction du texte proposé :
Nous exigeons du gouvernement du Chiapas et de son gouverneur, Manuel Velasco Coello, qu’ils mettent fin aux agressions qui visent en ce moment les hommes, femmes et enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón. Nous avons été informés de la dernière agression qu’ils ont subie le 11 janvier dernier, lors de laquelle les forces de l’ordre ont usé de balles réelles, laissant deux blessés. Face à ces faits, nous exigeons que soient garanties la vie et l’intégrité physique des femmes, des hommes et des enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón, nous exigeons aussi que les forces de l’ordre se retirent de la zone afin d’éviter qu’il y ait de nouveaux blessés. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par Les trois passants/correction Myriam et Valérie

Sources ( medias libres) :
Llamado del CNI a la solidaridad con San Sebastián Bachajón
video-comunicado urgente de los ejidatarios de Bachajon adherentes a la sexta+ photos
+ de 50 organisations et individus dénoncent les attaques contre les comp@s de bachajon

→Chronologie des faits

MEXIQUE: Début du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le capitalisme

Posted in Actions, Archives, Chiapas, EZLN, Ville de Mexico on 24 décembre 2014 by liberonsles

festifesti

Début du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le capitalisme
Où ceux d’en haut détruisent, ceux d’en bas reconstruisent
21 décembre 2014.

À 15h passées, en présence d’un grand nombre d’assistants et selon une cérémonie Otomí, la Communauté de San Francisco Xochicuautla (État de Mexico) a inauguré et présenté les travaux du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme.

Face à l’estrade, 43 chaises représentaient symboliquement les étudiants normaliens disparus à cause de l’État mexicain, le 26 septembre 2014. Était ainsi manifestée l’espérance de les avoir parmi nous.

Cet évènement avait été décidé au mois d’août dernier, lors de la rencontre (Compartición) entre le Congrès National Indigène (CNI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), rencontre nommée « Compagnon David Ruiz García »*. Les participants y avaient partagé et exposé leurs expériences et stratégies contre le capitalisme.

Les premiers mots ont été prononcés par les membres de la communauté de Xochicuautla : « Aujourd’hui, Xochicuautla est l’exemple du fait que, au Mexique, non seulement on assassine des étudiants mais qu’on assassine aussi la nature ».

La communauté, qui fait partie du CNI (Congrès National Indigène), a partagé avec les participants les difficultés rencontrées dans la lutte contre la construction de la route Toluca-Naucalpan, dont la réalisation détruira le bois Otomí-Mexica, connu aussi comme le Grand Bois d’Eau.

“Nous savons l’importance de préserver la nature. Nous avons été créés pour rappeler au monde qu’il n’existe pas de chose plus précieuse que la vie même, manifestée dans cette Terre Mère, et qu’elle n’a pas pu être remplacée par l’or, l’argent ou les billets créés par l’homme. Ils pourront dire que nous sommes pauvres et que nous renonçons au développement, que nous sommes pauvres parce que nous n’avons pas d’argent … »

La majorité des communautés du CNI ont mené une lutte contre le gouvernement et le secteur privé puisque, avec la construction de routes, l’installation de mines, la construction d’aqueducs, l’installation de conduites de pétrole, ou d’autres projets, ils ont détruit des lieux essentiels pour la survie des villages comme les rivières, les montagnes, les bois, etc.

« À présent, nous nous rendons compte que quatre maladies affectent nos frères mexicains. La première est l’ignorance ; nous ignorons le danger que la Terre Mère est en train de vivre. La deuxième est l’apathie… La troisième est la peur… La dernière et la plus grave maladie qui affecte les gouvernants est l’argent… »

Quelques parents des étudiants disparus de l’école « Raúl Isidro Burgos » ont dit quelques mots en remerciant les organisations, collectifs et individus pour leur appui et leur solidarité.  « Jamais nous ne fatiguerons, car ces 43 chaises attendent les 43 élèves et que ces 43 maîtres vous sont destinés, à vous, gens humbles qui avez besoin d’eux. »

Des membres d’autres communautés et du CNI ont pris la parole en remerciant les milliers de personnes présentes et en demandant d’être attentifs à la situation des diverses luttes et des résistances qui se développent sur le territoire mexicain.

Un communiqué émis par les paysans tzeltales du terrain communal de San Sebastian Bachajón a été lu, où ils expliquent leur lutte pour la récupération de leurs terres : «  Notre peuple continue de lutter contre le pillage et la répression du mauvais gouvernement qui veut nous enlever nos terres coûte que coûte, nos ressources naturelles et notre dignité en tant que peuple… Il nous enlève notre terre pour la donner aux entreprises et aux politiciens corrompus afin qu’ils deviennent encore plus riches, tandis que nous, nos communautés, meurent de faim… »

Enfin ont commencé les différentes activités culturelles lancées par la communauté de San Francisco Xochicuautla et prévues pour tout le festival.

La communauté de San Francisco Xochicuautla a été fortement réprimée pendant des années, notamment ces derniers mois. Le 3 novembre 2014, bien que ses membres aient déposé plusieurs recours (amparos), l’entreprise Autovan a fait irruption avec ses machines et ses travailleurs sur le territoire communal de Xochicuautla, avec l’appui des centaines de CRS municipaux et locaux. Face à cette incursion illégale, les paysans de la communauté ont interpellé les forces de l’ordre en exigeant qu’on leur montre le permis de construire relatif à  l’autoroute privée qui prévoit de détruire un bois qui fournit de l’eau à la vallée du Mexique. Jusqu’à présent, la réponse des autorités gouvernementales a été l’arrestation arbitraire d’au moins 20 indigènes ñathö.

Les compagnons de Bachajon, eux aussi, ont été réprimés en réponse à la lutte contre le pillage de leurs terres. Si leur lutte a été constante et infatigable, le gouvernement a frappé fort en assassinant le compagnon Juan Vázquez Guzmán le 24 avril 2013 et le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano le 21 mars 2014, et en emprisonnant les compagnons Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano, Roberto Gomez Hernandez, Santiago Moreno Perez et Emilio Jimenez Gomez.

Arrêtés le 16 septembre 2014, Juan Antonio, Mario Aguilar et Roberto Gómez sont aujourd’hui enfermés pour avoir lutté pour leurs droits légitimes au territoire en affrontant le gouvernement qui cherche à les dépouiller de leurs terres, où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, afin d’y construire le futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Depuis des années, les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon n’ont pas cessé de dénoncer la persécution politique et le pillage de leurs terres, et ce malgré la répression, l’assassinat et l’emprisonnement de leurs compagnons.

Extrait du communiqué de la communauté indigène Ñatho de San Francisco Xochicuautla, Lerma, État du Mexique- Congrès National indigène et du  front de villages indigènes pour la défense de la Terre Mère :

« … L’État mexicain juge inacceptables les revendications du peuple face à toutes les injustices dont il s’est rendu coupable contre lui : injustices commises aujourd’hui à Iguala Guerrero contre nos frères normaliens ruraux d’Ayotzinapa mais aussi, hier déjà, contre nos frères de San Salvador Atenco et nos frères d’Acteal et d’Aguas Blancas… Harcèlements et persécutions de nos frères Yaquis, des prisonniers politiques de Tlanixco, des défenseurs de l’eau et d’autres encore… Injustices commises à Tlatlaya, avec le cas de la garderie ABC… Constants féminicides, jamais élucidés, perpétrés dans l’État du Mexique… Répressions, persécutions et  harcèlement à Xochicuautla et Huitzizilapan, avec l’arrestation arbitraire dans deux occasions des compagnons indigènes ñathos et finalement l’incarcération de 22 d’entre eux ».

« …Les pouvoirs en place veulent nous faire taire quand nous protestons contre les injustices dont l’État est l’auteur, contre sa corruption et son impunité. Leur solution, nous l’avons déjà entendue ces jours-ci dans la bouche du président lui-même : « Encore plus de répression » ».

“Nous leur disons que nous ne nous fatiguerons pas, que nous continuerons d’avancer de défendre notre Terre Mère”

“…Cette relation que nous avons entretenue au long des siècles avec notre Mère la Terre, c’est ce qui nous réunit aujourd’hui ici pour continuer à la défendre …”.

Résumé et traduction les trois passants et Myriam/correction Valérie

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*David Ruiz García a perdu la vie dans un accident alors qu’il rentrait de l’hommage réalisé à la mémoire du votan zapatiste Galeano, le 25 mai 2014.

Sources (médias libres) :
Donde los de arriban destruyen, los de abajo reconstruimos +audio+photos
“Lo que pasa en Xochicuautla es el espejo de lo que pasa en otros pueblos de todo el país”, pueblos originarios.
Communiqué – début du Premier Festival mondial des Résistances et des Rébellions contre le capitalisme
Vidéo : Arrestations à Xochicuautla, 3 novembre 2014.

 

CHIAPAS: Action urgente pour le terrain communal de Bachajón

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 23 décembre 2014 by liberonsles

bachajon21 Le terrain communal de San Sebastian Bachajon, adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone, Chiapas, Mexico
le 22 décembre 2014.

Action urgente

Résumé :

Le 2 février 2011, le gouvernement mexicain a exproprié par la force une surface de terre appartenant au terrain communal de San Sebastián Bachajón, sur lequel passe un chemin conduisant au « Centre Écolo -Touristique « Cascades d’Agua Azul  » qui se trouve au village voisin du même nom, dans la commune de Tumbalá, Chiapas, Mexique. Cette destination touristique reconnue au niveau mondial, fait partie d’un méga-projet que le gouvernement mexicain essaie de mettre en route : le « Centre Intégralement Planifié Palenque (CIPP) ». Sur la dite surface, les paysans communaux adhérents à la Sixième déclaration zapatiste avaient construit un péage (autogéré), une salle de réunion et des toilettes publiques. Le gouvernement mexicain les en a ensuite expulsé avec violence et contre leur gré, sans consultation ni mandat préalable. La surface de terre a été alors expropriée et surveillée par plusieurs corporations policières, jusqu’à l’aube du 21 décembre 2014, quand la terre fut récupérée par l’organisation du terrain communal de Bachajón.

Le commissaire « ejidal » officiel Francisco Guzmán Jiménez a collaboré avec le gouvernement pour la remise des terres, et actuellement son successeur Alejandro Moreno Gómez et le Conseiller officiel de vigilance Samuel Díaz Guzmán collaborent dans le même sens, avec le gouvernement mexicain, sans prendre en compte la volonté du village, prétendant ainsi remettre encore une fois nos terres aux mains du gouvernement fédéral et de l’état.

Les faits :

Le 21 décembre 2014 à environ six heures du matin, plus de 300 hommes, des femmes et des enfants des trois régions qui forment le terrain communal de Bachajón, ont récupéré d’une manière pacifique les terres placées sur le domaine du terrain communal, dans la municipalité officielle de Chilón, Chiapas, qui est contigu à la municipalité de Tumbalá et à la commune d’Agua Azul. Sur ces terres passe un accès vers le Centre touristique « Cascadas de Agua Azul », reconnu au niveau mondial.

La récupération de ces terres expropriées est le résultat d’un accord célébré entre ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] faisant partie des trois zones qui composent le terrain communal de Bachajón qui sont : Bachajón, Alan Sacjun et Ch’ich. Depuis à peu près trois ans le gouvernement mexicain, au travers de la CONANP [Commission Nationale des Zones Naturelles Protégées], de l’IPC [Institut de Protection Civile] et du SSyPC [Secrétariat de Sécurité et de Protection Citoyenne] s’est approprié cette surface sans la permission et l’autorisation du terrain communal, sans consultation, ni consentement libre préalable et informé.

Selon les informations que nous avons reçues, nous craignons que dans les prochaines heures les autorités réagissent de manière violente afin de déloger les femmes, les hommes et les enfants qui à présent défendent les terres récupérées. De la même manière, les fonctionnaires du gouvernement mexicain ont signalé aux ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] que d’un moment à l’autre ils enverront la force publique pour les expulser. Peu importe que l’organisation ait manifesté sa disposition à dialoguer et à chercher une solution par la voie pacifique, le gouvernement et les représentants officiels choisissent la voie de la répression.

Antécédents :

Le 3 février 2011, 117 compagnons de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste, furent arrêtés arbitrairement. Ces arrestations ont eu lieu afin de dissoudre l’organisation en résistance et comme mesure de pression pour que le gouvernement récupère les terres. Cependant, cinq mois plus tard, tous les compagnons ont été libérés, et ce grâce à la solidarité nationale et internationale. En août et en septembre 2011, Antonio Estrada Estrada et Miguel Vázquez Deara ont été arrêtés, en tant que membres actifs de l’organisation adhérente à la Sixième déclaration, torturés et obligés de s’auto-inculper de délits délictueux. Tous les deux ont été libérés grâce à la solidarité et l’organisation.

En mars 2011, notre organisation a présenté un recours contre le pillage (Amparo 274/2011) auprès du juge du septième district siège Tuxtla Gutierrez, Chiapas.

Le 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán a été assassiné par arme à feu. Ce compagnon était également adhérent à la Sixième déclaration, porte-parole de l’organisation, leader communautaire et défenseur des droits humains. A cause de son activisme pour la défense des terres appartenant à son village, il a été illégalement arrêté le 24 décembre 2011, et le 22 mars 2012, il a été menacé de mort par le commissariat ejidal officiel de l’époque, Francisco Guzmán Jiménez.

Le 21 mars 2014 au matin, le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano a été assassiné par plus de vingt tirs à l’arme à feu de haut calibre. Il était le coordinateur de notre organisation pour la défense de la terre.

Le 16 septembre 2014, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández ont été illégalement arrêtés et torturés. Ils sont toujours incarcérés dans la prison de Yajalón pour des délits fabriqués sans preuves par des policiers municipaux de Chilón, Chiapas, la partie accusatrice.

Les compagnons de Bachajon font un appel à la solidarité. Vous pouvez dès maintenant envoyer les exigences suivantes :

Texte (écrit par les compagnons) à envoyer si vous le souhaitez aux mauvaises autorités :

secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx
uejasoacnudhmexico@ohchr.org
oacnudh@ohchr.org
cidhoea@oas.org

texte en espagnol à envoyer

Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos se garantice la vida e integridad personal de las mujeres, hombres y niños que resguardan las tierras recuperadas el 21 de diciembre de 2014. Asi como privilegiar el diálogo y evitar todo acto de represión en contra de nuestros compañeros y compañeras que estan luchando y defendiendo los derechos que les corresponden. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

(signature, organisation,collectif, individu)

Traduction du texte :
Depuis (mettre le lieu d’envoi, par exemple la France)
Nous exigeons que la vie et l’intégrité personnelle des femmes, des hommes et des enfants qui à présent gardent les terres qui ont été récupérées le 21 décembre 2014. Nous exigeons que le dialogue soit privilégié afin d’éviter tout acte de répression contre nos compagnons et compagnonnes en lutte pour la défense des droits qui leur reviennent. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par les trois passants/correction Myriam

Appel envoyé par plusieurs sources (médias libres), dont voici quelques-unes :

Komanilel
Pozol Colectivo
Enlace zapatista, communiqué de Bachajon

♦Plus d’infos sur Bachajon + vidéos – Antécédents

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